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ISBN : 2070132897
Éditeur : Gallimard (01/10/2011)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 206 notes)
Résumé :
Le thème central de ce roman, conduit au rythme haletant des expéditions et des rencontres du protagoniste, est la dénonciation de la monstrueuse exploitation de l’homme par l’homme dans les forêts du Congo, alors propriété privée du roi Léopold II de Belgique, et dans l’Amazonie péruvienne, chasse gardée des comptoirs britanniques jusqu’au début du XXe siècle.
Personnage controversé, intransigeant, peu commode, auteur d’un célèbre rapport sur l’Afrique qui ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
andman
  07 septembre 2013
L'histoire des peuples a toujours progressé sous l'impulsion de femmes et d'hommes aux idéaux précurseurs, des combattants de la première heure au destin parfois tragique. Roger Casement fait partie de ceux-là.
Il est rare qu'un civil puisse mener des combats contre l'impérialisme destructeur dans des endroits aussi éloignés les uns des autres, tels Boma situé dans le Bas-Congo, Iquitos au fin fonds de l'Amazonie péruvienne, Dublin en Irlande.
Seul peut-être l'empire britannique, à l'apogée de l'ère victorienne, pouvait offrir à un de ses sujets un champ d'action aussi vaste.
« le rêve du Celte » est un roman biographique retraçant la vie de Roger Casement, écrit par Mario Vargas Llosa en 2010 l'année même où il a été récompensé du Prix Nobel de littérature.
L'écrivain péruvien choisit d'emblée de présenter Roger alors qu'il se trouve incarcéré en 1916 à Pentoville près de Londres. Il vient d'être condamné à mort pour haute trahison suite à un trafic d'armes en provenance d'Allemagne et destinées aux nationalistes irlandais de l'IRB. le gouvernement anglais doit se prononcer incessamment sur son recours en grâce.
En cellule individuelle, Roger se remémore les faits marquants de sa vie, ainsi le roman est-il découpé en trois grandes parties :
• Congo :
Roger est un idéaliste qui veut le bonheur des Africains. Il n'a pas une mentalité de colonisateur mais d'aventurier.
Il a vingt ans en 1884 et fait partie d'une expédition au Congo emmenée par le célèbre aventurier en terre africaine : Henry Morton Stanley.
Mais au fil des ans les désillusions s'accumulent. Les actes de barbarie perpétrés à l'encontre des indigènes par les colons, conduisent Roger à rédiger un Rapport qui fait grand bruit dans l'opinion anglaise.
.
• Amazonie :
Diplomate au Foreign Office, Roger accompagne une commission d'enquête péruvienne sur des crimes commis dans des plantations d'hévéas au Putumayo, région où opère une compagnie anglaise cotée à la bourse de Londres : la Peruvian Amazon Company.
Son livre bleu sur le Putumayo, publié en 1912, a un retentissement international. Roger y dénonce les atrocités de cette compagnie britannique pratiquant l'esclavage et la torture et exterminant les peuples indigènes.
• Irlande :
Contrairement à ses réussites diplomatiques dans la défense des opprimés, l'activisme clandestin de Roger pour la cause irlandaise semble empreint d'amateurisme voire de naïveté comme si le patriotisme aveuglait la lucidité. Les Services secrets anglais surveillaient depuis des années ses moindres faits et gestes et son arrestation en avril 1916, peu de temps avant l'insurrection irlandaise de Pâques, n'est pas le fruit du hasard.
Isolé du monde, Roger frissonne et pense aux femmes qui ont marqué sa vie :
• Sa mère qui le couvrait de baisers et de caresses lui le petit dernier de la famille. Une femme svelte qui semblait flotter plutôt que marcher et qui est morte alors qu'il avait neuf ans.
• Sa cousine préférée Gee dont les parents ont recueilli sa fratrie au décès de son père ; Roger avait onze ans.
• L'historienne irlandaise Alice Stopford Green qui lui a fait découvrir l'Irlande. C'est chez elle qu'il a rencontré des intellectuels, des artistes, des politiques, tous ardents défenseurs de la cause irlandaise.
Un jour Alice l'avait surnommé : « le Celte ».
Oui, les femmes appréciaient beaucoup la compagnie de cet homme sensible et généreux, au regard attiré par les corps musclés des garçons de Boma, d'Iquitos ou d'ailleurs…
L'incroyable activisme de Roger Casement et la fluidité du style de Mario Vargas Llosa font que le romanesque prime sur la biographie. Pourtant l'auteur ne donne jamais l'impression d'embellir le parcours de vie de cet homme courageux et les traits moins avenants de son caractère ne sont pas occultés.
