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Michel Bibard (Traducteur)
ISBN : 2253146811
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 52 notes)
Résumé :
"Histoire d'un amour halluciné dans la capitale de la haine", La Vierge des tueurs est un roman provocateur, outrancier et en total décalage par rapport à la littérature sud-américaine de ces dernières années. Une prose déchaînée, irrespectueuse et autodestructrice. Fernando, le narrateur, grammairien comme son auteur, revient à Medellin. Là, chaque jour, les sicaires assassinent sur ordre des narcotrafiqua... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  28 mars 2016
C'est une histoire ordinaire des rues de Medellin que nous raconte Fernando.
Celle de son histoire d'amour avec Alexis, un sciaire - un de ces jeunes garçons tueurs à gages qui vivent à cent à l'heure, le temps d'exécuter leurs contrats, jusqu'au jour où ils sont eux-même le contrat...
J'ai beaucoup aimé cette conversation de café avec l'histoire que nous raconte l'auteur, avec une prose qui suinte la rage au bout de chaque lettre. Une histoire qui nous rappelle que la vie est éphémère et en attrape certains dans un cercle vicieux où chacun sait que la mort peut venir n'importe quand. Mort qui sera elle aussi éphémère, car les matchs de foot prennent le dessus.
Oubliez votre confort quotidien, vous qui vous apprêtez à lire ce roman. Ici, plus de règle, plus de notion du Bien et du Mal, pas de moralité, pas d'entraide, pas de solidarité. Seul compte une loi : tuer ou être tué, avec une variante : voler ou se faire voler. On est loin, très loin même, des discours révolutionnaires ou solidaires comme chez Luis Sepulveda.
Une rage et une violence extrême cathartique et rédemptrice à la fois. Bienvenue en Amérique latine, et bienvenue à Medellin, là où l'enfer est sur terre et la religion donne de quoi se distraire entre deux tueries en promettant un ailleurs plus paisible.

Un voyage dont on ne revient pas indemne, bien que j'ai préféré la première moitié à la seconde.
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LiliGalipette
  16 novembre 2011
À Medellin, en Colombie, « les sicaires sont des enfants ou de jeunes garçons de douze, quinze ou dix-sept ans, comme Alexis, mon amour. » (p. 11) de retour dans son pays pour y mourir, le narrateur est un grammairien qui s'éprend follement d'un superbe gamin, prostitué et assassin. Sept mois durant, le couple arpente la ville, court les églises et commence à tuer à l'envi. Alexis est aussi violent qu'innocent : « Il comprend seulement le langage universel des coups. Cela fait partie de sa pureté intouchée. » (p. 33) Dans l'âme du jeune homme se mêlent la candide spontanéité de l'enfant et le froid détachement du tueur à gages. le grammairien et le beau sicaire forment un couple fatal qui s'exalte dans une hécatombe amoureuse. Revolver à la main et argot plein la bouche, Alexis défie la vie, défie toutes choses.
Entraîné dans un monde désenchanté de violence crue, le vieil homme découvre qu'« ici la vie d'un homme ne vaut rien » (p. 60). La mort est aussi fugace qu'omniprésente et le regard que chacun pose sur elle est désabusé. Qui tuent-ils, ces amants fous ? Des passants, des chauffeurs de taxi et autres. Sans besoin de motif, la mort déambule en reine et s'octroie les vies qui lui plaisent. Mais ce qu'oublie le couple funeste, c'est que la mort n'a pas de maître. Alexis mourra, c'est avéré dès le début du roman. Pour le vieil homme, il est « [exempté] de l'ignominie de vieillir par le scandale d'un poignard ou la miséricorde d'une balle. » (p. 14) Et puis, il y aura Wilmar, nouvel amour et nouvelle désillusion.
Fernando Vallejo présente un univers où la religion est dévoyée et le mysticisme halluciné. Les balles baptisées participent d'une religion de la mort et l'amant assassin est sacralisé : « Alexis était l'Ange Exterminateur qui était descendu sur Medellin pour en finir avec cette race perverse. » (p. 85) L'horreur devient un culte voué à Marie Auxiliatrice, vierge du village de Sabaneta, que les tueurs implorent pour obtenir le succès dans leurs entreprises mortifères. Medellin est devenue la cathédrale du Mal, une cité monstrueuse aux multiples noms où s'affrontent des bandes armées pour la possession de quelques rues ou le trafic de drogue.
