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EAN : 9782070404896
272 pages
Éditeur : Gallimard (26/05/1998)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Comme il arrive qu'un lecteur à demi distrait crayonne aux marges d'un ouvrage et produise, au gré de l'absence de la pointe, de petits êtres ou de vagues ramures, en regard des masses lisibles, ainsi ferai-je, selon le caprice de l'esprit, aux environs de ces quelques études d'Edgar Degas.
Ceci ne sera donc qu'une manière de monologue, où reviendront comme ils voudront mes souvenirs et les diverses idées que je me suis faites d'un personnage singulier... Cep... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
jvermeer
  06 juin 2020
*****
« Un personnage singulier, grand et sévère artiste, essentiellement volontaire, d'intelligence rare, vive, fine, inquiète, qui cachait sous l'absolu des opinions et la rigueur des jugements, je ne sais quel doute de soi-même et quel désespoir de se satisfaire » - Paul Valéry
Paul Valéry ne pense pas trop de bien des biographies. Ce petit livre est un long monologue intellectuel sur un peintre qui était mort depuis une vingtaine d'années lorsque le livre est publié en 1938 chez Gallimard, après une édition précédente par Amboise Vollard. Pour donner de l'épaisseur à l'ouvrage, l'éditeur a rajouté de nombreuses photos d'archives, parfois prises par le photographe qu'était Edgar Degas. Des tableaux en noir et blanc sans grand intérêt ne sont là qu'à titre d'informations : peut-on apprécier les magnifiques pastels de Degas sans la couleur ?
Edgar Degas a 60 ans, l'écrivain 23 ans, lorsque le jeune homme se présente au 37 rue Victor Massé à Paris, demeure du peintre, dans les années 1893 ou 94.
Difficile de faire un résumé plus précis et juste du personnage Degas : « Tous les vendredis, Degas, étincelant, insupportable, anime le dîner chez Henri Rouart. Il répand l'esprit, la terreur, la gaieté. Il perce, mime, il prodigue les boutades, les apologues, les maximes, les blagues. Il abîme les gens de lettre, l'Institut, les faux ermites, les artistes qui arrivent ; cite Saint-Simon, Proudhon, Racine et les sentences bizarres de Monsieur Ingres… Son hôte, qui l'adorait, l'écoutait avec une indulgence admirative, cependant que d'autres convives, jeunes gens, vieux généraux, dames muettes, jouissaient diversement des exercices d'ironie, d'esthétique ou de violence du merveilleux faiseur de mots. »
Sans être un biographe ni un spécialiste de l'art pictural, Paul Valéry, de part son intimité avec l'artiste jusqu'à sa mort en 1917, permet aux lecteurs, à travers de nombreuses anecdotes et réflexions personnelles, de découvrir et connaître l'homme Degas, ses relations, ses conceptions sur l'art, ses techniques de travail, ses thèmes favoris.

Le peintre des danseuses : Degas aimait se glisser dans les coulisses de l'opéra pour les croquer en mouvement. Il les traquait, les capturait, les modelait comme sa « Petite danseuse de quatorze ans » dont la grâce ne cesse de nous enchanter.
Paul Valéry nous offre dans un texte une merveilleuse comparaison érotique d'une danseuse humaine avec une « grande Méduse, qui, par saccades ondulatoires de son flot de jupes festonnées, qu'elle trousse et retrousse avec une étrange et impudique insistance, se transforme en Éros ».
Le peintre aimait aussi représenter les femmes du peuple et leurs mimiques dans leur activités quotidiennes : modistes, repasseuses, blanchisseuses, femmes aux terrasses des cafés ou occupées à leur toilette.
« le cheval marche sur les pointes. Nul animal ne tient de la première danseuse, de l'étoile du corps de ballet, comme un pur-sang en parfait équilibre. »
La recherche des formes poussait Degas vers les champs de course où, comme pour les danseuses, il ne cessait de reproduire les mouvements des chevaux.
Admirateur de la ligne et du dessin d'Ingres, Degas concevait la peinture comme une construction intellectuelle et se sentait totalement étranger aux tentatives de ses confrères et amis impressionnistes de jeter des impressions sur la toile et recueillir la vibration de l'éphémère. Paul Valéry considérait également que l'abus du paysage menait à la diminution de la partie intellectuelle de l'art, en éloignant le peintre moderne des anciens idéaux sur la technique pictural.
