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ISBN : 2367628254
Éditeur : Audiolib (13/02/2019)
Édition audio (Voir tous les livres audio)

Note moyenne : 3.15/5 (sur 48 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]
1900, Exposition Universelle de Paris, Aileen Bowman, trente-cinq ans, journaliste, célibataire, est venue couvrir l'événement pour le NEw York Tribune. Née d'un baroudeur anglais et d'une française utopiste, élevée dans le décor sauvage des plaines du Nevada, Aileen est un être affranchi de tout lien et de toute morale, mue par sa passion et ses idéaux humanistes. Au fil d'un récit qui nous immerge au cœur de la ville en chantier, du métropolit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Levant
  08 janvier 2019
Année 1900, l'exposition universelle qui se tient en France consacre la tour Eiffel comme symbole de Paris. Elle n'est déjà plus cette horreur qui a scandalisé bon nombre de parisiens onze ans plus tôt, à vocation d'être démontée. La fée électricité tient pavillon en vedette dans l'exposition et fait de Paris la ville lumière. Notre capitale domine la vieille Europe à l'apogée de son rayonnement international, avant de basculer sur le versant du déclin. La première guerre mondiale lui donnera le coup de grâce et ouvrira la voie aux États-Unis avec leur arrogante réussite économique. La suprématie traverse l'Atlantique.
La toile du monde est le troisième ouvrage d'une trilogie qu'Antonin Varenne consacre à son héroïne Aileen Bowman. J'ai manqué les deux premiers. Ce n'est pas rédhibitoire, celui-là peut se lire indépendamment. Il sera en revanche peut-être plus difficile de revenir en arrière. Reste que cet ouvrage est un bel exercice de style, et se suffit à lui-même.
Bien malin qui peut, au débarquement d'Aileen Bowman au Havre en 1900 afin de couvrir l'événement de l'exposition universelle pour son journal le New York Tribune, préjuger des péripéties qui émailleront son séjour en France. Elle ignore alors qu'elle transporte dans ses bagages les problèmes de société dont son pays aimerait bien se défaire.
Après avoir exterminé les indigènes à la peau rouge et cantonné leurs survivants dans des réserves, les américains s'essaient maladroitement au remord en affichant de l'intérêt pour leur traditions, sans omettre toutefois l'exploitation commerciale de leur culture. C'est ainsi que le Pawnee Bill's Show est présent à l'exposition universelle de 1900, sur fond campement indien reconstitué, avec des acteurs sang mêlés qui ont encore du mal à se faire à l'idée d'être exposés en vestiges d'une culture révolue, que l'assimilation est leur seule chance de survie. Aileen Bowman qui retrouve aux pavillons des États-Unis un cousin métissé, se rend compte que l'exposition universelle, c'est aussi cela : la transposition de problèmes de société qu'elle croyait avoir laissés derrière elle. Ce parent aigri donnera une tournure inattendue à l'intrigue.
La Toile du monde porte bien son titre. C'est la fresque d'une ville en vedette mondiale, laquelle déploie ses charmes pour séduire son public. C'est d'ailleurs sous cet angle qu'Aileen Bowman la décrira dans les chroniques qu'elle vendra au journal féministe parisien La Fronde. Sous sa plume, la vieille ville est une catin qui s'enorgueillit de voir le monde à ses pieds, ultime sursaut d'une coquetterie défraichie, au crépuscule de sa gloire.
Ce titre a, à n'en pas douter, été inspiré par les oeuvres de Julius LeBlanc Stewart, artiste peintre bien réel celui-là, qui s'est fait voler la vedette par les surréalistes conquérants. Repus d'un figuratif qui a épuisé les ressources de son réalisme, les amateurs d'art se tourne désormais vers un imaginaire qui ne se plie quant à lui à aucune règle, aucun code moral. A l'instar des moeurs du 19ème siècle, devenues lasses du convenu tous rideaux tirés et font oeuvre de chair au grand jour. Gustave Courbet avait ouvert le bal avec son célèbre tableau. La toile du monde est donc un roman qui ne doit pas seulement sa sensualité au spectacle d'une capitale en exhibition. Les corps y prennent leur part et s'ouvrent à la volupté assumée des années folles.
