AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Philippe Bonnefis (Autre)Dolorès Rogozinski (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253002918
348 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/07/1972)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 869 notes)
Résumé :
Fils d'un professeur de collège méprisé et d'une paysanne bornée, jules Vallès raconte : « Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants et elle me fouette tous les matins. Quand elle n'a pas le temps le matin, c'est pour midi et rarement plus tard que quatre heures. » Cette enfance ratée, son engagement politique pour créer un monde meilleur, l'insurrection de la Commune, Jules Vallès les évoqua, à la fin de sa vie, dans une trilogie : L’Enfant, Le Bachelier et L... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
olivberne
  17 mars 2012
L'enfant est un roman difficile, difficile à lire car long et sombre, mais surtout difficile pour les sentiments inédits et absolus de cet enfant qui déteste la société comme elle le déteste. Julles Valles est un révolté de l'enfance et on suit son parcours de souffrance sans complaisance, ni pour lui, ni pour le lecteur. On se révolte avec lui, sans savoir si cette autobiographie représente la vérité ou une réalité transformée pour les besoins de la cause. Pour ceux qui sont originaires de la région stéphanoise, comme moi, c'est un livre fondateur, militant et reconnaissable car il porte le message d'un peuple qui voulait simplement vivre en humain. La société pour cet enfant sera ce que Folcoche, la mère de Bazin, sera plus tard, dans ces romans qui ont su montrer une autre enfance, loin des poncifs habituels.
Commenter  J’apprécie          572
Chrichrilecture
  24 septembre 2016
Bien
J'ai bien aimé cette autobiographie, certains passages sont un peut long, mais c'était la vie d'avant. Un livre que certains parents devraient lire avec leurs enfants cela leur ferait prendre conscience de beaucoup de choses Peut être que pour l'enfant la vie était dur, mais au moins il avait une éducation et du respect car a l'heure actuelle on se demande s'il y en a encore.
Commenter  J’apprécie          590
madameduberry
  13 janvier 2014
Eprouvante description d'une enfance et de sa misère affective. Non aimé, objet de toutes les pulsions sadiques et défouloir d'une mère bornée, il doit aussi se passer de père, le sien étant méprisé, humilié, et ne valant guère mieux, tout professeur qu'il soit, que son obtuse épouse. Que cet enfant ait pu grandir et se développer intellectuellement malgré le poids de bêtise de méchanceté et de mesquinerie posé sur sa tête pensante, c'est un premier miracle. Qu'il ait été en mesure d'en faire une oeuvre, c'est sûrement l'issue salvatrice qu'il a trouvée. Une résilience, en quelque sorte.
Commenter  J’apprécie          441
lafilledepassage
  31 janvier 2020
Plongée dans la France provinciale de la fin du XIXème siècle. C'est le début de la fin de la France paysanne et l'avènement de l'industrie et de la petite bourgeoisie avec son obsession de la respectabilité et ses valeurs nauséabondes comme le mépris des plus faibles que soi, la soumission à l'autorité …
L'enfant, c'est d'abord la relation avec la mère. Dès le début, le décor est planté: l'enfant se fait fouetter par sa mère. Il accepte ce sort, trouvant des excuses à cette mère toxique et castratrice, et probablement aveuglé par l'amour qu'il lui porte, un amour inconditionnel. On est ici bien loin de la promesse de l'aube de Romain Gary.
Le père est totalement absent, soumis à l'autorité de la mère ou à celle de ses supérieurs, moqué par ses élèves et par ses collègues. Alors l'enfant va chercher ses modèles ailleurs, chez ses oncles ou dans les livres d'aventure.
L'enfant grandit tant bien que mal dans cet univers malsain, et peu à peu se tourne sur le monde qui l'entoure. C'est l'éveil d'une conscience politique, la naissance d'une aspiration à plus de justice sociale. J'aime cette époque où rien n'est encore joué, où tout est encore possible. Une époque où un vent d'insurrection souffle sur la France, sur l'Europe.
Le roman est loin d'être plombant, même si la situation n'est pas très réjouissante. Il regorge de scènes cocasses (mémorable distribution des prix, visite de la mère à Paris, démonstration de l'existence de Dieu à coup de bâtonnets de bois, …), de chutes, de collisions. Les caractères du père et de la mère sont magnifiquement croqués.
Un roman réaliste et savoureux à lire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          373
kathy
  15 avril 2012
Le Puy, 1830.
« Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m'a donné son lait ? Je n'en sais rien. Quel que soit le sein que j'ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j'étais tout petit : je n'ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j'ai été beaucoup fouetté"
Cette phrase inaugurale lance d'emblée la narration en installant le rapport difficile à la figure maternelle. Et la rapsodie de cris, de gifles, de raclées, de pleurs et de disputes assure la trame de l'histoire. Mais ce n'est (peut-être…) pas le pire ! Il ne s'agit pas ici, seulement, d'une histoire d'enfant battu, malheureux, mais l'histoire d'un monde de frustrations intolérables.
Car, si Madame Vingtras bat Jacques, son fils, à qui mieux mieux, c'est qu'elle croit à des raisons qui lui paraissent vraies et bonnes. Dans une société où règle l'ordre moral le plus obtus, où les hiérarchies sont tout à fait rigides et fondées seulement sur des rapports de forces, tout désir de mouvement qui pourrait déranger l'ordre établi est aussitôt réprimé.
Or, les parents de Jacques sont des « déclassés vers le haut » : ils viennent du monde paysan et, par les chemins de l'école et des diplômes, ils tentent d'accéder à la classe petite-bourgeoise, tout en souhaitant que Jacques devienne, lui aussi, un « Monsieur ».
Ainsi, les frustrations de M. et Mme Vingtras trouvent une compensation dans les raclées qu'ils administrent à leur enfant.
Ainsi, les frustrations de Jacques trouveront une compensation dans la révolte : révolte contre ses parents, -même si Jacques les plaint plus qu'il ne les condamne-, révolte contre l'institution scolaire, révolte contre sa ville de province, révolte contre son milieu, et enfin, révolte contre l'ordre établi puisqu'il s'engagera dans l'action pour la révolution.
Un livre sur l'enfance malheureuse qui induira FORCEMENT des choix à l'âge adulte : se soumettre, ou alors, oser dire non, avoir la volonté et le courage du refus, s'insurger. Un roman sombre – même si quelques embellies illuminent un peu ce roman, notamment pendant les vacances à Farreyrolles à la campagne chez les tantes où la joie de vivre, les rires, les plaisirs simples permettent à Jacques de se sentir vraiment exister. Un roman émouvant. Un roman éthique.
Par-dessus le flot d'une génération, un autre romancier entendit la voix de Vallès : Louis-Ferdinand Céline, « Mort à crédit », qui comme dans l'Enfant, dénonçait, lui aussi, toute une jeunesse sous le joug de l'interdit - interdit de ressentir, de bouger, de désirer, d'exister.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          310

Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine   12 décembre 2014
Je souffre de me voir accablé d'éloges que je ne mérite pas, on me prend pour un fort, je ne suis qu'un simple filou. Je vole à droite, à gauche, je ramasse des rejets au coin des livres. [...]
Pour la narration française, je réussis aussi par le retapage et le ressemelage, par le mensonge et le vol.
Je dis dans ces narrations qu'il n'y a rien comme la patrie et la liberté pour élever l'âme.
Je ne sais pas ce que c'est que la liberté, moi, ni ce que c'est que la patrie. J'ai toujours été fouetté, giflé, - voilà pour la liberté ; - pour la patrie, je ne connais que notre appartement où je m'embête, et les champs où je me plais, mais où je ne vais pas.
Je me moque de la Grèce et de l'Italie, du Tibre et de l'Eurotas. J'aime mieux le ruisseau de Farreyrolles, la bouse des vaches, le crottin des chevaux et ramasser des pissenlits pour en faire de la salade.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
Antoin47Antoin47   30 décembre 2015
Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m’a donné son lait ? Je n’en sais rien. Quel que soit le sein que j’ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j’étais tout petit ; je n’ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j’ai été beaucoup fouetté. Ma mère dit qu’il ne faut pas gâter les enfants, et elle me fouette tous les matins ; quand elle n’a pas le temps le matin, c’est pour midi, rarement plus tard que quatre heures. Mlle Balandreau m’y met du suif. C’est une bonne vieille fille de cinquante ans. Elle demeure au-dessous de nous. D’abord elle était contente : comme elle n’a pas d’horloge, ça lui donnait l’heure. « Vlin ! Vlan ! Zon ! Zon ! – voilà le petit Chose qu’on fouette ; il est temps de faire mon café au lait. » Mais un jour que j’avais levé mon pan, parce que ça me cuisait trop, et que je prenais l’air entre deux portes, elle m’a vu ; mon derrière lui a fait pitié.
Elle voulait d’abord le montrer à tout le monde, ameuter les voisins autour ; mais elle a pensé que ce n’était pas le moyen de le sauver, et elle a inventé autre chose. Lorsqu’elle entend ma mère me dire : « Jacques, je vais te fouetter !
– Madame Vingtras, ne vous donnez pas la peine, je vais faire ça pour
vous.
– Oh ! chère demoiselle, vous êtes trop bonne ! »
Mlle Balandreau m’emmène ; mais au lieu de me fouetter, elle frappe dans ses mains ; moi, je crie. Ma mère remercie, le soir, sa remplaçante.
« À votre service », répond la brave fille, en me glissant un bonbon en cachette.
Mon premier souvenir date donc d’une fessée. Mon second est plein d’étonnement et de larmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
wiggybiswiggybis   25 juillet 2013
" Mon enfant, il ne faut pas jeter le pain ; c´est dur a gagner. Nous n´en avons pas trop pour nous, mais si nous en avions beacoup, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-etre un jour, et tu verras ce qu´il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis, mon enfant ! "
Je ne l´ai jamais oublie.
Cette observation, qui, pour la premiere fois peut-etre dans ma vie me fut faite sans colere, mais avec dignite, me penetra jusqu´qu fond de l´ame ; et j´ai eu le respect du pain depuis lors.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
solasubsolasub   25 janvier 2012
Il m’a mis aux arrêts ; – il m’a enfermé lui-même dans une étude vide, a tourné la clef, et me voilà seul entre les murailles sales, devant une carte de géographie qui a la jaunisse, et un grand tableau noir où il y a des ronds blancs et la binette du censeur.
Je vais d’un pupitre à l’autre : ils sont vides – on doit nettoyer la place, et les élèves ont déménagé.
Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d’un lézard, une agate perdue.
Dans une fente, un livre : j’en vois le dos, je m’écorche les ongles à essayer de le retirer. Enfin, avec l’aide de la règle, en cassant un pupitre, j’y arrive ; je tiens le volume et je regarde le titre : ROBINSON CRUSOÉ.
Il est nuit.
Je m’en aperçois tout d’un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? – quelle heure est-il ?
Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s’effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien.
J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse ; je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d’une émotion immense, remué jusqu’au fond de la cervelle et jusqu’au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain…

