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ISBN : 2757830341
Éditeur : Points (06/09/2012)

Note moyenne : 2.85/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Londres, 1903. José Altamirano, colombien de naissance, fraîchement arrivé de la toute nouvelle république du Panamà, fait la connaissance de Joseph Conrad, alors en pleine écriture d'un roman qui a pour cadre la Colombie.

Mais les souvenirs de l'écrivain sont trop anciens et trop vagues pour qu'il puisse recréer le pays dont il a besoin. Il interroge alors le nouvel arrivant.

De cette rencontre naîtra Nostromo, chef-d’œuvre de Conrad... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  24 novembre 2013
L'auteur crée le personnage de José Altamirano, Colombien de naissance qui va s'établir à Colón pendant la construction du canal de Panama.
En 1880, les travaux du canal interocéanique débutent sous la direction de Ferdinand de Lesseps et seront suspendus en mai 1889 suite à la vente des actions (Bourse de Paris) qui se solda par un véritable échec. Les ingénieurs Français et leurs familles quittent Colón et regagnent leur pays. Ce qui deviendra le canal de Panama ne sera ouvert à la navigation qu'en 1914.
Ce livre, très intéressant, m'a beaucoup appris sur le canal, sur les Colombiens et les Panaméens dont Théodore Roosevelt reconnaîtra l'Indépendance le 6 novembre 1903.
Juan Gabriel Vásquez raconte fidèlement des périodes de la vie de Joseph Conrad [j'en ai vérifié tous les éléments cités] ; à la fin du roman, Joseph Conrad et José Altamirano se rencontre à Londres et, de cette rencontre naîtra « Nostromo », chef-d'oeuvre de Joseph Conrad.
Avis personnel : Une lecture très intéressante, certains passages historiques un peu longs mais dans l'ensemble j'ai apprécié le roman et le style qu'a pris le narrateur de s'adresser d'une manière courtoise dans ces termes : chers lecteurs et jurés.
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topocl
  07 juin 2015
Pour écrire Nostromo, histoire qui décrit les remous politiques du Costaguana, petit état fictif d'Amérique centrale, Conrad s'est basé sur la connaissance superficielle qu'il y a acquise lors d'un bref passage en 1876, ainsi que sur de nombreuses lectures.
Juan Gabriel Vasquez, qui y lit la transposition de l'histoire colombienne, imagine qu'il s'est inspiré du récit que lui en fit le héros de son roman, José Altamirano, de la construction du Canal de Panama à la sécession du Panama. Seulement la « vérité » de Conrad n'est pas la vérité de José Altamirano - qui n'est pas non plus la vérité historique objective, mais l'image de celle-ci, vécue par un antihéros amoureux vaguement transparent .
«  (Oui, chers historiens scandalisés : la vie des autres, même des personnages les plus éminents de la politique colombienne, dépend elle aussi de la version que j'en donne. Dans ce récit, c'est ma version qui compte. Pour vous, chers lecteurs, ce sera la seule. J'exagère, je déforme, je mens et je calomnie à outrance ? Vous n'avez pas moyen de le savoir.) »

