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EAN : 9782878585964
258 pages
Viviane Hamy (21/08/2014)
3.35/5   66 notes
Résumé :
Histoire entrelacée de deux jeunes médecins amoureux, qu'un lien mystérieux unit à travers les siècles car Urbain Delatour officie au XVIIe siècle tandis qu'Etienne Delatour est un cardiologue réputé du XXIe siècle. Mais tous deux sont aux prises d'un amour passionné et entêtant.
Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
3,35

sur 66 notes
C'est l'histoire de trois médecins, un éminent cardiologue contemporain Étienne Delatour. il opère, sonde les cœurs, pétrit les chairs , ouvre des centaines de poitrines, prêt à tout pour sauver ses patients, jusqu'à devenir chef de service à Paris....Un pére et son fils au XVII °siécle : ils visitent les fermes,arpentent la campagne, pansent les plaies, renouent, incisent, saignent, extraient,administrent des drogues, tentent de contenir les épidémies......
Mais à toute époque, les femmes peuvent venir infléchir ou détruire les parcours tout tracés.....Au XVII° siécle, voici Isabelle de Montchevreuil, fille de châtelain, méprisante, provocante, acariâtre qui s'habille en homme, manie le fouet et n'en finit pas de maltraiter ses gens.....Au XXI° siécle, voici Isabelle Saint Aubin, calculatrice, intrigante, sensuelle, menteuse, perfide ô combien,.....Elle calomnie, répand des rumeurs,manipule son amant cardiologue ....
Deux destins entrecroisés , entrelacés,deux époques oú les chirurgiens se nomment Delatour, oú les femmes entretiennent des rapports complexes avec leur pére, oú les rumeurs sont immuables.....
Quels liens mystérieux se nouent , se tissent par delà le temps entre ces deux vies exceptionnelles?
Un roman au souffle puissant, roman de l'amour, captivant,passionnant qui triomphe de la douleur et de la folie.....un écrit flamboyant aux formules imagées, au style méticuleusement travaillé comme un canevas....qui nous emporte , un ouvrage gourmand de mots, une plongée énergique et sensuelle au cœur de l'humain ....parfaitement construit au suspense haletant....
Je salue l'habileté démoniaque et le talent de François Vallejo, cet amoureux du style .....Par delà les époques des hommes de toutes conditions luttent et souffrent , tentent de maîtriser leur art sans toujours contenir les fascinations et les passions .....
Un ouvrage magnifique qui aurait pu s'appeler : " De l'influence des femmes sur le destin des hommes....."
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Quoi de mieux qu'un chirurgien comme héros de roman? Il lui est si facile de sombrer dans la démesure et de se prendre pour Dieu le père. le chirurgien peut devenir la figure même de l'écrivain qui lui aussi a le pouvoir de vie ou de mort sur les créatures qui lui passent entre les mains. 
Or donc voici qu'un romancier écrit sur un chirurgien, non, sur deux chirurgiens: l'un qui est notre contemporain, l'autre qui vit au XVII° siècle. Pourquoi choisir entre deux histoires quand on peut écrire les deux?
Ces deux personnages ont de nombreux points communs, notamment l'un comme l'autre veulent à la fois le pouvoir sur l'autre et sa reconnaissance. Pourquoi choisir entre humanisme et despotisme quand on peut jouir des deux?
Au fil de la narration alternée, les liens entre les deux récits se feront de plus en plus nombreux au point que les non-dits d'une histoire seront révélés dans l'autre. Et c'est désormais le lecteur qui goûte aux joies de la toute-puissance en embrassant d'un même coup d'oeil le présent et le passé, les turpitudes et les espérances, la faute et le salut.
Les deux textes sont limpides et jouissifs. le passé y éclaire le présent et le présent y justifie le passé. Et, à cheval sur les deux époques, le lecteur recueille les indices: du mal de la pierre aux problèmes cardiaques, l'humanité, décidément, ne souffre que dans son sexe et dans son coeur et ne tue jamais, et de bien des façons, que le père.
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« ..Une histoire ne saurait exister toute seule, elle n'est belle que si elle croise toutes les autres histoires. » cet extrait de la quatrième de couverture est à mon sens la raison même qui a poussé François Vallejo à se lancer dans ce récit, prenant, à deux voix ; celle d'Urbain Delatour , né sous Louis XIV dans le récit de son apprentissage et surtout de l'histoire de son père et celle, trouvant son écho dans la France d'aujourd'hui, d'Etienne Delatour, éminent cardiologue.

