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EAN : 9782757890639
312 pages
Points (06/05/2022)
4.07/5   41 notes
Résumé :
Dans le paysage d’eau et de brume de la Bassa, au bord du Pô, le commissaire Soneri est à l’aise. Avec les anciens du coin, il est le seul à bien connaître cette partie du fleuve, à savoir se déplacer entre les rives, les plaines inondables, les fermes éparpillées dans une terre qui semble habitée par des fantômes.

Alors quand deux cadavres sont retrouvés, c’est lui qu’on charge de l’enquête. L’une des victimes est un Hongrois tué d’une balle dans la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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JIEMDE
  07 mai 2021
S'adapter.
Ça fait des mois que l'on s'adapte avec pour horizon, celui de retrouver nos repères habituels, ceux d'avant. Parfois, malgré tout, il y en a un qui passe. Alors tu t'empresses de le saisir, pour renouer avec le confort rassurant de tes marqueurs passés. C'est le cas de la sortie du nouveau Valerio Varesi, La Maison du commandant, traduit par Florence Rigollet. Soneri, Parme, le Pô, Angela, la brume, la bouffe, Juvara… Tout est en place. On est bien.
S'adapter
Lui dit pas ça au commissaire Soneri, qui enquête après enquête voit son monde s'écrouler, ses valeurs se diluer dans la médiocratie corrompue de l'époque : la télé qui abrutit, les téléphones et leurs technologies obsolescentes qui remplacent le cerveau des hommes, les jeunes générations désabusées et résignées. Heureusement il reste Parme et le Pô : « le mouvement du fleuve est la seule chose qui n'a pas changé. Pour le reste, je ne reconnais plus rien. » Réac le Soneri ? Résistant serait plus adapté.
S'adapter
À une hiérarchie qui pèse de plus en plus à Soneri quand elle doute de ses capacités à retrouver les tueurs des deux cadavres découverts dans la Bassa, la basse plaine du fleuve. Un marécage nauséabond où trainent des pêcheurs-pilleurs venus d'Europe de l'Est, des trafiquants d'armes nostalgiques des luttes ancestrales entre partisans et fascistes, des chercheurs d'or volé aux Allemands en 45, et des néo-révolutionnaires à la petite semaine, persuadés qu'un casse de DAB est le début d'une insurrection populaire.
Se délecter
Et profiter pleinement de ce 6e opus d'une série dont on ne dira jamais assez l'originalité attachante de l'ambiance et de l'atmosphère, comme l'excellent travail de ses personnages. Livre après livre, Soneri expose davantage ses doutes et ses faiblesses, trouvant en Angela l'écoute et le réconfort qui l'équilibrent. Et parfois un peu plus, à la hussarde dans un camion ou dans la voiture de fonction sur les rives du Po en crue. Car définitivement mal à l'aise dans une époque où il voudrait retenir le passé mais « fuir la nostalgie qui pue toujours la mort », Soneri sait rester pragmatique : « En clair, y a plus que le cul ».
Précipitez-vous !
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Bazart
  13 juin 2021
Il y a deux ans, on a eu la chance de rencontrer Valerio Varesi, grand romancier de polars italiens , auteur francophile et francophone d'une grande intelligence et d'une grande générosité.
Varesi est le "papa" du fameux inspecteur Soneri, enquêter dans la région de la plaine de Pô depuis de nombreuses années en Italie et maintenant six tomes, publiées à un rythme annuel, en France (mais avec une bonne décennie de décalage avec les publications transalpines)
Dans cette nouvelle aventure, Soneri est chargé d'enquêter sur les meurtres de deux cadavres retrouvés dans le Bassa, la basse plaine du Pô, un secteur que l'inspecteur connait bien.
Deux cadavres pour deux histoires a priori différentes mais liées par un seul et même fil que Soneri prendra le temps qu'il faut pour dénouer totalement, au cours d'un cheminement qui le fera aller du coté du terrorisme rouge et même dans les heures sombres de l'occupation italienne....