Trois axes donc, essentiellement,
Une relation historique avec en toile de fond les coups de force militaires, les dictatures alternantes, les guerres civiles qui opposent au fil des années conservateurs et libéraux, factions opposées mais inséparables de cette nation « schizophrénique » ; et en plat de résistance l'imposture magistrale de la construction du Canal de Panama, ouvrant la porte à la sécession de l'Etat, et à l'immixtion des Etats-Unis d'Amérique.
Un roman malin mêlant intimement réalité et fiction, où l'auteur, s'adressant directement à son lecteur, commentant son procédé d'écriture, se référant à d'autres écrivains, interroge sur les droits et devoirs de l'écrivain, le sens de l'adaptation romanesque.
Un hommage à Joseph Conrad, le Grand Romancier, dont on suit les épisodes de vie qui répondent à ceux d'Altamirano
Cela donne un ouvrage foisonnant, plein d'enseignements quoique ludique, souvent brillant, mais parfois aussi confus et qu'on lit donc avec un intérêt qui s'estompe par moment. Comme si d'en vouloir trop faire, Vasquez s'était interdit l'approfondissement.
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carre
  05 janvier 2012
José Altamirano, colombien de naissance, débarque à Panama ou il fait la rencontre de Joseph Conrad. Celui-ci lui demande de lui raconter l'histoire de son pays, que Conrad publiera sous le nom de "Nostromo". Vingt ans plus tard, le narrateur qui se dit avoir été trahis par le grand écrivain, nous conte l'histoire du Costaguana, sa version. Corruption des politiques, pays gangréné par la violence, militaires barbares, le portrait est saisissant. Roman à la fois historique, fictionnel, aventureux, le roman met aussi en avant l'incroyable tragédie du peuple colombien. D'autant plus que Vasquez mélange avec un savant dosage vérités et fictions. le style est nerveux et efficace. le deuxième roman de cet auteur se lit avec grand plaisir, une belle découverte.
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traversay
  29 août 2012
Après Les dénonciateurs, un premier roman prometteur, la lecture de Histoire secrète du Costaguana, nouvelle livraison de Juan Gabriel Vasquez, écrivain colombien de 36 ans, s'annonçait sous les meilleures auspices. Placée sous l'ombre tutélaire de Joseph Conrad, cette évocation de l'histoire colombienne au tournant du 20ème siècle ne pouvait être qu'échevelée et riche en rebondissements dans la plus pure tradition picaresque. Aux dires de la quatrième de couverture, c'est bien le cas, mais en réalité, si le roman galope à brides abattues, il n'en est pas moins fort confus et empêtré entre le destin d'un anti-héros (celui à qui Conrad a prétendument volé la mémoire pour écrire Nostromo) et la Grande Histoire, celle d'un pays schizophrène, la Colombie, qui finit par perdre sa province lointaine du Panama. Pour corser l'affaire, Vasquez conte avec force détails les déboires de Lesseps dans sa tentative de creuser le canal (de Panama) que les américains finiront par achever. Certes, le livre ne manque pas d'humour et de vivacité, mais il ressemble à une jungle où la chronologie est malmenée et où les personnages disparaissent aussi vite qu'ils sont entrés en scène, sans qu'on puisse s'y attacher. Devant la prose luxuriante de J.G Vasquez, que faire d'autre que déposer les armes ? Par lassitude, s'entend, pas pour saluer l'artiste. Pour plagier Salieri face à Mozart, on pourrait dire que ce roman a un gros défaut : il contient trop de mots.
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moustafette
  27 août 2018
Charmée par le talent de Juan Gabriel Vásquez, j'enchaîne sur un second roman qui, cette fois, nous entraîne dans la Colombie du XIXe siècle. Miguel Altamirano, un personnage idéaliste et fantasque pris dans les remous des guerres civiles qui s'enchaînent en Colombie depuis l'Indépendance espagnole, décide de s'installer au Panamá, alors province colombienne, dans la ville de Colón où il fera la connaissance de son fils José, le narrateur parti à sa recherche. le choix d'Altamirano n'est pas fortuit. C'est qu'à cette même époque, le début des années 1880, les travaux du canal de Panama sont en plein essor sous l'égide du célèbre Ferdinand de Lesseps. Fasciné par ce Français et son projet grandiose, Miguel se fait par voie de presse le porte-parole du Progrès et des avancées du chantier, toujours positives, destinées à rassurer les actionnaires. Il n'hésite pas à falsifier la réalité jusqu'au scandale qui vit s'arrêter les travaux en 1889 et Miguel courir à sa perte. La communauté française est très présente et c'est en son sein que José rencontrera son épouse, Charlotte. La débandade française qui succéda au scandale, les catastrophes naturelles, les maladies, laissent la ville de Colón exsangue et peu à peu désertée. Seul, José persiste à y vivre alors que se déclenche en 1899 1a guerre des Mille Jours qui voit s'affronter une fois de plus les libéraux et les conservateurs. Elle prendra fin en 1902. L'année suivante, l'Indépendance du Panamá sera acquise à coup de dollars par les Etats-Unis qui lorgnent sur le canal qu'ils achèveront en 1914.
Voici donc l'histoire que nous livre José Altamirano. S'il tient à le faire, c'est surtout pour rétablir une vérité et révéler la trahison dont il s'estime victime de la part du célèbre romancier Joseph Conrad, trahison qui porte le nom de Nostromo, roman paru en 1904. Conrad y raconte l'histoire du Costaguana, un état imaginaire caribéen, qui lui a été inspirée par le récit d'un exilé colombien...
out au long de Histoire secrète du Costaguana plane l'ombre de Conrad, dont l'auteur nous distille des éléments biographiques répondant comme en miroir à ceux de José Altamirano. D'hypothétiques correspondances qui liaient inexorablement les destins des deux hommes jusqu'au dénouement final. Une jolie trouvaille littéraire de la part de l'auteur qui non seulement rend hommage au célèbre écrivain voyageur, mais se réapproprie son histoire et venge ainsi son héros, José Altamirano !
Mêmes éloges de ma part que pour le précédent titre présenté. Un auteur qui tourne résolument le dos au réalisme magique sud-américain pour plonger sous les oripeaux d'une réalité historique où se dissimulent à la fois la force et la fragilité des personnages, de la Colombie et de son peuple. J'en redemande !
Lien : http://moustafette.canalblog..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   24 novembre 2013
Quand il arriva à l'appartement, Joseph Conrad savait déjà que "Nostromo", cette oeuvre problématique, avait cessé d'être une simple histoire d'Italiens dans les Caraïbes, qu'elle traiterait davantage de la naissance traumatique d'un nouveau pays de l'Amérique latine traumatisée, un État dont on venait de lui parler dans des termes certes hyperboliques, contaminés par la magie tropicale, la tendance à la légende dont sont victimes les pauvres gens qui n'entendent rien à la politique.
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joedijoedi   20 novembre 2013
Les mots qu'on connaît bien prennent dans ce pays un sens cauchemardesque. La liberté, la démocratie, le patriotisme, le gouvernement – tous ont un parfum de folie et de meurtre.

Joseph Conrad,
Nostromo
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joedijoedi   24 novembre 2013
L'air s'imprégna de l'odeur de corps sales et de vêtements qui accusaient le poids de journées sans lessive ; les soldats les plus pudiques se glissaient sous les pilotis pour déféquer en cachette, mais tout au long de cette journée de novembre, nous en vîmes davantage contourner la maison, baisser leurs pantalons face à la rue, s'installer sous un palmier et s'accroupir, le regard plein de défi. L'odeur de merde humaine flottait sur Christophe-Colomb avec la même intensité insolente que les parfums français quelques années plus tôt.
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joedijoedi   17 novembre 2013
Il n'est jamais de Dieu dans un pays où les hommes ne veulent pas s'aider eux-mêmes.

Joseph Conrad
Nostromo
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joedijoedi   17 novembre 2013
– que de dictons au ras des pâquerettes – "deux verres de science conduisent à l'athéisme, mais trois mènent à la foi".
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