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Critiques sur Quand sort la recluse (73)
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michfred
19 mai 2017
Quand sort la recluse, alors s'ouvre une brèche menaçante dans la fine équipe d'Adamsberg...Les nerfs se tendent, les citations volent, les coups aussi - et ce ne sont pas ceux de cette brute de Noël!

Quand sort la recluse, s'ouvre derechef un bestiaire fabuleux : des oiseaux, toutes sortes d'oiseaux : martins-pêcheurs qui pêchent dans les eaux troubles du souvenir, merles moqueurs qui n'attendent pas le temps des cerises mais grappillent des framboises dans la cour du commissariat, pigeons, qui roucoulent, qui pigeonnent, cloîtrés en leur pigeonnier, hors d'atteinte, chats, surtout un, énorme, vautré sur la photocopieuse, chèvres, pauvres petites chèvres de Monsieur Seguin, toujours dévorées par le loup, chiens, le chien fidèle de Saint Roch qui vient secourir son maître perdu dans ses brumes, murènes menaçantes, dentées et agressives, cachées sous leur rocher, mais surtout grouillement d' insectes: des blaps, sales bêtes au vilain nom qui se gavent de crottes de rat et la vomissent en d'immondes crachats, et surtout des araignées: veuves noires, tégénaires, et la terrible recluse, venimeuse et froussarde, dont la morsure nécrose , infecte. Et tue...

Quand sort la recluse, se réactivent les blessures d'autrefois, s'ulcèrent les plaies jamais fermées, suppurent les cicatrices, se réveillent les fantômes et les terreurs endormies. .

Quand sort la recluse,tremblent puis meurent les criminels impunis, les tortionnaires cyniques, les pères incestueux, les mauvais garçons violents, les violeurs impénitents.

Quand sort la recluse, les terres sont remuées, les boules de neige agitées, La Garbure-un restaurant béarnais- très fréquentée...

Quand sort la recluse, Retancourt rencontre Mathias, Louis aux cheveux rouges la belle Estelle, et Adamsberg un Danglard qu'il n'aurait jamais imaginé...

Quand sort la recluse, la mort des victimes est une jouissance et la capture de leur prédateur, une souffrance.

Quand sort la recluse, trottinent des vieilles dames qui se prennent pour Sherlock Holmes.

Quand sort la recluse, Sherlock - Adamsberg est pris en étau entre son flair et son vertige, entre son humanité et son devoir, entre ses anciennes fidélités et ses nouvelles découvertes.

Plus bulleux, vague, poétique, - plus maïeutique, sémantique, psychique et zoomorphique que jamais, Quand sort la recluse est un Vargas grand cru!

A déguster sans modération!
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Dixie39
25 mai 2017
Toujours avant d'ouvrir le dernier Vargas : cette crainte que la magie n'opère plus, cette volonté de ne pas se laisser emporter par cette aura entourant ses livres, capable de nous ôter tout esprit critique, sous prétexte que « c'est du Vargas » ! Faire table rase de toutes les étoiles d'avant. Remettre les compteurs à zéro et se lancer.

Ça y est. J'y suis. Je le tiens entre mes mains. Ce n'est pas que j'hésite à le commencer, mais plutôt que je savoure l'instant. Un Vargas, c'est comme un bon vin. Ça se regarde, ça se hume, ça se rêve, avant d'entamer la première phrase. Les premiers mots…

Il y a une part de féerie dans l'écriture de Vargas, une injonction à ne plus douter, à se laisser porter et accepter son univers : celui où les recluses sortent de leur tanière, où les vieilles dames surfent sur internet avec autant de dextérité qu'un jeune geek, où les chats se portent au pied des gamelles et où les framboises se picorent pour ne pas crever.

"- Raconte-moi cette femme qui t'a offert une araignée morte.
- Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans te bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
- Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
- Je l'ai déjà sur les épaules. Louis."

La magie opère. Perdue à travers les brumes, je suis les pensées évanescentes d'Adamsberg, les regarde se disperser doucement pour petit à petit laisser affleurer quelques vérités du passé. J'ai envie de botter le cul de Danglard, rajouter quelques ingrédients à la garbure, chercher la cellule et creuser la terre, amusée par ce nouveau visage de la Rétancourt… Je savoure doucement la lecture, me délectant des nouvelles inventions, bizarreries et trouvailles de l'auteure.

Mais ne vous y trompez pas : la noirceur des âmes n'a d'égale que la pesanteur des bulles qui naviguent entre deux eaux neuronales du cerveau de notre cher commissaire.

