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Cycle de Tschai tome 4 sur 5

Michel Deutsch (Autre)
EAN : 9782277117247
224 pages
J'ai Lu (04/01/1999)
3.99/5   258 notes
Résumé :
Sur Tschaï, Adam Reith, homme de la Terre, sait que les races dominantes son prêtes à s'affronter.
Sa fuite perpétuelle l'amène au pays des Pnume. Vivant dans des collines criblées de tunnels, ils prétendent se tenir à l'écart des combats qui ravagent périodiquement la surface de la planète.
Adam, trahi, est isolé et perdu au cœur des interminables souterrains. Pour pouvoir regagner la surface, il doit d'abord s'emparer des plans de ce dédale, puis pr... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Challenge Jack Vance, épisode 6 :

"Le Pnume", sorti initialement en 1970, est le 4e tome du "Cycle du Tschaï" ("Planet of Adventure" en VO, un titre nettement plus évocateur).

L’équipage du vaisseau Explorateur IV se rend dans le système de La Carène 4269, pour découvrir qui a tenté de communiquer avec la Terre il y a 150 ans (décalage temporel des distances en années-lumière oblige), mais l’appareil n’a pas le temps d’entrer dans l’atmosphère de la planète Tschaï qu’il est abattu par une torpille d’origine inconnue. Seul rescapé du crash, Adam Reith doit survivre et découvrir ce nouveau monde qui l’entoure, pour ensuite identifier ceux qui les ont appelés et ceux qui les ont attaqués, avant de regagner la Terre. (La similitude saute aux yeux avec le pitch de départ de "La Planète géante" paru en 1957, l’auteur livrant sans doute ici une version améliorée du roman qui l’a rendu célèbre en son temps.)

Sur Tschaï, plus on est de fous et plus on rit : c’est une planète de dingues où l’irrationalité est la normalité !

Les Chaschs Bleus occupés à leurs jeux (la civilisation est-elle la voie la plus courte entre la barbarie et la décadence ? ^^), se regardent en chien faïence avec les Vieux Chasch (caricature de rednecks débiles), et les Chaschs Verts (caricature de sauvages amérindiens), les Wankhs cloîtrés dans leurs cités parce que personne n’est capable de comprendre leur langage musical, les Dirdirs s’éclatant en chasses du Comte Zaroff, les Pnumes souterrains s’amusant à ajouter de nouvelles scènes à la Salle de la Perpétuation, les Phungs psychopathes purs et durs qui seraient qualifiés de serial killers si on les laissaient le temps d’empiler les victimes... Les humaines ne sont pas en restent avec les Krugs persuadés d’être les vaisseaux d’âmes transgénérationnelles incarnées par leurs emblèmes et calque sur leur comportement sur l’histoire de leur emblème, les hommes dorés de Yao qui vivent dans une société sans lois mais avec tellement de règles de paraître et de bienséance qu’elle génère un mass shooting culturel lié au stress (considérée comme l’un des principales causes de mortalité), les Noirs et les Rouges qui pratiquent un ségrégation raciale intégrale bien qu’issus de la même espèce, les Khors tellement angoissés par la sexualité qu’ils doivent entrer en transe et se laisser habiter par l’Homme Primordial et la Femme Primordiale pour pouvoir procréer…

Jack Vance s’amuse comme un petit fou à donner corps et à donner vie à toutes ses civilisation et en bon worlbuilder l’auteur décrit chaque peuple avec un luxe de détails en et leur offre une géographie, une histoire et une culture avec sa langue, ses lois, ses modes…). On s’inspire des récits de voyages coloniaux et des carnets ethnographiques : Adam Reith fait l’effet d’un Américain du Middle West paumé à Zanzibar ! Mais derrière son odyssée, on peut déceler une critique du Tiers-Monde colonial tout autant qu’un critique des Etats-Unis, colonisés devenus colonisateurs… Il aborde le choc des civilisations avec des peuples tantôt exploités tantôt exploiteurs à travers des thèmes comme l’acculturation ou la déculturation : dommage que cela reste léger comparé à l’arrière-plan paternaliste du roman.

