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EAN : 9782702160152
240 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (13/04/2016)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
1995, David Vallat, 23 ans, est arrêté. Impliqué dans les réseaux du GIA qui terrorisent alors la France, le djihadiste a longtemps côtoyé Khaled Kelkal, Ali Touchent ou encore Boualem Bensaïd. Derrière les barreaux, il ouvre les yeux.

Aujourd’hui, David Vallat témoigne des mécanismes qui poussent un jeune à s’engager dans le djihad. Déterminé à lutter contre les dérives religieuses, il décortique, dans ce livre citoyen, les rouages de l’embrigadement... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
sarah1210
  22 octobre 2016
Ma lecture coup de coeur de la semaine
Condamné pour "association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste" dans les années 1990, aujourd'hui réinséré, se définissant comme républicain, David Vallat est la preuve vivante que la déradicalisation est possible.
Son histoire c'est celle d'un enfant qui n'a pas connu son père et que sa mère a élevé seule avec ses trois frère et soeurs. Une existence marquée par la précarité, la cité et la rencontre d'autres familles, qui comme la sienne s'efforcent de garder la tête hors de l'eau.
Une bouée lui fut envoyée par la vie, et ce fut l'Islam qu'il a embrassé, en réponse à une quête de sens, et peut-être aussi à son désir d'affection. En effet telle une manne céleste, la religion lui offre une famille d'adoption, des copains, leurs pères surtout. Au contact des « Chibanis » (les anciens), la chaine parentale brisée par l'abandon semble reconstituée. L'Histoire aurait pu s'arrêter là, sur ce tableau harmonieux d'une famille unie admirant un ravissant coucher de soleil. Mais pourtant, tels des démons surgis du passé, la colère et le sentiment d'injustice viennent le tourmenter.
Nous sommes dans les années 90 et la guerre civile fait rage en Yougoslavie. Il est impossible à David de rester indifférent face à la souffrance des civils bosniaques livrés sans protection à la soldatesque serbe. Ces malheureux ne sont pas seulement ses frères de foi, mais l'incarnation de sa propre enfance écorchée et exposée aux vents tumultueux de l'existence.
Il n'a que 19 ans lorsqu'il s'engage sous le drapeau du djihad, en quête de combats épiques au service de nobles causes. Ce sera le début d'un enchainement de désillusions qui le mèneront loin des champs de bataille de Bosnie, des plaines arides d'Afghanistan aux cuisines sombres du GIA.
Consumé de l'intérieur par un désir d'idéal, rien ne semblait pouvoir arrêter cette jeune tête brûlée lancée vers le destin funeste qui s'offrait à lui. le salut pourtant est venu de son pays natal, cette République française sur laquelle sa quête est venue mourir tel un boulet dans un sac de farine. Loin de signifier sa chute, son arrestation en France et son séjour en prison seront pour lui le bain de la Théophanie, le départ d'une nouvelle vie sous le signe de la rédemption.
Si je devais résumer le livre en un seul mot, je dirais "paradoxes". A commencer par celui du djihadisme, qui consiste en théorie à combattre un système qui opprime le peuple, mais qui entraine ses membres contre leur gré dans des actes de terrorisme visant des civils.
Celui de son parcours également, marqué par une radicalisation fulgurante qui contraste avec une lente et douloureuse guérison, ponctuée de cauchemars, de nuits sans sommeil, de souvenirs glacés d'une jeunesse sacrifiée sur l'autel d'un idéalisme corrompu. Celui de son témoignage, cendres encore chaudes de son épopée en enfer, qui résonne aux oreilles de candidats au djihad comme un avertissement bien plus poignant que celui des pseudo-experts qui nous inondent de leurs analyses creuses.
Celui enfin de l'auteur lui-même, au passé sulfureux et pourtant au regard si doux, qui s'efforce de semer des paroles de réconciliation dans un désert de méfiance. Sera-t-il entendu ? Et si du djihadisme au civisme, il n'y avait qu'un pas ?
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cathy13600
  01 juin 2016
Au préalable, je remercie Babelio et sa masse critique de m'avoir envoyé ce livre en échange d'une critique.
C'est la curiosité et surtout le besoin de comprendre pourquoi une partie de notre jeunesse se radicalise qui m'a incitée à choisir « Terreur de jeunesse » lors de ce concours.