chapitre XI
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
ChocolatiineChocolatiine   06 décembre 2014
D'abord, je gâche trois feuilles de papier à compliments : j'ai beau tirer la langue, et la remuer, et la crisper en faisant des majuscules, j'éborgne les o, j'emplis d'encre la queue des g, et je fais chaque fois un pâté sur le mot "allégresse". J'en suis pour une série de taloches. Ah ! elle me coûte gros, la fête de mon père !
Enfin, je parviens à faire tenir, entre les filets d'or teintés de violet et portés par des colombes, quelques phrases qui ont l'air d'ivrognes, tant les mots diffèrent d'attitudes, grâce aux haltes que j'ai faites à chaque syllabe pour les fioner !
Ma mère se résigne et décide qu'on ne peut pas se ruiner en mains de papier : je signe - encore un pâté - encore une claque. - C'est fini !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211

Videos de Jules Vallès (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jules Vallès
La saga des Passagers du vent sera de retour en librairie ! A l'approche de la sortie du tome 8, nous avons recueilli des témoignages de journalistes et d'historien pour parler de la saga.
Résumé : Paris, 16 février 1885. On enterre Jules Vallès, tout juste cinq ans après l?amnistie des communards et le retour des exilés. Zabo est là, au milieu de la foule immense. Alors que nous l?avions quitté vingt ans plus tôt, en Louisiane, elle répond aujourd?hui au prénom de Clara. Quand elle voit une jeune fille, fraîchement débarquée de sa Bretagne natale, se faire maltraiter, Zabo réagit?
En savoir plus : https://www.editions-delcourt.fr/serie/passagers-du-vent-08-le-sang-des-cerises-journal-1-4.html
Retrouvez-nous sur le site internet et réseaux sociaux pour plus de BD : http://www.editions-delcourt.fr https://www.facebook.com/editionsdelcourt https://twitter.com/DelcourtBD https://www.instagram.com/delcourt_soleil_bd/
+ Lire la suite
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La trilogie de Jules Vallès, L'Enfant, tome 1

Quels sont les titres de la trilogie de Jules Vallès ?

L'Enfant, L'Adolescent, Le Jeune homme
Mon Père, Ma Mère, Mes Frères et mes soeurs
L'Enfant, La Bachelier, L'Insurgé

10 questions
131 lecteurs ont répondu
Thème : Jules VallèsCréer un quiz sur ce livre

.. ..