"C'est souvent, quand on a eu un enfer, qu'on en parle et on en parle, comme s'il fallait le tuer tous les jours. Vous me suivez ? Qu'on en parle même en rigolant, comme si ç'avait été un paradis. le bon vieux temps, quoi. Et eux, leur enfer, (...) ils l'appelaient 'La Miséricorde'."

Alors oui ! Vargas fait du Vargas. Mais c'est tellement bon, qu'on laisse le livre à porter de main, pour mieux rêver du prochain…
Lien : http://page39.eklablog.com/q..
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cardabelle
20 mai 2017
Quand sort la recluse...Adamsberg revient !
Mais que l'attente fut longue et dès le retour annoncé du commissaire et de sa fine équipe ,j'ai délaissé mes autres héros de papier sans état d'âme.
Et là, jubilation totale ou immersion dans les brumes, dans les "bulles" .
Une belle évasion.

Comme dans tout polar, le but est bien sûr de résoudre l'énigme mais ce qui différencie les ouvrages de ce genre littéraire c'est sans nul doute le charisme des personnages bien sûr mais aussi l'environnement plus ou moins riche qu'il soit culturel, scientifique, historique, ethnique ...
Et , Fred Vargas nous offre plus qu'un environnement : elle entraîne le lecteur dans son univers et, au fil des lectures, je me suis sentie happée !
Pour chaque livre, on perçoit le travail de recherche intense, un travail de fourmi ou chaque détail est traité avec une précision d'orfèvre.
On peut aussi y voir le partage d'une érudition certaine de la manière la plus ludique qui soit.
A ce propos, j'ai un peu regretté le sort réservé cette fois au "pauvre " Danglard !
Mais, je rassure ceux qui ne connaissent pas encore l'oeuvre ,tous les personnages sont bien présentés et pour le plus grands plaisir des habitués, on revoit en détail les personnalités et leurs particularités sans oublier le chat !

Le retour au quotidien sans altération du jugement est un peu laborieux ... d'ailleurs, même la quatrième de couverture est bizarre ,brumeuse , énigmatique... c'est sans doute Adamsberg qui l'a rédigée ...

Pour lire ce dernier Vargas, j'ai pris mon temps, je m'en suis délectée d'autant que j'ai désormais tout lu de cette auteure . Et, à nouveau débute l'attente du prochain !
Cette attente gourmande n'est pas sans m 'en rappeler une autre, bien plus ancienne , dans l'enfance, quand j'attendais avec impatience le nouveau "Club des Cinq" !

Toute l'oeuvre de Fred Vargas m'a plu mais, il me semble percevoir encore une belle évolution dans les derniers ouvrages ,encore plus étoffés, plus travaillés , mais ce n'est qu'un ressenti personnel ...

Et, ce dernier livre alors ?
" Un grand cru " disent d'autres lecteurs ...
Moi ,je dirais même plus ...
c'est :... "un grand cru " !




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Allantvers
19 mai 2017
Excellent cru, le Vargas 2017 !
J'ai les papilles réjouies d'y avoir retrouvé, plus que dans le précédent, toute la consistance et l'équilibre incertain qui font de la lecture des rompols de Fred Vargas un moment à part : un commissaire Adamsberg à l'état gazeux – et comme chacun sait plus Jean-Baptiste s'évapore, plus il prend de la substance, une Rétancourt plus tellurique que jamais, une brigade embarquée, sceptique, dans une galère sur les traces de Magellan, et le chat sur la photocopieuse ; une enquête improbable avec dans le rôle de l'assassin une araignée invisible et non létale, une famille de merles, une recluse dans un pigeonnier, et d'abominables secrets dans un orphelinat.
Et des mots, beaucoup de mots notés, cités, mis en valeur, disséqués, comme des indices précieux.
Pas de nuages pelletés cette fois-ci, mais une marche ralentie pour favoriser l'éclosion de proto-pensées, en gestation dans des bulles gazeuses.
Bref, cette nouvelle plongée dans l'univers délicieusement brumeux, chargé d'humus, criblé de chemins perdus et interlopes est une réussite et un bol d'air nourrissant !
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cathulu
13 mai 2017
ous avions laissé le commissaire Adamsberg dans les brumes islandaises. Forcé de renter à Paris par un crime qu'il résout en deux coups de cuillers à pot et quelques gravillons, Adamsberg découvre bientôt une série de décès d'hommes âgés à la suite d'une morsure d'araignée, la recluse. Or, les morsures de cette arachnide ne sont pas mortelles ,mais produisent d'ordinaire une nécrose des tissus humains. Alors que les forums s'enflamment sur internet, le commissaire faussement lunaire, subodore plutôt une série de crimes. Se mettant à dos son adjoint le cultivé Danglard, Adamsberg poursuit néanmoins ses investigations, forcément en dehors de toute procédure légale.
Quel plaisir de dévorer ce nouveau roman de Fred Vargas ! Jouant sur la polysémie du mot recluse, elle nous balade de Paris à Lourdes en passant par Nîmes et sa région, collectant au passage quelques boules à neige, deux cuillers et des araignées en pagaille ! On y croise aussi une brigade qui se mobilise pour nourrir une famille de merles, le chat qui ne ferait pas sept mètres pour réclamer sa nourriture, autant de présences animales chaleureuses et pleines de vie.
Il serait dommage d'en dévoiler plus sur l'intrigue qui ne semble jamais suivre de ligne droite mais parvient toujours à "retomber sur ses pattes" . Elle vaut surtout par l'écriture et l'attention qu' Adamsberg prête aux mots, les collectant soigneusement dans son carnet, avant de laisser agir ses "protopensées". On imagine très bien ce qu'un romancier "classique" aurait fait de cette histoire de vengeance par delà le temps, lui ôtant tout charme et toute poésie. Laissez-vous piéger par Fred Vargas , c'est un pur bonheur !
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Bazart
15 juin 2017