L’auteur est également un bon peintre qui excelle dans les descriptions évocatrices véritables invitation au voyage, d’autant plus qu’ici les personnages se déplace de civilisation en civilisation à travers les steppes, les océans ou les cieux. L’auteur est également et un dialoguiste qui nous régale de joutes verbales pleines de roublardises et d’hypocrisie entre les différents protagonistes de l’aventure (mention spéciale à Anacho !)

La fin du cycle phare de Jack Vance est une sacrée déception : j’avais clairement l’impression que l’auteur en avait plus rien à faire de son histoire et de ses personnages, et qu’il était pressé d’en finir (déjà qu’il tenait moins à eux qu’à l’univers dans lesquels ils gravitaient…). Non seulement ce 4e tome n’apporte rien aux précédents, mais les péripéties, moyennes et précipitées en plus, sont clairement un rallongement artificiel de l’intrigue. Du coup pour moi cela a été très difficile de ne pas lire en diagonale !

Bon grâce à une nouvelle fourberie, l’ignoble Woudiver parvient à vendre Adam Reith aux Pnumekins, les serviteurs humains des insectoïdes Pnumes (qui veulent l’intégrer à leur gigantesque musée dédiée à l’histoire de la planète Tschaï, mais Jack Vance n’est pas fichu de nous l’expliquer). Pour la énième fois, il échappe à ses ravisseurs par un coup de chance cosmique, personne ne pensant à faire demi-tour pour se lancer à sa poursuite. Par un de nouveaux coups de chance cosmiques, il tombe très rapidement sur les cartes des souterrains pnumes puis sur une personne aisément contrôlable capable de les déchiffrer (Zith Athan Pagaz 210, alias Zap 210)… S’ensuit une suite de péripéties peu palpitante pour remonter à la surface.

Par bateau et par chariot, on regagne Siviche avec un passage chez les primitifs khors pour obtenir les moyens de voyages, et un arrêt chez les rusés Thangs, où Adam Reith s’adonne aux jeux d’argent pour se ravitailler en sequins (oui, même niveau peuple, l’auteur est en mode minimum syndical). De retour à son point de départ, il s’aperçoit que son chantier illégal à été détruit par les Dirdis venus régler leurs comptes avec l’ignoble Wouvider.

Il retrouve Anacho en cavale, puis après un deuxième détour par les souterrain pnumes, on va à Kotan récupérer Traz et l’astronef qui avait mis à l’abri. On retrouve enfin les deux compagnons d’Adam Reith, mais à quelques pages de la fin : l’évolution psychologique de Traz qui redevient Traz-Onmale est expédiée en une tirade et le évolution psychologiques d’Aancho qui finit enfin par croire en Adam Reith et sa révolution à la fois copernicienne et darwinienne est balancée en une phrase… (Soupirs) Le héros et ses potes vont sur Terre : Fin ! Sinon Adam Reith est content car il a enfin déniché une jolie cruche (comme son vis-à-vis de "La Machine à explorer le temps" de H.G. Wells)…

J’avais déjà lu tout dans ça dans "Lyonesse", écrit dans les années 1980 et c’était autrement mieux fait qu’ici…

On sent bien la tentation de la new wave avec la dystopie souterraine où les pnumekins sont considérés comme des outils en étant cantonnés toute leur vie au même rôle sociale et à la même zone géographique, avec ses femmes qui sont divisées en poules pondeuses cloîtrées où et travailleuses asexuées sous l’emprise du diko : ah on sent bien l’héritage de Du "Meilleur des mondes" d’Aldous Huxley. Et puis il y a aussi la magnifique scène de la Salle de la Perpétuation !

Oui mais non, les ¾ du roman tournent autour de l’éducation sexuelle d’une adolescente anorexique, Adam Reith fantasmant sur les formes naissantes de sa compagne de route et voulant qu’elle en sache assez sur la chose sans brusquer les choses. L’auteur n’avait pas l’ambition de refaire de coup du "Lolita" de Nabokov, avec les alter egos d’Humbert Humbert et de Dolores Haze, mais il y avait mieux à faire avec cette adolescente délivrée de ses chaînes qui découvre le monde de la surface qu’elle n’a jamais vu, ni même imaginé… Oh oui il avait sacrément mieux à faire ! Par contre, on montre bien que les femmes doivent obéir aux hommes puisque dès qu’on les laisse livrées à elles-mêmes elles font n’importe quoi (genre acheter des franfreluches qui coûtent les yeux de la tête, aller au bar alors qu’elles ne tiennent pas l’alcool ou se faire embarquer par un inconnu aux mauvaises intentions). On se passerait bien des réprimandes d’Adam Reith qui laisse livrée à elle-même une adolescente nouvellement nubile qui n’a jamais connu autre chose que les ténèbres de son abri souterrain… Car évidemment Zap 210 qui s’interroge sur ses nouveaux émois et ses nouvelles formes (ses seins et ses hanches s’épanouissant…), manque de se faire violer par un viril colosse… (Soupirs)

