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ISBN : 2915018855
Éditeur : Quidam (04/09/2015)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Tiré des vestiges d'un passé aussi lointain qu'incertain, le journal d'un inconnu fait état d'un singulier phénomène : des hordes de charognards envahissent peu à peu un village sans histoire, sous les regards incrédules. Que veulent-ils ? Leur nombre croissant de jour en jour, sont-ils aussi inoffensifs qu'ils en ont l'air?
Alors que le monde lentement se retire autour de lui, rongé par l'absence et la perte, l'inconnu - témoin, prophète ou damné - contin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Shan_Ze
  09 octobre 2018
Charognards, un livre complétement cauchemardesque... C'est tiré d'un journal, venant d'un passé lointain qui raconte la vie d'un homme qui voit petit à petit des oiseaux, des corbeaux puis tant d'autres s'installer dans la villee. Au début, ils ne semblent pas dangereux mais leur nombre augmente, les gens partent, disparaissent...
Pas facile à lire, le narrateur raconte d'une traite ce qu'il voit mais comme il réécrit, il oublie des choses, comme le nom de sa femme, de son fils. Plus on avance, plus ces charognards sont nombreux, plus l'oubli se fait maître. C'est très noir et assez angoissant. On passe du "je" au "tu" pour donner plus de distance. Ca fait penser aux Oiseaux de Hitchcock, je me suis sentie mal à l'aise malgré l'écriture forte qui dégage une sorte de malaise. Si le but était d'oppresser le lecteur, c'est réussi...
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vinch64
  27 janvier 2016
Attention grosse claque! Ca faisait longtemps qu'un roman ne m'avait pas retourné dans tous les sens comme celui là.
Pourtant, l'intrigue ne paie pas de mine de prime abord et sent le déjà vu à plein nez : un journal découvert des siècles (ou millénaires) après sa rédaction, écrit par une personne qui semble perdre la raison, la négation d'un crime (réel ou non), des oiseaux qui envahissent une ville...
Mais très rapidement, on se sent absorbé par la spirale infernale de ce premier roman de Stéphane VanderHaeghe. La narration est elliptique et on a réellement l'impression d'être dans la tête d'une personne qui perd la boule.
Les perturbations sont nombreuses : temporalité altérée, phrases tronquées, pas de numérotation des pages (ça parait être un détail mais ça m'a réellement déboussolé), calligrammes, effacement de certains caractères jusqu'au final très très sombre.
J'avoue ne pas avoir tout compris après cette première lecture durant laquelle j'ai préféré me laisser porter par l'urgence de l'écriture sans chercher réellement à comprendre cette invasion de Charøgnards (même si j'ai quelques pistes en tête).
Mon plumage encore tout ébouriffé par ce roman, je sais déjà que j'y replongerai avec délectation tel les corbeaux du premier jour sur l'asphalte.
Merci à la librairie le Festin Nu à Biarritz pour la découverte et aux éditions Quidam pour le fantastique travail de mise en page.
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MarianneL
  15 août 2015
Témoignage incertain rescapé d'une humanité disparue, par un homme résistant avec pour arme ultime, le langage.
Manuscrit énigmatique retrouvé dans un futur lointain et indéterminé, le récit principal de «Charøgnards» est précédé de quelques pages de commentaires qui débutent ainsi, dans une langue singulière qui rappelle l'inoubliable «Enig marcheur», et dont la force captive d'emblée :
«OUVERTISSEMENS
Il est de l'hystoire tréfọnds que nous provient ce documens hørs pӕr que le lectans apprėte à cọnsommer.»
Semblant transposer de façon beaucoup plus vaste et forte «Les oiseaux» d'Alfred Hitchcock, ce manuscrit anonyme, témoignage précieux d'une «civillusion» aujourd'hui évanouie, évoque l'effritement puis la dislocation de l'homme – extinction fantasmée par un narrateur sombrant dans la folie ou récit d'événements réels.
