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ISBN : 2746738546
Éditeur : Autrement (05/02/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Meilleur ami de l'homme, machine à aimer, bébé de la famille dont on se dispute le droit de garde ou de visite : de qui parle-t-on ? Du chien bien sûr ! Pourtant, dans le droit français, il n'a d'autre statut que celui d'une chose Depuis le Code civil de 1804, le canis familiaris est un bien mobilier, au même titre qu'une table. Voici le récit tumultueux de la place et du rôle donnés à cette boule de poils préférée des Français. Les philosophes de l'Antiquité ont ou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
melusine1701
  03 mars 2014
Le saviez-vous? Aux yeux de la loi, un chien est considéré comme un "meuble", dont le propriétaire dispose comme d'un objet. Pourtant, depuis quelques années, il a des droits. Et même des sociétés qui les défendent et les protègent. Contradictoire, n'est-ce pas? Replongeons un peu dans l'histoire de cet animal qui est un des plus anciens domestiqués par l'homme et dont pourtant le statut n'est pas encore bien défini. Depuis leur utilisation comme outil de guerre aux salons mondains où il est le chéri de madame, des procès médiévaux où le chien peut se défendre aux abandons organisés, il est étonnant de constater à quel point le statut du chien oscille entre objet dont on peut disposer et membre de la famille à part entière.
J'ai trouvé cet essai tout à fait passionnant. Il est à la fois riche en notions juridiques, en anecdotes historiques, en réflexions philosophiques et même en références littéraires. On part d'un procès, au Moyen Age, dans lequel le juge a autorisé le chien à être confronté au meurtrier supposé de son maitre, étant le seul témoin du crime. Cette anecdote beaucoup reprise permet de poser la question de la relation entre le maître et le chien: a-t-il des sentiments? des désirs? Au travers de scènes de romans, de faits divers, d'évolution des lois, l'auteur s'applique d'abord à décrypter l'animal-objet, celui pour lequel on n'a aucune considération parce qu'après tout, ce n'est qu'une bête. Expériences médicales sur chien vivant (schéma à l'appui), chiens chargés d'explosifs et envoyés en première ligne sur les champs de bataille, combats de chien donnant lieu à des manipulation génétiques pour créer des machines de combat, jusqu'au destin tragique de la petite Laika envoyée dans l'espace par les Russes, on ne nous épargne rien et c'est un crève-coeur pour tout amoureux des bêtes que de lire ces choses considérées comme normales dans certains contextes.
Pour autant, on n'oublie pas l'autre extrême, celui de ces chiens rois, que les dames dans les salons gavent de sucrerie et qui prennent parfois la place du mari. de manière étonnamment juste, l'auteur démontre que le chien n'est autre qu'une création de l'homme pour être un réceptacle à amour inconditionnel, une créature à qui l'on donne les restes à manger, qui dort dehors sous la pluie, mais qui pour autant vouera à son maitre une soumission et un amour total.
Il est alors plus facile de comprendre pourquoi le statut de l'animal est si difficile à définir: peut-on accepter qu'un animal hérite de ses maîtres, fasse l'objet d'une garde alternée, soit enterré avec ses maîtres, sans lui octroyer les mêmes droits que l'être humain? Les preuves abondent sur l'importance qu'un chien prend dans une famille, dans une vie et à quel point les souffrances animales peuvent émouvoir l'opinion publique. L'affection portée à un chien n'est plus perçue, comme il a pu longtemps l'être, comme un caprice de bonne femme qui gâte un cabot comme elle gâte un enfant.
Ce livre m'a fait beaucoup réfléchir. Je ne suis pas férue de politique, pourtant sur ce sujet j'ai tendance à m'interroger. J'ai un chien et un chat, les deux sont identifiés à mon nom, vaccinés, déclarés à l'assurance et éduqués (même le chat, oui-oui) pour être des compagnons et non des fardeaux pour moi ou pour mon entourage. Je leur ai aménagé ma maison, je paye pour leur santé et leur nourriture. Et ça me parait tout à fait normal. Alors si la loi doit s'insinuer dans notre vie privée pour certaines choses, pourquoi pas pour cela...
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ildibad
  20 février 2014
Voilà un petit livre à ne pas mettre entre toutes les mains !
Ames sensibles s'abstenir !
L'évolution du statut du chien, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours y est traitée avec beaucoup de détails, basé sur une abondante documentation.
Force est de constater que le chien n'a pas toujours eu un sort enviable et que l'attitude de l'homme lui a souvent été fatale et cruelle.
Considéré comme une chose par le droit, il est une propriété dans toute son acceptation, ce qui implique également le droit de le détruire.
Cependant, une partie de l'humanité y a toujours vu un ami, un compagnon et au fil du temps est parvenue à faire évoluer les mentalités.
