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EAN : 9782283028087
160 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (21/08/2014)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 55 notes)
Résumé :
En ce jour de Fête de la Rentrée, à Beslan, Anushka est heureuse. Elle court avec Miléna, sa meilleure amie, sur le chemin de l’école. A peine arrivée, elle se retrouve prise au piège dans le gymnase. Ils seront plusieurs centaines d’enfants, prisonniers de terroristes tchétchènes. C’était il y a dix ans.

D’un bout à l’autre de ce roman émouvant, le lecteur va suivre les pensées d’Anushka, qui égrène les souvenirs. Progressivement, avec la faim et la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  03 octobre 2016
146 pages, et encore une claque !
C'est le deuxième roman que je lis de Sophie van der Linden.
Trois jours hors du temps, suspendus, incertains, insoutenables, inhumains...
Mais l'on parvient à dépasser l'effroi (roman qui s'inspire d'un fait réel), grâce à la merveilleuse faculté d'évasion de cette petite fille, à son incroyable capacité de résistance intérieure.
Un récit d'une force rare, porteur de foi et d'espérance universels.
Bouleversant, puissant, poétique, authentique, pur (!)
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le_Bison
  24 janvier 2020
Une petite fille, mignonne comme tout, le teint blanc et slave, un matin comme tant d'autres, un jour de rentrée des classes. le sourire et la joie de vivre respirent de chacun de ses petits pas. Elle discute de tout et de rien, d'hier ou de la semaine dernière, sur un chemin caillouteux quelques touffes d'herbes éprises de rosée, avec sa meilleure copine, comme deux pipelettes qui ne se sont pas vues depuis la veille. Derrière, le grand-père ferme la marche, à son allure, une allure de grand-père. Elles rentrent toutes deux dans le gymnase, habillées comme deux princesses des steppes, rubans dans les cheveux. J'ai soif, et je te dis qu'il va m'en falloir un peu plus qu'une gamine aussi jolie soit-elle dans l'enceinte de son école pour m'émouvoir. J'ai chaud. Elle semble avoir oublié son grand-père, mais il connait la route et il la rejoindra dans quelques minutes, le souffle toujours un peu plus court chaque jour.
Bien que j'ai passé l'âge de lire des histoires de princesses – même de la taïga - ou de petites filles, je suis pris dans l'histoire, la petite dans la grande. Dois-je y mettre une majuscule ou n'est-ce qu'un fait tragique de l'humanité ? L'émotion arrive lentement en moi, comme cette bière salvatrice qui s'écoule tout aussi lentement en moi. Elle a soif, moi aussi. le roman commence par un poème de Rimbaud, un truc sur l'enfance du genre « au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir...il y a enfin, quand l'on a faim et soif, quelqu'un qui vous chasse. le roman finit ainsi : à Beslan, en Ossétie du Nord, dans la Fédération de Russie, le 3 septembre 2004, trois cent trente et une personnes, dont cent quatre-vingt-six enfants, ont trouvé la mort au terme d'une prise d'otages qui les a tenues emprisonnées trois jours durant, sans eau, dans un gymnase surchauffé. Tam ta tam,
Tam ta tam
Des bruits sourds et répétitifs qui parviennent aux oreilles de la petite fille. Ni l'orage, ni le pêt d'un grand-père... Détonations successives, des cris et un moment de stupeur entrent dans le gymnase. Des hommes et des femmes en cagoule, des kalachnikov entre leurs mains. Tout le monde s'assoit sur le parterre de béton. L'attente. L'air, qui devient de plus en plus irrespirable. La chaleur qui devient de plus en plus étouffante. Il fait soif, il fait chaud. Je me reprends un shot de vodka, Anushka ne rêve que d'une goutte d'eau ; elle serait prête à traverser la Sibérie pour ramener, juste une cuillère d'eau du lac Baïkal qu'elle tiendrait avec tant d'attention qu'elle aurait une démarche de grand-père. D'ailleurs où est-il ? Elle espère simplement qu'il n'a pas réussi à atteindre l'école avant ce Tam ta tam,
Tam ta tam
Un roman poétique sur un acte terroriste. Terrible, terrifiant. Terre, je tremble pour cette petite fille, cette Anushka au ruban défait dans les cheveux. Je souffre, je souffle un brin d'air, même chargé de mon haleine de vodka, pour lui apporter ce vent de fraîcheur et d'oubli. Une abeille s'échoue sur son genou. Que fait-elle ainsi, ici, si frêle. Si fatiguée. Même épuisée, elle ose se lever, quitte à marcher sur une jambe, entre les pas des mourants pour s'approcher d'une fenêtre et la libérer. Si elle pouvait s'envoler...