Alerté le premier par des signaux faibles d'une menace, le narrateur a tout consigné dans un journal, compagnon instinctif de papier et de mots pour témoigner de la présence des oiseaux, sombre menace inexpliquée, et au fil des pages de plus en plus oppressante.
«On les trouve habituellement dans les champs, en lisière de route, dans les bosquets. Ils fuient, méfiants, dès qu'on les approche. Bientôt les rôles seront inversés.»
Pourtant les médias restent mystérieusement silencieux sur ces événements, absents du flux habituel anesthésiant d'information et de publicité qu'ils diffusent. La menace est-elle ignorée volontairement ou bien imaginaire ?
Le silence des médias fait écho aux non-dits d'un récit qui ne dit pas le pire, mais qu'on peut néanmoins entrevoir dans ses failles.
Face aux nuées de corbeaux, de freux et autres charognards, dans l'attente d'une guerre qui ne se déclare pas, le doute menaçant se transforme en certitude, avec les métastases de ce cancer noir qui deviennent apparentes, disparition des proches, réalité qui s'effondre.
«Depuis quand sommes-nous entrés sans retour dans l'ère de l'universelle charogne ?»
Poussé par une nécessité à raconter ce noircissement du monde, le narrateur, présent en amont et en aval des événements, est celui qui voit et sait, peut-être épargné pour témoigner des ruines d'une humanité et d'un langage dont la dislocation semble inéluctablement liée.
«Bientôt, c'est tout ce qu'il me restera : ces mots qui boivent ma hantise et mes peurs, à qui je confie ce que je n'ose appeler cette histoire –
mon unique arme
cette langue charogne et moribonde – ces mots qui me reviennent de loin, usés, éreintés, rongés
que je m'approprie, que je polis et nettoie jusqu'à l'os, jusqu'à ce qu'ils ne veulent plus rien –
dire qu'ils ne peuvent plus rien.»
Premier roman impressionnant de Stéphane Vanderhaeghe, à paraître le 3 septembre chez Quidam éditeur, et dont une version douce pourrait être le «Demain les chiens» de Clifford D. Simak, «Charøgnards» évoque l'angoisse de la perte du futur, avec les humains devenu un mythe lointain, survivant par le biais de cet unique texte. Ce récit d'une beauté noire et énigmatique, témoignage d'un homme au bord de la folie, vision d'une humanité proche de l'extinction, rappelle aussi les thèmes chers à Antoine Volodine.
Récit porteur en filigrane d'images tristement familières de charognes et de marée noire, en écho à la catastrophe contemporaine d'une humanité ankylosée par la consommation et la télévision, «Charøgnards» reste jusqu'à son extinction un récit énigmatique, qui se lézarde en même temps que le monde, et dont il faut souligner la fascinante mise en page en miroir du récit – dislocation et blancs qui envahissent le texte.
A noter que Stéphane Vanderhaeghe sera l'invité de la librairie Charybde pour le lancement de son roman le 11 septembre prochain.
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/08/14/note-de-lecture-charognards-stephane-vanderhaeghe/
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Ingannmic
  28 juillet 2016
"Charøgnards" est un récit nébuleux, de ceux qui vous engluent dans une réalité incertaine et obscure.
Ce journal dément et intime d'une descente dans un enfer intérieur mais attisé par par des circonstances a priori indépendantes de la volonté de son narrateur, nous est introduit par une préface rédigée en un étrange langage dérivé du nôtre, par les êtres du futur qui nous auront succédé, et qui considèrent le récit qu'ils présentent comme une curiosité anthropologique, le témoignage d'un monde disparu et imparfait.
L'auteur du journal est scénariste pour la télévision. Ou du moins l'était, jusqu'à l'invasion de son village par des hordes de charognards -corbeaux, feux, corneilles...-, qui finissent par coloniser la moindre parcelle d'espace. L'invasion survient insidieusement comme si, du jour au lendemain, sans que l'on ait réalisé la force de leur prolifération, ils étaient là, sous la forme de ces impensables nuées... et il est alors trop tard.
