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Griffo (Illustrateur)
EAN : 9782800142135
192 pages
Dupuis (12/06/2008)
4.42/5   134 notes
Résumé :
La plupart des gens pensent que Jean Van Hamme est un suppôt du capitalisme car il raconte les aventures d'un héros, Largo Winch, play-boy riche à millions. En réalité, il faut plutôt voir Van Hamme comme un continuateur du roman-feuilleton à la Balzac, toujours soucieux de donner à comprendre le monde dans le cadre de digressions didactiques encyclopédiques. Voyez celles concernant la fabrication du papier ou l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
4,42

sur 134 notes
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TerrainsVagues
  13 mai 2021
« Il y a là les fissures
Fermées les serrures
Comme envolés les cerfs-volants
Il y a là la littérature
Le manque d'élan
L'inertie, le mouvement
Parfois on regarde les choses
Telles qu'elles sont
En se demandant pourquoi
Parfois, on les regarde
Telles qu'elles pourraient être
En se disant pourquoi pas…
Gaëtan Roussel pour V. Paradis »
Il y a tant de choses et parmi ces choses, il y a aussi des billets qui fâchent.
Likeurs compulsifs, passez votre chemin ou bien lisez avant d'éventuellement apprécier des mots qui pourraient vous heurter.
Comme ça risque d'être un peu long, perdez peut être pas votre temps.
Vous connaissez forcément Jean van Hamme à travers Thorgal, XIII ou Largo Winch.
Entre 1984 et 1986, les histoires ont été publiées dans le journal de Spirou avant d'être publiées en deux albums en 1988 puis un troisième en 1989. En 2001, soit presque vingt ans plus tard naissait l'intégrale avec le constat affligeant de l'auteur sur le fait que la réalité dépasse souvent la fiction.
Oui, la fiction est une source inépuisable d'inspiration pour la vie, enfin pour celle qu'on choisi de subir.
SOS Bonheur, ayez confiance, on s'occupe de vous. Tout est sous contrôle...
Métro boulot dodo, fais ce qu'on te dit de faire , fais là où on te dit de faire et surtout ne te pose aucune question, n'essaye même pas de réfléchir sinon…
On est là pour veiller sur toi, sur ton bien être, sur ta santé. Tout est sous contrôle…
Soigne toi comme on te dit de te soigner et surtout, abandonne toute réflexion, signe nous un chèque en blanc pour que nous te protégions de tout. Signe sinon…
Si t'as bien rongé ton nonosse tout l'année, t'auras ta récompense. Un bon os à moelle pour toi qui en manque tant (de couilles aussi, t'en manque). T'auras droit d'aller t'amuser selon le planning du camps de vacances, de rire quand on te le dit, de chanter quand on te le dit, de baffrer quand on te le dit, de pas sortir de l'emploi du temps défini pour ton bien quoi.
Selon ton degré d'obéissance, tu partiras en juillet aout ou en novembre, tes vacances seront placées dans l'année selon ton niveau de soumission… pardon, selon ton niveau de responsabilité.
On va te simplifier la vie ma poule. Toute ton existence ne tient plus qu'à une carte, ta vie est suspendue à une puce. Ton identité, ta santé, ton compte en banque, ta légitimité d'être. Tu n'es plus qu'un putain de micro processeur bien programmé. Pas intérêt à bugger sinon…
Ah, quand je disais que tu manquais de couilles, justement, moins t'en as mieux tu es noté. Surtout que les naissances sont contrôlées maintenant. Si les petites filles naissent dans des roses et les petits garçons dans des choux, fais pas trop de jardinage si tu vois ce que je veux dire, sinon…
Ronge l'os qu'on te balance, amuses toi avec les débiles qu'on te met dans la boite à image. Tout est sous contrôle. Ne t'inquiète pas la culture, on gère pour toi, on te fait lire ce que tu dois lire, écouter ce qu'on veut t'inculquer, te tatouer dans l'âme. Laisse toi aller et fais nous confiance, sinon…
C'est bien, c'est même au-delà de toutes nos espérances ma poule. A défaut d'en avoir, t'es un vrai serf…veau.
Sinon… sinon, on te broie, tu deviens un déregistré, on t'efface du fichier central national, tu n'existes plus. T'es le sans papier, celui dont l'existence est illégale. T'es la couille dans le potage (celle qu'ils ont perdue), le danger pour l'autre, pour l'ordre, pour le pouvoir, pour l'argent.
