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Alice Raillard (Traducteur)
EAN : 9782013219686
376 pages
Hachette Jeunesse (20/03/2002)
4.09/5   73 notes
Résumé :
Zézé, avait six ans quand il fut le héros de Mon bel oranger.
Le revoici à onze ans. Il ne vit plus chez lui, mais a été adopté par une famille riche. Allons réveiller le soleil raconte l'histoire de la fin d'une enfance, les années de grands changements entre onze et quinze ans, jusqu'au premier et merveilleux grand amour
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
elea2020
  26 juin 2021
Eh bien, j'y suis donc arrivée, à relire ce livre qui a tant marqué mon adolescence, et qui m'a précipitée dans un maelström d'émotions contradictoires, car je n'en faisais plus la lecture au premier degré comme autrefois, mais avec un recul de quarante ans.
J'ai du mal même à évoquer de manière détachée mes impressions de lecture, tant j'ai pris conscience au fur et à mesure que des images fortes du roman m'avaient marquée jusqu'à s'immiscer dans mes propres souvenirs, comme si j'avais réellement vu les mêmes scènes. J'avais tout oublié, mais des épisodes étaient restés échoués là, dans des recoins obscurs de ma mémoire, comme une barque retournée sur la plage.
Nous retrouvons Zézé sur une période assez longue, de ses 11 ans à 15 ans, durant le temps où il vit chez l'oncle qui l'a adopté et lui paie ses études, dans un collège de frères maristes, à Natal, ville du Nordeste du Brésil. Zézé - je dis Zézé, mais il a quantité de surnoms selon les personnes : Zé, Zéca, Chuch, Monptit... - n'a rien perdu de sa sensibilité ni de sa précocité. Mais il est adolescent, et la révolte devant les injustices vient s'ajouter à ses moments de désespoir et lui rend la vie compliquée. On ne compte plus les "guerres" qu'il mène au collège, il a toujours l'art d'écouter "la voix du diable" comme autrefois. du reste, je trouve qu'il a beaucoup de voix cet enfant, de dissociations en personnalités différentes, qui lui apparaissent tel son coeur sous l'aspect d'un crapaud-cururu, Adam, ou encore la figure du père idéal sous les traits de Maurice Chevalier. Je me suis demandé si ces personnalités ou amis imaginaires étaient le résultat d'une schizophrénie ou plus simplement d'un mécanisme de défense dû aux traumatismes vécus.
Zézé se sent mal dans sa famille, qu'il ne comprend pas et qui ne le comprend pas. Les reproches tombent, il est souvent privé d'événements dont il se faisait une joie, il se sent méprisé. Lui-même reconnaît avoir un caractère difficile, sauvage, ombrageux ; ainsi passe-t-il un bon mois sans adresser la parole à son père adoptif qui a été injuste envers lui. Heureusement, en plus de ses amis imaginaires, il peut compter sur plusieurs frères bienveillants au collège, qui l'aident à grandir droit et lui apprennent tout en même temps l'indulgence, la patience envers les bêtises de l'enfant, parce qu'il grandira et apprendra. On le couvre même pour satisfaire sa plus grande passion : nager. Ah ! l'épisode du requin... Je ne l'ai jamais oubliée de ma vie, cette "odeur de pastèque" !
C'est tout de même une des sources de ma gêne que l'attitude de Zézé envers les personnes qui le comprennent et l'aident : il est prompt à manipuler son entourage, à présenter les choses sous un jour avantageux (même s'il brille aussi par sa sincérité), voire à exercer une forme de chantage au suicide assez fréquente. L'auteur (ou narrateur) n'a pas pris assez de distance, il sombre parfois dans l'auto-complaisance, cela peut être agaçant ou désagréable. Je m'en suis presque voulu d'avoir autant aimé ce livre, de m'être tant identifiée à Zézé, comme si cela faisait de moi une personne qui avait été également complaisante envers sa jeunesse, et ses souffrances d'enfant. Vu de l'extérieur, si l'enfant précoce est touchant, l'adolescent suscite moins la compassion ou la compréhension, c'est peut-être le drame de nombre de jeunes, à qui l'on ne pardonne pas grand-chose, et à qui l'on demande d'entrer durement dans un monde dont ils ne veulent pas.