Je dois dire que je ne regrette absolument pas mon choix. Cet ouvrage vient compléter ma liste de bouquins à emporter sur une île déserte. C'est un coup de coeur.
David Vallat nous raconte de façon captivante son parcours de djihadiste dans les années 1990.
On fait la connaissance, dans un premier temps, d'un enfant vivant dans une famille monoparentale, avec ses frères et soeurs, bénéficiant de l'amour et du dévouement d'une mère.
L'auteur nous raconte ensuite son parcours d'adolescent dans la région lyonnaise au pied des cités H.L.M, entouré de ses copains d'origine musulmane pour lesquels il embrassera leur religion plus par empathie que par conviction.
Il nous explique comment il fait l'apprentissage de la délinquance avant de se lancer dans une quête existentielle ayant pour fil conducteur l'islam.
On « plonge » dans son obscur passé. de la Bosnie au G I A en passant par l'Afghanistan et ses camps d'entraînement, on découvre les différentes étapes qui ont amené à sa radicalisation et ensuite à sa déradicalisation grâce å une incarcération qui aura raison de son embrigadement.
On comprend mieux les rouages maléfiques de cette idéologie. La manière perverse par laquelle nos jeunes désoeuvrés basculent dans ce totalitarisme.
M. Vallat m'a émue, m'a emportée dans son récit très personnel, rempli de sincérités, de simplicités et d'une justesse d'analyses sur son parcours.
Je recommande sans hésitation cet ouvrage à toute personne qui veut savoir pourquoi et surtout comment un individu en mal de repères peut tomber dans cette folie pseudo-religieuse.
Bravo pour ce magnifique et instructif ouvrage !


Lien : https://www.instagram.com/li..
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Missnefer13500
  18 mai 2016
j'étais très curieuse dans ce contexte actuel de découvrir ce témoignage de David Vallat, je me souviens des évènements aux quels il fait référence dans les années 1995. Tout le monde a ce jour est très marqué par les dernières attaques bien plus violentes , et cette guerre sainte, cette radicalisation de l'islamiste et toutes ces reconversions parmi une jeune population française et moi comme d'autres , je me demande comment et pourquoi nous en sommes là aujourd'hui. Comment n'importe lequel de nos enfants ou petits enfants quel que soit nos ages peut se retrouver embrigadé dans ce Djihad. Oui comment et pourquoi et David Vallat nous montre ici que l'on peut en sortir, et faire une totale reconversion dans une société que l'on a rejeté , un temps, et ce malgré , et pour lui , grâce à la prison.
Un parcours quand même hors du commun que celui de cet homme aujourd'hui devenu chargé d'affaires dans une TPE du Rhône, il évoque ainsi sa reconstruction et sa réappropriation de sa citoyenneté. C'est énorme je trouve surtout quand on découvre dans la première partie de ce livre sa jeunesse délinquante.
Cette première partie qui va nous faire le suivre sur les terrains de guerres yougoslaves puis pakistanais et afghans. Nous partageons ses convictions et ses croyances.
"la religion m'aide vraiment à trouver un équilibre personnel"
Toutefois je reste un peu frustrée sur les raisons de sa conversion, tout comme celles qui l'ont poussé à participer à des délits, parce que je n'ai pas tout compris . Désoeuvrement , mauvaises rencontres ; besoin d'appartenance à une collectivité chaleureuse ? Des raisons, excuses suffisantes ?
" les soirs de ramadan, l'ambiance est garantie Les anciens se regroupent. Ils sont arabes , turcs mais aussi pieds noirs, portugais et vietnamiens"
Pour autant une fois passé de l'autre coté de la barrière, et le chemin pris vers la radicalisation l'auteur nous fait bien comprendre son besoin de combattre, la guerre des Balkans et son désir d'y retourner , la médiatisation à excès des atrocités commises, et ses idées de destin de combattant, au nom d'une cause juste.
" Dans mon esprit, le combat religieux doit viser des militaires ou des agents d' État, en tout cas des combattants déclarés pas des civils"
Nous suivons bien avec l'auteur le schisme dans sa cité entre les islamistes modérés dit frileux et la doctrine manipulatrice , une soif de vengeance dans le combat contre la France d'un passé colonial
" Pour l'orphelin de la République qu'il est, la tentation es trop forte On lui propose un islam de combat et de résistance, de fierté retrouvée "
Ce témoignage est une note d'espoir, pour les parents et pour la société également et ce malgré le fait que je pense que quelque chose chez David Vallat, jeune homme , lui a permis de faire marche arrière avant de sombrer totalement, malgré un coté rebelle de son âge.
