AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 275785500X
Éditeur : Points (24/09/2015)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Célèbre caricaturiste politique colombien, pouvant faire tomber un magistrat, renverser un député ou abroger une loi avec pour seules armes du papier et de l'encre de Chine, Javier Mallarino est une légende vivante.
Certains hommes politiques le craignent, d'autres l'encensent. Il a soixante-cinq ans et le pays vient de lui rendre un vibrant hommage, quand la visite d'une jeune femme le ramène vingt-huit années en arrière, à une soirée lointaine, à un "trou ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  03 janvier 2015
Javier Mallarino est un caricaturiste politique colombien célébre, dont l'humour féroce et le trait dévastateur, entier, font et défont les réputations, peuvent faire tomber des maires, des députés véreux, des magistrats, des narco trafiquants, encensé par les uns, détesté par les autres. Depuis les années 80, ses dessins paraissent au centre de la premiére page de la rubrique" Opinion": la caricature, " un aiguillon enrobé de miel."il inspire une sorte de crainte révérencielle aux journalistes. Il est animé par un désir de contestation qu'il exprime à l'encre de Chine. Les grands caricaturistes sont là dit- il " pour déranger, incommoder, être insultés". Talentueux et intransigeant , il ne supporte aucune forme de censure , se méfie des mondanités, vit séparé de sa femme dans les collines de Bogota. le matin, il lit toute la presse, l'après - midi, il envoie son dessin qui aura plus d'impact qu'un éditorial......
Mais le voilà qui s'apprête à être célébré dans la grande salle du théâtre Colon de Bogota à 65 ans, aprés 40 ans de labeur...lui, qui a été jadis menacé, " l'oubli est la seule réalité démocratique en Colombie" pense t- il, il accepte d'être interviewé par une certaine Samantha Leal. Il va vite comprendre que cette jeune femme est venue ici 28 ans plus tôt et il se souviendra alors qu'un député s'était jeté par la fenêtre....
Là, il doit confronter son passé, l'histoire de son pays et son intimité....un douloureux examen de conscience à propos de cette vieille histoire qui refait surface...la frontière entre vie publique et vie privée...
N'aurait t- il pas abusé en toute impunité de son pouvoir médiatique?
Réputé incorruptible, infaillible a t- il fauté?
Il ramène le passé à lui, cela l'oblige à se remettre totalement en question, il devra réfléchir à son métier et à la portée de sa propre réputation .
Mérite t- il vraiment les hommages qu'on lui rend?
Sur quoi au juste repose "sa réputation"?
Est - il coupable d'avoir détruit la vie d'un homme? Mis à part certains doutes et incertitudes, ce qui était publié dans la presse n'était - il pas avéré?
Une page de journal n'était- elle pas la preuve suprême de la réalité d'un fait?
Cet ouvrage impressionne par la force et la qualité des questions qu'il pose, une valse entre l'oubli et l'incapacité de se souvenir, la puissance de la mémoire mais aussi l'usure de faits lâches et honteux qui n'auraient pas su perdurer ou occuper une place dans l'histoire des hommes? Les distorsions ou plutôt les interférences, l'insatisfaction et la tristesse de ne pouvoir partager la mémoire d'autrui....le regret et la culpabilité....le pouvoir exorbitant des médias et ses conséquences imprévisibles....dévastatrices ....surprenantes ....qui aménent le héros à reconsidérer fondamentalement sa place dans la société. C'est aussi le portrait d'un homme, la mémoire et l'oubli qui font et défont l'individu et la collectivité, le décorticage de la mécanique de la réputation et l'exploration du passé ....si douloureux soit - il...
