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Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg tome 1 sur 10
EAN : 9782290349229
224 pages
J'ai lu (01/05/2005)
  Existe en édition audio
3.81/5   4749 notes
Résumé :
"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?"
Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris.
Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu: trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un joueur.
Le commissaire Adamsberg, lu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (285) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 4749 notes
Lent, négligé, fluctuant, le commissaire Adamsberg, sorte de Colombo français, a un charme qui a tout avoir avec son intelligence, moins avec sa posture. D'ailleurs son adjoint, l'inspecteur Danglard, alcoolique sage et profond, est déconcerté par le comportement de son nouveau chef et par son intuition affirmée, même s'il reconnaît l'efficacité de cette prescience qui le rend si fascinant.

Des cercles bleus, tracés à la craie sur les trottoirs parisiens, sont pris très au sérieux par le commissaire, à la surprise de son adjoint, plus circonspect devant ce qui semble être la fantaisie d'un original. Même quand le corps sans vie d'une femme est retrouvé au centre d'un de ces cercles, les deux hommes n'accordent pas leur différence de perception et de personnalité, Adamsberg comptant sur son intuition et Danglard sur son raisonnement, pour coincer l'assassin.

Des personnages attachants à la présence indéniable, une ambiance naturaliste de commissariat de quartier, une intrigue insolite et des êtres étranges, des dialogues drôles et déphasés, voilà un excellent polar cérébral qui nous égare, nous dépayse et nous fait douter de nos certitudes. Que peut-on rêver de mieux ?
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J'avais lu d'autres romans de Fred Vargas que j'ai appréciés, et je me disais qu' il fallait que je reprenne l'oeuvre de cette grande autrice de romans policiers dans l'ordre afin de mieux cerner les personnages. Après la lecture de l'homme aux cercles bleus, je me dis que j'ai bien fait de lire d'un ou deux autres titres, parce que si j'avais commencé par ce premier roman, je n'aurais sans doute pas lu les autres : que de baratin certes utile pour comprendre les personnages d'Adamsberg et de Danglard, mais surtout un ennui profond durant les deux premiers tiers du livre pour moi qui aime l'action. J'aurais pu m'arrêter avant la fin, mais cette histoire de cercles tracés un peu partout dans la capitale a malgré tout excité ma curiosité et je suis parvenue à accrocher dans les cinquante dernières pages correspondant au dénouement qui s'est bien fait attendre.


Adamsberg fait figure de anti-héros poursuivant ses idées contre vents et marées, pourvu d'un flair hors-norme… Beaucoup trop hors-norme à mon goût : il amène des déductions fort justes que la lectrice que je suis à des difficultés à comprendre parce qu'elles surviennent comme par miracle à partir d'indices inexistants, c'est à se demander si on est en présence d'un policier ou d'un voyant. Ce fait, je l'avais déjà remarqué en lisant une ou deux autres enquêtes. Cela ne m'empêchera toutefois pas de lire d'autres romans de cette autrice qui a fait ses preuves.


Donc à vous qui lisez l'homme aux cercles bleus sans connaître le reste de l'oeuvre de Fred Vargas, ne vous découragez pas si vous n'appréciez pas, l'oeuvre qui suit est riche et de bons moments de lecture vous attendent.
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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C'était mon premier Fred Vargas, je crains que ce ne soit également le dernier…
L'intrigue : la nuit dans Paris, un inconnu trace des cercles à la craie bleue, et place au centre de ceux-ci des objets abandonnés. C'est la première enquête du commissaire Adamsberg, fraîchement muté à la capitale, précédé de sa réputation. Sa méthode (ou plutôt son absence de méthode), c'est l'intuition et la réflexion (enfin…rien n'est moins sûr). Il pressent que cette histoire de cercles va dégénérer. Son adjoint, le logique et rationnel inspecteur Danglard, a bien du mal à s'habituer au personnage.
Le dénouement tombera de nulle part, en tout cas je n'ai rien vu venir. Certains crieront au génie, moi c'est le genre de fin qui m'agace, un peu comme avec Hercule Poirot qui, triomphant, découvre le coupable par la grâce d'un indice que lui seul connaît et qu'il se garde bien de révéler avant la dernière page.
Donc, un peu trop invraisemblable, cette histoire…