On a donc tous les ingrédients d’un bon récit picaresque de SF résolument vintage : à la jonction des années 1960 et années 1970 on ici mélange agréablement le space-opera à aventures et le planet-opera à thèmes. Cela sent le pulp à la Edgar Rice Burroughs, donc outre la similitude avec "Le Guerrier de Mars" de Michael Moorcock, j’ai eu la joyeuse impression de lire une aventure en technicolor de "Flash Gordon", de "Buck Rogers" ou de "Captain Future". J’ai passé un bon moment, mais les événements s’enchaînent de manière trop rapide et trop facile, même pour un pulp…

Mais on rencontre toujours les limitations de l'auteur...

* Le héros Adam Reith n’est pas sympathique du tout. Les héros pulpien n’ont jamais été très subtils, mais là on est presque dans la caricature du héros républicain (qui a été rooseveltien avant d’être reaganien).

Du coup j’ai parfois l’impression de l’entendre soliloquer "Moi Adam Reith, redresseur de tort, diffuseur de la magnifique civilisation démocratique des USA, il faut que je remette sur le droit chemin ces sauvages extraterrestres" (Dark Schneider copyright)

Je comprends mieux l’idéologie des gouvernements américains qui interviennent en partout dans le monde au nom de la défense des valeurs occidentales mais qui laissent tout le monde dans la panade une fois qu’ils ont prouvé qu’ils étaient les plus forts et donc qu’ils avaient raison.

Et puis, cet improbable génie de la survivance semble est invincible… Têtu, cabochard d’un optimisme délirant, il fonce d’abord et réfléchit ensuite, comptant toujours sur son instinct et sa chance insolente pour s’en sortir. Obstiné et impitoyable, il se dit rusé mais c’est toujours par la force et la violence qu’il règle ses problèmes. Peu de suspens, puisqu’il emporte sans coup férir tous les combats dans lesquels il est engagé, contre tous les champions qui lui sont opposés, provoquant à répétition des ordalies à mains nues, à l’arme blanches ou à l’arme à feu / à énergie contre tous

Enfin, il est radin comme pas deux : c’est un vrai running gag de le voir bakchicher sur tout et n’importe quoi avec tout le monde : c’est toujours trop cher et il veut toujours moins cher quitte à se retrouver dans des auberges mal famées ou des bateaux qui prennent l’eau (et pour un naufragé des étoiles, il est vachement au courant des prix hein !). J’ai bien ri dans le tome 3 quand l’ignoble Aïla Woudiver lui dit ses quatre vérités et lui démontre que puisqu’ils partagent les mêmes défauts, ils sont les deux faces d’une même médaille… Passé un cap, c’est tellement gros voire grotesque que je me suis demandé si cela n’est pas fait exprès pour faire passer un message derrière un second degré assumé…

* Le sexisme et la misogynie. On connaît l’auteur, ce n’est pas nouveau mais on s’en passerait bien volontiers…

Gross modo, toutes les femelles sont des créatures immatures et irrationnelles, tantôt frivoles tantôt hystériques et il n’y a de salut pour elle que dans l’obéissance à un mâle qui s’occuper d’elles. Et je ne parle même des féministes dépeintes comme des psychopathes criminelles. Et puis on a aussi ce capitaine de navire alter ego de l’auteur, qui se frise les moustaches en matant deux jeunes filles en fleurs… (Soupir) On peut voir d’ailleurs en ce cycle le quête d’une cruche appétissante mais obéissante, puisque divers protagonistes décrive le bonheur comme une vie tranquille à la campagne en d’une jeune femme, d’une jeune fille ou d’une « fillette »… (Tremble) J’ai lu que Jack Vance n’était qu’un homme de son temps, qui écrit avant le women’s lib des années 1970. Ouais, c’est un peu léger comme explication car on retrouvera exactement la même chose dans les écrits de l’auteur datés des années 1980 et 1990. Passé un cap, c’est tellement gros voire grotesque que je me suis demandé si cela n’est pas fait exprès pour faire passer un message derrière un second degré assumé…