Un roman d'actualité?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          344
traversay
  08 septembre 2014
De Juan Gabriel Vasquez, on en était resté à un roman remarquable : le bruit des choses qui tombent. Son successeur : Les réputations, s'il est en peu en-deçà, reste tout de même un excellent livre qui reprend les thèmes favoris de l'auteur colombien : la mémoire, l'oubli et la responsabilité de nos actes. Son héros, caricaturiste de son état, a bâti sa notoriété sur son acuité de la perception de la vie politique de son pays et son insolence provocatrice. On le sait, un bon dessin vaut largement plus qu'un éditorial et à l'heure où on le célèbre notre homme ne se doute pas qu'une histoire dont il ne se souvient même plus va remettre en cause toutes ses certitudes. Lui qui a fait et défait des réputations s'aperçoit, un peu tard, qu'il s'est peut-être trompé, qu'il n'a passé sa vie qu'à s'ériger en juge, sans tenir des dommages collatéraux. Comme toujours, l'élégance du style de Vasquez fait merveille. Dans Les réputations, il ne laisse aucun répit à son personnage principal, le précipitant de la cime vers l'abîme avec une précision qui s'apparente à de le cruauté. Mais ce faisant, il élargit le spectre et s'adresse à chacun d'entre nous. Qu'avons nous fait de nos vies ? N'avons pas, nous aussi, même en toute bonne foi, blessé ou davantage quelques uns de ceux qui nous ont côtoyés ? Comme l'écrivait René Char : "La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil." le roman de Juan Gabriel Vasquez en est la parfaite illustration.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
cecilestmartin
  08 juin 2015
Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce roman. Si le style est soigné, le contenu me laisse perplexe. Je ne sais pas si c'est le personnage central qui m'indispose ou la fin que je trouve un peu trop mystérieuse, mais j'ai le sentiment d'être restée sur ma faim. Pourtant, la réflexion ici développée par Vasquez est brulante d'actualité : la caricature comme message politique, les réputations qui se font et se défont, la presse qui relaie les informations sans souci des dégâts (tant pour l'entourage des personnes incriminées que pour leurs victimes), le cynisme teinté de mépris de ceux qui sont autorisés à nous dire ce que l'on doit penser, etc. Tous sujets vraiment passionnants qui obligent chacun à se pencher sur son rapport à la presse, à l'information, à sa tendance au voyeurisme.
Javier Mallarino, caricaturiste colombien, reçoit une distinction pour l'ensemble de son oeuvre. A cette occasion, il est approché par une jeune femme, Samantha, qui se dit journaliste et à qui il donne rendez-vous le lendemain pour une interview. Il s'avère qu'elle est en fait une ancienne camarade de sa fille et que, lors de la cérémonie de la veille, des images lui sont revenues qui ont fait surgir de lointains souvenirs qu'elle veut explorer avec lui.
C'est, encore une fois, très bien écrit, avec des allers-retours dans la vie professionnelle et affective de Javier. On le voit évoluer dans sa perception d'une nouvelle réalité qui n'est finalement qu'une prise de conscience de son propre narcissisme - la dénonciation de faits sociaux ou d'hommes politiques ne servant que sa propre gloire. Javier Mallarino n'est donc pas un homme bien sympathique et peut-être ai-je besoin de développer un peu d'empathie envers les personnages pour adhérer au propos. Et même si sa part d'humanité se dévoile peu à peu à travers un questionnement sur la responsabilité, cela intervient bien tard...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          151
rotko
  12 janvier 2016
Ce récit de 180 pages est très bien mené : on assiste à une cérémonie de consécration officielle d'un caricaturiste politique, Javier Mallarino, dont le trait incisif et les légendes caustiques ont marqué l'actualité sociale et politique, lui assurant un pouvoir redouté.
Pourtant une rencontre inattendue amène l'intéressé à se rappeler une aventure personnelle, et par suite un cruel dessin - qui eut des répercussions politiques et humaines importantes. Vient alors dans l'esprit du caricaturiste le temps du doute :
« Les certitudes acquises à un moment donné du passé pouvaient avec le temps cesser d'être des certitudes : un évènement survenait, un fait fortuit ou volontaire et , brusquement, son évidence était invalidée, les choses avérées cessaient d'être vraies, les choses vues et celles qui étaient survenues n'avaient jamais été vues et celles qui étaient survenues n'avaient jamais eu lieu : toutes ces réalités perdaient leurs place dans le temps et dans l'espace pour être englouties, pénétrer dans un autre monde ou une dimension différente et inconnues. »
J'ai bien aimé l'écriture à la 3e personne, distante du protagoniste, mais aussi parfois proche de lui et de ses pensées intimes. Pendant la cérémonie officielle, le caricaturiste joue son personnage, tout en suivant ses propres réflexions, le regard sur sa femme dont il est séparé.
Pour autant, l'auteur ne prend pas le parti de Javier Mallarino, il laisse le lecteur deviner ses doutes, réfléchir sur son rôle dans cette triste histoire - - dont on ne saura pas le fin mot. Il est vraisemblable qu'à une nouvelle lecture on jetterait un regard nouveau sur l'intrigue et sur la fin du récit.
En filigrane on s'interroge sur le pouvoir de la plume capable de sceller un destin, par un dessin ou une phrase lapidaire. «  La caricature[est] un aiguillon enrobé de miel », dit Mollarino, c'est-à-dire qu'on vise le plaisir des lecteurs aux dépens d'une victime, sacrifiée sur l'autel public.
Le titre « les réputations », concerne autant la vérité de l'artiste glorifié que l'homme politique sacrifié. Nous en sommes réduits, comme dans le monde contemporain des medias, à nous demander si le masque/réputation correspond à la personne, s'il l'étoffe ou s'il l'étouffe.
Les entourages respectifs sont aussi impliqués, y compris la fille du caricaturiste dont on parle peu dans le récit, mais qui, in fine, revient sur la scène.
