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EAN : 9782351787793
320 pages
Éditeur : Gallmeister (04/03/2021)
3.67/5   157 notes
Résumé :
"Les gens seraient-ils en réalité tous au bord du suicide, toute leur vie, obligés de survivre à chaque journée en jouant aux cartes et en regardant la télé et en mangeant, tant de routines prévues pour éviter ces instants de face à face avec un soi-même qui n’existe pas ?"
Tel est l’état d’esprit de James Vann lorsqu’il retrouve sa famille en Californie – ses parents, son frère cadet, son ex-femme et ses enfants. Tous s’inquiètent pour lui et veulent l’empêc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
3,67

sur 157 notes

Harioutz
  14 août 2019
J'ai lu ce roman-témoignage grâce aux nombreux extraits de Marina53 (qu'elle soit ici remerciée).
Je suis particulièrement concernée par le suicide, pour l'avoir vécu dans mon entourage très proche, et je crois avoir cherché, tout au long de ma lecture très attentive d'Un poisson sur la lune, des réponses aux questions que je me suis posées lorsque cet événement tragique est survenu, questions qui sont restées sans réponse, mais qui, aujourd'hui heureusement, ne me tenaillent plus autant.
Chaque cas de suicide est différent, mais je crois, pour avoir beaucoup lu sur le sujet, qu'une douleur physique est très souvent associée à la douleur morale qui irradie dans l'"âme" de celle ou de celui qui souffre.
Dans le cas de Jim, le narrateur, ce sont ses sinus qui lui font vivre un enfer, et l'on comprend qu 'il vit avec cette douleur depuis des années; à cela se sont ajoutés des échecs , des pertes, de mauvaises décisions (comme nous en connaissons tous, hélas) ... bref, un empilement d'événements négatifs qui, peu à peu, assombrit le ciel jusqu'à le rendre opaque.
Jim a fait une partie du chemin cependant, il est allé plusieurs fois rencontrer un psychiatre, il a débuté un traitement anti-dépresseur, il a accepté la présence de son frère à ses côté en attendant que les effets apaisants surviennent; Jim a exprimé son besoin d'aide auprès de sa famille et de ses amis, tous n'en font pas autant.
Plus il annonce qu'il va passer à l'acte, plus on tente de l'aider, de l'en dissuader, parfois très maladroitement, mais il est des situations où seul un séjour (forcé ou non) en établissement psychiatrique parvient, au moins momentanément, à faire "s'échapper le gaz qui menaçait de tout faire exploser".
Et puis il y a les autres, ceux qui souffrent en silence, ceux qui se cachent et font semblant, jusqu'à ce que tout explose en eux. On parle alors de raptus suicidaire, dont la définition est la suivante : " passage à l'acte accompli dans une pulsion de mort brutale, sans aucune forme de réflexion, qui ne peut donner lieu à aucune prévision ni à aucune prévention". Face à cela, c'est l'entourage qui reste sidéré, sonné, et qui, des années plus tard encore, tente de comprendre, et se demande ce qui aurait pu être dit ou fait, pour éviter cela.
Mes pensées vont vers D. à cet instant, comme chaque jour depuis ce terrible 3 août.
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marina53
  11 avril 2019
Jim Vann est dépressif et semble arriver au bout de sa vie. Criblé de dettes que le fisc lui réclame, divorcé deux fois, notamment à cause de ses incartades, son boulot de dentiste qu'il n'a jamais aimé, il vit dorénavant seul et profondément isolé en Alaska. Mais, aujourd'hui, il est de retour dans sa Californie natale. Comme pour un dernier voyage. Son frère cadet l'accueille à l'aéroport. Il a promis de s'occuper de lui pendant son séjour, notamment en allant rendre visite à ses deux enfants, David et Cheryl et à un psychiatre. Malheureusement, rien ne semble illuminer ses jours bien sombres. Se trimballant toujours avec son Magnum, il n'a qu'une idée en tête, se suicider, et rien ni personne, pas même l'amour de ses enfants ou de ses parents, ne parvient à le dissuader de ce funeste projet. Aux creux des vagues se succèdent des moments d'euphorie...
Peut-on réellement retenir quelqu'un à la vie ? Peut-on comprendre cette envie furieuse, presque viscérale, de mettre fin à ses jours ? Désespéré, dépressif, plus aucun souffle de vie ni d'espoir, Jim Vann est obsédé par la mort. Il n'a plus qu'un dernier plan à exécuter : mettre fin à ses jours. Et ce, malgré ses enfants, son frère qui tente de l'aider ou encore ses parents, impuissants, qui ne comprennent pas ce geste. Dans ce roman qui allie fiction, confession et témoignage, David Vann se glisse dans la peau de son père. Il essaie, autant que faire se peut, de comprendre, d'analyser son état d'esprit, ses moments d'euphorie mais aussi de désespoir, et de se glisser dans sa peau. Outre le contexte familial dépeint avec finesse, l'auteur s'interroge sur la légalisation du port d'armes aux États-Unis, le rapport aux armes et la violence engendrée. Cette immersion dans la tête de Jim Vann est glaçante, percutante, oppressante, saisissante. Et le dénouement, inéluctable. Un événement tragique qui marquera et l'homme et l'auteur qu'est devenu David Vann.
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JIEMDE
  07 février 2019
Jim Vann ne peut plus. Il est au bout de sa désespérance.
Il a essayé pourtant : « Ce que Jim voudrait, c'est trouver une utilité à son désespoir. Pourquoi son état merdique actuel ne pourrait-il pas s'avérer idéal pour autre chose ? ». À l'image du flétan envoyé sur la lune, poisson-astronaute idéal – « Qui aurait pensé qu'un flétan ferait le meilleur des astronautes ? » - le père de David Vann tente désespérément de se sauver, de rebondir, de s'envoler magnifiquement dans la vie.
Mais ça ne fonctionne pas. Et Jim ne peux plus faire semblant, plus se taire, plus se complaire, plus continuer à souffrir, plus enchaîner les journées les unes après les autres sans y trouver aucun sens… Jim ne peut plus vivre.
Alors Jim quitte son repaire doré mais solitaire en Alaska pour un dernier voyage d'adieu aux siens et au monde, un Rugger .44 Magnum et ses munitions toujours à portée de mains.
Les siens, ce sont David et Cheryl, ses enfants qu'il a eus avec Lorraine ; c'est Doug, son frère cadet qui tente de le chaperonner ; ce sont ses parents, apparament si résignés, qui intériorisent chacun de leur sentiment. Et c'est Lorraine, son rocher, son refuge, son amour semble t-il… le temps de quelques jours, ils vont tous tenter de le garder « dans la vie », chacun à sa manière ; tous avec amour.
Dans Un poisson sur la lune, David Vann – toujours remarquablement traduit par Laura Derajinski, ce qui vaut à cette dernière une pleine page de touchants remerciements à la fin du livre – revient sur son passé et, en sachant habilement s'en affranchir quand il le faut, écrit probablement son livre le plus dur, le plus écorché mais aussi le plus profond.
Il fait monter en puissance ce désespoir, plongeant le lecteur dans une lecture stressée, angoissée et dérangeante jusqu'à la toute dernière page. Et parallèlement, il livre - sans juger - de profondes réflexions sur le sens de la vie, l'amitié, la filiation, l'inéluctabilité des grandes décisions, les limites de l'assistance à autrui. Avec plusieurs passages touchant au sublime, comme le dialogue matinal de Jim et de son père, inoubliable, ou cette incroyable fable métaphorique du flétan astronaute.
Un grand livre, qui ne plaira cependant pas à tout le monde et pourra même être insupportable pour certains…
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Cannetille
  17 mai 2019
L'auteur raconte la dépression et le suicide de son père, lorsque lui-même avait treize ans. Pas à la première personne du singulier ni du pluriel, mais, comme dans une sorte de mise à distance ou d'autopsie, en mentionnant son père par Jim, et lui-même par David. le récit n'en est pas pour autant froid le moins du monde, au contraire : avec une immense empathie, David reconstruit ce qui a dû se dérouler dans la tête de son père lors de ses derniers jours, lorsqu'il est venu d'Alaska où il résidait, seul, pour visiter une dernière fois sa famille en Californie : ses deux ex-femmes et ses enfants, ses parents, son frère et un ami d'enfance.