Il reste néanmoins ces évocations magnifiques qui ont marqué mes souvenirs, que j'ai retrouvées avec émotion (et tâché de communiquer dans les citations choisies) : grâce à Zézé, ou plutôt José Mauro de Vasconcelos, j'ai un peu grandi au Brésil, sentiment que j'ai retrouvé en marchant sur les plages de Rio il y a vingt ans. C'est toute ma jeunesse qui remue entre ces lignes, et ce n'est pas une mince affaire que de clore ces chapitres.
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Colinvian
  01 avril 2013
Allons réveiller le soleil est la suite de «Mon Bel Oranger », roman autobiographique que j'avais lu à l'âge de huit ans et qui m'avait profondément bouleversé, autant dans ma sensibilité et ma vision du monde que dans mes intérêts littéraires et même culturels. C'est seulement adolescent que j'ai eu l'envie de découvrir, non sans une certaine appréhension, la suite de ces aventures. Et je n'ai pas été déçu.
Alors que Zézé était âgé de cinq ans dans le premier roman, on le retrouve ici à onze ans, pas tellement changé de ces six années. Il a été confié à une famille riche (qu'il n'affectionne pas plus que la précédente) afin de pouvoir réussir ses études et rapporter de l'argent à sa famille biologique qui vit toujours dans la misère.
Si le roman est globalement moins brillant que son prédécesseur, il en reste exceptionnel et porteur d'une émotion unique, propre à son auteur.
La poésie est encore plus présente qu'auparavant – et quelle poésie ! - . Ces métaphores pleines de tendresse, déjà présentes dans « Mon Bel Oranger » avec notamment ce pied d'oranges douces symbole de l'insouciance et la tendresse, sont de retour : Personne ne restera insensible à la relation entre Zézé et Adam, le crapaud cururu qui a mangé si gentiment son coeur afin de prendre sa place, et aider le petit garçon à ne plus avoir peur de la vie. le monde des rêves est complété par la présence fictive – et si réelle dans l'âme de cet enfant ! – de Maurice (Chevalier) que Zézé considérera comme son père. On ressent la peine infinie causée par la mort du Portuga, et la volonté d'une présence paternelle aimante et durable.
Tout cela avec une grande subtilité, délivrée par le style limpide et touchant de Vasconcelos, ainsi que par des phrases et des situations que l'on n'oublie pas.
Alors certes, l'on pourra reprocher au roman de s'étirer un peu en longueur, surtout dans la seconde partie de l'oeuvre. L'on critiquera aussi la difficulté, inexistante dans « Mon Bel Oranger », à suivre l'auteur tant il part parfois loin dans des sensibilités d'enfant qu'il ne clarifie pas toujours au lecteur. Enfin, les personnages et situations n'équivalent pas ceux de mon Bel Oranger, à l'exception du crapaud Adam et de sa relation avec Zézé, qui marqueront à jamais les lecteurs de ce livre.
Mais l'on est si transporté, émerveillé par cette histoire poétique d'un réalisme et d'un imaginaire exceptionnels que lorsque l'on referme cette oeuvre sur son final d'une émotion incroyable (probablement les meilleurs lignes tirées par Vasconcelos), l'on ne peut que pleurer de chaudes larmes sur notre sensibilité irritée, et prendre conscience que l'on tient entre nos mains un de ces livres qui marquent une vie.
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aaahhh
  15 août 2012
Lumineux, ! Triste mais doux, tragique mais plein d'espoir, beau tout simplement! "Allons réveiller le soleil" est la très belle suite du magnifique roman "Mon bel oranger", et une fois n'est pas coutume, elle est tout à fait à la hauteur de son prédécesseur et le termine à merveille!