« Quand sort la recluse » démarre sur les chapeaux de roue, le commissaire Adamsberg tout juste rentrée d'Island, où il passait de formidables vacances mélancoliques, résout une affaire de meurtre avec préméditation et met sous les verrous un violeur récidiviste. Mais alors pourquoi, tout à coup, s'acharne-t-il à vouloir à accuser une araignée de meurtres en série.

Ça y est, ça couvait depuis pas mal de temps, Danglard en est sûr, Adamsberg c'est dans le plafond qu'elle se trouve son araignée.

Adamsberg, le pelleteur de nuage n'est plus fiable. Adrien Danglard a peur, alors il tente de mener la fronde contre son plus vieil ami.

Cette histoire d'araignée recluse qui donne la mort, il en est convaincu, va décrédibiliser tout le commissariat. Alors Danglard devient con, ce qui étonne tout le monde, car dans ce microcosme de doux-dingue plutôt efficace en tant que policiers, d'habitude c'est Noël, le flic con.
Fred Vargas ou le polar poétique, quand Adamsberg se fie à ses protopensées on peut être sûr que l'enquête va nous emmener loin, très loin. Il y aura un drôle de bestiaire, une Loxosceles reclusus bien sûr, mais aussi une murène odorifique, un pigeon ramier, un merle fluet, un chat aboulique, des blaps puants et une lecture audacieuse de « La chèvre de monsieur Seguin ».

Le lecteur, en sécurité, retrouve avec plaisir le quotidien du commissariat le plus cool de la terre, le chemin sera long, Vargas sait prendre son temps, digresse avec adresse, musarde, creuse, observe et introspecte, le lecteur complice l'accompagne car il ne doute pas que la romancière retombera sur ses pattes qui sont, chez l'araignée, au nombre de huit comme chacun le sait. Et puis il aura Rétancourt amoureuse…
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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traversay
18 mai 2017
Ce qui explique le succès de Fred Vargas, ce n'est pas seulement le talent de l'auteure, c'est aussi son originalité dans un genre, le roman policier, qui permet toutes les audaces, et puis, et peut-être surtout, ce don d'alchimiste à faire entrer dans la composition de ses livres des ingrédients parmi les plus hétéroclites. Quoi qu'il en soit, dès la première page d'un de ses romans, il n'y a pas de doute quand à l'identité de celui (celle) qui écrit. Comme Modiano, par exemple, dans un style radicalement différent. Inutile de trop s'attarder sur la trame purement policière de Quand sort la recluse, elle est irréelle et invraisemblable mais de cela on se fiche un peu. Il suffit d'un mot : "recluse" pour que Vargas parte aussi bien sur la trace des emmurées médiévales que sur celle des araignées farouches et a priori peu dangereuses qui portent ce nom. Prétexte pour que l'érudition de la romancière se déploie mais sans afféterie ni prétention, avec une élégance pertinente et impertinente, une sorte de grâce éloquente dans l'amour des mots. A cela, et à toutes les digressions que nous offre Vargas, s'ajoute évidemment le portrait subtil et sensible d'un homme, le commissaire Adamsberg, un peu chahuté ici, avec des réminiscences d'enfance, des émanations gazeuses qui brouillent sa pensée et des conflits dans sa propre équipe. Les morts s'accumulent, l'enquête piétine, Adamsberg se contracte mais tant que le chat du commissariat ronronne sur le photocopieur et que les bébés merles sont nourris, l'équilibre du monde n'est pas menacé. Il y a comme toujours chez l'auteure une foule de détails drolatiques, des dialogues absurdes à foison et un humanisme, car tout est là, finalement, qui ne fait jamais défaut. En d'autres mains, Quand sort la recluse aurait été un salmigondis illisible. Dans celles de Fred Vargas, on ne retient que l'indicible grâce de l'alchimiste.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Fleitour
22 juin 2017