Degas a laissé une vingtaine de remarquables sonnets. le travail du poète lui paraissait comparable au travail du dessinateur tel qu'il le concevait. « Quel métier ! criait Degas, j'ai perdu toute ma journée sur un sacré sonnet, sans avancer d'un pas… Et cependant, ce ne sont pas les idées qui me manquent… J'en ai trop… » le poète Stéphane Mallarmé dinant avec lui chez Berthe Morisot lui répondit : « Mais, Degas, ce n'est point avec des idées que l'on fait des vers… c'est avec des mots. » Il aurait pu faire un poète remarquable pensait Valéry.
L'écrivain rapporte des souvenirs d'Ernest Rouart, fils d'Henri Rouart très divertissants sur la manie du peintre lorsqu'il retrouvait une de ses oeuvres anciennes. Il voulait la remanier, et, souvent la reprenait et l'on ne la revoyait pas, ou même, parfois, il la détruisait.
Une dernière réflexion de Paul Valéry après la mort de son grand ami qui s'éteignit en 1917 pratiquement aveugle correspond bien à ce qu'était ce grand artiste :
« Degas s'est toujours senti seul, et l'a été dans tous les modes de la solitude. Seul par le caractère ; seul par la probité ; seul par l'orgueil de sa rigueur, par l'inflexibilité de ses principes et de ses jugements ; seul par son art, par ce qu'il exigeait de soi. »
Je m'aperçois que je m'étais trompé dans le nombre d'étoiles accordées. Je rectifie car Degas et Valéry valent largement quatre étoiles, voir plus si le format était plus important et, surtout, avec des couleurs.
***

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NMTB
  20 décembre 2014
Ni une biographie, ni un ouvrage théorique, ce court texte richement illustré est une flânerie dans les souvenirs de Paul Valéry. L'auteur relate des anecdotes, des bons mots, des sentiments laissés par la fréquentation d'Edgar Degas qui fut son intime autant que son caractère absolu le permît. En effet, d'après Valéry, Degas était un artiste, une individualité, rare, complètement voué à la peinture ; rien n'avait plus d'importance que son travail, ce qui impliquait non seulement une certaine solitude mais aussi un tempérament proche de l'irascibilité. Beaucoup de souvenirs de Valéry se rapportent à des querelles ou des emportements du peintre, notamment quand on le contredisait sur la peinture. Il ne supportait d'ailleurs pas que les littérateurs s'occupent d'art (bienheureusement, du temps de leur fréquentation, Valéry avait abandonné l'écriture). L'irascibilité est le principal trait de caractère qui ressort de ce portrait, avec une pointe de naïveté. On apprendra également, peut-être, certaines choses : que Degas fut un antidreyfusard, qu'il a écrit une vingtaine de sonnets « remarquables », selon le mot même de Valéry, très élogieux (d'ailleurs j'ai personnellement appris que Valéry a lui-même dessiné, peint et sculpté ; quelques oeuvres sont reproduites dans ce livre). Tous ces souvenirs permettent aussi à Paul Valéry d'effectuer quantité de digressions sur l'art et son évolution au cours du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. le chapitre consacré au nu m'a paru très intéressant. Celui sur la danse est original, elle y est étudiée d'une manière qu'on pourrait presque qualifier de physique (au sens scientifique du terme) : le mouvement bien sûr, mais aussi l'espace et le temps, la probabilité et le hasard. La description d'une méduse comme allégorie de la parfaite danseuse est magnifique. L'auteur évoque également l'apport de la photographie, le romantisme, le cubisme, mais surtout l'impressionnisme, qui fut, véritablement, le mouvement de rupture qui a fait basculer l'Art dans la modernité. Valéry est plutôt circonspect quant à l'Art moderne et l'impressionnisme. Il insiste beaucoup, à propos de Degas et du dessin, sur ce mystère qui existe entre le regard qui perçoit et le mouvement de la main qui reproduit, sur ce processus intellectuel qui a connu des modifications au cours du dix-neuvième siècle. Enfin, voici ce qu'il écrit sur la modernité, et qui aujourd'hui n'est plus qu'un constat banal : « Qu'il s'agisse de politique, d'économie, de manières de vivre, de divertissements, de mouvement, j'observe que l'allure de la modernité est toute celle d'une intoxication. Il nous faut augmenter la dose, ou changer de poison. Telle est la loi. » Au bout du compte, le chapitre qui concerne le plus l'art de Degas est celui où Valéry ne fait que reproduire les souvenirs d'Ernest Rouart. Mais ce livre est une jolie promenade au temps où l'on pouvait encore, en France, côtoyer de grandes individualités comme Degas, Mallarmé, ou… Valéry. Un texte très court donc, auquel l'éditeur a postérieurement ajouté un grand nombre de photographies pour donner un peu de substance au livre, ce qui a l'avantage de renforcer ce sentiment de flânerie dans un temps révolu.
