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EAN : 9782290312582
282 pages
Éditeur : J'ai Lu (31/08/2001)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.9/5 (sur 1163 notes)
Résumé :
Clément Vauquer est une rareté. Il est stupide au point d'exécuter ce qu'on lui demande de faire sans se poser de questions, et assez aveugle pour ne pas voir la tombe qu'on creuse sous ses pieds. Pour un manipulateur, c'est une véritable aubaine.

Lorsque son portrait s'étale à la une de tous les journaux et qu'on l'accuse d'être le tueur en série de jeunes parisiennes, il n'y a que la vieille Marthe pour croire à son innocence. Cette ancienne prostit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  30 septembre 2016
« Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie »
Un très bon polar avec des personnages haut en couleur et atypiques. Pas de policier mélancolique et désabusé, mais des particuliers -très particuliers- passionnés d'histoires : toutes sortes d'histoires (même rangées dans des boîtes à chaussures...) et de l'Histoire. Ils ont des manies originales (la reconstitution du silex m'interroge quand même) et possèdent aussi une passion pour un amphibien.
Le présumé coupable est également bien pensé par l'auteur, un présumé imbécile de première catégorie (mais présumé seulement), ce qui donne des dialogues réjouissants.
Cerise sur le gâteau, j'ai découvert un poème De Nerval, El Desdichado. J'adore quand un auteur lie son histoire avec le texte d'un autre, le met en exergue et l'utilise lors du récit.
Donc : des meurtres, des ciseaux, un accordéon et un idiot… Fred Vargas est excellente et nous donne à lire une histoire riche avec des personnages truculents sur un scénario enlevé.
« Quant à moi »... je me suis régalée !
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MissG
  06 janvier 2012
"Le tueur fait une seconde victime à Paris".
C'est ainsi que débute la troisième aventure des Evangélistes (Marc, Lucien pour Luc et Mathias pour Mathieu) et la deuxième menée en collaboration avec Louis Kehlweiler dit l'Allemand, ancien policier ou espion au passé flou aujourd'hui traducteur de Bismarck.
Si tout désigne Clément Vauquer comme l'assassin de deux femmes, Marthe, ancienne prostituée, n'y croit pas un seul instant car "ce gosse-là, c'est Clément, et Clément, c'est [son] garçon".
Et son garçon, il ne peut pas avoir commis de telles atrocités car comme elle le dit à son amie Gisèle : "Il a rien fait. C'est tous les autres qui en veulent après lui."
Aussi Marthe vient trouver Louis pour qu'il l'aide, et ce dernier va alors se tourner vers la baraque pourrie et ses habitants pour abriter le petit protégé et dénouer le vrai du faux.
Fred Vargas a l'art et la manière de plonger le lecteur dans une intrigue qui de premier abord apparaît comme simple ou résolue d'avance.
Or, il n'en est jamais rien et ce livre en est une parfaite illustration.
Sans grande conviction, hormis Marthe, tous les personnages vont essayer de prouver l'innocence de Clément avant de s'en convaincre eux-mêmes, ce qui est, il faut bien le reconnaître, une tournure d'esprit particulière.
Mais c'est ainsi dans l'univers de Fred Vargas, il y a beaucoup de personnages bancals, paumés dans la vie ou donnant l'impression de marcher en permanence sur un fil hors du temps.
Et à chaque fois la recette prend, le lecteur s'attache fortement aux personnages et suit avec avidité leur parcours.
J'ai beaucoup apprécié dans ce livre les personnages, c'est sans nul doute l'un de ses points forts, l'intrigue et sa résolution étant presque secondaires.
Ils ont tous une personnalité différente les uns des autres, rien n'est jamais gagné d'avance et puis ils finissent par s'entendre et par aller ensemble dans la même direction.
J'ai ainsi découvert Louis, personnage attachant cultivant une part de mystère et accompagné de son crapaud Buffon. C'est le moteur de l'histoire, le lien entre tous les personnages.
J'ai également pris beaucoup de plaisir à retrouver "les évangélistes", un groupe de trois garçons aussi complémentaires que différents dans leur caractère ou leur spécialité en histoire et finalement très craquants.
Ils se sont d'ailleurs répartis les étages de la maison en fonction de leur spécialité : préhistoire, Moyen-âge et première guerre mondiale.
Cette fois-ci l'auteur a choisi de s'intéresser plus longuement à Marc, j'ai été à la fois satisfaite mais un peu déçue que les deux autres évangélistes soient plus en retrait.
Même s'il s'illustre comme le héros de l'histoire, il repart bredouille car "tu ne peux pas à la fois avoir fait acte d'intelligence et de bravoure et te ramasser la fille en plus."
L'une des qualités de Fred Vargas est la recherche et le travail sur la psychologie de ses personnages. Ce sont des êtres complexes à la recherche de choses simples, cela me touche et m'attache aux personnages.
Elle ne laisse personne de côté, elle travaille tout autant Lucien, Marc, que Marthe ou un personnage secondaire.
L'autre atout de ce livre, c'est le style d'écriture de Fred Vargas.
Je reconnais que son style peut dérouter au premier abord, mais c'est une écriture fluide et recherchée, qui se lit facilement.