Mais à regarder de plus près, est-ce le statut du chien qui a évolué, ou bien est-ce l'évolution de la conception même d'humanité ainsi qu'en témoigne le passage suivant à propos de la loi Grammont :
"Heurtée dans son conservatisme, la droite légitimiste se déchaîne. le député de Vaujuas en porte les arguments. Il se montre farouchement opposé a la proposition déjà baptisée "loi de l'assistance des animaux ". Sil partage l'émotion de Grammont quant aux faits odieux de mauvais traitements, il estime que la douceur ne se décrète pas. "Je crois, juge-t-il, que la loi qui vous est proposée porterait une atteinte sérieuse à la propriété, à la liberté, et même, sous quelques rapports, à l'humanité et à la morale. "
Pour ce député, comme pour une bonne majorité d'entre eux d'ailleurs, c'est au fond le ridicule de la loi qui pose problème. Car il existe, poursuit-il, « une foule de délits, une foule de crimes plus graves, et que nos lois n'atteignent pas, qu'elles ne peuvent pas atteindre : l'ivrognerie, la brutalité envers les enfants, envers les femmes, ne sont pas, ou ne sont presque jamais atteintes, pourquoi? Parce que le législateur a senti qu'il devait s'arrêter devant la liberté individuelle, devant le sanctuaire du domicile; et vous voudriez qu'il ne s'arrêtât pas lorsqu'il s'agit d'aller protéger un intérêt beaucoup moins sacré que celui dont je viens de vous parler ! "
Le livre est d'une lecture très agréable, même si certaines annecdotes sont difficilement soutenables.
A recommander à tout ceux que l'histoire des civilisation fascine.
Merci à masse critique de m'avoir permi de découvrir cet excellent ouvrage.
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herveloth
  01 mars 2014
21 février 2014 : le président de la République a rejeté l'idée de faire évoluer le statut des animaux dans le code civil. François Hollande répond ainsi à des intellectuels qui avaient demandé en octobre dernier dans un manifeste à reconnaître "la nature d'être sensible" de l'animal. Les animaux continueront donc d'être considérés, en droit, comme des biens meubles.
Victoria Vanneau est historienne du droit et spécialiste de l'histoire des violences conjugales.
C'est donc sous ces trois angles, l'histoire, le droit et la violence, qu'elle aborde la place du chien dans la société.
Essai de sociologie ? Thèse historique ? Ouvrage militant ? "Le Chien – Histoire d'un Objet de Compagnie" est tout cela à la fois.
Ce texte ne nous épargne aucune des abominations commises par l'Homme à son meilleur ami, et devient donc, de fait, une longue plaidoirie de la Défense pour la cause de nos compagnons à quatre pattes.
Le style est sec, aride, technique, aussi impitoyable que les cruelles vivisections dont les chiens furent victimes dès le XVIe siècle.
Malgré une quatrième de couverture très "engageante", ce livre ne permet aucun questionnement quant au public qu'il vise : il s'agit d'un ouvrage historique destiné de toute évidence, sinon à des chercheurs, du moins à des étudiants : technique, précis, exhaustif, riche de références, trop austère pour, sinon intéresser, du moins être d'un abord agréable à un large public.
Car ce livre est douloureux à lire, puisque chaque page tournée s'accompagne d'une question : "Que va-t-on encore bien pouvoir faire subir à ces pauvres chiens ?"
Heureusement, le dernier tiers du livre est moins éprouvant pour les nerfs, mais aussi plus fastidieux car plus axé sur l'aspect juridique de la "personne" animale.
Toutefois, le lecteur non-universitaire qui parviendra à surmonter ses sentiments d'horreur, et à lire ce livre intégralement, en sortira sinon grandi, du moins meilleur, et je ne doute pas que quelques-uns se précipiteront vers le refuge le plus proche pour adopter un nouvel ami.
Mais ces lecteurs-là n'ont sans doute pas besoin d'être convaincus.
Et ce n'est sans doute pas le but recherché. de même qu'un ouvrage de mécanique automobile n'a pas pour objet de faire aimer les voitures.
Un livre à la fois passionnant et terriblement dérangeant, donc.
Vous me permettrez de clore là ma critique : mon chien me regarde avec insistance… Je crois qu'il veut une caresse.
PS : lorsque les notes bibliographiques ou autres sont nombreuses, ce qui est le cas ici, il serait beaucoup plus pratique et agréable de les mettre en bas de page plutôt qu'en fin de volume.

Lien : http://fieffegoupil.wordpres..
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yannlerazer
  17 mars 2014
Le chien, qu'il s'agisse de celui de Victoria Vanneau, ou des 9 millions de ses semblables qui vivent en France, est le meilleur ami de l'homme. Il n'est pas celui du droit ! C'est le sujet du livre que publie Autrement, dans cette collection singulière, Leçons de choses, déjà remarquée avec le Cadeau de Noël (Blake n°61), et faute d'être sujet de droit, le chien est l'objet de son attention.