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petitsoleil
  21 janvier 2018
Un deuxième roman fort pour ce début d'année 2018. Après "Les loyautés" de Delphine de Vigan, je viens de terminer la lecture de "L'incertitude de l'aube". J'avais déjà apprécié et admiré le style et le point de vue particuliers de l'auteure dans "La fabrique du monde". Malgré un autre sujet très dur, j'ai encore été conquise. La petite Anushka nous entraîne dans ses souvenirs, ses comptines, ses poèmes, son monde onirique. Pendant la prise d'otages de Beslan, nous vivons donc ces trois jours avec Anushka et Milena sa meilleure amie. Elles étaient arrivées à l'école bien habillées, comme les autres enfants, pour la fête de la rentrée. Mais tout bascule avec l'arrivée de terroristes. Roman dur, fort, poignant, mais aussi très poétique. Bravo
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isabelleisapure
  12 novembre 2015
Après le coup de coeur éprouvé à la lecture de « La fabrique du monde » de Sophie van der Linden, je m'étais promis de suivre cette auteure.
Après Meï, la petite chinoise, nous faisons ici la connaissance d'Anushka.
C'est le jour de la fête de l'école. Anushka s'y rend accompagnée de son grand-père. Elle est heureuse de retrouver sa copine Miléna et les fillettes sont très excitées à la perspective de cette journée.
Une fois dans le gymnase de l'école, la situation devient déroutante.
Anushka perd de vue son grand-père, c'est la bousculade, on entend des pétards. Il s'agit en fait de coups de feu. La prise d'otages de Beslan, qui, en septembre 2004, ébranla la Russie et le monde, commence…
Anoushka a peur. Elle rêve et s'évade dans sa tête, seule fuite possible.
Avec beaucoup de sensibilité et un souffle poétique lumineux, Sophie van der Linden nous fait vivre ces événements de l'intérieur, à travers le regard d'une petite fille. Les faits sont durs, le texte est beau et les événements retracés n'en sont que plus marquants. L'Incertitude de l'aube est un texte magnifique, brûlant d'humanité.
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Annette55
  25 juillet 2016
A Beslan,Ossetie du Nord (fédération de Russie ) le 1er septembre 2004 ,jour de fête et de rentrée scolaire ,Anushka, petite fille de huit ans ,court avec Miléna, sa meilleure amie sur le chemin de l'école, accompagnée de son grand- père qu'elle aime tant mais il marche si lentement......
A peine arrivée elle va se retrouver avec un millier d'autres personnes, adultes et enfants, prisonnière de terroristes tchétchènes dans un gymnase, sans eau, ni nourriture, dans la chaleur, séparée de son grand-père ...
Elle ne comprend pas ce qui arrive.
Elle avait pris le bruit des mitraillettes pour des pétards et ne pouvait rien imaginer d'autre que la fête de la rentrée scolaire.
Brutalement, Anushka découvre la violence, le chaos, la peur, l'injustice, l'horreur.
Elle a faim ,soif,trop chaud terriblement soif, essaie de penser à autre chose ............
Les souvenirs, sensations et sentiments de son quotidien la rassurent , puis viennent des prières, des comptines, des chants, des poèmes , des contes.
La déshydratation la fait délirer et son imagination crée des esprits et des animaux qui la réconfortent....
Au terme de la prise d'otages, trois jours après, explosion....
panique, les terroristes tirent faisant trois- cent trente et une victimes dont cent- quatre - vingt six enfants.....
L'auteur ne" raconte pas ", elle a choisi la petite fille en guise de narratrice....
Nous pénétrons peu à peu dans son imaginaire protecteur.