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Mimimelie
  08 avril 2018

Difficile de faire entrer l'ouvrage dans une catégorie bien définie. de par sa forme, d'abord. Il est édité en feuilles, suivies de vingt-sept oeuvres de Degas (1834-1917) sans lien avec le texte, reproduites par le graveur Maurice Potin, et dont Vollard possédait les originaux, pastels ou dessins, pour les avoir achetés aux ventes de l'atelier de Degas en 1918. Ce n'est pas une publication grand public. Avec un tirage d'environ trois cent vingt exemplaires, il est rare et son prix avoisine mille euros d'aujourd'hui. le carnet du marchand, racheté avec une partie des archives Vollard par le musée d'Orsay en 2010, atteste de la notoriété des acheteurs, Pablo Picasso en tête. L'entreprise éditoriale, pour prestigieuse qu'elle soit, n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Valéry a produit trente-deux chapitres mais finalement, tous ne seront pas inédits. Lassé de la lenteur avec laquelle Vollard s'est attelé à la publication, le poète a dévoilé onze chapitres dans d'autres publications. Il prétend que ces semis sont excellents pour la publicité du livre. Mais en 1938, il prend la décision de confier son texte, qu'il nomme familièrement « DDD » (titre qu'il avait d'abord songé à lui donner, jouant de l'allitération) à la maison Gallimard. le marchand est certes froissé mais, désormais publié en édition « littéraire » agrémentée, après-guerre, d'illustrations sans relation, pour la plupart, avec celles de Vollard, le livre acquiert la notoriété convoitée.
Un texte labyrinthique
Et puis, surtout, qu'est-ce que ce texte si singulier ? Ce n'est pas une biographie, l'auteur l'annonce dès les premières pages : « Il ne s'agit point de biographie dans les règles : je ne pense pas trop de bien des bio- graphies ». En cela le peintre et lui partagent la même répugnance et l'on ne peut que rappeler qu'aucun auteur ne s'était risqué à recueillir auprès de Degas l'histoire de sa vie. Cependant, on émerge de sa lecture précisément imprégné d'épisodes de cette vie, exposés chronologiquement au fil des îlots de la mémoire. Ce n'est pas non plus, à la manière de Vollard dans son « En écoutant Cézanne, Degas, Renoir » de 1938, une somme d'anecdotes. Et quand certaines sont rapportées, ce ne sont pas toujours celles dont fut témoin Valéry : il avoue les devoir à son ami Ernest Rouart, fils du célèbre collectionneur Henri Rouart.
Enfin, ce n'est pas un traité d'esthétique. Paul Valéry revendique « une manière de monologue, où reviendront comme ils voudront mes souvenirs et les diverses idées que je me suis faites d'un personnage singulier, grand et sévère artiste, essentiellement volontaire, d'intelligence rare, vive, fine, inquiète ». En vérité, c'est plutôt un océan cosmique. Car le texte, polyphonique, est semblable à un labyrinthe, un jeu de miroirs où les chapitres fragmentaires se renvoient des interrogations multiples.