« le rêve du Celte » est un livre instructif sur les dérives épouvantables du colonialisme.
Il donne l'opportunité de découvrir un des premiers réveilleurs de consciences du siècle dernier, Sir Roger Casement, un aventurier profondément dévoué à la défense des causes humanitaires, un homme à la personnalité complexe mais néanmoins attachante.
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palamede
  06 août 2014
C'est après une expédition avec Stanley dans des forêts d'hévéas congolaises, propriété personnelle du roi de Belgique, que Roger Casement consul anglais d'origine irlandaise va dénoncer la barbarie des hommes de Léopold II. Par la suite, diligenté par le gouvernement britannique en Amazonie péruvienne, chasse gardée des comptoirs anglais qui extraient aussi le caoutchouc, il fait le même constat : les sociétés exploitantes se comportent vis-à-vis de la population avec la même sauvagerie que les Belges au Congo.
De retour en Irlande, Roger Casement, qui est né à Dublin, mais dont le berceau familial paternel est en Ulster, réalise que son pays est colonisé par les Britanniques. Cette prise de conscience le rallie à la cause des nationalistes irlandais. Malheureusement, son engagement pour libérer L'Irlande le conduit, pendant la Première Guerre mondiale, à chercher l'aide de l'Allemagne. Et malgré l'intervention de nombreuses personnalités, il est pendu pour haute trahison.
Le combat de Roger Casement, pour alerter sur les exactions perpétrées par les colons européens en Afrique et en Amazonie, était un combat juste. Mais idéaliste, naïf, homosexuel, anticolonialiste, Roger Casement avait une personnalité qui dérangeait, ce qui explique peut-être que ses amis n'ont pu le sauver. Ce livre, qui témoigne de son destin extraordinaire, écrit avec le talent et la sensibilité du péruvien Mario Vargas Llosa, est passionnant et essentiel pour appréhender les méfaits de la colonisation.
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Tempuslegendae
  08 mars 2014
« J'ai pu consacrer une bonne part de mon temps à cette passion, ce vice et cette merveille : écrire, créer une vie parallèle où nous réfugier contre l'adversité, et qui rend naturel l'extraordinaire, extraordinaire le naturel, dissipe le chaos, embellit la laideur, éternise l'instant et fait de la mort un spectacle passager. »
Quel lyrisme. Une immense beauté se dégage du texte «Le Rêve du Celte» de Mario Vargas Llosa.
Serai-je à la hauteur pour chroniquer une telle oeuvre?
D'abord, quel est ce Celte dont-on parle? Il s'agit de Roger Casement, mort en 1916 à l'âge de 52 ans, héros et martyr de la lutte pour l'indépendance irlandaise, mais aussi grand contemplateur du colonialisme. C'est au Congo belge qu'il fait connaissance avec l'abjection et la cupidité du fait colonial. Quelques années plus tard, il en observera à nouveau les mauvaises ondes dans l'Amazonie péruvienne. Vargas Llosa, lui, n'a pas découvert Casement au hasard des forêts vierges de son pays, mais bien dans les pages de Conrad, qui fut son ami.
Ce roman n'a eu nul besoin d'être encensé par la critique journalistique puisqu'un prix Nobel de littérature lui fut décerné en 2010. Avec cette fresque politique et romanesque dans la lignée des quelques autres publiées simultanément, Vargas Llosa a livré ici le meilleur de lui-même. Il est permis de lire l'ouvrage comme un vrai récit historique et d'aventure, mais surtout comme la confession, à travers son héros, des tourments du romancier.
Casement est une figure paradigmatique de traître. Homme de parjure, notamment à ses engagements de jeunesse, il a beaucoup été reproché à Vargas Llosa de l'être. Avec ce roman, magistral, dense, la parole est à la défense. «Si je m'identifie à Casement, c'est, à contrario, à sa cohérence. Un bon roman dit toujours la vérité.»
Il dit aussi, dans un art poétique qui lui sied à merveille, «l'évènement le plus important de ma vie, ce fut d'apprendre à lire, je n'en suis pas revenu… le deuxième ce fut la lecture de Flaubert.» C'est très fort, ces quelques lignes m'ont bouleversé. Ầ noter que Flaubert fut l'objet de passionnants échanges entre lui et son ami François-Régis Bastide à Biarritz.