Les personnages : décalés, « originaux », odieux ou repoussants, chacun portant ses blessures d'amour ou d'amour-propre, presque tous « à côté de la plaque », presque tous attachants malgré tout.
Mais enfin, un peu trop improbable et excessif, ce casting…

Le style : dès les premières pages, j'ai pensé aux Maigret : c'est lent. de plus, les conversations n'ont rien de sensé et les interrogatoires ne désembrouillent apparemment pas l'énigme. Les introspections et monologues intérieurs sont répétitifs et n'apportent pas grand-chose, sauf renforcer l'idée que les personnages sont des torturés tortueux (ou l'inverse).
Bref, un peu trop confus et rébarbatif pour moi, ce polar…


PS: j'y pense: quelqu'un a compris le pourquoi du comment du refrain "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?" ?
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J'ai décidé de relire toutes les aventures d'Adamsberg. Fred Vargas ayant mis une plombe avant de nous ressortir un nouvel épisode, je voulais me replonger intégralement dans l'atmosphère et dans le caractère du célèbre flic.

Je me rends donc compte que je n'avais même pas donné mon avis sur ce premier opus.

J'aime toujours autant l'univers de Fred Vargas , ses personnages atypiques et parfois déjantés.
L'écriture est agréable un peu atypique aussi, ponctuée d'humour.
Le scénario est prenant avec une intrigue parfois un peu tordue sur la base mais qui se tient parfaitement au final.

C'est une relecture avec un réel plaisir
Et comme souvent le premier tome met en place , et je sais que les suivants ne seront que meilleur.
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Pas mal ce rapport de police de Castreau, très littéraire, un style vaguement ressemblant à celui de Fred Vargas. Elle pourrait le publier en roman.
Castreau s'est même permis de proser autour des profils psychologiques des protagonistes, même de ceux de ses supérieurs. Et je peux vous dire que ça fait bizarre de se voir décrit comme ça. On a tous l'air d'être des hallucinés complètement décalés de la vie planplan des gens normaux. Ça a failli me mettre en colère.

Je ne me suis pas présenté au fait. Je m'appelle Danglard, le principal adjoint du commissaire Adamsberg. A lire Castreau, il n'existe pas duo plus mal assorti. Nos techniques d'investigation sont aux Antipodes. J'aurais beau démonter son cerveau neurones par neurones comme un horloger, je ne comprendrai jamais comment il fonctionne, Adamsberg. Moi je suis un mariage d'Aristote et de Sherlock Holmes, mais moins doué que ses parents. Je ne me base que sur les faits et j'applique la logique cartésienne. Ça évite les erreurs judiciaires. Ok je ne suis pas 100% efficace toute la journée car je ressens l'appel de la bibine ; tout le monde a ses soucis et j'en ai plus que ma part. Mais je suis teigneux, je ne lâche rien.
Adamsberg, lui, c'est… une sorte de boîte noire incompréhensible qui se nourrit des données, laisse son cerveau travailler en arrière-plan et ressort des résultats. Tout à fait comparable aux réseaux de neurones utilisés pour le machine learning. le commissaire vous sort le meilleur résultat possible, mais quant à remonter le fil du raisonnement, tintin ! Bon sang c'est frustrant et vexant !
Et pendant ce temps, lui, il se balade, boit des cafés, interroge ici et là quand il sent « la puanteur de la malignité », dessine sur des bouts de papier posés contre son genou ou regarde dans le vague. Un zombi autiste paraîtrait plus éclairé.
Mais à la sortie : bim, bam, boum, tout est révélé. Un vrai mystère d'Éleusis.

