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Anne-Marie Jarriges (Traducteur)Anne Guibard (Traducteur)George H. Vassiltchikov (Éditeur scientifique)
ISBN : 2752902328
Éditeur : Phébus (18/01/2007)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Marie Vassiltchikov (dite " Missie ") est une charmante Russe issue d'une famille émigrée appareillée à tout le gotha européen. Elle mène d'abord une existence insouciante, mais la folie du nazisme va la métamorphoser. Obligée pour survivre de travailler au ministère des Affaires étrangères allemand, elle s'y lie d'amitié avec des opposants qui partagent sa haine du régime et n'ont bientôt qu'un seul but : abattre Hitler. Son journal, qui fut publié pour la première... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Aela
  20 mai 2012
Un document historique étonnant, qui exalte l'esprit de résistance d'une jeune femme issue d'une famille russe "blanche" exilée en Allemagne au moment de la Révolution russe.
Missie Vassiltchokov est issue d'une grande famille noble russe, apparentée aux Tolstoï et elle va vivre des moments difficiles à Berlin pendant la 2ème guerre, d'autant plus que son statut d'"immigrée" lui complique considérablement les moindres faits de la vie quotidienne.
Missie est le témoin de l'arrivée au pouvoir d'Hitler; toutefois son journal commence à son arrivée à Berlin en janvier 1940; et couvre toute la période jusqu'à septembre 1945.
C'est une mine de renseignements sur la vie quotidienne des Berlinois pendant la guerre; on y voit la vie au jour le jour: les tickets d'alimentation, le couvre-feu, le développement de la guerre et surtout les informations dont disposaient les Berlinois quant à la poursuite de la guerre à l'étranger.
On y voit une jeune fille joyeuse, intelligente, mais un peu naïve et insouciante devenir peu à peu une femme qui entre en résistance contre le pouvoir nazi.
Le destin de cette femme est étonnant car, bien que d'origine russe, elle va, grâce à la connaissance de 5 langues, trouver du travail au département Information du ministère des Affaires Etrangères.
Là elle se lie d'amitié avec un groupe de hauts fonctionnaires résistants anti nazis qui vont préparer le complot du "20 juillet" contre Hitler.
C'est jusqu'à ce jour le seul rapport écrit d'un témoin oculaire de la tentative du comte von Stauffenberg de mettre fin aux agissements d'Hitler.
Ce livre est un document historique exceptionnel, qui nous fait vivre jour après jour dans le Berlin de la guerre.
Les commentaires historiques ajoutés par l'éditeur sont passionnants et nous permettent de mieux connaître cette période difficile de notre Histoire.
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Taraxacum
  07 novembre 2017
Quelle claque! Voici un livre que je vais recommander et faire connaître. Comment cela se fait-il d'ailleurs qu'il ne le soit pas déjà bien plus? Mais replaçons le dans son contexte: Marie Vassiltchikov, Missie pour la famille est la amie, est une jeune russe en exil, car d'une famille de Russes blancs, quand éclate la Seconde Guerre Mondiale. A Berlin, elle doit trouver un travail pour ne pas mourir de faim, et son journal semble au début plein d'une vie que la guerre ne perturbe que peu. Bien sûr, elle s'inquiète pour ses proches, pour ceux qu'elle connait au front, dans les deux camps, mais rien n'empêche les fêtes et la vie. Ce qui est d'ailleurs assez étonnant comme grand écart dans sa vie c'est que fauchée ou pas, c'est un jeune femme de la grande aristocratie européenne d'une certaine époque, où tout le monde connaissait tout le monde et était plus ou moins apparenté: elle risque de mourir de faim sans job mais le soir fait la fête au champagne avec une flopée de princes et princesses d'ambassades en ambassades!
Et puis peu à peu, tout s'assombrit et il faut bien le dire: le lecteur doit avoir le coeur bien accroché.