Comme Degas, Valéry refuse ce qu'il nomme la « facilité » et c'est un véritable monument qu'il construit avec Degas Danse Dessin. Marine Kisiel et Leïla Jarbouai, commissaires de l'exposition qui s'ouvre au musée d'Orsay, y voient un mausolée élevé par l'écrivain aux vingt ans d'amitié qu'il a connus avec Degas. Mais aussi un hommage à double fond. « Cette dimension intime et poétique recouvre une réflexion sur l'acte de créer et probablement sur son propre travail. Qu'est-ce qu'un génie ? Voilà une question qui obsède Valéry tout au long de sa vie ».
Valérie Bougault- Connaissance des arts n° 765 Dec.2017
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Bigmammy
  06 décembre 2017
Paul Valéry – alors âgé de 25 ans - avait rencontré Edgar Degas (1834-1917) en 1896 chez l'ingénieur et peintre Henri Rouart. Ce livre-hommage – une suite de considérations tendres et respectueuses sur la vie et l'art du peintre, le mouvement, la peinture, la philosophie, la danse - lui a été commandé par Ambroise Vollard au tournant des années 30 mais publié seulement en 1936.
DDD est une réflexion universelle sur la création. Elle occupe un tout petit espace dans l'oeuvre protéïforme de Paul Valéry (76 pages sur 2883 dans l'édition de la Pleiade soit 2,67% !), un texte court, un peu décousu, qui vaut largement la peine d'être lu. Surtout en regardant les innombrables dessins de Degas qui ont été ajoutés dans l'édition illustrée de Gallimard en 1938, ses pastels aux couleurs éclatantes, ses portraits sans complaisance.
Valéry – que Degas appelait Ange – est un vieillard nerveux, sombre presque toujours, parfois sinistre et notoirement distrait, avec de brusques fureurs ou traits d'esprit, des impulsions enfantines, des caprices … L'auteur oppose son mauvais caractère à la nature amène, délicate, délicieusement ironique de Mallarmé.
Il convient de savourer la décortication de l'acte du dessin : les danseuses, certes, mais aussi le cheval « Tout nerveusement nu dans sa robe de soie » dit Degas …Degas et ses planchers admirables : le sol est un des facteurs essentiels de la vision des choses. Degas et sa propension à dessiner la mimique, la grimace de l'effort, Degas et le sonnet – il en a écrit une vingtaine ...
Degas, fou de dessin : une passion, une discipline, l'objet d'une mystique et d'une éthique, qui se suffisaient à elles seules, une préoccupation souveraine qui abolissait toutes les autres affaires, une occasion de problèmes perpétuels et précis qui le délivrait de toutes autres curiosités. Pour Degas, « le Dessin n'est pas la forme, il est la manière de voir la forme ».
A lire par tous ceux qui se passionnent pour la peinture, et qui redécouvriront un texte plein de charme et de tendresse d'un auteur largement oublié aujourd'hui mais qui fut l'un des plus respecté de son temps. Et surtout, une passionnante exposition à voir actuellement au musée d'Orsay, avec la découverte des carnets de Paul Valéry, jalonnés de dessins ...
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nathalie_MarketMarcel
  27 octobre 2013
Paul Valéry a été l'ami de Degas et écrit sur le peintre plusieurs années après sa mort (1917). Évidemment, il ne s'agit pas d'un livre d'histoire, d'une biographie ou d'un recueil de souvenirs ou de témoignages.
C'est donc une suite de textes, qui rapporte des paroles de Degas. Valéry réfléchit sur le dessin, lui-même dessine, et il est fasciné par l'action de cette main qui trace des lignes.
Le dessinateur pense avec son oeil et avec sa main, pas avec son cerveau. Valéry livre ses propres réflexions, celles de Degas (qui avait un vrai goût pour les expérimentations techniques de toutes sortes) et à travers lui, celles d'Ingres, le dessinateur par excellence.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   30 novembre 2017
Je lui disais : "Mais enfin, qu'est-ce donc que vous entendez par le Dessin ?"
Il répondait par son célèbre axiome : "Le Dessin n'est pas la forme, il est la manière de voir la forme."