* Le syndrome Vance ! C’est-à-dire un excellent bâtisseur d’univers qui jubile à déballer ses jouets et à s’amuser avec mais qui s’en lasse très vite et qui n’hésite pas à bâcler ses histoires pour mieux passer à autre chose. Du coup, le récit est bien souvent prétexte à nous servir de guide touristique et à nous emmener en ballade à travers les contrées hautes en couleurs si chères à l’auteur…

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Le Pnume est le dernier tome de la série du cycle de Tschai de Jack Vance.

Nous retrouvons Adam Reith en plein chantier. En effet, il a réussi à réunir une équipe capable de l'aider dans son objectif de construire un vaisseau spatial pour qu'il puisse retourner sur sa planète natale. Cependant, rien ne va se passer comme prévu… Il va être enlevé et se retrouve dans le repaire des Pnumes.

Pour sortir de ces souterrains, il va devoir prendre en otage une Pnumekin car comment pourrait-il trouver la sortie dans ce sombre dédale qui a tout d'un labyrinthe….

J'ai un peu déploré l'absence de ses compagnons dans ce quatrième tome, car je m'étais attachée à ce singulier duo composé par Traz et Anacho, l'homme dirdir.

Oserais-je rajouter que je me suis un peu ennuyée dans ce quatrième tome qui n'a pas répondu à mes attentes et que je trouve en deçà des tomes précédents ?

De plus, la vision des femmes de Jack Vance me semble un peu… comment dire…réductrice ? Bon, je ne connais pas suffisamment cet auteur pour m'appesantir sur ce sujet…

J'avoue que j'ai été déçue par la fin de ce quatrième tome. Elle termine vraiment en queue de poisson. Après avoir attendu si longtemps qu'Adam retourne auprès de ses amis et du vaisseau, l'histoire se conclut en quelques phrases…

En conclusion, je dirais que même si j'ai apprécié dans l'ensemble cette lecture, pour l'instant je n'ai pas encore été entièrement convaincue par Jack Vance. Il faut clairement que je lise l'une ou l'autre de ses oeuvres pour affiner mon opinion.

Challenge Séries 2019

Challenge Jack Vance

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Ce cycle a été écris au début des années 70 et il est actuellement disponible en un seul volume chez j'ai lu SF.

Les anciennes couvertures ( au nombre de quatre ) sont tout simplement prodigieuses du point de vue de l'inventivité, des couleurs et surtout elles respectent intégralement ce superbe cycle .

Le thème du contact en SF me passionne car il mobilise des thématiques richissimes tout en matérialisant des univers et des sociétés souvent somptueuses ( pas assez souvent peut-être ? ).

Adam Reith est échoué sur une énorme planète habitée par quatre espèces extraterrestres et par des hommes dont la position est loin d'être avantageuse.

Adam Reith devra se transformer en explorateur involontaire et parcourir des milliers de kilomètres sur ce monde déroutant et riche de contrastes extrêmes .

L'intrigue du cycle est relativement simple ( assez mouvementée et dynamique ) et de plus et comme souvent chez Vance elle est légèrement surlignée .

Mais l'auteur plonge avec délice et intensité dans une peinture excessivement détaillée de cet univers..

C'est somptueux et jamais RIDICULE et c'est ABSOLUMENT ENVOUTANT !

C'est un véritable bonheur totalement jouissif de se perdre et d'errer dans ce monde en compagnie d'êtres insolites et de cultures tellement originales et déroutantes.

Une véritable confrontation à l'altérité extrême en compagnie de visualisations puissantes dont la présence ne manquent pas de s'imposer au lecteur .

La planète tchai est une planète bien compliquée ...

Toutes ces espèces qui vivent ensemble ( et surtout intriguent ... ).