Le nouveau roman de Fred Vargas est un petit bijou, un modèle de roman noir, elle donne dans la dentelle, pour faire du polar une maison de haute couture, où chaque détail, peut déclencher une nouvelle intrigue, un suspens de plus comme un accessoire inutile mais esthétique, ou comme l'araignée qui protège son porteur est peut être, ce petit déclic, cet accessoire qui relancera l'aventure romanesque.

Adamsberg revenant d'Islande semble intouchable il résout avec une intuition chirurgicale, une énigme sordide, trouve le coupable à sa façon de tenir le volant, aussi quand cette histoire de petite araignée appelée la recluse, ou araignée violoniste, anime les réseaux sociaux le voilà pris par le désir d'épater tous ses collègues et surtout le surdoué Danglard.

Quand il décide d'entraîner son équipe à élucider, sans une mission formelle de la PJ, le double meurtre attribué à la recluse, son fidèle Danglard ne le suit plus. La patrouille est en danger, Danglard est mis sur la touche.

L'habileté de Vargas est de nous faire pénétrer dans l'univers scientifique non des fourmis (déjà écumé), mais celui des araignées. C'est passionnant de découvrir la spécificité de chaque espèce en fonction des piqûres que ces insectes déclenchent chez les humains. On découvre une autre espèce bien plus sombre les blaps ; scarabées qui accompagnent leur délit d'un pet monstrueusement nauséabond, mais ça leur plaît aux blaps, surnom qui restera, et sera donné aux diaboliques tortionnaires de la pension la Miséricorde.

L'enquête avance grâce à un 3ème mort, Claude Landrieu, qui parlera. On apprend qu'il a été condamné pour le viol d'une jeune femme, puis, qu'il n'était pas seul, mais avec deux amis, des anciens de la pension La Miséricorde, des anciens mais surtout les deux premiers morts de la recluse,

Un troisième roman s'installe plus sombre, plus douloureux, des enfants de la miséricorde sont torturés, des jeunes femmes sont violés. Dans cette ambiance puante de Blaps, Adamberg, noue une amitié avec Irène qui le maintient à flot, Des meurtres, des vengeances, des hommes dénués d'humanité, Adamsberg, s'enfonce dans dans ses brumes intérieures.


La vie des recluses, ces femmes qui se retirent du monde suite à un viol, se télescope avec les principaux acteurs, Bernadette sera retenue prisonnière 5 années à côté de lourdes.

Il faut toute la malice de Fred Vargas pour retrouver un sens à tous ces signaux, discontinus, Adamsberg enfin, réconcilié avec Danglard, échafaudera de nombreuses hypothèses, mais qui est l'auteur des meurtres tous liés à ceux qui ont côtoyé La Miséricorde ?

Fabuleux d'apprendre sur ces petites bêtes, ceci allège l'ambiance pesante de cette pension aux multiples secrets, cette cours des miracles, où des enfants deviennent des Blaps puants.

En dehors de la garbure et du madiran les menus ne changent pas, austérité oblige, les moeurs de la pension et la noirceur de ses personnages, n'incitent pas aux franches cocasseries habituelles, mais un excellent cru.
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RChris
28 mai 2017
Le nouveau Fred Vargas est arrivé! et le très peu méthodique commissaire Adamsberg est rappelé! Impossible de résister à cette plongée dans le monde des arachnides.

Même Télérama, François Busnel et Bernard Poirette ont porté aux nues "ce polar malicieux"! Pour "le masque et la plume" les avis sont partagés mais c'est un peu la règle de l'émission.

La nécrotique loxosceles rufescens farouche, cachée, économe de son venin est au coeur du mystère. Après un premier crime, rapidement résolu comme un arbre qui cache la forêt, l'archéozoologue nous emporte dans l'univers des recluses. le roman déploie alors des histoires tirées par les fils de l'araignée, qui pourtant n'en fait pas.