Dans ce livre, elle choisit de donner un style très particulier au personnage de Clément, qui ne cesse d'utiliser des tournures ou des expressions compliquées dans ses phrases, ce qui finit par donner un discours quelque peu distendu.
Les premières fois j'ai été un peu gênée et j'ai dû relire certaines phrases, et puis à la fin j'ai fini par m'y habituer, à tel point que je me serai presque mise à parler comme lui.
Quant à l'intrigue, elle met un peu de temps à se mettre en place mais une fois qu'elle est lancée le lecteur se prend au jeu.
Il n'y a pas de révélation fracassante, tout est question de déduction et de recherche dans le passé de Clément.
Même le lecteur a certaines clés qui lui permettent de se faire un avis sur le coupable. Cela n'en retire pas moins son charme à l'histoire.
Une chose est sûre, je ne lirai plus les poèmes dans le métropolitain du même oeil !
En conclusion, lire cette nouvelle enquête de Louis Kehlweiler dit l'Allemand et des Evangélistes, c'est comme "aller boire un café au café", c'est lire pour le plaisir de se faire plaisir.
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araucaria
  09 février 2017
Roman très agréable à lire. Bon divertissement. Il y a des passages amusants grâce aux protagonistes un peu fantasques, et s'il y a des meurtres et de la violence cela se fait heureusement sans débordements d'hémoglobine. Un livre sympathique à découvrir pour se reposer de lectures plus ardues.
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ladesiderienne
  15 décembre 2015
J'adore les polars à la sauce Vargas. Dans une intrigue plutôt classique (par exemple des femmes victimes d'un tueur en série), elle ajoute un élément sorti de son imagination tortueuse (et si le meurtrier aimait la poésie) qui apporte toute l'originalité à ses romans et un petit côté farfelu qui ne me déplait pas. Et bien sûr, je suis complétement fan de ses personnages clés. On retrouve dans "Sans feu, ni lieu" les trois historiens de "Debout les morts" Lucien, Mathias et Marc, surnommés "les Évangélistes" par Louis Kehlweiler, lui-même accompagné de son fidèle crapaud "Bufo".
Tout accuse Clément Vauquer, un jeune accordéoniste un peu simplet, de l'assassinat de deux femmes à Paris. Seule, Marhe, une ancienne prostituée qui avait pris soin de lui lorsqu'il était petit, croit encore à son innocence. Elle fait donc appel à son ami Louis qui rameute toute la troupe décrite précédemment pour tenter de dissimuler le présumé coupable aux yeux de la police et mener l'enquête.
La galerie de portraits que l'auteure nous dépeint est un bel hommage à la différence et à l'amitié. Cette union de personnages tous aussi loufoques qu'attachants prêtent souvent à sourire. Les Anglais ont Agatha Christie, nous on a Fred Vargas qui a su se créer son univers "made in France" avec des dialogues savoureux presque dignes d'un Audiard. Un parfait exemple :
"Le gratin c'est un plat collectif. Et quand on est tout seul on ne peut pas espérer manger collectif." Soyons chauvins : 17/20 !
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Levant
  25 novembre 2020
Ouvrage duquel le héros récurrent de Fred Vargas, le commissaire Adamsbrerg, est absent. Il connaît pourtant Louis Khelweiler et son animal fétiche, Bufo le crapaud, puisqu'ils ont eu à résoudre ensemble une affaire de déjection canine (voir Un peu plus loin sur la droite, pour les inconditionnels de Vargas). Mais cette fois l'homme au batracien-in-the-pocket se dépatouille tout seul avec ce grand benêt que lui amène son amie Marthe, l'ancienne prostituée au grand coeur, reconvertie en bouquiniste sur les bords de seine. C'est original, mais le trottoir ne se quitte pas comme ça.
Elle est convaincue que le jeune Clément qu'elle a élevé en partie, puisque laissé à la dérive par des parents indignes, ne peut être celui que tout accuse dans l'affaire qui défraye la chronique du moment : les meurtres en série et au hasard de jeunes femmes seules. C'est tout un poème ce hasard d'ailleurs. Mais les flics peu versés à la poésie restent insensibles à la rime qui pourrait les conduire au meurtrier. Aussi, Louis Khelweiler, l'ancien retiré du ministère de l'intérieur, devra donc se débrouiller dans la clandestinité puisque retiré des affaires officielles. Il mobilisera non sans peine ses colocataires du gourbi qu'ils occupent en bonne indépendance les uns des autres, des défroqués de l'institution comme lui et autres universitaires en mal d'université. Une belle brochette d'originaux qui ne manquent pas d'esprit.
