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EAN : 9782365693790
224 pages
Éditeur : Editions Les Escales (24/01/2019)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Un roman riche et puissant sur le poids de la mémoire. Une enquête passionnante qui mêle le personnel et l'historique.
Marjolijn, trente ans, a toujours pensé nommer son premier fils Frans, en hommage à son grand-oncle - comme elle l'avait promis, plus jeune, à sa grand-mère. Mais de ce légendaire " cousin à la bombe " qui aurait fait exploser l'immeuble d'un collaborateur en 1946 à Amsterdam et dont elle porte depuis des années la chevalière, elle ne sait ri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  14 juin 2019
Le jour de ses 18 ans , Marjolijn van Heemstra va chez sa grand - mère , celle - ci a oublié son anniversaire et lui offre une bague , une chevalière d'homme et lui raconte une légende familiale, celle de l'oncle à la petite bombe qui a légué sa bague en demandant une faveur , de la transmettre à un futur descendant qui portera son prénom Franz .
12 ans plus tard , l'auteur est enceinte et veut tenir la promesse romantique de ses 18 ans , si elle a un fils , elle l'appellera Franz .
Elle commence alors une enquête auprès des personnes âgées de sa famille , il veut connaître l'histoire de ce héros dont elle est fière , un résistant , un idéaliste , quelqu'un qui a agit selon ses convictions.
Au fur et à mesure de sa quête de vérité , elle va prendre la réalité de plein fouet , qui était réellement cet oncle ?
Est - il un redresseur de torts , un justicier qui ne craint pas les dégâts collatéraux , elle trouvera même le terme de délire psychotique d'illégalité dans un ancien dossier , terme inconnu des psychiatres , un psychiatre consulté fera même un lien avec les terroristes actuels .
L'auteur va chercher sans relâche , en tenant compte de l'époque , juste après guerre , ça c'est passé en 1946 .
Elle va essayer de découvrir l'homme derrière l'histoire en questionnant ceux qui l'ont connu .
Mon avis : un très beau livre qui m'a séduit , j'ai déjà lu d'autres livres sur des recherches d'un membre de la famille et dans ce récit , l'écriture est très belle , l'auteur arrive à faire la part des choses de façon nuancée , elle n'essaye pas de garder absolument le côté légendaire de cette histoire , elle remet les faits dans leur contexte .
Il y a des pages magnifiques sur la vérité historique en temps de guerre .
Il y a encore plein de choses à dire , la belle rencontre avec Herman qui fait des recherches sur son père soupçonné de collaboration et qui s'est suicidé quand Herman avait 5 mois , personnage humain , mesuré qui apprend à la jeune femme les différentes facettes de la vérité .
Il y a ces victimes qui vivent dans le souvenir de leur famille , comme cette jeune Jacoba qui va revivre un peu dans nos mémoires , un bel hommage .
Il y a les pages très belles aussi sur la maternité , je ne m'y attarde pas dans ma critique mais je ne fais pas l'impasse , là aussi le ton employé est très juste .
Et coup de coeur pour la fin qui ne nous donne pas le prénom de BÉBÉ .
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missmolko1
  24 janvier 2021
Je suis bien embêtée au moment d'écrire ma critique sur ce roman, terminé il y a déjà quelques jours, car je suis incapable de dire si j'ai aimé ou non. J'ai trouvé l'intrigue intéressante mais je n'ai pas réussi à m'attacher à l'héroïne ce qui m'a empêché de bien apprécier ce livre.
Marjolijn a fait une promesse à sa grand-mère, appeler son fils Frans comme l'oncle, héros de la famille qui a commis un attentat contre des collaborateurs à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Une promesse qui aujourd'hui prend toute sa grandeur car notre héroïne est enceinte de son premier enfant. Mais qui est vraiment cet oncle Frans ? Elle va mener l'enquête sur le passé familiale.