Je connaissais la pensée floue, voici les méandreuses bulles gazeuses de la pensée. C'est vrai que les proto-pensées et autres associations d'idées capillotractées peuvent perdre ceux qui ne se laisseront pas aller. L'histoire est en effet secondaire, elle échappe parfois à son auteure au profit de l'emploi poétique des mots.
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lucia-lilas
23 juin 2017

Il n'y a pas que la chaleur qui m'accable! Non, il y a que je viens de terminer le dernier Vargas et ça, ça veut dire qu'il va falloir que j'attende au mieux un an pour « revoir » Adamsberg, évidemment, et les autres. Car au fond, bien au-delà de l'intrigue, il faut l'avouer, ce sont surtout les personnages qu'il me presse de retrouver! Un an sans la brigade, un an sans Danglard, l'érudit, exceptionnellement un peu « con » dixit Adamsberg dans ce volume, mais bon, chacun fait comme il peut (et puis, on a tous le droit d'être un peu « con » à un moment donné de sa vie, le tout est de l'admettre et de passer à autre chose!), un an sans le café d'Estalère (c'est un don de savoir bien faire le café et certains ne l'ont pas!), sans le fidèle lieutenant Veyrenc, sans l'angoissée Froissy au placard secret rempli de pâtés de sanglier et de mousses de canard au poivre vert, un an sans l'hypersomniaque Mercadet protégé par toute la brigade, sans Voisenet le zoologue contrarié, sans Violette Retancourt et ses 110 kilos de force et de solidité, sans Mordent, sans Kernokian et Lamarre, sans La Boule, le chat qui dort sur la photocopieuse et qui ne mange qu'à l'étage dans la salle du distributeur à boissons, enfin, un an sans … Adamsberg (silence... gorge serrée ... oui oui, la mienne ... ET ALORS, J'AI LE DROIT D' ÊTRE AMOUREUSE ? NON ?)
BREF, un an voire deux, ça va être long, très long… sans eux !
Bon, reprenons-nous : oui la recluse est une araignée (Loxosceles rufescens, selon Danglard, de loxo « oblique », par extension… « qui ne marche pas droit », « vicelard » et peut-être de celer « qui se cache », ça, c'est pour mon collègue de Lettres classiques à qui je laisse le soin de s'interroger sur la pertinence de l'étymologie !)
Quant à mon collègue de SVT (il est grand temps que je parte en vacances, je ne parle plus que du boulot, ça doit être la chaleur!), il a eu la gentillesse de me montrer sur son smartphone (oui, il est mieux équipé que moi et lui, il a « l'idée », la « curiosité » d'aller voir ce genre de trucs sur Google) à quoi ressemblait une morsure de recluse : eh bien, ça n'est pas beau à voir car sachez que « son venin n'est pas neurotoxique… mais nécrotique. C'est à dire qu'il décompose les chairs autour de la morsure. » Beurk !
Et alors, qu'a-t-elle fait cette recluse ? Elle a mordu des petits vieux et… ils en sont morts. Et c'est embêtant, d'un, parce qu'ils sont morts (et que normalement, maintenant, avec nos médocs, on s'en sort!) et de deux, parce qu'Adamsberg trouve ça étrange des morts si rapprochées dans le temps !
En effet, comme son nom l'indique, la recluse vit… en recluse et n'attaque que pour se défendre. Aurait-elle muté ? Avec tout ce qu'on nous fait avaler maintenant, même les araignées sont un peu bizarres... Non, décidément, quelque chose ne colle pas. Mais chez Adamsberg, c'est intuitif, il sent les choses, des bulles s'agitent dans sa tête et puis des souvenirs enfouis remontent à la surface… Aurait-il été piqué lui aussi ? Et comment convaincre toute une équipe de le suivre sur un chemin bien nébuleux (depuis qu'il est rentré d'Islande, il est toujours un peu dans la brume… Mais ça lui va si bien…) ?
Avec un Danglard qui devient « con », un Voisenet devenu ichtyologue (une murène de l'Atlantique à robe marbrée en décomposition, ça vous dit ?), une Retancourt amoureuse (si,si!) et un Veyrenc qui l'est aussi … (manquait plus que ça!), des étocs dans lesquels on se prend les pieds, des blaps descendus un à un (j'en ai du vocabulaire, hein?), des merles qu'il faut nourrir de vers (de lombrics, pas d'alexandrins!) et de framboises, des proto-pensées adamsbergiennes qui s'accumulent sur un petit carnet et des tonnes de repas à La Garbure (restau qui tient son nom d'un plat des Pyrénées à base de chou et de porc) et ce, parce qu'on ne peut plus bosser correctement dans les locaux de la police, BREF, avec tout ça, pas simple de mener une enquête !
Ah, je les envie, ceux qui n'ont pas entamé ce roman !
Allez-y, foncez ! C'est dé-li-ci-eux (avec une belle diérèse en plus…!)
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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