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Albert Bensoussan (Traducteur)
ISBN : 207040336X
Éditeur : Gallimard (04/11/1997)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Sur le front déchiqueté des Andes nous retrouvons le personnage de Lituma, échappé de La Chunga et de Qui a tué Palomino Molero ? , sous-officier rétrogradé et grelottant de froid.
Ou de peur. La menace de la guérilla du Sentier lumineux est ici permanente : un couple de professeurs français sur le chemin de Cuzco est sauvagement assassiné. Trois disparitions successives accentuent l'angoisse et l'effroi qui autorisent toutes les hypothèses. Sur fond d'enquêt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  26 octobre 2013
Affectation punitive en cordillère des Andes.
Le brigadier Lituma ( déjà rencontré dans "Qui a tué Palomino Morelo) se retrouve muté dans un bled perdu de l'arrière pays péruvien, au milieu de péons loqueteux, muets et superstitieux, passant leurs nuits dans des bars de beuveries et de débauche, sur le chantier d'une improbable route en construction.
La nature est magnifique mais implacable et oppressante. Les journées sont "fournaise" et les nuits polaires.
Le poste de police est une masure et ses occupants y vivent comme des moines, avec le seul dérivatif de leurs confidences d'histoires d'amour passées.
Un séjour de rêve pour le policier et son jeune adjoint dans l'enquête de trois disparitions inexpliquées. Entre la terreur de la guérilla du Sentier Lumineux, les croyances d'un autre âge des indiens et la misère totale imposée à la garde civile, l'affaire s'annonce complexe.
Avec son style virevoltant, Mario Vargas Llosa est un guide touristique bouffon et truculent pour nous entrainer sur les chemins caillouteux des Andes, pays des extrêmes et de croyances de civilisations perdues.

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Herve-Lionel
  14 avril 2014
N°466 - Octobre 2010
Lituma dans les AndesMario Vargas Llosa*
(traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan)
Lituma est un simple brigadier. En compagnie de son adjoint, le truculent garde civil Tomasino Carreňo, ce gradé grelotte de froid dans ce coin des Andes, lui, l'homme du littoral, mais peut-être bien aussi de trouille puisque les terroristes du Sentier Lumineux rodent et que les disparitions mystérieuses se multiplient comme celle de ce couple de touristes français qui se rendait à Cuzco en autocar ou celle de Mme d'Harcourt, cette scientifique écologiste. Ils exécutent les policiers, les cadres des mines ainsi que les étrangers et enrôlent de force les mineurs ou les « peones » dans leur milice. Les meurtres qu'ils perpétuent tiennent davantage du sacrifice humain rituel que de l'assassinat politique au nom du peuple qu'ils disent défendre. Cela procède probablement du mystère du Pérou qui est assez bien résumé par la remarque d'un personnage américain de ce roman :« C'est un pays que personne ne peut comprendre, fit Scarlatine en riant, et rien n'est plus attirant que l'indéchiffrable, pour des gens qui viennent de pays aussi clairs et transparents que le mien ».
Ces deux militaires sont contraints de cohabiter dans ce poste de police perdu dans la montagne au-dessus de Naccos. C'est une pauvre bourgade entre la « puna » de la Cordillère et la « selva » des basses terres, une ancienne ville minière où la seule distraction pour les « peones » qui construisent une route qui ne sera jamais terminée est le bar où ils se saoulent avec une grande régularité. Il est tenu par un couple énigmatique et un peu louche, Dionisio, tenancier bachique et sa femme Adriana, sorcière au passé un peu flou, au présent plus que douteux aussi, à la fois sorcière et habile intrigante. Leurs prénoms à eux seuls évoquent des personnages antiques, Dionysos et Ariane dont ils sont par certains côtés la réincarnation. Ils sont les véritables maîtres de Naccos ! Ils ont ensemble une histoire compliquée que le narrateur de cette histoire rocambolesque livre peu à peu au lecteur.