Tu vas être tenté de faire la révolution. Tu vas faire la révolution. Et puis… t'étais sincère toi, t'y croyais à un monde meilleur, respectueux, aimant, bienveillant, solidaire et toutes ces conneries. Mais tu t'aperçois que les exclus d'hier deviennent les dictateurs d'aujourd'hui ou de demain. Tu te rends compte que ces connards ne voulaient pas changer de monde, détruire un système qui ne fonctionne pas mais juste être calife à la place du calife et en profiter à leur tour au détriment de ceux qui en profitaient avant eux.
Quel con, je suis.
Toute ressemblance, blablabla… mais si Orwell est souvent cité pour de troublantes mais si prévisibles « prédictions », je vais ajouter Van Hamme et cette BD magnifiée par le dessin de Griffo.
Presque quarante ans plus tard, ça ressemble étrangement à la vie d'aujourd'hui et à celle que nous promettent les dangereux adeptes du transhumanisme associés aux quelques fortunes qui dirigent la planète, ceux pour qui nous sommes des inutiles.
Aujourd'hui, la police de la santé va mettre en place ce bon passeport vaccinal.
Allez, je mets à ton crédit que tu y crois au vaccin express, que tu crois être protégé(e) du virus, je te prends pas pour tous les blaireaux qui vont se faire piquer juste pour avoir le droit d'aller se dorer la pilule sous les cocotiers ou aller bouffer au restau, mais, comme tu te soumets, t'auras ta récompense, tu pourras aller ici ou là et continuer de suivre le parcours qu'on t'a balisé …
Tu dis ce qu'on te donne le droit de dire, tu écoutes ce qu'on te permet d'écouter, sinon…
On te laisse gueuler sur deux trois conneries au nom de la liberté, cette liberté que t'es le premier à entraver au nom de ta responsabilité civique, au nom de la santé publique, de celle dont on t'a lavé le cerveau.
Liberté de parole, liberté de pensée, liberté d'ETRE.
T'es prêt à dénoncer l'irresponsable. Fier de ton QR code sur ton iphone 54 (celui qui sait tout de toi et qui t'espionne H24), t'es prêt à aller jusqu'où pour identifier les inconscients, les dangereux non vaccinés en bonne santé ? En d'autres temps… bref.
Toi t'es libre et responsable et tu milites peut être même pour les droits de l'Homme, ceux que tu bafoues avec ta bien pensance.
Et si tu te mettais à militer pour les devoirs de l'Homme ?
Je sais pas moi, le devoir de respecter la planète, d'écouter l'autre, d'accepter l'autre, le devoir de solidarité, la liste serait longue mais on pourrait la résumer en un devoir principal, celui de respecter la vie tout simplement.
Cette intégrale de SOS Bonheur est bien entendu une pure fiction mais si par hasard vous croisez ces pages un jour, peut être que vous pourrez réfléchir à la notion de liberté et de responsabilité qui sont les personnages principaux de cette histoire, ces notions qui jour après jour perdent tout leur sens.
Au pire… vous aurez lu une bonne BD, bien foutue.

La liberté de dire oui, celle de dire non. Nous avons toujours le choix, pour tout.
Assumer un choix et la longue route allant à la liberté commence.
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Epictete
  12 septembre 2017
Quand la collectivité veut faire le bonheur de l'individu malgré lui...
Jean van Hamme le dit lui-même dans son texte d'introduction : « Lorsqu'une norme est imposée pour assurer le bonheur théorique du plus grand nombre, qu'advient-il de ceux qui volontairement ou non s'en écartent ? »
Cette édition intégrale reprend donc des récits concernant « les dangers que représentent pour la liberté individuelle les excès du « bon-vouloir » d'un Etat dont on attend trop de bienfaits. »
On y retrouve donc des thèmes comme le monde du travail, l'assurance maladie, les vacances organisées, le fichage des citoyens, la limitation des naissances, les arts subventionnés, etc.
Il y a beaucoup de prospective dans les scénarios de Jean van Hamme écrits en 1980 et que l'on peut retrouver peu ou prou dans l'ensemble des pays dits « organisés » du monde. L'auteur, comme Georges Orwell pour 1984 n'est pas si loin de la vérité.
La démonstration se termine par un chapitre intitulé « La révolution » qui donne une leçon de philosophie très intéressante et réaliste sur le fonctionnement des groupes humains.
Tout cela est illustré de façon forte et colorée par Griffo, bien que son dessin ait évolué depuis.
Cette lecture, outre le moment agréable qu'elle offre laisse penseur, et est finalement une belle façon de prendre un moment pour voir différemment l'organisation du monde qui nous entoure.