Ce qui frappe encore, outre le reniement de la religion, c'est l'invective acharnée contre tout ce qui peut être sacré pour une société. Ce roman piétine la politique et les grands hommes, la famille, la morale et même le football ! Fernando Vallejo écrit la jubilation du Mal dans une catharsis débarrassée de tout complexe. le grammairien est clairement un avatar de l'auteur et la profondeur autobiographique du texte fait froid dans le dos ! Les paragraphes ont une épaisseur qui illustre la touffeur mortelle de Medellin et l'horreur sans âme dans laquelle plonge le narrateur. Bien loin du réalisme magique qui a fait les belles heures de la littérature sud-américaine, le roman de Fernando Vallejo est une plongée dans la réalité nue, un rappel des contingences du monde.
Si j'ai aimé ce roman ? Peut-on aimer l'horreur ? Alors oui, je l'ai aimé. Mon conseil aux âmes sensibles, passez votre chemin.
Le film éponyme de Barbet Schroeder, sorti en 2000, m'a semblé moins pesant que le livre. Première différence : le livre ne cite jamais le prénom du narrateur, alors que le film le nomme immédiatement Fernando. Aucun doute, il s'agit de l'auteur, son patronyme est lancé quelques minutes après le début du film. La représentation rend plus mordant le cynisme du « dernier grammairien de Colombie ». La religion est moins prégnante et les jeunes sicaires ont plus l'air d'être des petites frappes – ce qu'ils sont effectivement – la grâce mystique en moins. La fin du film extrapole un peu l'excipit du roman, mais sans dénaturer l'histoire. Enfin, la bande originale est tout simplement hallucinante : de Maria Calas aux derniers sons électroniques en passant par les mélodies colombiennes, la musique déploie une atmosphère unique pour illustrer un monde qui oscille entre beauté et laideur, entre tradition et modernité. Moins âpre que le roman, le film se regarde sans déplaisir, ne serait-ce que pour la beauté du couple Fernando/Alexis : entre l'homme mûr et l'éphèbe insolent, il y a une perfection époustouflante.

Lien : http://www.desgalipettesentr..
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stcyr04
  01 avril 2016
Medellín, Colombie. Ses quelques cent cinquante églises, ses trente-cinq milles taxis, Medellín haut lieux du tourisme colombien. Medellín plaque tournante du narco-traffic, ses grands barrons de la poudre blanche, ses sicaires adolescents, "jeunes assassins assassinés, exemptés de l'ignominie de vieillir par le scandale d'un poignard ou la miséricorde d'une balle", descendant pour d'incessants règlements de compte des "Communes", bidonvilles poussés spontanément, comme des chancres, sur la face défigurée de la ville; violence partout, état nulle-part, concussion et incurie omniprésentes.
Le narrateur, peut être l'alter ego caricatural de l'auteur, est un écrivain homosexuel d'un âge avancé, ouvertement réactionnaire, dont le malthusianisme outré n'épargne pas les classes laborieuses. D'humour goguenard, en ironie appuyée, on passe très vite au cynisme affiché d'un narrateur blasé devant le spectacle du flot ininterrompu du fleuve de sang versé; en fait c'est un crescendo d'invectives et d'anathèmes en une catharsis salubre, tel un émétique, qui saisi le lecteur au cours de ce récit. Amis du politiquement correct, gardez-vous de ce livre. On est conduit, à travers le regard glaçant d'un observateur des plus factuels et détachés face aux exactions de son giton, gueule d'ange, ange exterminateur et ange gardien, à parcourir cette ville de Medellín; déambulation citadine, sinistre et hallucinée, jalonnée par les bornes ensanglantées que sont les dépouilles des malheureux qui n'ont pas eu l'heur de plaire à son mignon. Et toujours cet humour, dernière pudeur de celui qui en a trop vu dans cette vie bête à pleurer, et qui prend le parti de rire face à l'absurde : un rire grinçant comme celui d'un squelette. Parfois sous le flot continu et révoltant des exactions, des injustices commises, çà et là apparaît, tel un bouchon de liège ballotté par le courant assourdissant et ravageur, un petit instant de poésie pure, une éclaircie trompeuse dans tout ce ciel menaçant.