Vous l'aurez compris, ce livre a été pour moi un vrai plaisir de lecture, voilà les points majeurs que j'ai voulu distinguer.

* La trame du roman :

A travers les témoignages de l'un et l'autre, retranscrivant le contexte de leur époque et seulement à la fin de ce livre, le lecteur saisit totalement ce leitmotiv. Pour des raisons différentes, le destin de chacun va se retrouver propulsé au plus haut de la réussite de la reconnaissance par ses pairs et contemporains pour connaître ensuite une issue ou un accident de parcours chaotique.

Deux générations distantes de 4 siècles dans des disciplines proches de la médecine vont ainsi connaître une histoire similaire sous l'ombre tutélaire d'une femme aux caractéristiques physiques, au mode psychique et au tempérament similaire, même si les motivations de chacune restent divergentes. C'est donc là le coeur du sujet de ce roman ; nos histoires de vie seraient donc la répétition du destin de certains de nos ancêtres ?

Le récit de vie de chacun :
Sous le règne de Louis XIV, le jeune Urbain Delatour, malgré sa volonté de pratiquer l'herboristerie, voit son destin tout tracé par son père, médecin de son village ; la chirurgie. Successeur potentiel malgré lui de son père, il va l'assister et nous faire partager l'inexorable et bien étonnant essor du destin paternel, passant de simple médecin du Marquis de Montchevreuil puis de sa fille Isabelle à régisseur de leur domaine et seul maître à bord. Un tel destin suscitera de nombreux soupçons et amènera à de sérieux revers. Ce n'est qu'à la fin de ce roman que la clé de l'énigme nous sera dévoilée et les cartes rebattues.

Pour Etienne Delatour, notre contemporain, un cardiologue de grand art, c'est aussi son parcours que nous suivons pas à pas. Doté d'un vrai talent de chirurgien, après une première partie de vie privée et professionnelle plutôt terne, c'est un amour de jeunesse, l'étrange Irène Saint – Aubin, indéfectiblement liée à son père, qui va lui faire connaître un véritable essor à son destin et lui ouvrir les plus hautes sphères avant que les jalousies et suspicions cumulées n'entraînent aussi de périlleux revers.

Tout le talent de François Vallejo est dans le rythme parallèle entretenu entre les deux destins qu'il sait donner à son récit, une sorte d'autopsie des destins de chacun et de leur similitude.

Les personnages :
- On s'attache très vite au personnage d'Urbain Delatour junior, à la vocation contrariée par un père intransigeant. Jeune homme effacé, la double et forte personnalité de son père de de la fille du maître de sa ville seront pour lui une véritable blessure et sa relative naïveté fera de lui un témoin de l'élévation sociale de son père, témoin à charge à la fin du roman. Son père, à la fois habile et intelligent, face à la difficulté que pose son ascension au pouvoir ecclésiastique puis nobiliaire, saura mener longtemps sa barque avec sagesse et compréhension. Autre personnage clé ; Isabelle de Montchevreuil, dont la force de caractère, le rejet des personnes de basse et moyenne conditions et la personnalité de garçon manqué la prédisposeraient plutôt à ne supporter aucun contre pouvoir.

- Etienne Delatour, chirurgien cardiaque reconnu, homme qui doute de ses capacités professionnelles mais transcendé lorsqu'il opère, de nature solitaire, il a néanmoins beaucoup de mal à vivre sa relation essentiellement sexuelle avec Irène et à supporter les liens très profonds qui la lient à son père. A l'image d'Isabelle de Montchevreuil, elle cultive une totale indépendance et reste impénétrable pour Etienne comme pour le lecteur.