Ce phénomène inexplicable s'impose comme une évidence, aucun but ne semble présider à cette vampirique occupation, établie sans violence visible... le narrateur évoque pourtant, de manière sporadique, les réminiscences de scènes sanglantes, mais par bribes opaques, son esprit occultant peu à peu tout souvenir d'un avant de rassurante normalité. Son journal est la transcription de ce délitement de de sa lucidité, qu'il égrène au fil d'une chronologie qui elle aussi perd ses repères, pour se métamorphoser en une sorte d'infini présent à la lourdeur presque palpable.
Les charognards ont comme figé la marche du monde, dont ils ont par ailleurs éteint les lumières et fait disparaître les couleurs. Terré dans sa maison au coeur du village déserté, seul depuis le départ d'une épouse et d'un enfant dont il finit par oublier l'existence même, le narrateur se débat avec les mots dans une impuissante tentative pour conserver un semblant de cohérence mentale, d'humanité. Il écrit comme s'il pouvait diluer l'existence des volatiles dans le langage, mais la maîtrise de sa conscience lui échappe, la fantasmagorie et la réalité s'entremêlent, ce qui fut se confondant avec ce qu'il réinvente...
En osmose avec l'obscurcissement croissant de sa perception d'un environnement plus annihilant que véritablement agressif, sa narration, empreinte d'une poésie ténébreuse et désespérée, se fait de plus en plus saccadée.
Son journal n'est ni appel, ni un témoignage, c'est l'expression primitive d'un vague instinct de survie qui lui aussi, peu à peu se désagrège.
Après avoir lu "Charøgnards", texte âpre, énigmatique, pas toujours facile d'accès, hommage à l'oeuvre Hitchcock, revisitée "de l'intérieur", nul doute que vous ne verrez plus de la même manière les corbeaux, corneilles, et autres pies... dont vous croiserez le chemin.
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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marcossor
  04 novembre 2015
C'est peut-être parce qu'il est scénariste et connaît bien Les oiseaux d'Hitchcock que le narrateur de ces Charøgnards va très rapidement comprendre ce qui se passe dans le village où il s'est installé, avec son épouse et leur jeune enfant. Un village où, petit à petit, s'installent des oiseaux noirs : corbeaux, corneilles, choucas, pies… sans réelle agressivité mais lançant comme un défi aux humains par leur seule présence, insidieuse, progressivement envahissante et finalement inquiétante et angoissante, terriblement angoissante. Ils se contentent apparemment d'être là. Sur les fils de téléphone et les toits, sur les voitures qu'ils muent progressivement en carcasses. Tous sont des charognards : des êtres vivants qui se nourrissent de ce qui reste quand les autres meurent. Des charognards dont les déjections empestent et corrodent tous ce qu'elles touchent. Un à un, par couple, par famille, fuient les humains.
Le narrateur, lui, reste, envers et contre tout. Renonçant à partir avec les autres humains, il est de ceux qui choisissent de rester quand le monde civilisé se rétracte, s'efface progressivement sous la masse obscure et bruissante des oiseaux, de leurs voix grinçantes et de leurs criaillements, de leurs battements d'ailes sans envol. Sous leur coups de becs et leurs fientes, le monde des humains petit à petit s'efface.