Mais comme chez Vargas, les gens normaux n'existent pas. Tout le monde a un grain de folie dans ce rapport. On se croirait chez Jean-Pierre Jeunet. C'est plaisant, on se croirait dans un conte. Castreau (Vargas si vous préférez) s'y entend pour activer les automatismes des lecteurs et les envoyer dans le mur. Je n'aurais pas participé à l'action, j'aurais été piégé comme un bleu.
Mais CastreauVargas en fait trop sur la prose descriptive du commissaire, de Danglard, de Mathilde, de Charles. Il ajoute sans cesse des chapitres pour refaire un tour autour de leur état d'esprit. Ça finit par être lassant parce que, en attendant, l'investigation reste en rade. Ok, il faut le temps que la boîte noire du commissaire traite les données. Il faut donc des données, donc des morts.
Par rapport au seul Vargas que j'ai lu – Pars vite et reviens tard –, il manque aussi cette dimension Histoire, où les faits ne se comprennent qu'à l'aune de connaissances historiques affutées. Quand on l'attend et que ça ne vient pas, on finit triste.
Et puis CastrasVargeau ne devrait pas écrire sur les amours d'Adamsberg tout aussi issus de la quatrième dimension que le reste. Sa Camille de rêve, c'est son carburant. Sa présence expliquerait presque le fonctionnement de l'esprit du commissaire. Mais on n'a pas à le savoir. D'ailleurs Danglard n'en sait rien. Mais suis-je encore Danglard, ou suis-je à nouveau BazaR ?