C'est aussi un roman qui consacre l'explosion industrielle. Fulgence Bienvenue ouvre la première ligne de métro. Les parisiens se pressent sur des trottoirs roulants. Rudolf Diesel lance son célèbre moteur tant décrié aujourd'hui, et le cinéma trouve dans l'exposition universelle l'événement qui le fera passer de curiosité technique au rang de 7ème art. Il nous permet aujourd'hui de mesurer la taille de l'événement avec ses premiers reportages disponibles sur la toile, sur internet celle-là. Ce roman est bien la fresque d'un monde qui s'apprête à basculer dans le monde moderne. Ce que confirme aussi cette belle aventure singulière entre deux femmes qui tentent d'afficher encore timidement leur émancipation. Bienvenu au 20ème siècle, avec un bien beau roman.
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Tostaky61
  17 août 2018
La voilà,  la suite de la saga Bowman.
Loin de l'épopée 3000 chevaux vapeurs ou du périple Équateur (les précédents épisodes pour ceux qui débarquent), La toile du monde est beaucoup moins teintée d'aventure que ses prédécesseurs.
Après les histoires d'hommes, place aux histoires de femmes.
Aileen Bowman, digne descendante de la lignée, journaliste au New York Tribune, vient couvrir l'évènement qui fait bouger tout Paris et même au-delà, l'Exposition Universelle de 1900.
Véritable garçon manqué, elle interpelle par ses tenues aussi improbables dans les rues parisiennes qu'interdites.
Se moquant du qu'en-dira-t'on.
Mais, plus qu'un reportage, qu'est donc venue chercher la rousse américaine ?
Fuit-elle ?
Trouvera-t-elle les réponses à ses questions ?
Tel l'un de ses protagoniste,  Varenne peint son roman plus qu'il ne l'écrit.
Il y a beaucoup de pudeur et de non-dit.
Si la nudité et l'amour s'expriment sous le pinceau de l'artiste, le sexe et ses effluves sont souvent survolés par l'auteur, interrogeant le lecteur, lui laissant une impression étrange,  un manque.
Mais moi, j'ai aimé l'écriture,  j'ai aimé le style, j'ai aimé les mots.
(Sublime premier article rédigé par la jeune femme pour un quotidien parisien, par exemple).
Avec ce troisième volet, Antonin Varenne clôt la saga, annoncé comme différent, il l'est, je confirme.


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tynn
  03 janvier 2019
J'ai entamé ce livre avec gourmandise, le coude sur le plan de l'exposition universelle de 1900, fascinée par la beauté des rives de Seine entre la Concorde et le Trocadéro avec une porte magistrale « électrique », des pavillons internationaux à touche-touche, un trottoir mécanique roulant, des oriflammes festives flottant au vent...
Antonin Varenne anime des photos sépia et redonne visage à la Belle Epoque par une américaine libérée, scandaleusement vêtue comme un cow-boy, des peintres et ingénieurs, des artistes de show ethnique et des suffragettes à la française.
Aileen Bowman est notre guide dans la cohue de Paris pour évoquer l'histoire de l'Art, l'évolution des techniques, les mentalités compassées d'une société encore corsetée de bienséance. La petite journaliste en culottes est le fil rouge de l'émancipation des femmes, question sociétale débattue fortement.
Dans l'ensemble, le contexte historique m'aurait ravie s'il ne s'avérait finalement assez indigent et j'émets des réserves sur le traitement appuyé de la thématique féministe, portée par un personnage un brin caricatural. La palette de personnages et leurs divers états d'âme (quel ennui, cet improbable indien de spectacle équestre) m'ont passablement frustrée de ne pas trouver ce que j'espérais: un contexte historique fouillé et un souffle romanesque plus séduisant.
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gruz
  23 août 2018
Antonin Varenne nous conte la naissance d'un nouveau monde. L'exposition universelle de 1900 à Paris en est la symbolique, tout comme le fait de lier le récit avec la jeune société américaine.
Quelle belle idée que de terminer son triptyque par ce roman parisien ET universel. Ce roman est en effet lié par le sang à ses deux précédents, son héroïne Aileen Bowman étant la fille d'Arthur Bowman, le personnage de l'inoubliable Trois mille chevaux vapeur. Elle a la même soif de liberté que son aventurier de père, et la même indépendance.
La toile du monde se lit clairement indépendamment, et se démarque largement de ses deux prédécesseurs. Par son ambiance parisienne, son atypique personnage principal, sa narration même. Au souffle des grands espaces se substitue celui de l'incroyable machinerie que fut cette exposition hors-norme.