Comme je le disais plus haut, impossible de m'attacher à Marjolijn. J'ai pourtant récemment eu deux enfants qui ont aujourd'hui 19 et 6 mois, je n'ai absolument pas réussi à m'identifier à elle, a revivre mes grossesses grâce à elle. Je ne sais pas si c'est les hormones, mais je l'ai trouvé extrêmement détachée de sa grossesse, s'obsédant dans son enquête sur Frans aux risques et périls de sa santé et de son bébé.
L'histoire de Frans est intéressante et j'ai aimé en apprendre d'avantage sur lui, mettre un visage humain avec des défauts sur le héros de départ. J'ai aimé découvrir tout le travail de recherche, d'abord avec les membres de la famille puis aux archives, sur le net. Tout ce travail de fourmi est passionnant et donne envie de faire des recherches sur sa propre famille.
J'ai aimé le voyage au Pays-Bas, quand on pense à ce pays, c'est nécessairement à Amsterdam, parfois Rotterdam mais on n'imagine rarement plus. Hors ici, j'ai adoré visiter d'autres parties du pays moins touristiques, de sortir des sentiers battus. C'est aussi intéressant de vivre et découvrir la Seconde Guerre mondiale, la résistance, la collaboration ou encore l'occupation allemande d'un autre oeil que celui des français et on remarque beaucoup de similitudes avec notre histoire nationale.
C'est un cours roman qui se lit vite, j'ai aimé la plume de Marjolijn van Heemstra même si j'ai encore un petit bémol à apporter. J'ai été dérangé par les personnages secondaires dont on ne cite jamais les prénoms et qui sont simplement cités par une simple lettre : D. ou encore A. Je trouve dommage de réduire des personnages de cette façon car ça contribue à la difficulté a vraiment rentrer dans l'histoire. En tout cas, ce roman a éveillé ma curiosité et j'espère que l'auteure en écrira d'autres que je m'empresserai de lire pour me faire une autre opinion.
Pour finir, j'ajouterai que j'adore la couverture de l'édition 10/18 que je trouve pleine de mystères et qui m'a donné envie de lire ce roman.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Tempsdelecture
  12 mars 2019
Marjolijn van Heemstra, notre autrice, est une toute jeune romancière, dont l'expérience littéraire relevait davantage de la mise en scène théatrale.  Ce roman est ainsi le second qu'elle ait écrit après le premier "De laatste Aedema" publié en 2012 et encore non traduit en français à ce jour. Ses influences dramatiques se remarquent incontestablement à travers le découpage, très morcelé, assez inédit du roman: Marjolijn étant enceinte, chaque chapitre correspond à une semaine de grossesse de la jeune femme à partir du moment ou la question du prénom du bébé se pose sérieusement avec son compagnon D. Ce compte à rebours est doublement symbolique car il mène à la fois à cette double échéance qu'est la naissance de son enfant et la révélation sur la réelle nature du personnage de Frans. 
Ainsi la romancière use de beaucoup de flash-back pour remonter les fils de l'histoire qui vont mener non seulement à réellement découvrir l'identité de ce renommé aïeul, qui porte les blasons de la famille à travers une gloire dont Marjolijn se rend compte que personne ne sait vraiment si elle avérée. 
Cette grossesse représente ici ce moment particulier dans la vie de parents, qui concentre à la fois passé et future et finalement qui pose la question fondamentale de l'héritage familiale. Un moment de remise en question de sa propre personne, de la mission de transmission qu'elle s'octroie, puisque partageant son corps avec cette esquisse d'être humain qui croît en elle, c'est un moment de grand chamboulement intime qui inévitablement entraîne une remise en question plus général. Il y a des moments dans notre histoire ou le besoin de connaître plus profondément ses racines et le fait de porter un enfant constitue l'un de ces moments particuliers. 