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jyrille
  24 juin 2021
S.O.S. Bonheur est une série finie qui comporte deux saisons. Cet article ne portera que sur la première, scénarisée par Jean van Hamme, la seconde étant mise en scène par Stephen Desberg. A chaque fois, Griffo s'occupe de la partie graphique. Dans la première saison, il se colorie lui-même.
Les six premiers épisodes furent prépubliés dans Spirou magazine dès 1984, puis sortirent sous la forme de deux recueils cartonnés de 46 pages dans la collection Aire Libre (grand format). Un troisième tome de 54 pages sortit ensuite en 1989 dans la même collection, puis toute la saison fut rééditée en intégrale en 2001, toujours chez Aire Libre.
Quelques messages d'appels au secours seront dévoilés dans cet article, mais pas tous.
Je me souviens très bien de mon premier contact avec S.O.S. BONHEUR. A l'époque, ma mère m'achetait religieusement Spirou magazine chaque semaine. C'était la grande période : le rédacteur en chef était Philippe Vandooren, qui n'hésita pas à le bouleverser pour en faire un mélange de genres, à donner sa chance à de nouveaux artistes et à ajouter un ton plus adulte tout en intégrant des strips comme LA PLUS MAUVAISE BD DU MONDE ou le très drôle L'ELAN par Frank Pé. Il prépubliera notamment SODA, les JEREMIAH de Hermann, KOGARATSU et les XIII du même Van Hamme avec Vance.
Nous sommes donc en novembre 1984, je viens de fêter mes onze ans, et c'est un choc. Au milieu de L'AGENT 212, des SPIROU de Tome et Janry ou de PIERRE TOMBAL apparut le trait réaliste aux couleurs ternes de Griffo. Très inspiré par Enki Bilal et Moebius, Griffo décrit le quotidien à coups de petits traits pour les ombres, n'omet pas les détails des décors et des costumes, peaufine chaque expression des visages d'un monde sans enfant, ni aucune féerie, ni fantastique, ni aventures trépidantes. Un monde où les gens fument, repassent leur linge, ont des relations sexuelles, prennent les transports en commun, saignent et où la violence n'est pas édulcorée : le monde des années 80. Par la suite, Griffo adoucira son trait ce qui le rapprochera de celui de Baru.
Je fis lire une ou deux de ces histoires à mon entourage, en leur demandant fébrilement « Est-ce que tu ne trouves pas que ça fait peur ? ». Je fus très déçu : les adultes ne furent pas effrayés. Ils pensaient sans doute que je voulais leur parler d'histoires d'horreur. Pourtant tout était déjà là pour nous faire douter de l'avenir, comme BLACK MIRROR le fait ces derniers temps.
Est-ce que Van Hamme avait Orwell en tête à ce moment-là ? D'après sa préface dans l'intégrale de 2001, pas du tout. Il pensait à cette histoire dès 1980, pour les besoins d'une série télé qui tourna court. C'est Vandooren qui lui suggéra d'en faire une bande dessinée.
La première saison se compose de sept histoires : Plan de carrière (15 planches), A votre santé ! (16 planches), Vive les vacances ! (15 planches), Sécurité publique (18 planches), Planning familial (14 planches), Profession protégée (14 planches) et Révolution (54 planches). A part Révolution, j'ai pu voir chacune de ces histoires publiée en une fois dans Spirou magazine, des sortes de nouvelles dessinées aux chutes extrêmement dures et sans espoir, comme Roald Dahl pouvait le faire à la même époque dans les histoires télévisées de BIZARRE, BIZARRE. A côté de ses autres oeuvres de l'époque comme son HISTOIRE SANS HEROS ou ses THORGAL, il s'agit donc d'une autre forme d'écriture, plus ramassée et concise. Ce qui prouve que Van Hamme restera un scénariste tout terrain jamais avare d'idées.
Plan de carrière
Dans une société rongée par le chômage, un trentenaire marié trouve une place dans une grande société. Comme il ne comprend pas quelle est la nature de son travail, il commence à développer une forme de paranoïa qui le pousse à prendre de nombreux risques.
A votre santé !
Les responsables gouvernementaux de la santé sont partout et vous surveillent. Gym obligatoire, masques devant être portés dans la rue, météo télévisée impossible à éviter, régimes alimentaires imposés y compris au restaurant. Comment profiter de la vie dans ces conditions ?
Vive les vacances !