La vivre à travers le regard d'Aileen Bowman est une aventure à part entière. A une époque où la femme n'a qu'une place dans l'ombre, l'arrivée de cette américaine à Paris tient lieu de tornade. Journaliste (rares sont celles à pouvoir écrire à cette époque), habillée comme un cow-boy (le port du pantalon est normalement interdit pour une femme), bisexuelle et libre de parole, elle se fait remarquer partout où elle passe.
L'écrivain retranscrit parfaitement cette étonnante époque à l'orée du XXème siècle, ses progrès technologiques, les prémisses de son ouverture vers les autres mondes. Étonnante société qui ne laisse encore que peu de place à la femme, sous couvert de respect de certaines traditions, mais qui pourtant ne se choque aucunement des peintures de nus des artistes à succès de l'époque (de nos jours, nombre de ces dessins seraient bannis sur les réseaux-sociaux, mais c'est une autre histoire…).
Antonin Varenne ne se répète décidément pas. La toile du monde est autant une immersion dans un Paris en chantier et qui se veut l'étoile du monde (inauguration du métropolitain, étonnant trottoir roulant, l'électricité de jour comme de nuit…), que la plongée dans l'âme d'une femme trop libre pour réellement trouver sa place. La liberté pousse à côtoyer certains excès et amène à la solitude.
Aileen Bowman n'est pas qu'un être de papier. Sa caractérisation est tellement fine, jusqu'aux interstices contradictoires de sa personnalité, qu'on à l'impression qu'elle prend vie à travers ces pages. Entre réalité et fiction (elle croisera des personnes ayant réellement existés), son destin va changer du tout au tout après ce voyage en France.
L'auteur a pris grand soin de travailler sa plume pour raconter l'histoire de son personnage et d'une époque étonnante. Il y a clairement un bout d'Amérique dans ce Paris-là, et pas seulement du fait de sa protagoniste principale. L'exposition universelle a également été l'occasion de proposer des spectacles « exotiques » avec nombre de peuplades, dont de véritables indiens. Des « sauvages » pour distraire les 50 millions de visiteurs de cet événement. Ça ne sera pas sans incidence sur ce qui est conté dans ce roman. Une histoire de sang mêlé, je le disais en préambule.
La toile du monde est un roman d'un nouveau souffle dans la bibliographie d'Antonin Varenne, plus universel sans doute, plus à même de toucher un large public, curieux de cette période à cheval entre le XIXème et le XXème siècle. Un roman universaliste où souffle un vent de liberté, dusse-il attiser des flammes de douleur. Une très belle réussite.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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JIEMDE
  18 septembre 2018
Paris au début du siècle dernier : Aileen journaliste américaine et féministe débarque en France, pour y chroniquer officiellement l'expo universelle et, officieusement, se plonger dans les traces de ses racines familiales.
Dans une capitale devenue le centre du monde et en pleine mutation urbaine, sociale et culturelle, Aileen choque, provoque, se cherche sans vraiment se trouver.
Dans La toile du monde, Antonin Varenne déroule les fils parallèles d'une histoire multiple : celle d'une femme émancipée autant que torturée, d'une quête familiale complexe, et d'un roman d'atmosphère attachant.
L'ensemble est parfois inégal, mais forme un tout agréable à lire, notamment lorsque Varenne rédige les articles d'Aileen, laissant son style dériver vers un peu plus de poésie ou un peu plus de cruauté.
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critiques presse (1)
LeMonde   21 décembre 2018
1900 : l’Exposition universelle célèbre la modernité dans la capitale, que parcourent deux Américains en quête de leurs racines – et d’amour. Un roman étincelant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
gromit33gromit33   18 janvier 2019
Son père blanc lui avait appris que ceux de sa race utilisaient les mots non pour dire des choses, mais pour les cacher : "ils en ont tant qu'il est impossible de savoir ce qui est une histoire inventée, un mensonge ou une vérité dans les discours. Ils écrivent même des livres qui sont des histoires fausses, des romans, pour raconter autrement la réalité. Dedans, des personnages imitent les vrais hommes, que les lecteurs aiment croire à leur tour, pour se faire peur, se réjouir ou se prendre pour des héros. Ce sont des mots qui cachent d'autres mots, des mots mensongers. (p208)
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LevantLevant   06 janvier 2019
Son père blanc lui avait appris que ceux de sa race utilisaient les mots non pour dire les choses, mais pour les cacher.