Le contexte des époques traversées :
Parfaitement rendu tant dans l'évocation du siècle de Louis XIV avec ces classes bien distinctes et clivant (noblesse, bas et haut clergé, médecins, simples paysans et ouvriers), c'est la même approche pour notre époque avec ses règles de concurrence, de compétitivité, de rentabilité dans le domaine médical mais aussi ce monde si fermé de grandes pontes de la chirurgie et de l'hôpital.

Ce qui m'a fait vraiment passionné dans cette lecture c'est le savant jeu des miroirs installé par François Vallejo, l'extraordinaire choc des destins et des personnages majeurs, le jeu des coïncidences troublant entre chacune des deux époques, un style concis et un certain sens du suspense entretenu jusqu'à la fin du livre.
Lien : http://passiondelecteur.over..
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Une lignée de chirurgiens datant d'avant l'époque de Louis XIV : quelle remarquable destinée pour la famille Delatour !

C'est le sujet du roman de François Vallejo , qui nous fait partager, dans un récit à deux époques, l'histoire contemporaine d'Etienne Delatour, éminent cardiologue et chef de service d'un grand hôpital parisien et celle d'Urbain Delatour chirurgien sous l'époque du Roi Soleil par la voix de son fils ainé, Urbain apprenti chirurgien et apothicaire.

Que ce soit opérer à coeur ouvert ou soigner de façon empirique, le médecin est maitre de son art apparaissant souvent comme un sauveur, un ultime espoir et cette puissance sur la vie ou la mort prend parfois des proportions qui sortent du cadre du simple soignant ...

Mais l'homme n'est pas infaillible surtout quand les femmes manigancent dans l'ombre.

François Vallejo que je découvre avec ce roman a une belle plume , une écriture fluide et agréable à lire et j'ai préféré de beaucoup la période ancienne, celle où les chirurgiens n'étaient pas considérés comme des médecins, ces hommes plutôt pédants et bien moins humanistes si bien représentés dans le théâtre de Molière .

Je suis, par contre restée beaucoup plus perplexe quant au rôle justement des femmes, Iréne Saint Aubin manipulant la carrière d'Etienne et Isabelle de Montorgueil, la fille du seigneur du village d'Urbain, n'arrivant pas à démêler l'écheveau des intrigues souterraines et n'en trouvant pas la finalité .

J'ai donc été plutôt déçu par le fond de l'histoire n'ayant pas tout compris ...
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Me voici dans une situation délicate : je ne sais trop que dire de ce livre. On ne peut pas dire qu'il soit mauvais, loin de là. Il est plutôt bien écrit, avec l'alternance de deux registres linguistiques marquant les allers et retours successifs entre notre monde contemporain et le XVIIe siècle.
L'idée de superposer deux intrigues symétriques par leurs personnages et les situations dans lesquelles ils évoluent était plutôt intéressante.
Mais disons que ce livre ne m'a pas touchée. Je n'ai pas vibré d'une quelconque émotion en le lisant. Et surtout, je n'ai pas réussi à comprendre où l'auteur voulait en venir. Et ça, ça me chiffonne toujours !

On découvre donc parallèlement un médecin apothicaire formant son fils appelé à prendre sa suite, comme cela s'est toujours fait depuis plusieurs générations dans la famille, et un chirurgien spécialisé en cardiologie, homonyme et donc, on l'imagine aisément, descendant des premiers. de part et autre il y a une femme, à la personnalité trouble, affligée d'une légère claudication suite à un accident, chacune vivant avec son père, leur mère étant décédée dès leur plus jeune âge.
L'exercice de la médecine, l'étrange et peut-être inquiétant sentiment de puissance que procure le pouvoir de faire reculer la mort, la possibilité de s'enrichir par ce biais sont au coeur des intrigues qui se nouent conjointement, s'éclairant l'une l'autre.

Le parallélisme des histoires met en lumière analogies et antagonismes entre les deux époques dans la relation entre patients et médecins, dans l'ascendant que sont susceptibles de prendre les seconds au sein de la société et dans le regard que porte la justice sur l'exercice de la médecine. D'une certaine manière, le récit donne une vision de l'évolution du rôle du corps médical dans la société de l'Ancien Régime à nos jours.
Je serais tentée de dire «Bon. Et après ?»
Je reste sur ma faim.
Peut-être que ce sujet ne me passionne pas. Peut-être aussi que l'écriture ciselée et très appliquée de Vallejo ne correspond pas à ma sensibilité. Je préfère en effet un style moins contenu, plus libre, plus échevelé.
En fin de compte, un roman qui, en dépit de ses qualités, ne m'était certainement pas destiné. Mais peut-être en ira-t-il autrement de vous ?