Un auteur talentueux. Un parcours atypique. Mais tout ceci ne lui était-il pas prédestiné? Souvenons-nous de ce qu'il disait déjà à Lima: «Paris, c'est indispensable pour moi pour devenir écrivain.» Et, il y est arrivé, quatre ans après, ayant remporté au préalable un concours d'écriture de contes dont le premier prix était un séjour dans notre capitale. Ironie du sort. Il n'en partira que sept ans plus tard avec un bagage bien plus lourd que son billet aller, une récompense convoitée par tant d'écrivains du monde: le prix Nobel.
Mais, oublions ceci, retenons simplement que ce livre est un joyau. Je vous le conseille!
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tynn
  25 juin 2013
Dans les pas de Roger Casement (1864-1916), aventurier irlandais pugnace, ce livre fort documenté, est une descente aux enfers dans les pratiques de barbarie envers les populations indigènes au tournant du 20eme siècle.
Mario Vargas Lllosa réinvente avec talent la face intime de R. Casement, diplomate britannique anobli, et humaniste controversé, et nous accompagne dans un décryptage historique, depuis l'atroce colonisation belge de Léopold II au Congo, jusqu'aux exactions esclavagistes des grandes compagnies commerciales du caoutchouc en Afrique et en Amazonie.
J'ai suivi avec grand intérêt le parcours d'un homme complexe et passionné, entre illusions de jeunesse et désenchantements, précurseur de la notion d'assistance humanitaire, témoin sans concession, et "poil à gratter" d'un système colonial avide de richesses, de pouvoir et de cruautés.
Son combat contre la colonisation le conduira à s'engager dans le refus de domination britannique sur son propre pays, l'Irlande, lui faisant faire un choix discutable, en se tournant vers l'Allemagne du Kaiser en pleine première guerre mondiale, et le conduisant à être jugé pour haute trahison.
Livre passionnant du début à la fin, d'un parcours individuel dans un contexte historique, porté par l'écriture fluide de Mario Vargas Llosa qui est un régal, comme toujours!
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ivredelivres
  05 décembre 2011
Mon intérêt pour Roger Casement remonte à bien des années, au détour d'une émission de radio j'ai entendu parler de cet homme, de sa lutte au Congo contre les abus de la colonisation mais je n'avais jamais rien lu à son propos.

A la parution du roman biographique de Mario Vargas Llosa c'était pour moi une évidence et un désir fort de lire ce livre, de retrouver la personne de Roger Casement et son destin tout à fait extraordinaire.
Cette biographie romancée commence dans les geôles anglaises à l'heure ou Roger Casement attend son recours en grâce après une condamnation à mort pour trahison.

Enfant de Dublin, il est marqué par la religion et l'aventure, protestant par l'éducation mais catholique par sa mère, il écoute avec passion les récits de son père qui a passé plusieurs années à combattre en Inde et en Afghanistan.
Il rêve enfant « l'Afrique, un continent dont la seule mention emplissait sa tête de forêts, de fauves, d'aventures et d'hommes intrépides ». Ses héros sont Stanley et Livingstone.
A vingt ans il s'embarque avec un âme de croisé, il va participer « à l'émancipation des africains et en finir avec leur retard, leurs maladies et leur ignorance » et quand il est retenu pour participer à une expédition au Congo avec Henry Morton Stanley, il touche au paradis...Il est aisé de comprendre pourquoi il deviendra ami avec Joseph Conrad.
Très vite il a des doutes sur la colonisation, il a du mal a accepter ce qu'il voit, le mépris, les droits bafoués, son héros est un coquin dénué de scrupules, on pille, on fusille, chicotte (fouet en peau d'hippopotame) dans une main l'évangile dans l'autre !
Les africains esclaves construisent des routes pour acheminer la sève d'hévéa, l'or noir. La situation va s'aggraver quand le roi Léopold II devient « propriétaire » du Congo et construit une fortune colossale en pillant le pays et décimant la population.
