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ISBN : 1030404569
Éditeur : Allia (01/09/2016)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 48 notes)
Résumé :
«La bêtise n'est pas mon fort.» Le narrateur, qui commence par cette affirmation, est un homme qui a vécu. Il aurait pu être valablement célèbre. Mais, dit-il, «je me suis préféré». Il rêve «que les têtes les plus fortes, les inventeurs les plus sagaces, les connaisseurs le plus exactement de la pensée devaient être des inconnus, des avares, des hommes qui meurent sans avouer.» Monsieur Teste, qu'il rencontre dans un café, est un de ces héros silencieux.
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
12 janvier 2016
En parlant de Monsieur Teste, me revient à l'esprit une anecdote parmi tant d'autres. Ça se situe au niveau du cours d'étymologie, et ça nous permettra peut-être de comprendre l'évolution de l'espèce humaine.

En latin, deux mots se faisaient concurrence pour désigner la tête : « caput » et « testa ». Caput s'est spécialisé dans les éléments pleins et on le retrouve encore rescapé dans le mot « couvre-chef ». Testa s'est quant à lui dévoué pour désigner nos petites têtes sous le signe de la vacuité car, dans son sens latin, ce mot servait également à désigner les cruches vides que l'on n'emplit jamais sans finir par se retrouver avec un marais de moustiques écrasés et de crapauds copulants.

Pourquoi cette anecdote ? Peut-être parce que Monsieur Teste, sous ses abords de grand homme nietzschéen, s'embourbe en fait dans un complexe d'infériorité qui le rend pompeusement emmerdant.

Moi, je faisais pleinement confiance à Walter Benjamin et si j'en suis venue à lire ce Monsieur Teste, c'est parce que les quelques extraits que j'avais pu lire m'avaient semblé brillants. Je dois en fait le reconnaître : ils l'étaient surtout dans l'oeuvre de Benjamin car ils étaient entourés des commentaires de ce dernier. Walter Benjamin, en voilà un, au moins, qui ne se donne pas des airs de vouloir gagner le prix Nobel à chaque point-virgule.

Les points positifs que je soulignerais dans ce livre sont les suivants :
- Lecture rapide : peu de chapitres, pensée peu profonde malgré des tournures parfois empruntées, peu de surprises.
- Ne nécessite aucune mémoire et, partant, aucune méthode : je vous conseille même une lecture décousue et incohérente. C'est en butinant que l'on pourra éventuellement apprécier cette daube, plutôt que de se la farcir d'un coup comme une botte de poireaux.