Après avoir suivi l'enfance de Zeze, dans "Allons réveiller le soleil" nous allons suivre son entrée dans l'adolescence avec tous les grands changement que celle-ci augure... Touchant au possible, Jose Mauro de Vasconcelos m'a ici encore totalement éblouie! A lire à tous enfants... Même à ceux qui dorment encore dans nos coeur d'adultes!
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EstelleRomano
  30 juin 2017
Un récit émouvant sur la volonté de trouver des raisons d'espérer malgré la maltraitance, la solitude affective, les deuils... Un récit autobiographique qui montre comment l'imagination, une vie intérieure très riche aident à affronter la réalité. Zézé, enfant maltraité, abandonné et "mal adopté", se croit mauvais parce que turbulent ; il cherche dans ses rêves et dans l'affection que lui porte le moine Fayolle des figures paternelles réconfortantes. Petit à petit, celles-ci l'aideront à grandir mais certaines blessures peuvent-elles vraiment disparaître?
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VACHARDTUAPIED
  14 avril 2013
Toujours la même émotion à la lecture de la suite de "mon bel oranger".........
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
mikrobuchmikrobuch   20 décembre 2010
Des bêtises n'est ce pas Adam ? Nous sommes deux hommes sans rêves. Lui plus vieux. Moi avec mes quasi quarante ans. Quelle bêtise ! C'est Maurice lui-même qui m'a dit qu'il partirait lorsque j'aurais découvert l'amour. C'est quoi, l'amour, Adam ? L'amour, beaucoup d'amours qui passent. L'amour de Paula qui vieillit et ne l'accepte pas...
- Marchons encore un peu, Zézé.
C'est moi qui me parle à moi-même. Toi aussi tu m'as annoncé que tu ne reviendrais jamais plus. Seulement dans mes regrets. Pourtant je sais que tu ne te fâcheras pas si je tente de bavarder avec toi dans ma solitude.
- Bonsoir monsieur chevalier.
- Enchanté monsieur.
Je suis à nouveau un enfant; Un enfant qui rêve. Un enfant seul. Pourquoi grandir ? Je ne veux pas. Je n'ai jamais voulu. Mais le temps s'est arrêté et moi j'ai continué. En vérité, personne ne peut savoir la capacité de douleur des gens. Seul notre propre coeur, et à quoi bon ?
[...] Je passe la main sur mon visage pour ne pas revoir la silhouette qui disparaît , tout en noir dans sa soutane, me faisant des signes d'adieu avec son mouchoir à carreaux. Et le navire qui s'éloigne, qui gagne la barre pour prendre la mer.
Mais ce n'est pas le navire qui siffle, Adam. Je suis encore plus petit. C'est un train. Un train assassin qui a tué mon Portugâ. Qui a coupé les illusions de mon pied d'oranges douces. Devenu grand, j'ai pris souvent ce train, Adam. Personne ne savait que toujours ses roues remâchaient ma tristesse et l'absence des absents. Je ne racontai pas mon secret à mes frères. Je ne le raconte jamais. Je dois l'engloutir avec mon désespoir.
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miladomilado   19 mars 2013
- J'avais décidé avec Adam que, puisque je suis un petit homme, j'allais éviter...
- Tu crois que je n'ai pas remarqué ? Quand j'arrive, tu hésites parfois à m'embrasser, n'est-ce pas ?
- Je hochai la tête en reniflant.
- Et tu crois que c'est ça, être un petit homme ?
Il rit en caressant mes cheveux.
- Ça c'est idiot. Pourquoi un fils n'embrasserait-il pas son père ? Et sache que, puisque tu m'as choisi pour père, tu peux devenir vieux et barbu et continuer à m'embrasser.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   14 avril 2013
Tout à coup, mes yeux n'étaient plus dans l'obscurité. Mon cœur de onze ans sursauta de peur dans ma poitrine.
- Mon-Petit-Jésus-avec-l'agneau-sur-vos-épaules, protégez-moi !
La lumière grandissait. Encore. Encore. Et plus elle grandissait, plus augmentait ma peur ; si j'avais voulu crier, je n'y serais pas parvenu.