Le chemin est long entre le jeune idéaliste de 20 ans et le Consul de sa majesté envoyé au Congo en 1903 pour faire un rapport qui portera son nom. le gouvernement britannique s'inquiète des dénonciations faites par des associations, des missions, des églises quant aux conditions d'extraction du caoutchouc. C'est en homme intègre et déchiré qui va établir son rapport, il note tout, interroge tout le monde, promet protection aux africains qui acceptent de témoigner. le constat est effrayant « Des bourgs décimés, des chefs de tribu décapités, leurs femmes et leurs enfants fusillés. » Les raids sur les villages pour trouver de la main d'oeuvre, les corps mutilés par la chicotte, les mains coupées, les viols.
Son rapport au Foreign Office eu un retentissement important « La presse, les églises, les secteurs les plus avancés de la société anglaise » sont horrifiés par les révélations du rapport et le roi Léopold sera contraint de « faire don » du Congo à son pays.
C'est son intransigeance, son intégrité qui vont le mener sur un deuxième terrain d'observation au chez les indiens du Putumayo, cet épisode est nettement moins connu que son action en Afrique, là les intérêts et la responsabilité de la Grande-Bretagne sont patents, la Peruvian Amazon Company appartient à un Péruvien mais elle est côtée à la Bourse de Londres et de nombreux hommes d'affaire britanniques y ont des intérêts. Cruauté,exactions, esclavage des indiens, le tableau est identique, l'Amazonie présente un tableau similaire et Roger Casement parfois au péril de sa vie, va accomplir ici aussi son devoir : dénoncer et combattre cette barbarie au service des intérêts financiers de son pays.
Comment un homme de cette envergure, reconnu, admiré, devenu Sir Casement, peut finir dans une prison anglaise ? Je vous laisse découvrir la dernière partie de la vie de Roger Casement, son combat pour une Irlande libre qui va le porter vers des solutions extrêmes. Va être portée à la connaissance du public son penchant pour les jeunes garçons et livrer ainsi à l'opprobre et à l'oubli ce défenseur des droits de l'homme.
C'est un livre magnifique que je vous invite à ajouter à votre bibliothèque, le style ample de Mario Vargas Llosa est à la hauteur du personnage. le talent de conteur sert magnifiquement le combat de Roger Casement sans cacher ses faiblesses. La construction est certes classique mais le style est flamboyant, l'Afrique et l'Amazonie sont restituées de très belle façon grâce au souffle romanesque de Vargas Llosa.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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critiques presse (6)
Lexpress   05 juillet 2013
Né à Dublin en 1864, Roger Casement est un personnage tellement romanesque que Mario Vargas Llosa s'en est emparé pour composer cette remarquable fresque historique. [...] Ce roman jette sur son destin une lumière de plus en plus tragique. Eloge d'une âme indomptable.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   09 décembre 2011
Roger Casement, ange ou démon ? Ange et démon ? C'est ce que tente de démêler, dans cette épopée haletante, le merveilleux conteur qu'est Vargas Llosa. Il note que, une fois pendu, Casement sera enterré sans pierre tombale à côté d'un assassin... "Puis complètement oublié."
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   14 novembre 2011
Vargas Llosa a choisi un point d’ancrage : la cellule où Casement attend de savoir s’il sera gracié ou exécuté. Cela lui laisse le temps de méditer sur une vie qui se déploie autour de quelques principes et de quelques erreurs. Le romancier péruvien, Prix Nobel 2010, en profite pour saisir l’homme dans ses errements. Sans révolutionner l’art de la fiction, mais en lui donnant un souffle impressionnant.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   25 octobre 2011
Mario Vargas Llosa signe un roman magistral et exhume une figure controversée, Casement. Un ardent anticolonialiste et Irlandais nationaliste.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   10 octobre 2011
Le maître péruvien publie un roman historique sur fond d'indépendance irlandaise. Le clou d'un festival de parutions en l'honneur du Nobel 2010.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   07 octobre 2011
Eminent conteur, Mario Vargas Llosa reconstitue avec brio et force détails le destin hors norme de Roger Casement, cet anticolonialiste et indépendantiste irlandais méconnu.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   04 septembre 2013
Sa seule présence chez les membres de la Force publique produisait un effet d’intimidation : les yeux des Noirs, Négresses et Négrillons s’agrandissaient quand ils la reconnaissaient, le blanc, dans leur visage d’encre ou bleuté, étincelait d’effroi à imaginer qu’à la moindre erreur ou faute, au moindre faux pas, la chicotte cinglerait l’air de son sifflement caractéristique et tomberait sur leurs jambes, leurs fesses et leur dos, en les faisant hurler.