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LevantLevant   06 janvier 2019
Quand on a été enchaîné, on n'est plus jamais libre, seulement libéré.
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Tostaky61Tostaky61   16 août 2018
Son père blanc lui avait appris que ceux de sa race utilisaient les mots non pour dire les choses, mais pour les cacher : "Ils en ont tant qu'il est impossible de savoir ce qui est une histoire inventée, un mensonge ou une vérité dans les discours. Ils écrivent même des livres qui sont des histoires fausses, des romans, pour raconter autrement la réalité. Dedans, des personnages imitent les vrais hommes, que les lecteurs aiment croire à leur tour, pour se faire peur, se réjouir ou se prendre pour des héros. Ce sont des mots qui cachent d'autres mots, des mots-mensonges."
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   16 décembre 2018
- [...] Ma conviction est que les créations, ou les créatures échappent toujours à leur créateur.[...]Le rassemblement de tant d'inventions humaines est une fête, mais tout l'acier des machines, dont est aussi fait mon moteur, contient une menace. Quand le moteur tourne, le métal est chaud. Quand il s'arrête, le voir et le sentir se refroidir me fait toujours une étrange impression. Comme s'il retrouvait sa vraie nature, insensible, et préparait un mauvais coup dans son sommeil.
- Vous ne croyez pas comme Saint-Simon, que les ingénieurs seront les grands hommes de ce nouveau siècle . Que la technologie apportera la paix et la prospérité ?[...]
- Je suis un pacifiste, madame Bowman, mais je sais que ce ne sont pas les ouvriers ni la masse des pauvres qui lancent les nations dans des guerres. Il faut avoir le pouvoir des politiciens pour le faire. Et les politiciens ne se lanceraient pas dans des conflits armés s'ils n'avaient pas le soutien des scientifiques, qui garantissent les chances de victoire grâce à leurs découvertes et leurs inventions. Non, je ne partage pas l'optimisme du comte de Saint-Simon.
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Videos de Antonin Varenne (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonin Varenne
L'émission complète : http://www.web-tv-culture.com/la-toile-du-monde-d-antonin-varenne-1306.html
Antonin Varenne a eu mille vies en une. Dans son enfance, ses parents l?emmènent pour un tour du monde en bateau, lui donnant le goût du voyage et de l?aventure. Après une maitrise de philosophie, et des escapades plus ou moins prolongées en Islande, au Mexique ou aux Etats-Unis, on le retrouve alpiniste du bâtiment. Et puis, un jour, voilà son nom qui apparait dans les vitrines des librairies, d?abord au rayon polar avec « Le fruit de vos entrailles » ou « Fakir » plusieurs fois primé. Puis vient un grand roman d?aventures, encensé par la critique « trois mille chevaux vapeur » qui nous emmenait de la jungle birmane à l?Amérique de la conquête de l?ouest en passant par les bas-fonds de Londres des années 1850. Bref, Antonin Varenne a maintes fois prouvé son talent d?auteur et son goût pour l?éclectisme. Avec « La toile du monde », nous voici en 1900. Eilen Bowman est une femme d?une trentaine d?années. Journaliste à New York, elle est envoyée par sa rédaction pour couvrir l?exposition universelle de Paris. Femme au caractère bien trempé, bien loin des codes de son époque, Eilen découvre la capitale française avec fascination. Mais derrière ce Paris qui brille et pétille, derrière cette exposition qui encense l?innovation et la modernité, c?est aussi un autre univers qui attend Eilen, qui secrètement est aussi revenu sur les pas de ses parents, eux-mêmes européens et qui avaient tout quitté pour l?utopie américaine. Pourquoi Eilen éprouve t?elle le besoin de retrouver ses racines ? Et le lecteur d?être embarqué dans une grande saga, une grande fresque dont le Paris de la Belle époque est le personnage clé. Mais ce nouveau roman d?Antonin Varenne va plus loin. En s?autorisant un parallèle avec notre époque contemporaine, il nous interroge sur le rôle de la femme dans la société, sur l?évolution du monde, sur la place grandissante de la technologie face à l?humain, le tout porté par une belle écriture puissante et sensuelle. Un roman bouillonnant, passionnant et une phrase à retenir « Aux hommes libres, rien n?arrive comme aux autres ». «La toile du monde », le nouveau roman d?Antonin Varenne, aux éditions Albin Michel.
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