David n'a que peu de clés pour expliquer le mal-être paternel, juste quelques bribes d'observation familiale qui peuvent servir de début de pistes. L'objet du livre n'est pas d'expliquer, mais de plonger dans la peau et la tête de Jim pour tenter de ressentir la même chose que lui, dans une sorte d'introspection par procuration.

On imagine sans peine l'épreuve qu'à pu représenter pour l'auteur l'écriture de ce livre. Mais sans doute fut-elle moins pesante que l'écrasante interrogation que laisse un suicidé à ses proches. Cette lecture oppressante n'est pas une partie de plaisir : c'est une immersion dans un désespoir noir, un vide sans fond, une absence de sens qui n'a qu'une inéluctable issue.

Face à son délire suicidaire accompagné de pulsions meurtrières, en cette fin d'années soixante-dix, Jim ne rencontre guère de soutien : sa famille, effrayée et perdue, se réfugie dans un certain déni et ne réalise sans doute pas complètement la gravité de la situation. le psychiatre ne prend pas les mesures de protection qui aurait peut-être pu protéger Jim malgré lui. On s'effraye lorsque, entouré d'armes à feu dans cette famille passionnée de chasse, pour laquelle tirer semble aussi naturel et vital que respirer, Jim est maintes fois tenté, dans ses accès de colère désespérée, d'emmener ses proches ou des inconnus dans son dernier geste : il ne saurait y avoir de plaidoyer plus évident contre la légalisation du port d'armes aux Etats-Unis.