J'ai donc apprécié ce roman sobre aux résonances multiples, car, comme le dessinateur satirique, le romancier décape les apparences pour mettre au jour une société, souvent très rapide dans ses jugements comme dans ses condamnations, qu'il s'agisse du quotidien ou de la vie officielle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
littlecat
  27 décembre 2015
J'avais beaucoup aimé "le bruit des choses qui tombent" et même si ce roman me semble un ton en dessous, il est intéressant et se lit très vite.
Cette courte histoire nous plonge dans le monde des médias et de la portée des informations véhiculées.
Une réputation est fragile, un simple article ou dessin peut vous porter aux nues comme vous descendre en flèche.
Le héros, Javier Mallarino, dessinateur caricaturiste colombien, est admiré mais aussi détesté. D'un coup de crayon il peut mettre à mal une réputation et détruire une vie.
Suite à la visite d'une jeune femme qu'il avait oublié, il va se remettre en mémoire un épisode sombre de sa vie et s'interroger sur la société et la place qu'il y occupe.
Un bon roman sur le pouvoir des médias.
Commenter  J’apprécie          140

critiques presse (5)
LaPresse   12 décembre 2014
Le plus récent roman du Colombien Juan Gabriel Vasquez est de ces romans qui nous accompagnent bien après la dernière page. Il nous entraîne au coeur de la remise en question d'un caricaturiste.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   21 octobre 2014
Questions lourdes de sens et de conséquences, mais abordées dans un texte qui file à toute vitesse, qui ralentit un peu le rythme, puis tourne à 180 degrés, revient sur ses pas, toujours avec fluidité, tout cela pour s'interroger sur notre époque [...].
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   01 octobre 2014
Mallarino [...] devra réfléchir à son métier, à sa vie et à la portée de sa propre réputation. Juan Gabriel Vásquez en fait le personnage central d'un très beau roman sur le pouvoir des médias et ses conséquences imprévisibles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   12 septembre 2014
Juan Gabriel Vasquez orchestre à merveille la valse des souvenirs et de l'oubli. Il démonte, en grand romancier, le mécanisme de la réputation. Et celui des haines qui, toujours, lui font cortège - haines d'autant plus tenaces qu'elles sont entretenues par une mémoire imprécise. Passionnant!
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   08 septembre 2014
Le romancier s’est inspiré de dessinateurs colombiens, espagnols, vivants ou morts. On retrouve l’un de ses thèmes : la manière dont la mémoire et l’oubli unissent et défont la collectivité et l’individu. Mais les Réputations vaut par le portrait de cet homme, Mallarino.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
littlecatlittlecat   22 décembre 2015
Magdalena chuchotait sur un registre de notes graves mais justes qu'elle seule était capable d'émettre, et Mallarino la désira de nouveau ; sans détour, il osa poser les yeux sur ses seins, dont l'image lui revint brièvement en mémoire, et il s'efforça de laisser transparaître ce souvenir dans son regard ; Magdalena fit semblant de ne pas avoir remarqué son trouble, même si ce genre de détail n'échappe pas aux femmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
SachenkaSachenka   13 novembre 2017
Je suis un dessinateur satirique, une activité qui comporte également ses risques, inutile de vous le préciser. Le risque du dessin, c'est de venir un analgésique social : sous forme de dessins, les choses sont plus compréhensibles, plus assimilables. Il est moins douloureux de les affronter.
Commenter  J’apprécie          180
cecilestmartincecilestmartin   07 juin 2015
Les os sont la seule chose qui compte, conclut-il. Ce sont eux qui, dans la forme du crâne et l'angle du nez, la largeur du front, la force ou la pusillanimité des maxillaires, les creux du menton, ses pentes délicates ou abruptes, ses ombres plus ou moins prononcées, qui déterminent une réputation ou l'image qu'on renvoie de sa personne : donnez-moi un os et je soulèverai le monde.
Commenter  J’apprécie          80
Annette55Annette55   03 janvier 2015
"A l'horizon, là où les collines de l'ouest perdaient leur côté verdoyant et se teintaient de bleu, le ciel couvert de nuages gorgés de pluie se paraît de la lumiére des avions comme une vieille putain essayant une paire de boucles d'oreilles."
Commenter  J’apprécie          130
SachenkaSachenka   12 novembre 2017
"J'aimerais vous quitter en vous rappelant une évidence qu'on a souvent tendance à oublier : la vie est le meilleur caricaturiste qui soit. [...]"
Commenter  J’apprécie          210
Videos de Juan Gabriel Vasquez (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Juan Gabriel Vasquez
Juan Gabriel Vàsquez - Le corps des ruines
autres livres classés : littérature colombienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
238 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre
.. ..