Tout le monde dormait paisiblement. Toutes les chambres fermées respiraient le silence.
Je m'assis dans mon lit, le dos contre le mur. Mes yeux regardaient si fort qu'ils sortaient presque de leur orbite.
J'aurais voulu prier, invoquer tous mes saints protecteurs, mais pas même le nom de Notre-Dame de Lourdes ne sortait de ma bouche. Ce devait être le diable. Le diable dont on me menaçait tant. Mais si c'était lui, la lumière n'aurait pas la couleur de feu et de sang, et il y aurait certainement une odeur de souffre. Je ne pouvait même pas appeler au secours le frère Feliciano, mon Fayolle chéri. A cette heure, Fayolle devait être dans son troisième sommeil, en train de ronfler comme un bienheureux, là-bas, au collège des Maristes.
Une douce petite voix se fit entendre :
- N'aie pas peur, mon enfant. Je suis venu pour t'aider.
Mon cœur battait maintenant contre le mur et ma voix réussit à sortir, faible et tremblante comme le premier chant d'un jeune coq :
- Qui es-tu ? Une âme de l'autre monde ?
- Non, nigaud.
Et un rire bienveillant résonna dans la chambre.
- Je vais faire plus de lumière, mais ne t'inquiète pas, rien de mauvais ne peut arriver.
Je dis un oui hésitant, mais je fermai les yeux.
Comme ça, ce n'est pas de jeu, mon ami. Tu peux les rouvrir.
Je risquai un oeil puis l'autre. La chambre avait une lumière si belle que je pensai que j'étais mort et que je me trouvais au paradis. Mais ça, c'était impossible. A la maison, tout le monde disait que le ciel n'était pas pour moi. Les gens comme moi allaient droit dans les chaudières de l'enfer, se faire griller.
- Regarde-moi. Je suis laid, mais tu liras dans mes yeux qu'on peut me faire confiance.
- Où es-tu ?
- Ici, au pied du lit.
Je m'approchai du bord et m'armai de courage pour regarder. Ce que je vis m'emplit de panique.
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mikrobuchmikrobuch   20 décembre 2010
- Chuch... Chuch...
Il y a peu de temps, Adam, j'ai été dans le Nord, à Natal. J'ai été voir ma famille. De là, j'ai écrit une lettre à Fayolle. Il m'a répondu quatre lignes. Qu'il était très malade, à Fortaleza. Je n'ai pas hésité, Adam. J'ai fait un voyage affreux, en autocar. Je l'ai trouvé toujours rouge. Ses cheveux avaient perdu cette couleur de feu et étaient presque blancs. Il paralit avec difficulté. Il était très essouflé. Tu sais comment il est, Adam ? Comme une bougie, à la fin, avec une petite flamme vacillante au moindre souffle de vent.
- Quelle courte lettre, Fayolle !
- Ah ! Chuch. Si tu savais combien ça m'a fatigué de l'écrire !
Il me regardait. Et je n'avais pas grandi. J'étais toujours Chuch. Pourquoi ne pas le laisser avec cette illusion ?
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mandrake17mandrake17   04 juin 2016
J'étais bien, près de quelqu'un qui jamais ne me ferait de mal ni ne permettrait qu'on me maltraite. Ç'avait été lui le premier frère à découvrir la solitude de mon âme. La tristesse de l'enfant incompris dont les yeux n'exprimaient que tristesse et indifférence. Il savait tout de la lutte de mes onze ans. L'histoire d'un enfant pauvre, donné, pour qu'il l'élève, à un parrain riche et sans fils. Le dépaysement brusque d'un enfant des rues, maître du soleil, de la liberté et des bons tours, lié à une famille nouvelle, irrémédiablement perdu, ignoré, oublié. Que de fois Fayolle ne s'était-il pas intéressé à mes moindres problèmes! Que de fois n'avait-il pas essuyé mes larmes, ne m'avait-il pas consolé en me montrant qu'il était impossible que je retourne à ma rue si lointaine, à mon inaccessible faubourg! Lui, oui, le premier à me découvrir et à me protéger.
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