Lituma va donc devoir résoudre un de ces meurtres qui s'est produit dans sa juridiction, mais, cette fois, celui-là a été perpétré par les « peones » et non par les terroristes, sur la personne de Pedrito Tinoco, un pauvre muet, sorte d'idiot du village qui leur rendait de menus services au poste. Sa tâche ne sera pas facile parce qu'il doit enquêter sur fond de violence quotidienne, mais aussi dans la crainte des milices terroristes qui peuvent intervenir à tout instant et anéantir ces deux militaires, sans ignorer les croyances populaires héritées des Incas, les rites magiques d'un autre âge pleins de charlatanismes et de superstitions, la présence des « amarus », les « apus » esprits des montagnes qui inspirent à chacun la crainte et surtout les « pishtacos », sorte de personnages mystérieux mais apparemment bien réels qui vident ceux qu'ils rencontrent de leur substance, de leur graisse et dont les victimes finissent par mourir. Les tremblements de terre et autres catastrophes naturelles leur sont systématiquement attribué. Lituma échappera à l'une d'elles, par l'entremise probable de ces divinités, faisant de lui un homme que cette montagne accepte comme l'un des siens !
Et tout cela dans le contexte d'une histoire d'amour passionnée et un peu compliquée entre Mercedes qui fut jadis vendue comme une vulgaire marchandise et Tomasino. Après moult péripéties, elle reviendra vers lui, faisant le choix de cet homme que tout cependant éloignait d'elle. Lutima, de son côté, a avec les femmes, des relations qui tiennent du fantasmes et de l'éternelle attente, comme une recherche de la compagne idéale ! Il verra son avenir professionnel prendre un tour enfin favorable.
Ce roman un peu policier se déroule dans le décor grandiose, dépaysant et dépouillé de cette Cordillère mystérieuse et envoûtante.
Ce n'est pas le premier roman de Llosa que je lis. J'avais déjà apprécié « L'éloge de la marâtre » (la Feuille Volante n° 279) qui se situe pourtant dans un tout autre registre. Comme souvent chez les écrivains sud-américains, j'ai retrouvé cet art du conteur que j'attends toujours de la part d'un romancier.
*Prix Nobel de littérature 2010].
Hervé GAUTIER – Octobre 2010.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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tristantristan
  28 mai 2018
Après la lecture de " La ville et les chiens" dont la lecture m' avait ennuyé, il ne me semblait plus plausible de prendre un nouveau Vargas Llosa. Pourtant, ayant eu à ma main Lituma dans les Andes en espagnol, j' ai retente l' expérience. Les mots sont recherchés mais le style est froid. La narration glacée. On pourrait même dire sans ame. La polyphonie est un artifice mineur, le sexe et les grossièretes de langage et de situations n' ont même pas la justification de produire de l' humour.
Je n' oublie pas qu'il il s' agit d' un prix Nobel mais pour moi cet auteur n'est pas intéressant.
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lacazavent
  26 mai 2016
Dans ce roman, nous retrouvons Lituma le héros de « Qui a tué Palomino Molero ? », pour avoir mis son nez là où il n'aurais pas dû, rétrogradé et muté dans un avant poste des Andes. La région, ses habitants vivent sous la menace permanente de la guérilla du Sentier Lumineux et a plus forte raison, Lituma et son adjoint représentant (agent pour d'autres) du gouvernement.
Bien plus que dans l' ouvrage précédemment cité, l' enquête n'est pas ici la finalité du récit. Mario Vargas Llosa l' utilise comme fond et prétexte pour nous décrire une région reculée où des croyances datant d'avant la conquête espagnole se mêlent à des rites chrétiens. Une région extrêmement pauvre, où se côtoie, groupe révolutionnaire d'inspiration marxiste, paysan, ouvrier, mineur
Pauvre, certes mais au sous-sol riche en minerai.
Un très beau récit mais certainement plus difficile d'accès que « Qui a tué Palomino Molero ? », son écriture nous égare parfois certains passages en deviennent mystérieux. Et pourtant, il se dégage de ce livre une intensité omniprésente, le contexte nous est présenté sans concessions avec beaucoup de lucidité tout comme les personnages dont les portraits ont été formidablement soignés de Lituma personnage principal à son adjoint jusqu' aux personnages les plus secondaires .
C'est une lecture que j' ai pour ma part, particulièrement apprécié, par contre je ne suis pas tout à fait sûr que ce livre conviennent pour une première découverte de l' oeuvre de Mario Vargas Llosa à moins d' être intéressé par l' Amérique Latine contemporaine, ses croyances, ses difficultés etc et surtout de ne pas avoir peur et d'accepter par avance les errances de l' auteur.
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keisha
  15 février 2012
Voici à nouveau Lituma, brigadier à Naccos, un coin paumé des Andes, dont la mine a été abandonnée, mais où une route est en construction. Une cabane-bureau abritant Lituma et son adjoint Carreno, des baraquements pour les péons et un bar tenu par Dionisio et Adriana, voilà Naccos. Trois hommes ont mystérieusement disparu, mais les témoins sont rares, les bouches fermées.