Tout réside dans ce petit bijou mystérieux, cette bague, sensée constitué ce lien entre des générations séparées par quelques dizaines d'années, par la volonté de cet oncle connu pour son acte de bravoure durant la seconde guerre mondiale. Liée malgré elle à une promesse dont elle n'est aucunement dépositaire, cette recherche de la vérité qu'entame la trentenaire la conduit peu à peu à tisser un lien avec l'enfant qu'elle porte et à construire des liens avec lui, ce que cette première grossesse, malgré tout, a bien du mal à concrétiser. Marjolijn se pose beaucoup de questions, et il me semble que cette question du prénom ne fait que cacher les doutes qui l'assaillent justement comme ils assaillent toute future mère, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un premier enfant. Dans son incapacité présumée à aimer celui qui se cache en elle, on ressent pourtant bien tout le contraire de cet aveu. Son rôle de mère qu'elle prend soin de préparer soigneusement en s'assurant du bon choix du prénom que son fils porterait comme un heureux hommage ou, bien au contraire, une malédiction maudite. Comme dans ces tragédies ou les héros subissent les malédictions familiales. 
Puisqu'il est question de Frans Julius Johan, ce grand-oncle, que tout à chacun se plait à célébrer le souvenir au nom de faits aux origines troubles et dont toute la véracité ne repose que sur une mémoire collective peu fiable. Remonter ces soixante ans d'histoire au gré des rencontres de celles et ceux qui détiennent une part de vérité du personnage constitue à mon sens un des points forts du roman. le côté historique du récit qui nous plonge en pleine seconde guerre mondiale dans ce pays, finalement pas si éloigné du notre mais que l'on évoque peu, voir pas du tout soyons franc, est positivement passionnant. Mon choix s'est porté sur ce livre en grande partie pour cet aspect-ci du récit, qui a le mérite de nous apporter un autre éclairage que le notre sur la question de la résistance par le biais de l'existence de ce "cousin à la bombe"
Observer Marjolijn se dépatouiller entre un souvenir qui ne demanderait qu'à rester tel quel, continuant à combler l'ego de cette famille et une vérité plus dérangeante, qui a finalement une autre saveur, jusqu'à l'acceptation finale constitue toute la valeur de ce roman. Lequel l'air de rien, sur les airs d'une simple histoire familiale, se révèle être bien plus profond qu'il n'y parait. 
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MAPATOU
  20 février 2020
Parce que sa grand-mère avait oublié de lui acheter un cadeau pour ses 18 ans, la narratrice avait reçu d'elle la bague de son grand-oncle portant les armoiries de la famille. Elle promit aussi ce jour-là d'appeler son premier fils Frans comme ce grand-oncle, héros de la Résistance.
La jeune femme connaît l'histoire de cet homme dont sa famille raconte volontiers la légende : après avoir appartenu à la Résistance pendant la guerre, il n'a pas supporter de voir qu'un collaborateur nazi vivait impunément à Amsterdam. Il a donc fait exploser son immeuble en 1946.
Seulement voilà : arrivée à la trentaine, la jeune femme attend son premier enfant. Si pour elle le prénommer comme son grand oncle coule de source elle se heurte aux objections de son conjoint.
Afin de lui prouver que le choix de Frans est le bon, que donner à un enfant le prénom d'un héros sera un atout et forgera sa personnalité, la narratrice démarre une enquête sur ce grand-oncle.
Des récits familiaux aux archives nationales, ce n'est pas réellement l'histoire à laquelle elle s'attendait que la jeune femme va faire remonter au grand jour. de la légende familiale transformant les faits pour les rendre supportables et permettre aux descendants de vivre à la réalité des faits, il y a parfois un abîme.
Un abîme qui se creuse alors que dans le même temps la jeune femme s'élargit, gonfle, se remplit de son enfant grandissant en elle.
Ce roman porte, à mon sens, deux interrogations.
