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Critique de Pois0n


Pois0n
  05 avril 2021
Dire que « Cyclone à Tahiti » s'avère peu engageant au premier abord est un euphémisme. D'accord, la plume de l'autrice est plutôt agréable, mais sitôt que Marc l'embrasse comme ça, sans raison, alors qu'ils ne se connaissent pour ainsi dire pas, Arlette devient irritante au possible. Rarement un personnage de roman m'aura autant donné envie de lui coller des baffes tant la jalousie maladive qu'elle développe instantanément – alors que Marc n'est pas libre, rappelons-le – rend son comportement puéril. Elle s'en prend à sa meilleure amie soudain vue comme une rivale, sans pouvoir s'empêcher de trouver sympathique l'épouse de celui qu'elle convoite. de la logique ? Ne cherchez pas, il n'y en a nulle part. Quant au fin mot de l'histoire, on le voit venir dès le départ. Pour un peu, on se féliciterait presque que Marc et Arlette ne passent approximativement que vingt minutes ensemble du début à la fin du livre. Quand au cyclone, il n'apparaît que très tardivement.

Heureusement, le principal intérêt du roman réside ailleurs, plus précisément dans le bras de fer entre les promoteurs voulant urbaniser Tahiti, les écologistes souhaitant protéger leur terre à tout prix, l'Assemblée territoriale chargée de développer le tourisme servant de tampon entre les deux, et les gendarmes censés empêcher la situation de dégénérer. Gravitent autour d'Arlette toute une brochette de personnages secondaires, à commencer par les militants : la meilleure amie de la jeune fille, le frère de celle-ci, leurs amis... Sachant qu'on est en présence d'un schéma de type « machin aime bidule qui aime truc qui aime machin ». Ceci dit, si les amours de tout ce petit monde ont bien une influence sur leurs actes et donc l'histoire, ce n'est jamais plus qu'une trame de fond. On parle davantage d'organiser des manifs, imprimer des tracts et tenir des réunions clandestines. Les dérives de l'extrémisme sont même vaguement survolées. Dommage que l'autrice ne soit pas allée au bout de son idée, dénouant cet aspect de l'intrigue avec un peu trop de facilité et de bons sentiments...

Mine de rien, à défaut d'une romance qui vende du rêve, on se laisse happer par cette histoire d'écologie, aux côtés de ce petit groupe de jeunes résolus à protéger l'île, des bureaucrates devant conjuguer intérêts économiques et environnementaux, et du promoteur qui, dans le fond, ne fait que ce pour quoi il est payé, sans jamais diaboliser aucun des camps en présence. Et pourtant, personnellement, je serais plutôt du genre à défendre les palmiers à tout prix.

Les palmiers justement, on ne les voit pas beaucoup. Probablement le prix à payer pour avoir des persos un tant soit peu développés dans un roman de moins de 200 pages : le décor passe complètement à la trappe. de toutes façons, même s'il est question de Tahiti et d'écologie, l'intégralité de l'histoire est plutôt citadine, entre le travail de bureau d'Arlette, l'hôtel de Marc et les divers cafés où les protagonistes vont se rafraîchir. Une absence de dépaysement qui, finalement, ne se ressent pas trop, le rythme de l'histoire ne nous laissant de toutes façons pas le temps de nous en soucier.

Le roman n'a pas trop mal vieilli et en dehors de la présence de solex et d'absence de portables ou d'internet, on ne ressent pas vraiment son âge et il est tout à fait possible de l'apprécier tel quel aujourd'hui, en dépit d'un côté un peu kitschouille. Pas la pire romance vintage à être passée entre mes mains.
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