L'écriture lumineuse, délicate, sans pathos, aérienne , dans l'innocence est d'une telle force poétique, si intense et si sensible qu'elle nous place, nous lecteurs , en souffrance, enfermés en nous- mêmes lorsque la chaleur devient insupportable et l'air irrespirable,
tout imprégnés d'une saleté poisseuse et d'une angoisse décuplée !
Ce roman historique grave, court, poétique, pudique, poignant, fort et bouleversant qui prend aux tripes est un bel hommage à l'enfance !
UN ouvrage magnifique, lumineux et terriblement humain , actuel , Hélas!!

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critiques presse (1)
Actualitte   10 février 2015
A travers ce roman Sophie Van der Linden exprime la spontanéité d'Anushka, sa simplicité, son absolue sincérité, avec une justesse troublante, très sensitive. Le livre, en effet, semble respirer lui-même, ne plus contenir que le souffle de la fillette, se confondre avec.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   02 octobre 2016
Autour de moi, j'entends qu'on répète le mot "terroriste". "Miléna, c'est quoi des terroristes ? C'est pas pareil que des fascistes ?" Elle demande à sa maman parce qu'elle ne sait pas non plus. Sa maman souffle vite entre ses dents sans la regarder : "C'est des méchants." Oui, mais des méchants comment ? Des méchants qui ouvrent le ventre ? Des méchants qui tuent ? Qui tuent qui ?
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le_Bisonle_Bison   24 janvier 2020
J'ouvre les yeux, rien n'a changé. Puanteur et chaleur. Sont dans un bateau. Personne ne tombe à l'eau. A l'au-delà. A l'eau de la fontaine. Croquemitaine.

Si j'avais encore des larmes, j'en ferais un ruisseau, comme Alice. Une mer, un océan, tous les océans de la planète réunie. Et je me noierais dedans en faisant exprès, en battant des mains pour m'enfoncer, m'enfoncer dans l'eau et y rester. Toujours. De mes larmes je vous ai abreuvés, Sans dormir la nuit, Sans dormir le jour.
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Annette55Annette55   25 juillet 2016
"Les oiseaux alors s'envolent,
Comme mille flammes folles,
Puis, formant un anneau de feu,
Ils s'éloignent dans les cieux.
L'oiseau...."..
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MladoriaMladoria   23 février 2015
Et je vois. Je vois une larme qui se forme au rebord de son oeil. L'eau monte, monte. Et soudain, quand elle est trop haute, la larme passe par-dessus bord. S'accroche aux cils un bref instant. Et coule, lentement, sur la pommette. Je regarde Miléna, je ne peux détacher mes yeux de cette larme qui continue sa course sur sa joue. Si j'attends, elle va parvenir à la mâchoire et tomber dans le vide. Je pose ma main sur sa nuque. Pour la consoler. Pour prendre appui. J'approche mon visage vite, avant que la larme tombe. Et je plaque ma bouche sur sa joue. La joue rouge, chaude et salée de mon amie. J'entrouvre à peine les lèvres. Et j'aspire. Cette minuscule goutte de rien du tout. Il en faudrait d'autres. Je lui fais un baiser. Pour que Miléna ne se fâche pas de ce que je viens de faire. Ca la calme. Elle essuie ses yeux avec le dos de sa main. C'est foutu, les larmes sont écrasées. Elle m'a fait un petit sourire. De rien du tout.
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MladoriaMladoria   23 février 2015
J'ouvre les yeux. Par les fenêtres, je m'aperçois que la nuit blanchit doucement. De minute en minute, le jour arrive et remplace l'obscurité. Je mets ma tête entre mes genoux en comptant jusqu'à mille et, lorsque je la relève, le ciel est encore un tout petit peu plus clair. C'est la première fois que je vois le matin arriver. Je ne pensais pas que cela se faisait si lentement, si précautionneusement. A un moment donné, d'un seul coup, des oiseaux commencent à chanter dans les arbres de la cour. Une nouvelle journée arrive. Elle sera différente. Il le faut.
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Présentation par Sophie van der Linden, critique littéraire, romancière et spécialiste de l'album jeunesse
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