Tout cela est-il bien réel ou le narrateur ne s'est-il que trop laissé emporter dans l'univers du scénario qu'il n'a jamais su écrire, qu'il avait peut-être rêvé dans un cauchemar oublié ? Ne sommes-nous pas, nous lecteurs, prisonnier de la folie d'un homme qui écrit ? ... [plus sur le blog filsdelectures.fr]
Lien : http://filsdelectures.fr/blo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   31 août 2015
Le lectans, dọnc, ne perde pas évisiọn que le textuel qu’il a sous les yeux a fait une munitieuse décompositiọn l’object ÷ c’est dọnc en sørte ce ..journal.. le dénégatif même que nous proposọns à la lectance aujourd’hui – les multiples lacunes-siennes, les béances, les blanches poches que nous avọns introductées dans les pages de suite témoignent d’un reste irréductile ε cọntrastent førtement avec l’orduratiọn visuelle de l’object øriginel telle que surmentionnée ε endurée pår son ..auteur.. Pour des ergonoraisọns, nous avọns pris cependans la décésure de ne pas détraver la lectance, en soi déjà périlleuse, pår des notes l’ajouxte. S’ils ne sọnt pas explicitement saignés, il nous a néanmoins fallu décéder certains choix – omissiọns pårfois, décritures à d’autres endroits – lørsque nous cọnfrọntiọns à des mots ou passages illectibles, soit pår le piætre étact dans quel se trouvait l’homanuscrit, soit à cause d’une écriture nọn-rechiffrable – ce ..journal.., déprécisiọn sans doute infructile tant elle påraĭct avide, mais l’avidence filtrée pår la distance hystørique parfois nous échårpe, fut édicté à la main, dans une graphie étrangære de plusieurs cycles vieillie -, soit encøre pår plusieurs procédés au cours de quoi l’homme avait ressemble-t-il attenté d’amender, encoder ou dissimuler sa cọnflictiọn certains élémens, ainsi qu’il s’en explique à plusieurs déprises.
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Charybde2Charybde2   31 août 2015
Un peu comme dans ces films où le héros piégé clame son innocence, prétend n’être que le jouet d’une intrigue ourdie depuis la marge, qui le dépasse mais en tous points l’accuse. Les conventions du genre font que je finirai bien par être blanchi – ce que je me dis.
Il y a toutefois dans tous ces « événements », avérés ou non, ceux d’hier et les autres, ce que jusqu’ici j’ai vu, fait cru, tu au gré de mes saillies, et dans le reste aussi, quelque chose qui d’emblée résiste au récit que j’en pourrais faire ; quelque chose qui plongerait presque la langue dans l’embarras (et quelque chose me dit que l’énigme tout entière se joue à mi-chemin de ce « presque » et du conditionnel), ferait trembler l’armature qui la guinde si elle n’apprivoisait la violence qu’elle invite et assourdit en son sein.
Je me rassure en me disant que tout ça n’a pas de sens.
Je me raisonne en me disant que je préfère encore le silence, l’injustice du non-dit au non-lieu.
L’imagination fait le reste, qui se nourrit de tout, même d’un rien.
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Charybde2Charybde2   31 août 2015
Ils sont trois ou quatre, peut-être plus. À becqueter, déchiqueter – à broyer ces restes propitiatoires d’un reste éviscéré de, bientôt incrustés dans l’asphalte.
Ce spectacle n’a rien d’exceptionnel en soi. Ils s’en donnent à cœur joie, chacun leur tour dans leur patience docile de communiants. L’un d’eux, c’est l’image que j’en garde, relève la tête et me voit. Foncer sur lui, droit, sur eux. Je crois –
Il est posé légèrement en travers de la route au milieu de ses congénères. Deux yeux noirs cinglants qui sur une tête à ressort s’effacent derrière la dague, sur moi pointée, autour de laquelle s’entortille un lambeau sanguinolent.
J’y lis une interrogation. Une invite. Un soupçon.
Dans ce silence un oracle.
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EtsisiteEtsisite   10 décembre 2016
Mais demain pour l’heure est encore une fiction, comme hier au demeurant, pour moi qui suis désormais condamné à ce présent capricieux dicté par l’écriture. Demain ou le jour d’après ne sera jamais rien d’autre qu’une entrée vide dans ce journal, une ultime page vierge pour un temps différée et provisoirement biffée par des mots impuissants, un futur grammatical sans contenu. Pour le reste, on verra demain – précisément
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