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ISBN : 2757842129
Éditeur : Points (06/03/2014)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
"Un poème, pour César Vallejo, est comme un creuset où il tente désespérément et avec quelle souffrance avouée ! de rendre au verbe une pureté inaccessible. "Je veux écrire mais il me sort de l'écume/je veux dire beaucoup et seulement m'enlise". Vallejo n'aura pas vécu assez pour voir cette écume et cet enlisement devenir l'une des oeuvres les plus novatrices du XXe siècle. Cette oeuvre dont il n'a cessé de revendiquer la valeur révolutionnaire, au sens le plus abso... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Pirouette0001
  25 décembre 2014
On est loin d'une poésie tendre, amoureuse de la vie, ensoleillée.
Le style de Vallejo est souvent cru, il transpire la souffrance, la désespérance, un côtoiement permanent avec la mort.
Vallejo écrit avec ses tripes, bouleverse les images poétiques, à tout le moins celles que j'avais, et ne laisse pas indifférent.
La version bilingue proposée par l'éditeur permet, même si l'on ne connaît pas l'espagnol, ce qui est mon cas, de savourer le rythme de la langue d'origine. Un véritable plus.
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Wozniaksandy
  21 avril 2018
César Vallejo connu pour l'authenticité et l'originalité de son travail, est un poète passionné et tragique. Profondément enraciné dans son héritage mixte européen et péruvien, sa poésie exprime des thèmes universels liés à la condition humaine. César Vallejo a créé un langage poétique déchirante qui a radicalement changé la forme de son écriture.
César Vallejo va au-delà des contraintes linguistiques, il brise le rythme, en employant des allitérations maladroites, déforme les structures syntaxiques, change la fonction grammaticale des mots et joue même avec l'orthographe. Son vocabulaire poétique est souvent inconnu il crée de nouveaux mots, les confond, les falsifie pour leur donner un nouveau sens.
Les poèmes de César Vallejo traduisent son urgence personnelle à écrire contre sa propre expérience douloureuse en tant que détenu dans une prison de Trujillo, en tant que militant politique expatrié et en tant que témoin de la guerre civile espagnole dévastatrice. Il a également enduré la pauvreté et une maladie chronique dont il est mort en 1938.
On se souviendra de Vallejo pour avoir découvert un langage poétique unique qui exprime ce qu'il perçoit comme la frustration inhérente à la condition humaine et au chaos du monde.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   11 mai 2016
L'Évènement muet

 Un jour, un jour quelconque, un Évènement s'arrête
et s'assied devant votre porte. Vous êtes le seul à le voir.
 Il porte un costume jaune, d'un jaune de nuit, à la
fois étriqué et surfait, barré de bigarrures incohérentes.
Et surtout des gants jaunes, pâles et veinés comme
l'ivoire.
 Trait pour trait, son visage est celui de votre sosie. Il
vous semble qu'il vient d'une famille d'enfance, d'un
miroir très ancien, d'un miroir dont la lumière depuis
longtemps s'est éteinte dans son oubli.
 Mais son silence et son immobilité vous intriguent. Et
vous l'interrogez, vous lui demandez ce qu'il cherche là,
ce qu'il attend. Il ne répond rien. Son regard est absent,
retiré dans sa pénombre. Vous insistez, vous lui proposez
un conseil, un verre de fraîcheur, une tasse de menthe
ou de sauge. Il ne répond rien. Et cette indifférence
vous énerve ! Mais vous avez beau le saisir à-bras-le-corps,
il est maigre, le plaquer contre le mur, le secouer, le
supplier, le harceler, le menacer, vous n'en tirez rien.
Pas un mot, pas un signe, pas la moindre explication. Il
vous entends distinctement. Il est muet.
 Et tandis que vous le brutalisez de plus en plus rageu-
se ment, c'est lui qui vous regarde vous débattre.
 Il vous regarde fixement. Il n'a pas de paupières.
 Il vous regarde avec un douceur absolue, une douceur
d'une violence indescriptible.
 L'arrivée de l'Évènement muet est définitive.

p.159-160

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coco4649coco4649   07 mai 2016
UN HOMME PASSE, UN PAIN SUR L’EPAULE…


Un commerçant vole à un client un gramme sur la pesée
Parler, ensuite, de la quatrième dimension ?

Un banquier falsifie son bilan
Avec quel visage pleurer au théâtre ?

Un paria dort, un pied dans le dos
À qui, ensuite, parler de Picasso ?

Quelqu'un va en pleurant à un enterrement
Comment, ensuite, entrer à l'Académie ?

Quelqu'un nettoie un fusil dans sa cuisine
Où trouver le courage de parler de l'au-delà ?

Quelqu'un passe en comptant sur ses doigts
Comment parler du non-moi sans hurler ?

                           5 novembre 1937

p.243-245
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coco4649coco4649   05 mai 2016
JOUGS


Complètement. Et en plus, vie !
Complètement. Et en plus, mort !

Complètement. Et en plus, tout !
Complètement. Et en plus, rien !

Complètement. Et en plus, monde !
Complètement. Et en plus, poussière !

Complètement. Et en plus, Dieu !
Complètement. Et en plus, personne !

Complètement. Et en plus, jamais !
Complètement. Et en plus, toujours !

Complètement. Et en plus, or !
Complètement. Et en plus, fumée !


Complètement. Et en plus, larmes !
Complètement. Et en plus, rires !


Complètement !
                          9 novembre 1938

p.261
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coco4649coco4649   03 mai 2016
FAUX PAS ENTRE DEUX ÉTOILES


Il est des gens si malheureux, qu'ils n'ont même pas
de corps ; quantitative est leur chevelure,
bas, calculé en pouces, le poids de leur intelligence ;
haut, leur comportement ;
ne me cherche pas, molaire de l'oubli,
ils semblent sortir de l'air, additionner mentalement les soupirs,
entendre de clairs claquements de fouet dans leur gosier.

Ils s'en vont de leur peau, grattant le sarcophage où ils naissent
et gravissent leur mort d'heure en heure
et tombent, au long de leur alphabet gelé, jusqu'à terre.

Pitié pour les « tellement » ! pitié pour les « si peu » ! pitié pour eux !
Pitié, dans ma chambre, quand je les écoute avec mes lunettes !
Pitié, dans mon thorax, quand ils s'achètent des habits !
Pitié pour ma crasse blanche, solidaire dans leur ordure !

p.201
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coco4649coco4649   07 mai 2016
UN HOMME PASSE, UN PAIN SUR L’EPAULE…


Un homme passe, un pain sur l’épaule
Vais-je écrire, ensuite, sur mon double ?

Un autre s’assied, se gratte, extirpe un pou de son aisselle, le tue
Où trouver le courage d'écrire sur la psychanalyse ?

Un autre est entré dans ma poitrine, un pieu à la main
Parler, après, de Socrate au médecin ?

Un boiteux passe en donnant le bras à un enfant
Vais-je, ensuite, lire André Breton ?

Un autre tremble de froid, tousse, crache le sang
Pourrais-je jamais parler du Moi Profond ?

Un autre cherche dans la boue, des os, des épluchures
Comment écrire, ensuite, sur l'infini ?

Un maçon tombe d'un toit, meurt, laissant son casse-croute
Innover, ensuite, sur le trope, la métaphore ?...

                                5 novembre 1937

p.243
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