Ce récit est magique car tout est soigné et c'est une véritable ballade en compagnie de personnages superbement " dessinés " dans un décor aussi somptueux que étranger ...

C'est quand même un incontournable du genre .. . plein de sensations ... d'images ... de découvertes .. sans la moindre lourdeur avec rythme et péripéties.

Des personnages souvent touchants que la nécessité force à collaborer avec un autre qui est souvent étranger .

Cette collaboration ou même les confrontations débouchent souvent sur l'amitié et au minimum sur la compréhension mutuelle souvent couteuse à obtenir et souvent drôle et naïve aussi et heureusement .

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Quatrième et dernier tome des aventures d'Adam Reith sur la planète Tschaï : « le Pnume » en constitue la conclusion et l'apothéose. Car si Adam et ses amis arrivent enfin à décoller pour la Terre, ce n'est pas sans avoir affronté maintes et maintes épreuves où plus d'une fois, ils risquent leurs vies.

Adam supervise les travaux de construction de l'astronef qui doit le ramener sur Terre. Il s'aperçoit que des créatures étranges enveloppées dans de vastes houppelandes et coiffées de capuches (pas tibulaires mais presque) surveillent attentivement les progrès de la préparation. Ce sont des Pnumekins, une sous-race de Pnumes, dont les intentions sont douteuses, vu qu'ils communiquent par signaux avec Aïla Woudiver, le prisonnier. Une nuit, Adam rêve qu'il est enlevé par ces mêmes Pnumekins. A son réveil, il constate avec déplaisir qu'il aurait préféré que ce fût bel et bien un rêve. En fait il est prisonnier des Pnumes, et destiné à une cérémonie étrange la « perpétuation ». Il arrive à s'évader et entame une nouvelle série d'aventures souterraines, il reçoit l'aide de Zap 210 (à ne pas confondre avec Zat 77, la marque de whisky préféré de Bill Ballantine, le copain de Bob Morane), une femme Pnumekin, qui le mène à l'air libre. Là d'autres aventures, plus étranges et insolites les unes que les autres, les attendent, à la fin ils rejoignent leurs amis Anacho et Traz Onmale, et tous ensemble ils reprennent le chemin de la Terre.

C'est du Jack Vance. C'est-à-dire que c'est du délire imaginatif d'un bout à l'autre : il y a de la « Guerre des étoiles », du « Conan le Barbare », du « Indiana Jones », il y a tout ce que vous voulez si vous avez soif d'aventure et d'évasion, et si vous n'êtes pas trop regardant sur les détails. C'est que l'ami Jack ne vous laisse pas souffler, vous sautez d'une aventure à l'autre, vous passez par toutes les gammes d'émotion, de la peur au rire, de la frénésie à la torpeur, de l'engouement au presque dégoût : c'est simple, Jack Vance est un héritier de ces pulps magazines qui du temps de Burroughs et Howard faisaient le bonheur des Américains soucieux de se sortir du marasme des années 30. le style « Jack Vance » est difficile à définir : disons que c'est un mélange de genres où émergent la science-fiction, la fantasy et le thème des mondes perdus. Rien qu'avec ça, avouez que l'évasion est au programme !

On peut ne pas aimer. J'en connais, des pragmatiques, qui sont tout à fait hermétiques à ce genre de choses. Mais pour les amateurs d'imaginaire, pour les poursuiveurs de chimères, c'est un régal !

Si vous avez aimé le cycle de Tschaï, ne laissez pas passer les deux autres cycles majeurs de cet auteur : « La Terre mourante » (« Un monde magique » – « Cugel l'astucieux » – « Cugel saga » – « Rhialto le merveilleux ») et la « Geste des Princes-démons » (« le Prince des étoiles » – « La Machine à tuer » – « le Palais de l'amour » – « le Visage du démon » – « le Livre des rêves »)

Sans Jack Vance, il manquerait quelque chose d'important à la littérature de l'imaginaire !

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Conclusion de ce cycle, dans la lignée du troisième tome, après le monde des belliqueux Dirdirs, voici le monde caché, souterrain des Pnumes. Jack Vance Conclut honorablement sa série avec un quatrième opus palpitant, épique, inventif, à la plume agréable, qui se lit très vite. même si le deuxième tome m'a déçu, je reste emballé par ce cycle tout entier où l'on retrouve l'ambiance, les inventions et le style baroque de la bonne BD de SF franco-belge des années 70, Moebius, Druillet, Valérian… D'ailleurs, cela me donne très envie d'aller découvrir l'adaptation en BD par Morvan et Li-An.