Le code civil français fait des distinctions entre les animaux, selon des critères qu'il faut bien qualifier de datés et de marqués par une idéologie ancienne, que nous avions aussi signalée dans Les Animaux aussi ont des droits (Blake n°61). Notre meilleur ami, qui se tient à nos pieds, est un bien meuble, selon la terminologie juridique, qui place ainsi la propriété au coeur de la relation existant entre un être humain et un être animal.
Ayant à coeur de montrer que notre droit avait évolué envers nos compagnons de la vie quotidienne, Victoria Vanneau veut aussi démontrer que notre droit n'en a pas fini de changer, n'en déplaise à ceux qui comme Descartes, ne verraient en eux que des êtres dénués de sensibilité. Un livre de combat.
Lien : http://tmblr.co/Z4Dxcn1EvgrqW
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ildibadildibad   20 février 2014
"Heurtée dans son conservatisme, la droite légitimiste se déchaîne. Le député de Vaujuas en porte les arguments. Il se montre farouchement opposé a la proposition déjà baptisée "loi de l'assistance des animaux ". Sil partage l'émotion de Grammont quant aux faits odieux de mauvais traitements, il estime que la douceur ne se décrète pas. "Je crois, juge-t-il, que la loi qui vous est proposée porterait une atteinte sérieuse à la propriété, à la liberté, et même, sous quelques rapports, à l'humanité et à la morale. "
Pour ce député, comme pour une bonne majorité d'entre eux d'ailleurs, c'est au fond le ridicule de la loi qui pose problème. Car il existe, poursuit-il, "une foule de délits, une foule de crimes plus graves, et que nos lois n'atteignent pas, qu'elles ne peuvent pas atteindre : l'ivrognerie, la brutalité envers les enfants, envers les femmes, ne sont pas, ou ne sont presque jamais atteintes, pourquoi? Parce que le législateur a senti qu'il devait s'arrêter devant la liberté individuelle, devant le sanctuaire du domicile; et vous voudriez qu'il ne s’arrêtât pas lorsqu'il s'agit d'aller protéger un intérêt beaucoup moins sacré que celui dont je viens de vous parler ! "
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yannlerazeryannlerazer   17 mars 2014
La présence de chiens auprès des sans-abris apparaît volontiers suspecte. Et il n'est pas rare que ces derniers soient vilipendés, qu'ils soient accusés de maltraiter leurs bêtes ou suspectés de les exploiter pour s'attirer la pitié des passants. Le 18 mai 2013, à Paris, la police a ainsi cru bon de confisquer deux chiens, Rikki et Linda, et cinq chiots à un sans-abri du quartier de la Bastille. Motif? Mauvais traitement. Selon l'arrêté du 25 octobre 1982, en effet, exposer un chien de moins de huit semaines dans la rue est considéré comme un "mauvais traitement". Scène de la vie urbaine, passée en catimini dans la presse à la rubrique faits divers, illustre les a priori qui touchent les SDF. Elle met surtout en lumière un insoluble conflit entre deux devoirs moraux: celui envers l'animal, protégé à juste titre par une association de défense des droits des animaux, et celui envers l'être humain, protégé lui aussi à juste titre par une association du droit au logement.
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ildibadildibad   20 février 2014
Plus réputée encore était l'huile de chiot aromatisée, censée soigner les rhumatismes et les tensions musculaires. La recette était simple : «Prenez trois petits chiens nouvellement nés; jetez-les tous vivants dans trois livres d’huile d’olive bien chaude, et faites-les cuire dans cette huile jusqu’à ce que leurs os paraissent presque dissous. Alors passez cette huile à travers
une toile, en exprimant fortement; après quoi vous y ajouterez, pendant qu’elle est encore toute chaude, des sommités d'origan, de serpolet, de millepertuis, de marjolaine, de chacune deux onces; mettant le tout dans
une cruche bien fermée, que vous exposerez au soleil pendant quinze jours, au bout desquels vous passerez le mélange, le laisserez reposer pour le clarifier, et garderez l’huile pour l'usage.
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ildibadildibad   20 février 2014
Si Dieu avait eu besoin d’être adoré, il n’eut créé que des chiens. Le
chien est bien plus apte que l’homme à l'amour. Un chien affamé, battu, jeté à l'eau par son maître, s’il en réchappe reviendra gémir d'amour à ses pieds. Voilà bien le fidèle tel que le rêvent les Églises.
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yannlerazeryannlerazer   17 mars 2014
Animal généreux, modèle d'amitié
Qui le jour et la nuit prodiguant ses services
Gouverne nos troupeaux ou garde nos hospices
Dont l'oeil nous cherche encore de ses regards mourants.
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Videos de Victoria Vanneau (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victoria Vanneau
Victoria Vanneau - La paix des ménages .Victoria Vanneau vous présente son ouvrage "La paix des ménages, histoire des violences conjugales, XIXe-XXIe siècle" aux éditions Anamosa. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/vanneau-victoria-paix-des-menages-histoire-des-violences-conjugales-xixe-xxie-siecle-9791095772019.html Notes de Musique : The Violence Of The Storm by Delphine Dora. Free Musique Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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