J'ai refermé ce livre sur une sensation glaçante de noir vertige et d'impuissance désolée, face à une double et incommensurable souffrance : celle de Jim qui n'a trouvé d'issue que fatale, et celle de David, son fils, marqué de manière indélébile au point de tenter de revivre le supplice paternel par le biais de l'écriture.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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le_Bison
  02 janvier 2020
Jim, un calibre .44 Magnum dans la poche. Jim, le père de David. Jim, fatigué, lassé, usé par la vie. Une putain de vie, alors il a bien le droit d'avoir son flingue sur lui. Pour être toujours prêt. le canon froid et métallique dans la bouche, sur la tempe, sous le menton. Sentir cette tension. L'objet de cette attention : le suicide. D'un père, d'un proche.
Jim souffre, intérieurement d'abord. Mais il arrive à exprimer à minima ce malaise qui campe en lui depuis trop longtemps. On pourrait croire à un début, celui de la conscience et de la prise en charge, psychiatre et médicaments pour soulager la peine, un soutien familial. Pourtant, il ne cesse de clamer qu'il veut en finir, qu'il va en finir. Une balle dans le magnum et l'explosion finale.
David Vann réussit à mêler fiction et réalité, dans cette histoire familiale, une odyssée mortuaire entre la Californie et l'Alaska, les derniers jours de son père. C'est puissant, c'est intense, c'est puissamment triste. On connait tous l'issue d'un tel drame. J'aime David Vann parce qu'il ne me ménage pas, parce qu'il met des mots sur mes maux. Il y a des livres tristes comme il y a des vies tristes.
Le brouillard qui s'engouffre dans la plaine, s'immisce dans la tête. Les étoiles au loin. Une lune bleue qui se dévoile à peine et semble se cacher de mon regard. Je lève les yeux, à chaque fois, je me dis que c'est la dernière fois que je la vois, trop de souvenirs derrière moi. Il y a des évidences comme ça, dans la vie, comme celle de pointer un calibre dans la bouche.
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   15 avril 2019
En décrivant avec une sensibilité à fleur de peau ce que son père a probablement vécu et enduré au cours de ses derniers jours sur terre, David Vann parvient carrément à nous faire entrer dans la tête d’un maniacodépressif. Et l’expérience est très troublante.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   05 mars 2019
L’écrivain a trouvé la juste distance, entre pessimisme et humour, pour relater les derniers jours de son père, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   15 février 2019
Un poisson sur la lune, dernier roman de David Vann, plonge le lecteur dans la tête de James Vann, père suicidaire de l'auteur, prêt à passer à l'acte. Trois jours entre deux rendez-vous chez le psy, pendant lesquels son frère Doug, chargé de le surveiller, essaie de le sauver. Un roman fort et dérangeant, qui tente une incursion dans les mystères de la maladie mentale.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   14 août 2019
La poussière rend ses sinus plus douloureux encore. Il fait trop froid, aussi. L'os du crâne si délicat, toutes les cavités, des cloisons innombrables, fines comme du papier, visibles sous chaque trophée accroché là, mais ce qu'il ne comprend pas, c'est d'où viennent la douleur et la pression, comment elles sont possibles.
Chaque orifice s'emplit de mucus, et s'il est infecté et vert et épais, alors quoi ? Ce n'est que de la morve. Il n'y a pas de pompe à haute pression. Ce n'est pas comme le système hydraulique d'un bateau.
C'est sans doute que les nerfs ont été créés trop sensibles, placés trop près des parois osseuses.

Les mystères de la douleur, il les a croisés dans ses années de dentiste, les patients qui ne sont pas anesthésiés après la première piqûre, ni la suivante, le placement irrégulier de certains nerfs, mal cartographiés et au mauvais endroit.
Tout devrait être très simple, un nerf trijumeau de chaque côté du visage, en trois branches, la mâchoire inférieure, la mâchoire supérieure, le front.
Mais ce n'est jamais aussi simple. Une piqûre pour bloquer la branche mandibulaire et la douleur disparaît dans la mâchoire inférieure. Il peut forer dans la dent et l'os, et rien que le bruit peut causer une véritable terreur.
Mais un patient se présente un jour, et sa douleur n'est pas endormie, et Jim est réduit au rôle de chaman, la science disparaît, il frappe à l'aveugle.
Les douleurs fantômes, aussi, les dents qui font mal bien après, des semaines plus tard, sans raison particulière, ou même une fois la dent arrachée. Un désir de souffrance.
Qu'est-il sensé faire alors ? La terminologie pour ce genre de mystère est Douleurs Faciales Atypiques, ce qui ne veut foutument rien dire.