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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critiques presse (4)
Bibliobs
15 octobre 2014
Elégant et subtil, le phrasé de Vallejo crée l'ambiguïté, il provoque un certain vertige. Et laisse un entêtant effet de traîne.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama
10 septembre 2014
Télescopant les époques et croisant les destins, François Vallejo mène son récit avec une habileté démoniaque, entretenant un suspens qui va croissant. Cet amoureux du style, qu'il travaille avec la méticulosité d'un cueilleur de plantes médicinales, livre ici un roman magnifique.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro
05 septembre 2014
Une belle mise en scène baroque, agréablement romanesque.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress
25 août 2014
Assurément, il y a un mystère Vallejo, orfèvre du point-virgule et façonneur incomparable des passions humaines.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
"Un homme ne peut rester solitaire, il a besoin de tous les autres hommes. Une phrase unique n'a aucun sens, sans le voisinage de toutes les autres phrases. Une histoire ne saurait exister toute seule, elle n'est belle que si elle croise toutes les autres histoires....."
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Un homme ne peut rester solitaire, il a besoin de tous les autres hommes. Une phrase unique n’a aucun sens, sans le voisinage de toutes les autres phrases. Une histoire ne saurait exister toute seule, elle n’est belle que si elle croise toutes les autres histoires.
Le dit du Yan-Ding, 3e section, 8e chapitre,
Anonyme chinois
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Nos histoires ont toujours déjà commencé, se poursuivent ailleurs, reprennent en d'autres temps, et ne s'achèvent jamais. Elles sont perpétuellement en cours, parce que nos histoires sont les histoires du monde.
Le livre des rumeurs vagabondes,
Anonyme Persan, début XVIIIè siècle
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Il m’a répondu qu’il avait craint, plus que la honte de passer pour un meurtrier, comme l’en menaçait la fille du château, celle de passer aux yeux de son fils, son ancien apprenti, son compagnon, bientôt son successeur, pour un mauvais chirurgien. Il s’en voulait, non de la mort d’un homme, mais d’avoir eu la faiblesse d’accepter de tailler une vessie, l’opération la plus difficile qui soit, sans avoir la main nécessaire ni le talent, sans avoir pris les précautions qui s’imposaient alors ni su imposer ma présence comme son aide indispensable. L’erreur de métier était à ses yeux la plus indigne.
Une autre erreur, près d’égaler la première, était celle de son jugement. Il n’avait deviné à aucun moment les préparatifs de Mademoiselle de Montchevreuil, ses manœuvres pour éloigner toute autre personne et le persuader d’agir seul et malgré son sentiment, jusqu’à ce qu’il aperçoive la joie maligne dans ses yeux, devant le corps cadavérique de son père.
Sa dernière faiblesse tenait à l’accord auquel il avait consenti avec la véritable instigatrice d’un crime et dont il ne savait comment se défaire. Il se voyait pris dans un complot qu’il serait incapable de démontrer, si un tribunal l’exigeait.
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Le docteur Delatour réussit à chasser aussi cette dernière pensée, il fait le vide, dans sa tête, dans ce thorax d'où le sang est évacué vers la machine. Il voit ses mains comme détachées de sa pensée, et fermes, et précises, elles courent le long du cœur, s'insinuent, décortiquent, de la broderie comme il aime.
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Videos de François Vallejo (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Vallejo
Il est des hommes pour qui l'art est le théâtre de toutes les ambitions et de tous les risques. Il paraîtrait même que certains en sont morts. Avec Paul Greveillac ("Art Nouveau", Gallimard), Dominique Maisons ("Avant les diamants", La Martinière) et François Vallejo ("Efface toute trace", Viviane Hamy). Animée par Laure Dautriche, journaliste à Europe 1.
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