Afin d'éviter les bouchons estivaux et la pollution des zones touristiques, les vacances de tout un chacun sont organisées et imposées par le gouvernement. Vous voilà donc dans un camp de vacances hautement surveillés par des GO pas si gentils que ça, près d'une plage peu accueillante et où l'on vous somme de faire partie d'un groupe pour le séjour. Sans bien sûr pouvoir se mélanger. Ce qui est une situation impossible pour des adolescents de 17 ans.
Sécurité publique
Grâce aux progrès techniques et informatiques, il est désormais possible de ne posséder qu'une seule carte, la Carte Universelle (C.U.) qui fait office de carte d'identité mais également de lien avec tous les besoins de chaque citoyen : accès bancaires, aux soins, aux services et professionnels. Que se passe-t-il une fois que votre nom n'apparaît plus dans le registre central ?
Planning familial
Et si les naissances étaient strictement limitées ? Qu'adviendraient-ils de ceux nés en dehors du planning familial ?
Profession protégée
En tant qu'écrivain reconnu et diplômé, vous avez de nombreux avantages. Mais aucune liberté.
Révolution
Van Hamme relie ici toutes les histoires précédentes. Je n'ai pu découvrir cette conclusion que bien plus tard, lors d'un passage à la bibliothèque. Nous y suivons le commissaire Louis Carelli, proche de la retraite et qui a les traits de Lino Ventura, tenter de comprendre ce qui cloche et quel est son rôle dans cette société qui couvre et couve de nombreux secrets. Cette grande histoire conclut parfaitement la série et Van Hamme se garde bien d'émettre un jugement ou de donner des solutions. Par contre il s'amuse à détourner ses propres angoisses et fournit un final aussi cynique que satisfaisant.
Chaque épisode parle donc d'une face administrative et légale de la société et des détournements qui peuvent en découler. le propos est clair : chaque bonne intention devient au final une pierre de plus à l'édifice de la dictature. Sous couvert de protéger leurs citoyens, les lois ne font qu'ajouter des chaînes et des obligations auxquelles le moindre écart de conduite mène au chaos. Ce que dénonçaient déjà Kafka, Orwell et Huxley. Par moments, Van Hamme ajoute tout de même quelques touches d'humour, très discrètes et déjà matures, qui permettent de souffler un peu dans cette société totalitaire.
A ma connaissance, ces considérations littéraires n'étaient jamais apparues auparavant dans la bande dessinée franco-belge. La force de S.O.S. BONHEUR réside dans sa vision et ses questionnements, et Griffo était le bon choix pour illustrer ces histoires. En 2000, Van Hamme ajoute une postface à sa bande dessinée et convient qu'il n'avait pas tort, que ces dérives apparaissent en filigrane. Près de quarante ans plus tard, elles sont toujours d'actualité. Ce qui suffit à mes yeux pour faire de S.O.S. BONHEUR un chef d'oeuvre qui se relit à l'infini.
Lien : http://www.brucetringale.com..
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Faignan
  12 avril 2018
Je dois le dire, je ne suis pas un fan de van Hamme et pourtant cette BD est sans doute l'une de celles que je préfère. Dystopiques les courtes histoires que nous découvrons finalement liées entre elles parlent d'un monde sans espoir.
Car au final, c'est de cela dont il est question, des entreprises toutes puissantes, des états omniprésents, du contrôle autoritaire autant qu'insidieux sur l'ensemble de nos vies.
Il parle aussi des ruptures dans l'ordre quotidien, de ce flic qui se rencontre que quelque chose ne tourne pas rond, de cette femme qui essaie de vivre en dehors d'une sécurité sociale intrusive, de ce vieux qui ne supporte plus les loisirs qu'on lui impose. Il parle de ces cassures dans l'ordre social, des ces rebellions au milieu de l'apathie générale... d'hommes ordinaires, serviteurs volontaires, que le hasard projette dans les marges.

Je ne connais pas tellement l'oeuvre de van Hamme (au-delà des quelques Largo Winch que j'ai pu survoler), mais je me demande s'il n'y a pas derrière ces textes un fond de socialisme libertaire.
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oblo
  28 octobre 2016
Initialement prévues pour la télévision puis recalées pour leur caractère trop pessimiste, les histoires de SOS Bonheur ont été réadaptées pour la bande-dessinée par Jean van Hamme, et mises en dessin par Griffo, dans un trait qui rappelle, par son sens du détail, la patte de François Boucq.