J'ai beau me creuser la tête, je trouve pas d'autres raisons mais enfin, puisqu'elle est vide et que nos ancêtres ont décidé de la réduire à une cruche, ceci s'explique peut-être aisément.
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NMTB
18 décembre 2014
Monsieur Teste est un intellectuel, mais un vrai de vrai, un pur et dur, pas un fanfaron qui perd son temps à écrire des livres ou à étaler sa science. Il se moque éperdument de l'image qu'il peut donner aux autres et rien ne semble plus le dégoûter que les influences sentimentales et illogiques. Une sorte d'anti-communicant. Une seule chose l'intéresse au fond et il y consacre toute sa pensée : Lui, son Moi, le vide.
Plusieurs petits textes, écrits à des époques différentes, composent cet ouvrage. Des narrations classiques, des lettres, des extraits d'un log-book, un portrait philosophique, des aphorismes, qui tous ont pour sujet Monsieur Teste. Et c'est toujours un plaisir de retrouver l'univers poétique de Paul Valéry, ses pensées sur le narcissisme, la solitude, le destin, l'agitation du monde. Car cette étude de cas est en fait de la poésie. Extraire une citation est un vrai casse-tête quand ce n'est pas une indélicatesse tellement tout se tient, s'enchaîne naturellement et semble lié comme des notes de musique. Valéry est comme Mallarmé, dont l'influence est palpable ici ; il vous oblige à le lire attentivement pour essayer de comprendre Monsieur Teste, cet homme qui force l'admiration de son rare entourage. Mais peu importe que l'on trouve des vérités profondes ou non, car le summum de cette lecture arrive quand on entend la musique de Valéry et qu'on se laisse bercer par ses phrases comme si elles étaient insignifiantes, comme un air familier qui reviendrait inopinément en tête.
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argonaute
29 mars 2013
Monsieur Teste est le livre de chevet de ceux qui savent sentir avec la pointe la plus aiguisée de leur pensée et qui savent penser avec la part la plus acérée de leur sensibilité.
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VACHARDTUAPIED
29 mars 2013
Je me souviens avoir passé une bonne soirée avec ce MR TESTE....
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson19 juillet 2017
Il y a en moi quelque faculté plus ou moins exercée, de considérer, -et même de devoir considérer- mes goûts et mes dégoûts comme purement accidentels.
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NMTBNMTB18 décembre 2014
Nous allons, à la fin, où vous aimeriez d’aller si vous étiez ici, à cet antique jardin où tous les gens à pensées, à soucis et à monologues descendent vers le soir, comme l’eau va à la rivière, et se retrouvent nécessairement. Ce sont des savants, des amants, des vieillards, des désabusés et des prêtres ; tous les absents possibles, et de tous les genres. On dirait qu’ils recherchent leurs éloignements mutuels. Ils doivent aimer de se voir sans se connaître, et leurs amertumes séparées sont accoutumées à se rencontrer. L’un traîne sa maladie, l’autre est pressé par son angoisse ; ce sont des ombres qui se fuient ; mais il n’y a pas d’autre lieu pour y fuir les autres que celui-ci, où la même idée de la solitude attire invinciblement chacun de tous ces êtres absorbés. Nous serons tout à l’heure à cet endroit digne des mots. C’est une ruine botanique. Nous y serons un peu avant le crépuscule. Voyez-nous, marchant à petits pas, livrés au soleil, aux cyprès, aux cris d’oiseau. Le vent est froid au soleil, le ciel trop beau parfois me sert le cœur.
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NMTBNMTB18 décembre 2014
Paris enferme et combine, et consomme ou consume la plupart des brillants infortunés que leurs destins ont appelés aux professions délirantes… Je nomme ainsi tous ces métiers dont le principal instrument est l’opinion que l’on a de soi-même, et dont la matière première est l’opinion que les autres ont de vous. Les personnes qui les exercent, vouées à une éternelle candidature, sont nécessairement toujours affligées d’un certain délire des grandeurs qu’un certain délire de la persécution traverse et tourmente sans répit. Chez ce peuple d’uniques règne la loi de faire ce que nul n’a jamais fait et que nul jamais ne fera. C’est du moins la loi des meilleurs, c’est-à-dire de ceux qui ont le cœur de vouloir nettement quelque chose d’absurde… Ils ne vivent que pour obtenir et rendre durable l’illusion d’être seuls, - car la supériorité n’est qu’une solitude située sur les limites actuelles d’une espèce. Ils fondent chacun son existence sur l’inexistence des autres, mais auxquels il faut arracher leur consentement qu’ils n’existent pas…
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TrissotinTrissotin05 août 2011
Luttes, factions, triomphes, exécrations solennelles, exécutions, émeutes, tragédies autour du pouvoir !… Il n’était bruit dans cette République que de scandales, de fortunes foudroyantes ou foudroyées, de complots et d’attentats. Il y avait des plébiscites de chambre, des couronnements insignifiants, beaucoup d’assassinats par la parole. Je ne parle point des larcins. Tout ce peuple « intellectuel » était comme l’autre. On y trouvait des puritains, des spéculateurs, des prostitués, des croyants qui ressemblaient à des impies et des impies qui faisaient mine de croyants ; il y avait de faux simples et de vraies bêtes, et des autorités, et des anarchistes, et jusqu’à des bourreaux dont les glaives dégouttaient d’encre. […] Les plus ridicules étaient ceux qui se faisaient de leur chef les juges et les justiciers de la tribu. Ils ne paraissaient point se douter que nos jugements nous jugent, et que rien plus ingénument ne nous dévoile et n’expose nos faiblesses que l’attitude de prononcer sur le prochain.
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TrissotinTrissotin05 août 2011
Ma solitude - qui n’est que le manque depuis beaucoup d’années, d’amis longuement, profondément vus ; de conversations étroites, dialogues sans préambules, sans finesses que les plus rares, elle me coûte cher. - Ce n’est pas vivre que vivre sans objections, sans cette résistance vivante, cette proie, cette autre personne, adversaire, reste individué du monde, obstacle et ombre du moi - autre moi - intelligence rivale, irrépressible - ennemi le meilleur ami, hostilité divine, fatale, - intime.
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Videos de Paul Valéry (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Valéry
"Au loin s’en vont les images", une table-ronde filmée au Centre Georges Pompidou, le 16 novembre 2011, dans le cadre du cycle « Paroles » organisé par Benoît Peeters. La lectrice était Irène Jacob. Les intervenants animant le débat étaient William Marx, Luc Dellisse, Jean-Christophe Cambier et, bien entendu, Benoît Peeters.
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