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation

Ils traversèrent le Champ Monumental, succession de statues ou de simulacres représentant les spécimens d'une centaine de races. En dépit de tout, Reith, fasciné par le spectacle, ne put s'empêcher de faire halte.

— Qui... quelles sont ces créatures?

— Ce sont des épisodes de la vie de Tschaï, autrement dit de notre propre vie. Voici les Shivvan qui débarquèrent sur Tschaï il y a sept millions d'années. Voici l'un des plus anciens cristaux, souvenir d'une époque perdue. Voici les Gjee qui fondèrent huit empires avant d'être annihilés par les Fesa, lesquels, à leur tour, ont fui devant la lumière rouge de l'étoile Hsi. En voici d'autres, qui ont également sombré dans l'oubli.

Le groupe déambulait d'avenue en avenue. Les monuments étaient des silhouettes noires frangées d'or et d'argent. Il y avait des quadrupèdes, des tripèdes et des bipèdes ; il y avait des créatures avec des têtes, des poches cérébrales, des lacis nerveux ; avec des yeux, des bandes optiques, des antennes flexibles, des prismes. Ici se dressait un être gigantesque au crâne massif brandissant une épée de plus de deux mètres de long. C'était un Chasch Vert, A côté, un Chasch Bleu était en train de flageller plusieurs Vieux Chasch recroquevillés sur eux-mêmes tandis que trois Hommes-Chasch, le regard flamboyant, tournaient la tête. Plus loin, des Dirdir et des Hommes-Dirdir étaient escortés de deux hommes et de deux femmes appartenant à une race que Reith fut incapable d'identifier. Dans un coin, austère et solitaire, un Wankh surveillait des serfs à la corvée.

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Reith commença à voir les Pnume sous un autre jour. Ils considéraient apparemment la surface de Tschaï comme un immense théâtre où se déroulaient de prodigieuses tragédies s’étendant sur des millénaires : les guerres entre les Vieux Chasch et les Chasch Bleus, l’invasion dirdire suivie de la contre-invasion wankh, les diverses campagnes, batailles, déroutes et carnages, l’édification des villes, l’écroulement des ruines, les allées et venues des êtres… Tout cela expliquait que les Pnume acceptassent la présence de races étrangères : de leur point de vue, elles étaient la parure de l’histoire de Tschaï.

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Une planète d'hommes, fit Zap 210 d'une voix contenue, ce serait un monde encore plus étrange et encore plus sauvage que Tschaï.

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C'était ahurissant. Son existence était bouleversée, son avenir devait lui apparaître comme une terrible succession de points d'interrogation et pourtant elle était impassible, la physionomie aussi vide que celle d'une marionnette, sans paraître, le moins du monde, catastrophée.

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Les Pnumes s’approchaient rapidement d’une démarche saccadée et leur blanche mâchoire inférieure en galoche palpitait. Ils s’arrêtèrent à trois mètres du couple plaqué contre la paroi. ...

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Video de Jack Vance (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack Vance
SORTIE LE 16 JUIN 2014
Sur une nouvelle planète, il n'y a pas de sentiers battus ; il n'y a place que pour les prouesses, la solitude, les découvertes et l'inconnu. Quel est le lien entre une explosion, un exploit, l'exploration d'un monde nouveau et son exploitation ?
Influencé par Jack Vance, Ursula K. le Guin, Robert Silverberg ou encore John Varley, Alfred Boudry nous livre un roman hommage à l'âge d'or de la science-fiction où l'espace est une invitation à l'introspection.
Exploration Totale nous emmène dans les tréfonds du temps et de notre univers... qu'il soit extérieur ou intérieur.
« Celui qui entre ici ne peut rebrousser chemin pas plus qu'aller de l'avant. Cloué sur place, il est envoûté, trop grand pour l'immensité, trop petit pour le grain de sable qui a sa place dans l'univers... » (B. Traven, le Vaisseau des Morts)
© lepeupledemu.fr
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