Ce livre ne laissera pas indifférent : s'il est lu au premier degré, il choquera à coup sûr la bienséance pudibonde des humanistes trompetant. Pour les autres, ce roman est l'occasion d'une purge du trop plein de révolte et d'indignation, voire de bas instincts, remède qui s'avère salutaire périodiquement. Voyage au bout de la nuit dans la cohue d'une métropole sud-américaine.
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Corboland78
  02 septembre 2019
Fernando Vallejo Rendón, né à Medellín en 1942, est un écrivain et réalisateur d'origine colombienne, naturalisé mexicain en 2007. Il est auteur de romans autofictionnels et d'essais. La Vierge des tueurs, son roman le plus connu, publié en 1994, a été adapté au cinéma, sur un scénario de l'écrivain, par le réalisateur suisse Barbet Schroeder en 2000.
Un vieil écrivain homosexuel revient à Medellin, la ville de son enfance. Là, il tombe amoureux d'Alexis un jeune tueur à gage de seize ans. S'en suit un effroyable périple à travers une ville qu'il ne reconnait plus, ponctué de morts violentes autant que sans raison…
Chaud devant ! Ca tache ! Ce n'est pas un roman, c'est un brûlot, alors si vous êtes plutôt « romans tièdes », passez votre chemin. Il n'y a pas vraiment d'histoire dans ce bouquin, on suit le narrateur et son jeune amant dans leur parcours halluciné/hallucinant où l'on tue comme on respire, pour un rien et même moins encore. Un chauffeur de taxi qui fait brailler sa radio et agace le vieil homme, aussitôt Alexis le flingue et l'affaire est réglée ! Voilà pour la trame générale du livre et il en est ainsi jusqu'à la dernière page.
A cette violence physique outrée (même dans le cadre de Medellin qui a été le centre opérationnel du cartel mené par le baron de la drogue Pablo Escobar, des années 1970 au début des années 1990, faisant de cette ville le théâtre de très nombreux crimes de sang) s'ajoute la véhémence verbale de l'auteur. Amoureux de sa patrie, le retour au pays est un véritable crève-coeur pour le narrateur, transformant son amour en haine. L'écriture est rageuse, hargneuse. Dans ce style – mais pour des motifs différents – je ne vois que Céline ou Léon Bloy, pour vous donner une idée du genre d'écrivain qui nous a pondu ce roman.
Une rage qui flingue tout sur son passage : La religion (« Il n'y a pas plus grande sanie sur cette terre que la religion catholique »), Dieu qui voit tout et donc sait que sur les bancs du fond de la cathédrale « se fait le commerce des garçons et des travestis aussi bien que celui des armes et de la drogue », le football (pourtant une institution sur ce continent), la musique braillée par les radios. La politique et ses élus morflent gaillardement « La loi de la Colombie c'est l'impunité et notre premier délinquant impuni c'est le président qui à l'heure qu'il est doit être en train de faire la foire avec le fric de son pays et de sa fonction… ». Et pour que la barque soit bien remplie, sans que l'on sache vraiment si Vallejo le pense ou s'il manie l'humour noir, il développe une théorie sur les pauvres assez raide ! « Celui qui aide la pauvreté la perpétue »
Alors ? Oui, le bouquin arrache ; oui, il nous sort des sentiers battus et des mous de la plume ; oui, ce roman est mémorable. Néanmoins, bien que court, cette enfilade de cadavres et de vomissures finit aussi par lasser car devenant répétitif.
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pasiondelalectura
  06 décembre 2014
Lecture d'un livre plein de violence urbaine, qui peut donner un résultat un peu drôle si on lit le livre au deuxième degré.
Ce livre publié en 1994 nous raconte la violence inouïe autour du narcotrafique dans la ville colombienne de Medellin.
Les caïds de la drogue emploient de jeunes garçons (los sicarios) pour tuer avec ou sans raison et sans jugement moral. Ces jeunes proviennent des quartiers défavorisés et ils tuent en évoquant la vierge ou en embrassant leur médaille, car la religion, omniprésente, leur donne du courage et de l'audace. C'est le paradoxe.
Dans un contexte de décomposition morale et de pauvreté, les caïds de la drogue investissent une partie de leurs gains afin d'améliorer les conditions de vie des pauvres, s'élevant ainsi au rang de bienfaiteurs du petit peuple.