"C'est vrai qu'il faut avoir bien peu de jugeote pour se faire garde civil, murmura Lituma. Un salaire de misère, personne ne peut te blairer, et tu es aux premières loges pour sauter à la dynamite."

L'époque est celle où sévit la guérilla du Sentier lumineux, où seuls les très pauvres échappent à la mort, lors d'embuscades sur les routes ou descentes dans les villages...

La nature n'est pas en reste, journées chaudes, nuits glaciales, et menace du huayco, lorsque boues et roches dévalent les pentes...

D'anciennes croyances ne sont pas abandonnées, rodent les amarus, mukis, pishtacos, volent les condors... Heureusement le pisco permet de s'enivrer et supporter la peur.

Les amours tragi-comiques de Carreno apportent un brin de détente dans cette ambiance bien noire.

Mon avis : je suis ferrée! Quel roman! Une plongée dans ce Pérou montagnard, des passages cruels, tragiques, envoûtants, drôles, le mélange parfaitement maîtrisé du présent et du passé dans la narration, particulièrement celle de Carrenos. A lire absolument.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
zhivagozhivago   17 décembre 2011
Il faut avoir des dispositions et perdre son orgueil, sa honte, descendre du piédestal où les gens sont juchés. Celui qui ne met pas en sommeil sa pensée, celui qui ne s'oublie pas lui-même, ni ne se libère des vanités et des orgueils, ni ne devient musique quand il chante, danse quand il danse, saoulerie quand il se saoule, celui-là ne sort pas de sa prison, ne voyage pas, ne perd pas la boule, n'accède pas à l'esprit. Il ne vit pas : il est décadence et mort-vivant.
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tristantristantristantristan   28 mai 2018
Le Pérou ! Ahí estaba: inmenso, misterioso, verdegris, pobrísimo, riquísimo, antiguo, hermético. Era este paisaje lunar y las caras cobrizas, desabridas de las mujeres y hombres que los rodeaban. Impenetrables, la verdad.

Le Perou! Il était là : immense, mystérieux, vert de gris, très pauvre, très riche, ancien, hermétique. C' était ce paysage lunaire et les visages cuivrés, maussades des femmes et des hommes qui les entouraient. Impenetrables, á dire vrai.
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Herve-LionelHerve-Lionel   14 avril 2014
C'est un pays que personne ne peut comprendre, fit Scarlatine en riant, et rien n'est plus attirant que l'indéchiffrable, pour des gens qui viennent de pays aussi clairs et transparents que le mien
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   13 septembre 2010
Ouvrant ses narines, il aspira cette fragrance d'eau, de terre et de racines qui, après un orage, semblait dédommager le monde, apaiser ceux qui avaient eu peur, sous les trombes et le tonnerre, que la vie s'achevât sur un cataclysme. (p57)
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JacobBenayouneJacobBenayoune   29 décembre 2013
Le jour se levait rapidement sur le plateau et l’on distinguait très nettement les corps, les profils. Ils étaient jeunes, adolescents, l’air pauvre, et quelques uns semblaient des enfants. Outre les fusils, les revolvers, les machettes et les bâtons, beaucoup tenaient des gros cailloux dans leurs mains. Le petit bonhomme au chapeau, tombé à genoux et les deux doigts en croix, jurait, en levant les yeux au ciel. Jusqu’à ce que le cercle se refermât sur lui, le cachant à leur vue. Ils l’entendirent crier, supplier. Se poussant, s’excitant, rivalisant les uns les autres, les pierres et les mains s’abattaient, se relevaient, s’abattaient, se relevaient.
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