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DanieljeanDanieljean   04 mai 2018
Mallarmé dit que la danseuse n’est pas une femme qui danse, car ce n’est point une femme, et elle ne danse pas. Cette remarque profonde n’est pas seulement profonde… elle est vraie ! Elle n’est pas seulement vraie, c’est à dire se fortifiant toujours plus à la réflexion, mais encore elle est vérifiable, Et je l’ai vue vérifiée. La plus libre, la plus souple, la plus voluptueuse des danses possibles m’apparut sur un écran où l’on montrait de grandes Méduses : ce n’était point des femmes et elles ne dansaient pas. Point des femmes, mais des êtres d’une substance incomparable, translucide et sensible, chairs de verre follement irritables, dômes de soie flottante, couronnes hyalines, longues lanières vives toutes courues d’ondes rapides, franges et fronces qu’elles plissent, déplissent ; cependant qu’elles se retournent, se déforment, s’envolent, aussi fluides que le fluide massif qui les presse, les épouse, les soutient de toutes parts, leur fait place à la moindre inflexion et les remplace dans leur forme. Là, dans la plénitude incompressible de l’eau qui semble ne leur opposer aucune résistance, ces créatures disposent de l’idéal de la mobilité, y détendent, y ramassent leur rayonnante symétrie. Point de sol, point de solides pour ces danseuses absolues ; point de planches, mais un milieu où l’on s’appuie par tous les points qui cèdent vers où l’on veut. Point de solides, non plus, dans leur corps de cristal élastique, point d’os, point d’articulations, de liaisons invariables, de segments que l’on puisse compter… Jamais danseuse humaine, femme échauffée, ivre de mouvement, du poison de ses forces excédées, de la présence ardente de regards chargés de désir, n’exprima l’offrande impérieuse du sexe, l’appel mimique du besoin de prostitution, comme cette grande Méduse, qui, par saccades ondulatoires de son flot de jupes festonnées, qu’elle trousse et retrousse avec une étrange et impudique insistance, se transforme en songe d’Éros ; et tout à coup, rejetant tous ses falbalas vibratiles, ses robes de lèvres découpées !... se renverse et s’expose, furieusement ouverte. Mais aussitôt elle se reprend, frémit et se propage dans son espace et monte en montgolfière à la région lumineuse interdite où règnent l’astre et l’air mortel.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   27 octobre 2013
Il y a une immense différence entre voir une chose sans le crayon dans la main et la voir en la dessinant. Ou plutôt, ce sont deux choses bien différentes que l’on voit. Même l’objet le plus familier à nos yeux devient tout autre si l’on s’applique à le dessiner : on s’aperçoit qu’on l’ignorait, qu’on ne l’avait jamais véritablement vu. (…) Je ne puis préciser ma perception d’une chose sans la dessiner virtuellement, et je ne puis dessiner cette chose sans une attention volontaire qui transforme remarquablement ce que d’abord j’avais cru percevoir et bien connaître. Je m’avise que je ne connaissais pas ce que je connaissais : le nez de ma meilleure amie…
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PiatkaPiatka   03 décembre 2017
Àgé de soixante-dix ans, il (Degas) dit à Ernest Rouart :
« Il faut avoir une haute idée, non pas de ce qu’on fait, mais de ce qu’on pourra faire un jour ; sans quoi, ce n’est pas la peine de travailler. »
À soixante-dix ans…
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MimimelieMimimelie   19 novembre 2015
Ce que j'appelle "le Grand Art", c'est simplement l'art qui exige que toutes les facultés d'un homme s'y emploient, et dont les œuvres sont telles que toutes les facultés d'un autre soient invoquées et se doivent intéresser à les comprendre... Je crois quant à moi, qu'il importe assez que l'oeuvre d'art soit l'acte d'une homme complet.
(cité par René Huyghe_Dialogue avec le visible)
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Vidéo de Paul Valéry
[RARE] Paul VALÉRY – Une Vie, une Œuvre : 1871-1945 (France Culture, 1994) Émission "Une Vie, une Œuvre", par Simone Douek, diffusée le 13 octobre 1994 sur France Culture. Invités : Agathe ROUART-VALÉRY (fille de Paul VALÉRY), François VALÉRY (fils de Paul VALÉRY), le philosophe Jean-Michel REY, le journaliste Jean LEVAILLANT, Serge BOURGEAT (directeur de centre d'études valéryennes) , André FREYSES (conservateur du musée Paul VALÉRY) et le poète François-Bernard MICHEL.
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