Si vous recherchez un polar atypique (qui ne parle pas de disparition d'enfant comme cela semble le cas dans 85% des polars actuels !) où il est question de cuisine italienne, de paysages brumeux sur les rives du Pô et où le portrait du fabuleux commissaire Soneri est aussi savoureux que les dialogues et l'écriture, alors La maison du Commandant est pour vous !
On retrouve le ton parfois un peu désabusé, mélancolique et surtout plein d'humanité et d'empathie dont Valerio Varesi nous a habitué depuis longtemps désormais et c'est un vrai régal.
« Tu l'aimes, toi, cette société où les arrogants et les malhonnêtes dirigent les gens bien ? où les pires gouvernent les meilleurs ? où la méchanceté est toujours victorieuse ? Tu l'aimes ce monde où tout s'achète ? La justice, la respectabilité, le droit d'être aux commandes ? (…) Tu le sais ou tu le sais pas que tu es payé par ceux qui font les guerres et qui affament les peuples ? »
Même si on n'a pas forcément lu les 6 romans de la saga Soneri, cette maison du commandant donne furieusement envie d'en lire d'autres du même auteur, ce cher Valerio Varesi.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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fredbologsen
  10 août 2022
J'avais lu "La pension de la via Saffi" et "Le fleuve des brumes", de cet auteur, et dans cette "...Maison du commandant", Valério Varesi revient sur une histoire qui se passe sur le Po.
Le bandeau du livre, "Le Maigret italien" me fait sourire, car si le commissaire Soneri agit parfois -souvent- à l'instinct, de même que Maigret n'avait pas toujours de "suite logique" dans les questions de son interrogatoire, si tous les deux aiment la bonne chère, je pense que physiquement on ne se les représentera pas de la même façon.
J'ai même trouvé que par moments il avait certains côtés du commissaire Joseph Corti, un autre flic, corse, qui aime la vie, les livres, et les femmes également; et sur ce dernier point, contrairement à Soneri, toujours pas remis de la perte de Ia sa première épouse, (Corti est orphelin de père et de mère depuis ses 18 ans, décédés dans un accident de voiture) et qui n'arrive pas toujours à être entièrement lui-même avec sa nouvelle compagne avocate.
J'ai passé un agréable moment de lecture, même si par moments, j'ai trouvé que certains des dialogues entre des personnages différents se ressemblaient un peu trop, tant sur la forme que sur le fond: on demande aux citoyens d'être honnêtes alors que nos élus et politicards sont loin de montrer l'exemple; faut-il condamner ceux qui franchissent la ligne blanche ou ceux qui les poussent à la franchir ?
Un style fluide, des situations cocasses, une Angela -sa compagne- qui pousse Soneri dans des contrées "oubliées" de sa libido, un Po qui n'en fait qu'à sa tête, que l'on aime ou que l'on craint, des personnages qui ne veulent pas le quitter, et une vieille histoire d'engagement politique, de trésor de guerre, d'idéologie plus ou moins communiste, le tout refaisant surface, au gré des volontés et des caprices du fleuve italien.
Soneri, j'adhère, et j'en lirai d'autres, ne serait-ce que pour l'ambiance particulière que son auteur arrive à faire règner, à l'instar d'un autre maître du genre, Andréa Camilleri.
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collectifpolar
  05 avril 2022
Le petit avis de Kris pour Collectif Polar
Sixième volet des aventures du commissaire Soneri, qui nous ramène sur les rives du Pô où le brouillard cache de lourds secrets datant de la Seconde Guerre mondiale.
Le commissaire Soneri enquête sur deux meurtres commis dans la plaine du Pô, un jeune Hongrois tué d'une balle dans la tête et retrouvé dans la boue d'une rivière ainsi qu'un ancien résistant décédé dans sa maison isolée. Des affaires apparemment sans lien entre elles qui font écho à l'occupation allemande de l'Italie et à la menace d'un nouveau terrorisme rouge.