La première : peut-on toujours juger avec notre regard d'aujourd'hui des faits relevant du passé ? : » Cette affaire se situe à la frontière de l'illégalité et au tournant d'une époque, dit le major Baak. Où l'illégalité commence-t-elle ? Où finit-elle ? Finit-elle à la Libération ? Ces hommes ont agi dans la clandestinité et l'illégalité durant des années ; c'était le seul mode de fonctionnement possible, et c'est ainsi qu'ils ont continué à procéder après la guerre. Dans quelle mesure peut-on décréter punissables des actes qui, s'ils avaient été commis un an plus tôt, leur auraient valu d'être décorés ? «
La seconde : la mère qui attend son futur enfant ignore tout de la personne adulte qu'il deviendra : » Pour la première fois, je songe à la mère du cousin à la bombe. Aux mois durant lesquels elle l'a porté dans son ventre, l'été de 1909. Quel avenir a-t-elle espéré pour son fils ? Qu'il devienne meilleur et plus intelligent qu'elle…Qu'il réalise ce qu'elle n'avait pas pu réaliser. Qu'il devienne un être neuf et indispensable, l'être le plus accompli de la création, ou à tout le moins un corps chaud et roucoulant qu'une femme serrerait un jour dans ses bras et sur lequel, plus tard, elle pourrait s'appuyer… Une mère s'attend à tout, mais pas à ce que son fils devienne un meurtrier. »
J'ai beaucoup apprécié la lecture de cette enquête familiale.
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PedroPanRabbit
  24 février 2019
Certains l'auront peut-être compris : sans jamais la nommer, cet ouvrage et les questionnements de Marjolijn van Heemstra s'inscrivent dans la droite lignée de la réflexion sur la psychogénéalogie. En effet, de nombreuses interrogations et plusieurs théories sur l'histoire qu'on hérite et sur le besoin de déconstruire les mythes familiaux évoquent fortement cette discipline, offrant peut-être à travers le roman une de ses meilleures illustrations. L'héroïne du livre, auto-projection de l'auteure, se trouve au moment pivot du présent, entre le passé de cet oncle prétendu héros de guerre et le futur de son fils qu'on l'a préparée à identifier à cet homme depuis son plus jeune âge.
Mais, par âme romanesque ou par doute, la jeune femme veut s'assurer qu'il n'y a pas une histoire derrière l'histoire et, qu'à l'instar de ce cadeau de St Nicolas de 1946 dissimulant une bombe, la jolie légende du héros de guerre qui fait la fierté de la famille n'est pas une illusion d'optique destinée à dissimuler une vérité plus sombre. Les recherches et découvertes en ce sens viennent rappeler les fondements de la réflexion sur le transgénérationnel : le besoin de toujours recontextualiser les faits passés pour mieux comprendre les gestes des hommes, resituer leurs actes et sans cesse les requestionner. Très vite, le récit lisse raconté depuis des années cède à la place à un enchevêtrement d'événements plus complexes, pris dans le manichéisme des différentes perceptions.
A cette enquête intime qui plonge dans le milieu de la résistance et confronte à ce que l'on considérait à l'époque comme des actes de bravoure et non plus des crimes, s'ajoute une véritable course contre la montre : celle de la grossesse de la narratrice. Au fur et à mesure des chapitres qui font le décompte des semaines, le besoin d'en savoir plus devient prégnant. Il nous dévore autant qu'il dévore Marjolijn, car on sait que la nature, elle, n'attendra pas. Il faut connaître la vérité avant l'arrivée du bébé. Mais quelle vérité, finalement? Celle qu'on craint d'apprendre, ou celle qu'on aimerait entendre?
A cette question qui nous obsède autant que la quête elle-même, Marjolijn van Heemstra répond à la fois sur le fond et sur la forme. D'une plume magnifiée par ses talents de poète douée pour la métaphore, elle se permet en guise de conclusion une ultime mise en abîme, qui nous éclaire soudainement, comme le claquement de doigts de l'hypnotiseur : le travail de l'auteur qui embellit la réalité pour en faire un roman n'est peut-être pas plus honorable que celui d'une famille qui ennoblit sa propre histoire pour sa tranquillité d'âme...
En bref : le prénom de mon oncle est une véritable pépite, un coup de coeur. Drame familial intimiste et complexe, porté par la plume talentueuse de son auteure, ce roman inspiré de l'histoire familiale et personnelle de Marjolijn van Heemstra s'inscrit dans l'optique de la réflexion sur la psychogénéalogie. Il vient ainsi rappeler l'importance de s'interroger sur la construction des mythes familiaux et sur leur portée véritable. Intelligent, violent, et touchant à la fois.