Un bon moment de détente que cet ouvrage. Il nous fait mener notre enquête et cache bien son coupable jusqu'au dernier chapitre comme il se doit. le genre d'ouvrage dans lequel on se sent en famille dans l'univers de Fred Vargas tellement on les connaît ces êtres singuliers à la gouaille nébuleuse et la formule argotique. Ils se complaisent en marge de la société à laquelle les nécessités domestiques les rappellent à contre coeur. Il faut dire aussi qu'ils ont des fidélités. La vieille Marthe en fait partie. Alors même s'ils n'y croient pas à son coupable désigné mais innocent, parce que c'est elle ils fouilleront Paris. En avouant quand même du bout des lèvres que comme ils disent, les "situations merdiques" ça les stimulent.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Krissie78Krissie78   04 mai 2021
Ce doit être d'avoir parlé avec Clément, ça m'a mis le cerveau à l'envers. Tout est mélangé dans sa tête, il y a pas de file d'attente, alors ça se bouscule dans toutes les directions
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ladesiderienneladesiderienne   14 décembre 2015
- Le premier meurtre, dit-il, a eu lieu square d'Aquitaine, dans le 19e arrondissement. Le deuxième a eu lieu rue de la Tour-des-Dames, à l'autre bout de Paris, dans le 9e. Le troisième aura lieu rue de l’Étoile, dans le 17e.
Le regard de Louis cilla. Il ne comprenait pas.
- (...) Ça ne te dit rien ?
- Si, dit Marc, la voix hésitante.
- Ah ! dit Lucien. Ça te dit quoi ?
- Un poème.
- Quel ?
- Nerval.
Lucien se leva précipitamment et prit un livre sur le buffet. Il l'ouvrit à une page cornée.
- Voilà, dit-il. Je vous le lis :
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la Tour abolie
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Lucien reposa le livre, un peu de sueur au front, les joues rouges, comme Marc le connaissait quand il s'exaltait. Marc était sur ses gardes, l'esprit chancelant, car si les exaltations de Lucien étaient parfois des catastrophes, ce pouvait être aussi de simples traits de génie.
- Le tueur suit ça à la ligne ! reprit Lucien en frappant du poing la table. On ne peut pas avoir cette Aquitaine et cette Tour ensemble par hasard. C'est impossible ! C'est le poème, c'est évident ! Un poème mythique, un poème d'amour ! Les vers les plus cryptés et les plus célèbres du siècle ! Les plus célèbres ! La base d'une chimère, les fondements d'un monde ! Les racines d'un fantasme, les germes d'une folie ! Et les routes du crime pour le cinglé qui s'en empare !
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araucariaaraucaria   20 septembre 2016
Le tueur fait une seconde victime à Paris. Lire p. 6.

Louis Kehlweiler jeta le journal du jour sur sa table. Il en avait assez vu et n'avait pas l'intention de se ruer page six. Plus tard peut-être, quand toute l'histoire serait calmée, il découperait l'article et le classerait.
Il passa dans la cuisine et s'ouvrit une bière. C'était l'avant-dernière de la réserve. Il inscrivit un grand "B" au bic sur le dos de sa main. Avec cette canicule de juillet, on était obligé d'accroître notablement sa consommation. Ce soir, il lirait les dernières nouvelles sur le remaniement ministériel, la grève des cheminots et les melons déversés sur les routes. Et il sauterait paisiblement la page six.
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ladesiderienneladesiderienne   15 décembre 2015
- Ils sont armés ?
- Hier, ils sont partis mains nues. Ce soir, je leur ai conseillé de s'équiper un peu.
- Ton flingue ?
- Surtout pas. Ils seraient capables de se tirer une balle dans le genou. Lucien a emporté la canne-épée de son arrière grand-père...
- Très discret.
- Il y tenait, tu sais comme il est. Mathias a un Opinel, et Marc n'a rien voulu prendre. Les couteaux le dégoûtent.
- Avec ça, soupira Louis, ils sont bien partis. En cas de coup dur...
- Ils ne sont pas aussi démunis que tu te le figures. Lucien a sa ferveur, Mathias a sa vertu et Marc a sa finesse. Ce n'est pas si mal, crois-en mon expérience de vieux flic.
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araucariaaraucaria   06 février 2017
- Où est-ce qu'il a pris cette manière de parler?
Marthe soupira.
- Il dit que c'est pour parler respectablement... Il a dû piquer toutes ces expressions à droite et à gauche, et puis il les remet n'importe comment... Mais pour lui ça sonne sérieux, tu comprends? Que... qu'est-ce que tu penses de lui?
- Je n'en pense pas trop de bien, Marthe.
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Amaia Salazar, détachée de la Police forale de Navarre, suit une formation de profileuse au siège du FBI dans le cadre d'un échange avec Europol. L'intuition singulière et la perspicacité dont elle fait preuve conduisent l'agent Dupree à l'intégrer à son équipe, lancée sur les traces d'un tueur en série recherché pour plusieurs meurtres de familles entières. Alors que l'ouragan Katrina dévaste le sud des États-Unis, l'étau se resserre autour de celui qu'ils ont surnommé le Compositeur. La Nouvelle-Orléans, dévastée et engloutie par les eaux, est un cadre idéal pour ce tueur insaisissable qui frappe toujours à la faveur de grandes catastrophes naturelles. L'association du réalisme cru de scènes apocalyptiques en Louisiane, de rituels vaudous des bayous et de souvenirs terrifiants de l'enfance basque d'Amaia constitue un mélange ensorcelant et d'une rare puissance romanesque.
En savoir plus : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Serie-Noire/La-face-nord-du-coeur
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