" Je m'intéresse à l'islam dans ces préceptes pacifistes, apaisants En même temps je commence à adopter une posture rebelle, en brandissant cette appartenance"
Finalement il faut tout simplement avoir foi en l'humanité plutôt qu'en quelque Dieu quelconque, qui justifie simplement les croisades sanglantes que l'on entreprend en son nom.
Je trouve courageux d'avoir écrit un tel livre, cet homme ne craint pas de se mettre en avant dans la conjoncture actuelle.
Une histoire à découvrir.
Merci à Net-galley et aux éditions Calmann-Levy pour cette lecture
Lien : http://missneferlectures.ekl..
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purgi89
  18 juillet 2016
Merci à Babelio de m'avoir fait gagner ce livre.
Ce livre est d'actualité au vue de ce qui se passe actuellement dans le monde. J'ai choisi ce livre pour essayer de comprendre ce qu'il peut se passer dans la tête de personne (musulmans de naissance ou convertis) qui décident de tomber dans l'islam radical.
David Vallat nous raconte comment tout à commencer pour lui. Vivant dans une cité HLM proche de Lyon il a commencé à mal tourné et a fréquenté les mauvaises personnes. de petits larcins en arrestations et condamnation il décide de changer du tout au tout et se réfugie dans le Coran.
Il commence à s'intéresser de plus en plus à l'islam et demande conseil à ses amis musulmans et à leurs parents. Puis il saute le pas et se convertit. Mais au lieu de vivre la religion comme ses amis musulmans il fonce tête baissé dans la radicalisation en rencontrant de mauvaises personnes.
De là s'en suit des voyages, tout d'abord la Bosnie et ensuite les camps d'entrainement en Afghanistan.
Un livre très bien écrit qui nous donne un aperçu de ce qui se passe en ce moment.
Si comme moi vous aimez les autobiographies et êtes curieux des évènements actuels je vous le conseil grandement.
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lecturesdemarion
  05 juin 2016
Je remercie Babelio ainsi que les éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre grâce à la Masse Critique.
J'ai coché ce livre car ce livre à piqué ma curiosité. J'ai été curieuse de savoir comment un jeune peut tomber dans la radicalisation et s'en sortir.

Il y a des reportages à foison sur la radicalisation mais on ne nous dis jamais pourquoi – bon, parfois on nous dis que c'est les mauvaises fréquentations mais sa s'arrête la – et comment ces jeunes se radicalisent.
Nous faisons la rencontre de David Vallat qui vis à Lyon dans un appartement avec sa mère.
David nous présente ses amis de confession musulmane et va un jour décider de se convertir à l'Islam.
Il va aussi nous expliquer qu'il a connu la délinquance mais il va surtout nous expliquer comment il est entré dans la radicalisation, les camps d'entraînements en Afghanistan etc.. et il va aussi nous dire comment s'est passé sa déradicalisation.
J'ai beaucoup apprécier l'écriture de l'auteur qui ne passe pas par quatre chemins et nous explique en toute sincérité et simplicité comment s'est déroulée sa radicalisation.
J'ai apprécié ce témoignage car l'auteur n'essaie pas de nous mentir et de nous faire croire toute sorte de chose. Ce qui me fait dire ça est un paragraphe que l'auteur nous a dis dans son épilogue :
« A midi, le 11 Janvier 2015, j'entends vaguement à la radio qu'une fusillade s'est produite à Paris. Après ma journée de travail, je passe dans le local du Lyon Bondy Blog. Effaré, j'apprends le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo. Dans le flot d'émotions qui m'assaille, j'éprouve une étrange sensation. Un effroi comparable à celui que j'ai ressenti en apprenant la série d'attentats de 1995. Je sais de quel genre de terrorisme il s'agit. Je sais que ça va recommencer. »
David Vallat est la preuve que les jeunes radicalisés peuvent s'en sortir.
Je recommande ce témoignage à toutes les personnes qui veulent comprendre pourquoi et comment un jeune prends la décision de se radicaliser.