Lien : https://books-tea-pie.blogsp..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   21 janvier 2021
Cela a quelque chose d'absurde pour moi de retrouver sur de simples courriers de la mairie des dates que j'associe à la guerre et aux camps de concentration. En octobre 1944 aussi, les gens payaient des taxes et des amendes pour excès de vitesse. J'ai toujours envisagé l'occupation des Pays-Bas comme une période d'anarchie et de chaos. de paralysie des institutions. Or, en novembre 1941, Frans souscrit une assurance vie pour 71,30 florins. La boîte contient vingt-huit amendes pour excès de vitesse. Sur les autoroutes d'avant guerre, la vitesse autorisée était manifestement de soixante kilomètres heure ; Frans faisait régulièrement du quatre-vingts. Durant l’Occupation, il ne commet plus d’excès de vitesse, mais il reçoit sept procès-verbaux pour stationnement interdit et un autre pour conduite a contresens.
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missmolko1missmolko1   23 janvier 2021
Je pense au cartographe qui a dessiné la carte de l’Antarctique. A-t-on déterminé pour lui la quantité de blanc qu’il devait y mettre ? Y a-t-il eu concertation à propos de l’opportunité ou non d’inscrire sur la carte l’une ou l’autre superficie encore non découverte ? Comment représente-t-on L’inconnu ? Tout commence par l’échelle, évidemment. Un sur autant. Telle est la première question du cartographe : quelle échelle utiliser ?
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missmolko1missmolko1   22 janvier 2021
Je songe à ce que m’a dit un jour un ami historien : de tous les documents produits au cours de l’histoire, moins de 0,001% sont conservés. Deux choses ne se trouvent pas dans les documents historiques : ce qu’à l’époque on considérait comme su et ce que personne ne voulait avoir en sa possession.
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TempsdelectureTempsdelecture   03 juillet 2019
Le silence qui entoure le cousin à la bombe m’inquiète. Les traces argentées que j’ai vu scintiller au soleil ces dernières semaines m’avaient donné le sentiment de jouir d’une vue d’ensemble. Lentement mais sûrement, des détails apparaissaient sur le blanc de la carte. Maintenant, la vacuité du paysage recommence à hanter mes pensées. D. dit que je ferais mieux de me concentrer sur la vie à naître que sur celle d’un mort. Mais je crois que je suis devenue incapable de les considérer isolément l’une de l’autre.

Mes recherches commencent à le fatiguer. On finit par se chamailler, et on en revient toujours au même point, D. dit que ce n’est qu’un nom, à quoi je réponds qu’un nom est toujours plus qu’un nom. La façon dont on appelle quelqu’un est un rappel, le premier et le plus important qu’on ne reçoive jamais.

Ce n’est qu’un mot, assène D.

C’est un repère.

Cela ne dit rien de la personne qu’il va devenir, réplique-t-il.

Cela dit tout de la personne que je veux qu’il devienne.

On joue ainsi au ping-pong, jusqu’au moment où D. lève les bras au ciel, comme s’il appelait à la rescousse une aide supérieure, et abandonne la partie en secouant la tête. Ce n’est pas qu’il me donne raison, mais il a lu quelque part ça ne sert à rien de discuter avec une femme enceinte.
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mariechmariech   13 juin 2019
Mais il est difficile de réaliser que l’histoire est écrite par des gens d’aujourd’hui , difficile de comprendre que ce que recouvre le mot ´ maintenant ´ a changé , difficile d’admettre que les gens qui ont vécu autrefois ont , comme nous , accumulé les tentatives , les erreurs et les décisions délicates à prendre , dont certaines ont , comme pour nous , entraîné des peines et des souffrances .Difficile enfin d'accepter l’idée que ceux qui nous ont précédés , ont été confrontés au chaos et à l’incompréhension du réel , exactement comme nous le sommes aujourd’hui.
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