Qu'est-il sensé faire pour lui-même, maintenant ? Savoir que la douleur vient d'une autre branche de ce nerf qui court jusqu'à sa mâchoire inférieure ne l'aide aucunement. Les ganglions semi-lunaires, les plus belles demi-lunes qui soient, juste sous la peau de ses tempes, son visage, une sphère divisée, mais les espaces sont si vastes.
Quand il ferme les yeux, il n'arrive pas à croire que tout ceci se déroule à quelques millimètres de là.
Des comètes de douleur lancées en arc de cercle, brûlant et s'éteignant pour renaître encore, et tout ça à cause du poids ridicule d'un peu de morve. Ses patients n'arriveraient jamais à concevoir la taille minuscule de leurs fosses nasales. Personne ne peut y croire.
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le_Bisonle_Bison   12 décembre 2019
La bite de Jim est douce et satinée, mais il ne réserve la tendresse du contact que pour le début. Il serre brusquement, aussi fort que possible, et il aime la douleur que son geste procure, puis il pompe au-delà du confortable, car il peine désormais tellement à jouir. Avant, c'était simple. Il devait même se retenir de jouir. Mais il doit désormais tirer aussi vite qu'il peut, si vite que son épaule se bloque et que le bout de sa bite le brûle, et quand il jouit enfin, il y a peu de preuve, tout a séché à force ainsi de s'être trop branlé. Enflé et violet sur le pourtour du gland, des ecchymoses douloureuses, et la peau en dessous est légèrement déchirée, des fissures de quelques millimètres à peine, mais qui piquent. Jim est à bout de souffle, il halète sous l'effet de l'effort plus que du plaisir. Il éprouve désormais si pu de plaisir, rien que du besoin.
Il se demande s'il a fait du bruit et si quelqu'un l'a entendu. Il utilise un mouchoir pour nettoyer le peu de sperme, il fourre son Hustler dans son sac, et il essaie de se reposer ou même de dormir. Comme ce serait incroyable de dormir, simplement.
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le_Bisonle_Bison   21 janvier 2020
L'autoroute qui s'élève dans les dernières collines avant de descendre sur le Golden Gate, des veines lumineuses blanches et rouges. La sensation de vide tandis qu'ils traversent. Jim aimerait sauter. Bien plus dramatique et tragique, et pas violent, peut-être plus facile pour les enfants. Une meilleure histoire. Il pourrait y aller la tête la première, pour être sûr, car les gens survivaient parfois à la chute et restaient à l'état de légume.
C'est ce qui l'inquiète, de se tirer une balle dans la tête et de survivre. C'est peu probable avec un .44 Magnum. Il devrait s'arracher une bonne partie du crâne. Il n'a pas encore décidé, la bouche ou la tempe. Ou alors sous le menton, dirigé vers le haut. Aucune information quant à la meilleure méthode. Il ne peut poser la question à personne.
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le_Bisonle_Bison   09 décembre 2019
- Je t'aime, Papa, dit-elle en passant ses bras autour de son cou.
Son innocence l'attriste. Il ferme les yeux et s'accroche à elle.
- Jim, dit Lorraine.
- Tu pleures, Papa, dit David. Pourquoi tu pleures ?
- Désolé, dit Jim, et il lâche Cheryl, il se lève, s'essuie les yeux. C'est juste que je ne dors pas assez. Je suis fatigué, c'est tout.
La vérité, c'est qu'il ne contrôle plus rien en cet instant. Des sentiments variés l'assaillent nuit et jour, sans jamais le moindre avertissement, sans la moindre idée de ce qui va suivre. C'est terrifiant de n'avoir aucun contrôle, surtout devant ses enfants.
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le_Bisonle_Bison   02 janvier 2020
Si épuisé. La sensation rugueuse des draps bon marché, l'odeur de moisi que dégage ce vieux motel, des oreillers trop fermes, mais il parvient quand même à dormir, heureusement, et quand il se réveille, il fait nuit dehors. La désorientation d'une sieste au milieu de l'après-midi, se réveiller à la fin d'un moment indistinct, le sentiment d'avoir perdu quelque chose. Mais calmé à présent, après son repos, plus autant de désespoir.
Il bande et il a besoin d'uriner. Il essaie de se branler mais n'arrive à penser à rien, et il n'a pas de porno à regarder, alors il abandonne. Il se demande s'il baisera encore avant de mourir. Sans doute que non. Mis sur le banc de touche.
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A l'occasion du Quai du Polar 2021, David Vann vous présente son ouvrage "Komodo" aux éditions Gallmeister.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2504889/david-vann-komodo
Note de musique : © mollat
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