Lien : https://leslecturedemarion.w..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   22 avril 2020
L’émir me conseille de rejoindre « la maison des Algériens », à Peshawar, située dans un autre secteur de la ville. Mon passage dans le camp de Khalden a dû me procurer une réputation. « L’Algérien. » Ce surnom me colle à la peau. Ce qui explique sans doute le choix de l’émir. Et une bonne part de ma destinée.

Les Algériens ont été les premiers à s’engager dans les combats contre l’invasion russe. À Peshawar, ils disposent en remerciement d’un quartier entier, sans payer l’eau ni l’électricité. Cet endroit est devenu un autre haut lieu du djihadisme mondial. Je file sur une mobylette-taxi. Trois quarts d’heure de trajet et me voilà dans le quartier Babi. J’arrive donc devant bayit el Djezairioune, la « maison des Algériens ». L’architecture simple et carrée, semblable aux autres bâtisses de la rue, se distingue, là aussi, par un mur d’enceinte de trois mètres de haut, avec portail en acier.

L’émir Abou Makhlouf m’accueille avec une vigoureuse accolade. Une dizaine de résidents sont présents, dans l’attente d’une destination. Je reconnais deux visages, croisés à Khalden. L’émir m’explique que mon retour en France nécessite quelques jours de préparation, pour l’achat des billets et les formalités. Je passe dix jours ici. L’organisation est bien huilée. Les djihadistes de toutes nationalités vont et viennent. Il faut tenir des tours de garde chaque nuit. On me fournit un pistolet Makarov, à glisser sous l’oreiller. Ce réseau islamiste met à profit ce temps de transit pour compléter notre formation. Notre formatage plutôt. Hormis les prières, nous n’avons pas de cours religieux mais les conversations entretiennent en permanence l’idée et le désir de combattre. Les zones d’attractivité changent, sous l’effet de la géopolitique mondiale. Dans cette maison, il est bien sûr beaucoup question de ce qui se passe en Algérie, avec l’irrésistible montée des islamistes. On m’indique que le Groupe islamique armé (GIA) vient de passer sous le commandement unique de Zitouni. À cette époque, le mouvement bénéficie encore d’un soutien populaire. Il n’y a pas de massacres de villageois, comme celui de la plaine de Mitidja, qui aura lieu l’année suivante. La propagande est efficace. Nous visionnons des cassettes vidéo. Les films sont tout récemment tournés. Je découvre sur écran une scène d’embuscade filmée dans une ville algérienne. Un préfet et ses dix-neuf gardes du corps sont attaqués, tous tués. Les images sont violentes, assorties de slogans. Sous cette influence, de nombreux résidents n’ont plus qu’une idée en tête : rejoindre le maquis algérien pour soutenir ces nouveaux soldats de la cause islamiste. Ici, au Pakistan, dans l’attente de formalités, le recrutement bat son plein. Pour ma part, c’est toujours en Bosnie que je veux aller. Je suis bien le seul.
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enkidu_enkidu_   22 avril 2020
À Villepinte, je m’inscris à la bibliothèque. Je me lance dans la lecture. Le détenu qui tient le registre des livres est d’origine pakistanaise. Il m’a pris en amitié. Il me signale que la direction de la prison demande la liste de toutes mes lectures. Je cherche à déjouer cette surveillance. Alors je commande exclusivement des bandes dessinées. Astérix, Tintin, voilà pour les rassurer. Et je fais commander les livres qui m’intéressent par d’autres détenus. Je lis tout, sur tout. Histoire, géographie, philosophie, sciences naturelles, tout y passe. Un livre ou deux par jour, de littératures en tous genres. Je découvre l’histoire de la navette spatiale, l’architecture indonésienne et les rudiments de la physique quantique. J’ai plaisir à lire Rousseau, Le Contrat social. Je suis bluffé par Le Prince de Machiavel. Les manigances existaient déjà à son époque. Le pouvoir, les injustices, les combines, je trouve là les thèmes qui me taraudent depuis l’adolescence. C’est apaisant, stimulant en même temps. Une distance commence à s’instaurer entre l’environnement et moi, presque en moi-même. Les livres me changent.
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cathy13600cathy13600   01 juin 2016
Mes lectures m'ont sans doute aidé à voir autrement. Je commence à changer. En prison. C'est donc possible.
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