Un film très controversé a été tourné en 2000 par Barbet Schroeder, il a été très mal reçu en Colombie, accusé de" truculente sinistrose".
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   05 septembre 2011
Par ces ruelles abruptes, par ces escaliers de ciment qui montent lentement, péniblement, douloureusement vers le ciel, lequel n'est pas pour nous, escaladant de degré en degré ces marches taillées dans les flancs de la montagne, dans sa terre jaune et stérile, cette même glaise dont Dieu a fait l'homme, son jouet, nous égarant dans le labyrinthe des impasses et des haines, essayant de démêler l'inextricable, la trame enchevêtrée des rancunes et des règlements de compte qui s'héritent de père en fils et se passent de frère à frère comme la rougeole, qu'est-ce que je disais? Ah oui, quel film ne ferions-nous pas, si beau, si douloureux. Mais non, ce sont des rêves et les rêves ne sont que des rêves. Et en plus le cinéma et le roman sont trop petits pour Medellin.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   27 mars 2016
Espagnols bestiaux, Indiens sournois, Nègres porte-malheur : mettez tout ça ensemble dans le creuset de la copulation et vous verrez quel mélange explosif ça vous donne avec la bénédiction du pape et tout le saint-frusquin. Ça fait une racaille tricheuse, prétentieuse, paresseuse, envieuse, menteuse, visqueuse, infidèle et cleptomane, criminelle et pyromane. C'est l’œuvre de la promiscuité espagnole, ce que l'Espagne nous a laissé quand elle s'est tirée avec l'or. Avec en plus une âme scribouillarde, plumitive, fanatique de l'encens et du papier timbré. Insurgés, libérés, traîtres au roi, tous ces bâtards après ça se sont mis à vouloir devenir présidents. Ils ont le feu au cul à l'idée de s'asseoir sur le trône de Bolivar pour piller et commander.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   25 mars 2016
Sabaneta avait cessé depuis longtemps d'être un village, c'était devenu un quartier de plus de Medellin, la ville l'avait rattrapé, l'avait avalé ; et la Colombie, entre-temps, nous avait échappé. Nous étions loin, et de loin, le pays le plus criminel de la terre, et Medellin la capitale de la haine. Mais ces choses se savent, elles ne se disent pas. Désolé.
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paullichinelpaullichinel   10 novembre 2018
Il y eut ici un petit curé dingue, dérangé, qui parait-il s'était mis dans l'idée de construire des maisons pour les pauvres avec l'argent des riches. Avec son émission de télévision " La Minute de Dieu", qui passait tous les soirs à sept heures, il devint le mendiant numéro un de la Colombie. Son antienne était que " les riches sont les administrateurs des biens de Dieu ". Vous avez déjà entendu pareille absurdité ? Dieu n'existe pas et qui n'existe pas n'a pas de biens. En outre celui qui aide la pauvreté la perpétue. Parce que, quelle est la loi de ce monde sinon que d'un couple de pauvres il en naît cinq ou dix ? La pauvreté s'autogénère, multipliée par ces chiffres, et après, quand elle prend des forces, elle se propage comme un incendie en progression géométrique. Ma formule pour en finir avec elle...
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SachenkaSachenka   05 septembre 2011
Chaque Commune est divisée en plusieurs quartiers et chaque quartier réparti entre plusieurs bandes : cinq, dix, quinze garçons qui forment une meute, et là où elle pisse personne ne passe.
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Videos de Fernando Vallejo (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fernando Vallejo

Filigranes.tv, Yasmina Khadra présente La Vierge des tueurs de Fernando Vallejo, Belfond
Mot de l'éditeur : Sans équivalent dans la littérature contemporaine, La Vierge des tueurs est sans doute l'un des romans les plus singuliers publiés ces dernières années. Une œuvre scandaleuse, dévastatrice, qui a consacré son auteur comme le principal représentant d'une nouvelle littérature, aux antipodes du réalisme magique. L'histoire d'un amour halluciné dans Medellin, la capitale de la haine, qui entraîne le lecteur au fil d'une vertigineuse descente aux enfers, dans la turbulence d'une prose extraordinairement évocatrice, marquée du sceau de l'urgence et de la nécessité.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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