On aime se glisser dans les bras du nouvel opus de Valerio Varesi. On l'attend , on l'espère et quand il est là, on le savoure.
On retrouve tout ce qui fait le charme de ses écrits, le PÔ, les berges embrumées, le commissaire « débonnaire » Soneri avec Angela, irremplaçable, la bonne bouffe et le bon vin, Juvara, Nanetti avec qui les échanges sont succulents.
Et puis, il y a l'atmosphère qui règne dans ce brouillard des bords du PÔ.
Avec Soneri on partage tout : il nous entraîne sur les rives du Pô, nous fait découvrir à chaque nouveau récit des pans de la résistance italienne, des personnages étonnants comme Nocio qui écoute du Verdi dans sa cabane sur l'eau, nous invite dans les petits restaurants, accompagné de son inséparable Angela avec qui les dialogues sont savoureux.
Un truculent polar mais aussi un constat du temps qui passe, de tout ce qui se délite dans cette société qui part à la dérive.
Lien : https://collectifpolar.wordp..
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lacerisaie
  24 juillet 2022
En ces journées de canicule repartir vers le passé, l'hiver. Direction l'Italie, la région de Parme, le Pô et sur ses rives, la maison du commandant. Là, l'atmosphère est fantomatique, le milieu entre fleuve et marais, aquatique. le Pô sale mais majestueux avec son brouillard, ses crues, sa "bassa" puante témoin de la maltraitance des hommes, donne le ton.
Au coeur de cet hiver froid et humide deux morts qui ne manquent à personne. Un jeune émigré Hongrois vivant dans les marécages et subsistant avec ses comparses de la pêche des silures et le "Commandant" ancien résistant contre les milices fascistes retrouvé chez lui presque momifié.
Retrouver Soneri commissaire au charme mélancolique, bon vivant, humaniste, philosophe, plus intuitif que nouvelles technologies, toujours amoureux d'Angela charnelle, sensuelle, forte personnalité toujours à l'écoute, rassurante et indispensable pour ne pas trébucher.
Partager avec eux un verre de rouge, un plat de charcuterie ou des anellis au bouillon en l'écoutant se rappeler l'ancien monde.
Rencontrer Nocio homme attachant, fort de ses convictions, révolté et entêté, vivant sur le fleuve et écoutant Vivaldi. Prendre plaisir à ses débats acérés avec Soneri.
Avec eux, prêter l'oreille avec attention à la nuit, ses bruits, ses peurs, ses lassitudes.
Apprécier le charme mélancolique de cette enquête sur fond historique de terrorisme d' extrême gauche et de lutte anti fasciste. Une enquête qui prend son temps et avance au rythme du fleuve s'embourbant, s'éparpillant, s'emballant. Une enquête qui, par petites touches capte la société, ses dérives, ses révoltes, ses reniements.
Prendre le temps de se délecter des dialogues ciselés dévoilant sans pesanteur les convictions de l'auteur.
Voyager en milieu hostile, certes, mais se rassurer. Il reste encore des humanistes au service des petites gens. D'honnêtes hommes aimant la vie, fiers de leurs valeurs et de leurs convictions.
Encore un beau voyage près du fleuve.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   12 juin 2021
Au bord des larmes étouffé de colère le commissaire redescendit et alluma toutes les lumières comme s'il voulait chasser une faute dont il prenait aussi la part .Puis il sortit de la maison et attendit Nanetti près du portail Il remarqua la boite aux lettres qui débordait de courrier et de factures mais l'arrivée de ses collègues suivis de peu par la Marcotti et le médecin légiste l'empêcha de les éplucher.