Dans un monde dystopique, un Etat régente tous les domaines de la vie publique et privée de ses citoyens à la poursuite d'un bonheur devenu, de fait, obligatoire. En six courtes histoires, Van Hamme et Griffo évoquent tour à tour les thèmes suivants : le sens du travail, le système de santé, les vacances, la sécurité des citoyens et le progrès technologique, le contrôle des naissances et la place de l'artiste. Une dernière histoire, intitulée "Révolution", fait converger ces histoires et leur donne un sens global à l'album ainsi qu'une orientation nettement pessimiste sur la place de l'homme dans le monde.
Le dessin de Griffo donne autant de densité aux personnages qu'aux extérieurs et offre une ambiance intéressante. L'histoire se déroule ainsi dans un décor très réaliste, très marqué '"années 1970-1980", ce qui n'est pas sans inquiéter le lecteur qui, très aisément, peut transposer ce récit dystopique dans notre réalité. La contemporanéité des récits interroge également notre société actuelle : comment ne pas reconnaître notre obsession du smartphone comme instrument essentiel de nos vies dans l'utilisation de la Carte Universelle (Sécurité publique) ? Comment ne pas penser à certains Etats, pas si loin du nôtre, qui essaient de contrôler les artistes (Profession protégée : cette histoire propose d'ailleurs une réflexion plus profonde sur le statut de l'artiste et sur la création artistique et son lien avec la sécurité matérielle) ? On s'interroge aussi, à une époque où de plus en plus de jeunes diplômés renouent, après quelques années de travail en entreprise, avec les travaux manuels et artisanaux, au sens que nous attribuons à notre travail au quotidien (Plan de carrière) et l'on songe, sans amusement, aux campagnes publicitaires visant à nous faire soigner au plus vite dans A votre santé (quoique cette histoire atteigne un degré extrême ; il serait difficile de comparer notre époque avec ce que vit le personnage principal de cette histoire).
C'est là la force de cet album qui, trente ans après sa création, n'a rien perdu de son mordant.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   25 juillet 2021
— La dernière visite médicale de votre fille a décelé un léger manque d’iode. La mer lui fera du bien.
— Mais j’en ai ras le bol moi de la mer ! ca fait sept ans qu’on y va chaque année à la mer. Et puis Emilie voudrait tant connaitre la campagne. C’est bon aussi pour la santé non, la campagne ?
— Désolé Madame Duchant mais votre fiche mentionne la mer. Croyez moi, c’est pour votre bien. De toute façon, vous n’avez pas le choix.
— Pas le choix hein? Vous pouvez rayer mon nom des listes de l’AMU, fonctionnaire, je me désaffilie.
— Vous… vous êtes folle ?
— Je vous laisse ce satané masque en prime ! Adieu bande de moutons !
— Madame Duchant, songez aux conséquences !
— Respirer… Enfin !
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   24 juillet 2021
— En outre je vous rappelle tout de même que nous
sommes en démocratie. L’affiliation à l’A.M.U n’est
pas obligatoire.
— Exact ! Sauf que tous les médecins et pharmaciens
sont devenus des agents de l’état et qu’il leur est
interdit de porter assistance à un non affilié fût ce
pour lui vendre un cachet d’aspirine.
— Normal madame Duchant, normal. L’individualisme
n’a plus sa place dans une civilisation sociale aussi
structurée que la notre. Pour dire les choses plus
crument, la liberté est devenue une sorte d’hérésie
qui doit être découragée pour le bien de tous.
+ Lire la suite
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   27 avril 2021
— En outre je vous rappelle tout de même que nous
sommes en démocratie. L’affiliation à l’A.M.U n’est
pas obligatoire.
— Exact ! Sauf que tous les médecins et pharmaciens
sont devenus des agents de l’état et qu’il leur est
interdit de porter assistance à un non affilié fût ce
pour lui vendre un cachet d’aspirine.
— Normal madame Duchant, normal. L’individualisme
n’a plus sa place dans une civilisation sociale aussi
structurée que la notre. Pour dire les choses plus
crument, la liberté est devenue une sorte d’hérésie
qui doit être découragée pour le bien de tous.
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cecillececille   22 juillet 2021
L'individualisme n'a plus sa place dans une civilisation sociale aussi structurée que la notre. Pour dire les choses plus crûment, la liberté est devenue une forme d'HERESIE qui doit être découragée pour le bien de tous.
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   07 septembre 2013
Je voudrais seulement te rappeler qu'à la fin de ta vie, l'homme que tu seras devenu devra rendre des comptes à celui que tu aurais pu devenir. et que ce genre d'addition est parfois très lourde à supporter.
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