Bref un polar halluciné, avec un ventre mou qui a besoin d'exercices de gainage, et un final époustouflant dont on ne comprendra jamais comment la solution est sorti de la tête d'Adamsberg.
Et je m'aperçois que ce billet est halluciné aussi. le vin de Danglard, sûrement.
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Citations et extraits (153) Voir plus Ajouter une citation
Je n’ai pas dit que ça se voyait sur le visage, j’ai dit que c’était quelque chose de monstrueux qui suppurait depuis le fond de l’être. C’est une suppuration, Danglard, et je la vois parfois suinter. Je l’ai vue se promener sur la bouche d’une jeune fille, comme j’aurais vu courir un cancrelat sur cette table. Je ne peux pas m’empêcher de le savoir, quand quelque chose ne va pas dans quelqu’un. Il peut s’agir de la jouissance du crime, mais aussi d’autres choses, de choses moins graves. Il y en a qui ne sécrètent que leur ennui, ou leur chagrin d’amour, et ça se reconnaît aussi, Danglard, ça se respire, si c’est l’un ou si c’est l’autre. Mais quand c’est l’autre chose, vous savez, cette chose du crime, alors, je crois que je le sais aussi.
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Mathilde sortit son agenda et nota: « Le type qui est assis à ma gauche se fout de ma gueule. »
Elle but une gorgée de bière et jeta un nouveau coup d'œil à son voisin, un type immense qui pianotait sur la table depuis dix minutes.
Elle ajouta sur son agenda: « Il s'est assis trop près de moi, comme si l'on se connaissait alors que je ne l'ai jamais vu. Certaine que je ne l'ai jamais vu. On ne peut pas raconter grand-chose d'autre sur ce type qui a des lunettes noires. Je suis à la terrasse du Café Saint-Jacques et j'ai commandé un demi-pression. Je le bois. Je me concentre bien sur cette bière. Je ne vois rien de mieux à faire.»
Le voisin de Mathilde continuait à pianoter.
- Il se passe quelque chose? demanda-t-elle.
Mathilde avait la voix grave et très ébréchée.
L'homme jugea que c'était une femme, et qu'elle fumait autant qu'elle le pouvait.
- Rien. Pourquoi? demanda l'homme.
Je crois que ça m'énerve de vous voir tambouriner sur la table. Tout me crispe aujourd'hui.
Mathilde termina sa bière. C'était fade, typique d'un dimanche. Mathilde avait l'impression de souffrir plus que d'autres de ce mal assez commun qu'elle appelait le mal du septième jour.
- Vous avez environ cinquante ans, je suppose?
demanda l'homme, sans s'écarter d'elle.
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Quand on regarde de l'eau dans un seau, dit Adamsberg, on voit le fond. On met le bras dedans, on touche quelque chose. Même dans un tonneau, on y arrive. Dans un puits, rien à faire. Même lancer des petits cailloux dedans pour essayer de se rendre compte, ça ne sert à rien. Le drame, c'est qu'on essaye quand même. L'homme, il faut toujours qu'il se " rende compte" C'est ça qui ne lui vaut que des emmerdements. Vous ne vous imaginez pas le nombre immense de petits cailloux qui sont au fond du puits. Ce n'est pas pour écouter le bruit que ça fait quand ça tombe dans l'eau que les gens les lancent, non. C'est pour se rendre compte. Mais le puits, c'est un truc terrible. Une fois que ceux qui l'ont construit sont morts, plus personne ne peut en savoir quelque chose. Il nous échappe, il nous nargue du fond de son ventre inconnu plein de flotte cylindrique. Voilà ce que fait le puits, à mon idée. Mais combien de flotte ? Jusqu'où la flotte ? Il faudrait se pencher, se pencher pour savoir, jeter des cordes.
- Un truc à se noyer, dit Castreau.
- Évidemment.
- Mais je ne vois pas le rapport avec le meurtre, dit Castreau.
- Je n'ai pas dit qu'il y en avait un, dit Adamsberg
- Alors pourquoi vous racontez l'histoire du puits ?
- Pourquoi pas, on ne peut pas toujours parler pour être utile...
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Oui mais quoi ? dit-elle tout haut en se levant d'un bloc. Écrire quoi ?
Pour quoi faire écrire ?
Pour raconter de la vie, se répondit-elle.
Foutaises ! Au moins sur les pectorales, on a quelque chose à raconter que personne ne sait.
Mais le reste ? Pour quoi faire, écrire ? Pour séduire ? C'est ça ?
Pour séduire les inconnus, comme si les connus ne te suffisaient pas ?
Pour t'imaginer rassembler la quintessence du monde en quelques pages ?
Quelle quintessence à la fin ? Quelle émotion du monde ? Quoi dire ?
Même l'histoire de la vieille musaraigne n'est pas intéressante à dire.
Écrire, c'est rater....
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On naît et on crève, et au milieu on s'échine à perdre notre temps en faisant semblant de le gagner...
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Vidéo de Fred Vargas
C'est sans aucun doute l'évènement littéraire de ce mois de mai. Fred Vargas a dévoilé le 17 mai dernier son nouveau roman, “Sur la dalle” aux éditions Flammarion. La reine du polar est enfin de retour après 6 ans d'absence et le succès de "Quand sort la recluse". Augustin Trapenard est donc allé à sa rencontre pour évoquer ce nouveau polar, très attendu de la part de ses fidèles lectures.  Pour cette nouvelle histoire, le décor est planté en Bretagne, terre des dolmens et De Chateaubriand et l'auteure fait appel à son personnage fétiche, le commissaire Adamsberg.
Un flic lunaire qui a une méthode bien à lui, mais qui fonctionne, pour résoudre toutes les enquêtes et les meurtres les plus sordides. Dans “Sur la dalle”, Adamsberg épaule le commissaire breton Franck Matthieu pour stopper un tueur en série qui suit les traces d'un mystérieux fantôme qui fait renaître d'étranges légendes locales autour de Combourg, lieu de vie De Chateaubriand. Pour ce faire, il va employer ses propres méthodes, ne mettant pas de côté ses séances de médiation sur la fameuse “dalle”.
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