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pchionpchion   27 juin 2021
De leur point de vue, ils sont du bon côté : foutre en l'air ce monde dégueulasse. On n'en voudrait pas un autre toi et moi ? Tu l'aimes, toi, cette société où les arrogants et les malhonnêtes dirigent les gens bien ? Où les pires gouvernent les meilleurs ? Où la méchanceté est toujours victorieuse ? Tu l'aimes, ce monde où tout s'achète ? La justice, la respectabilité, le droit d'être aux commandes ? Pourquoi on n'aurait pas le droit de prendre un flingue quand il y a des gouvernants qui peuvent décider de condamner à mort des milliers d'enfants par une simple opération monétaire, ou qui choisissent de planter du maïs pour produire du gas-oil au lieu de produire à bouffer ? Essaye de te mettre dans la peau du père d'un gosse condamné à mourir de faim, et pose-toi la question : tu n'épaulerais pas un fusil ? T'as déjà vu les yeux d'un môme qui crève de faim ?
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Anne578869Anne578869   13 juillet 2021
Seulement l'expérience d'un vieux professeur, se défendit Carega. Certaines générations grandissent dans l'espoir, d'autres, dans la désillusion. Les changements balancent toujours entre les deux. Vous, par exemple, vous avez grandi dans l'espoir. Ceux d'aujourd'hui ont perdu toutes leurs illusions. La destruction est porteuse d'espoir, et la désillusion nous rend conservateurs. Vous et vos contemporains aviez envie d'abattre tout ce que vos pères avaient construits, mais les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas de père. Ils ne connaissent pas l'autorité, ils ne peuvent pas la contester. Ils n'ont aucun repère, ils cherchent désespérément quelqu'un qui leur ressemble. Voilà pourquoi ils rêvent d'un chef de meute, du discours unique

Soneri réfléchit en silence. C'était vrai, il avait connu l'espoir, mais aussi la déception. Peut-être n'était-ce qu'une question de moment ?
- Ne vous en faites pas trop, l'exhorta Carega, c'est l'époque qui veut ça. Nous sommes tous des animaux volubiles, rien n'est aussi sérieux qu'on le croit, acheva-t-il, délicatement ironique.

p 80
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PdGvinsPdGvins   21 novembre 2021
Ils s'arrêtèrent sur le pas de la porte et regardèrent le brouillard voguer lentement au fil de l'eau. A l'arrière-plan, l'ombre massive de la digue principale éclairée par l'usine donnait à croire que l'univers s'arrêtait là. Ils s'embrassèrent au bord de cette limite plus rêvée que réelle, et le commissaire aimait qu'Angela soit capable de réveiller ce qu'il gardait pour lui, ou bien qu'il exprimait avec trop de retenue: son imagination, sa fantaisie, le geste symbolique.
La nourriture aussi lui faisait cet effet, et l'occasion de réunir avec son unique rivale était rare. Cette soirée pouvait être la bonne.
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pchionpchion   27 juin 2021
- Maintenant, tu sais pourquoi je me suis retiré ici, en dehors de tout, poursuivit gravement Nocio. Et pourquoi je me sens bien quand le fleuve grossit et qu'il me soulève avec lui. J'ai l'impression qu'il emporte toute la merde, comme la crue quand elle racle les berges et les fonds. Personne ne peut me rejoindre, je me sens inattaquable, à dix mètres au dessus de la plaine, à la hauteur du clocher, avec Verdi qui m'accompagne dans mes nuits sans sommeil.
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Videos de Valerio Varesi (7) Voir plusAjouter une vidéo
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À chaque ville italienne son auteur de polar. Parme, c'est Valerio Varesi et son commissaire Soneri dont paraît la cinquième aventure traduite en français. Écriture fluide, poétique, sens des dialogues, art de l'intrigue et charme entêtant de la mélancolie. de quoi vous donner des envies de voyage... "Or, encens et poussière" de Valerio Varesi. Traduit de l'italien par Florence Rigollet, éd. Agullo. UNE ÉMISSION ANIMÉE PAR Michel Abescat et Christine Ferniot RÉALISATION Pierrick Allain TÉLÉRAMA - JUIN 2020
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