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andmanandman   03 septembre 2013
Je suis au bord de la folie. Un être humain normal ne peut plonger tant de mois dans cet enfer sans y laisser sa santé, sans succomber à un dérangement mental. Certaines nuits, dans mes insomnies, je sens que c’est mon cas. Quelque chose se désagrège dans mon cerveau. Je vis dans une angoisse constante. Si je continue à me frotter à ce qui se passe ici, je finirai moi aussi par administrer des coups de chicotte, par couper des mains, et assassiner des Congolais du matin au soir sans le moindre état d’âme, ni en avoir l’appétit coupé. Parce que c’est ce qui arrive aux Européens dans ce maudit pays.
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bacoltranebacoltrane   25 février 2013
La majeure partie de cette armée était commandée par des officiers belges, mais ses rangs, surtout aux postes de commandement de la milice, avaient été infiltrés par des gens de la pire espèce, des truands, d’anciens forçats, des aventuriers assoiffés de fortune sortis des égouts et des quartiers mal famés de presque toute l’Europe. La Force publique s’enkysta, comme un parasite dans un organe vivant, dans de fouillis de hameaux disséminés dans une région de la taille d’une Europe qui irait de l’Espagne aux frontières avec la Russie, pour être entretenue par cette communauté africaine qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, si ce n’est que l’invasion qui fondait sur elle était un fléau plus ravageur que les chasseurs d’esclaves, les sauterelles, les fourmis rouges et les sortilèges qui donnaient le sommeil de la mort. Parce que soldats et miliciens de la Force publique étaient avides, brutaux et insatiables s’agissant de nourriture, de boisson, de femmes, d’animaux, de peaux, d’ivoire et, en somme, de tout ce qui pouvait être volé, mangé, bu, vendu ou forniqué. (p 59)

- S’il en est ainsi, vous pourriez faire quelque chose pour mettre fin à ces crimes, murmura Roger Casement. Ce n’est pas pour ça que nous sommes venus en Afrique, nous Européens.
- Ah, non ? – Le capitaine Junieux se retourna pour le regarder et le consul remarqua que l’officier avait légèrement pâli. – Nous sommes venus pour quoi faire, alors ? Je sais : pour apporter la civilisation, le christianisme et le libre commerce. Vous croyez encore à ça, monsieur Casement ? (p 118)

Avant d’autoriser son enterrement, le praticien, sur ordre des autorités britanniques qui désiraient avoir une certitude scientifique quant aux « tendances perverses » du supplicié, procéda, en enfilant des gants de caoutchouc, à l’exploration de l’anus et du rectum. Il constata que, « à simple vue », l’anus présentait une claire dilatation, de même que « la partie inférieure de l’intestin, jusqu’où pouvaient aller les doigts de ma main ». le médecin conclut que cette exploration confirmait « les pratiques auxquelles s’adonnait apparemment le supplicié ». (p 516)

Et pages 109 et 126
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andmanandman   13 septembre 2013
« Trois amants en une nuit, dont deux marins. Ils me l’ont fait six fois ! Arrivé à l’hôtel en marchant les jambes écartées comme une parturiente. » Au milieu de sa mauvaise humeur, l’énormité de ce qu’il venait d’écrire lui flanqua le fou rire. Lui, si policé, si délicat dans son vocabulaire avec les gens, il éprouvait toujours, dans l’intimité de son journal, un besoin invincible d’écrire des obscénités. Pour des raisons qu’il ne comprenait pas, la coprolalie lui faisait du bien.
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AelaAela   28 octobre 2011
Etait-il possible que dans l’Irlande future l’anglais puisse reculer et, grâce à l’école, à la presse, aux sermons des curés et aux discours des politiques, soit remplacé par la langue des Celtes ? En public, Roger disait que oui, que c’était non seulement possible, mais également nécessaire, pour que l’Irlande récupère sa personnalité authentique.
Ce serait un processus lent, sur plusieurs générations, mais inévitable, car ce n’est que lorsque le gaélique serait redevenu la langue nationale que l’Irlande serait libre.
Mais la réalité avait trop avancé dans une direction pour pouvoir reculer.
L’anglais était devenu la langue de la communication, de la conversation, de l’existence et des sentiments d’une large majorité des Irlandais, et vouloir y renoncer était un caprice politique qui ne pouvait déboucher que dans une confusion babélique et convertir son Irlande bien-aimée en une curiosité archéologique, coupée du reste du monde.
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