Parfois moins dans le texte du journal lui-même que dans les notes explicatives ajoutées plus tard par son frère et les traducteurs lorsque le journal a été publié: Missie travaille en effet pour le ministère des Affaires étrangères allemand et sera en contact avec les comploteurs du 20 Juillet 44 et....disons que certains détails du sort de ces malheureux après leurs échecs sont vraiment à réserver aux lecteurs qui ne font pas de cauchemars facilement.
Une grande oeuvre que je ne suis pas prête d'oublier et qui donne envie d'en lire plus sur ces événements.
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Blandine54
  23 avril 2017
Marie Vassilchikov dite "Missie" est une princesse russe née en janvier 1917 à St Petersbourg. Sa famille va quitter la Russie en 1919 pour fuir la révolution et elle va grandir en France, en Suisse et en Lituanie. Son journal commence en janvier 1940 alors qu'elle arrive dans la capitale allemande. Elle a alors 23 ans et vient de perdre son frère aîné mort de la tuberculose. Elle est à la recherche d'un travail et va rapidement trouver : elle est employée par le IIIème Reich au Ministère des affaires étrangères.
Sa famille est dispersée : une soeur à Rome, son père en Lituanie, son petit frère Georges dit "Georgie" est en France (il entrera dans la résistance)...
J'ai été un peu déconcertée au début de ma lecture par cette jeune femme qui boit du champagne et mange des crustacés avec les membres du Gotha et qui semble peu perturbée par le fait qu'il y ait une guerre. Mais petit à petit le ton change.
Le journal devient à mon sens particulièrement intéressant à partir de 1944. Elle est liée à des personnes qui sont directement impliquées dans l'attentat du 20 juillet 1944 qui visait à tuer Hitler et à traiter avec les alliés pour mettre fin à la guerre. Il en résulte un témoignage poignant et émouvant de ces personnes qui ont risqué leur vie et dont la plupart ont été arrêtées.
En 1945, Missie passe les derniers mois de la guerre en tant qu'infirmière dans un hôpital militaire viennois.
Son frère Georges qui a fait éditer son journal a commenté les faits historiques de manière à étayer les propos de Missie, de réfuter certaines rumeurs ou encore de donner des indications biographiques sur certaines personnes.
Une lecture intéressante !
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Ys
  24 novembre 2017
Issue de la haute aristocratie russe, apparentée à tout le gotha européen mais née en pleine révolution, Marie Vassiltchikov vivra toute sa vie en exil. En 1940, toute jeune fille encore, la voilà qui débarque avec sa soeur à Berlin pour tenter de trouver du travail. Les parents laissés derrière elles commencent à être sérieusement sur la paille, les demoiselles n'ont pas grand chose en poche, mais du moins vivent-elles dans un bel appartement prêté par des amis que les prémices de la guerre ont fait fuir en terrain plus paisible. Commence alors une existence bien particulière, où se mêlent les angoisses de la recherche d'emploi quand l'argent fond à vue d'oeil et des soirées à siroter du champagne en compagnie des amis Metternich ou Wittelsbach.
Là se trouve le ton, mi mondain mi réaliste, tout en décalages quoique de plus en plus dramatique, de cet intéressant journal, composé au jour le jour avant d'être retravaillé pour une première édition au milieu des années 70.
Embauchée au ministère des Affaires Etrangères, Missie se lie avec plusieurs hauts fonctionnaires et militaires qui partagent avec elle un point commun : la haine absolue, viscérale, de ce monstre malfaisant qui dirige leur pays, ce monstre dont, pour le bien même de l'Allemagne, il faut trouver moyen de se débarrasser. Mais comment ? le journal - on comprend facilement pourquoi - reste très discret sur la participation effective de Missie au complot qui se tisse peu à peu entre civils et militaires, mais les allusions, les sous-entendus sont assez nombreux pour laisser comprendre qu'elle fut activement impliquée, sous l'influence directe d'Adam von Trott et de Gottfried Bismark. le résultat - la tentative d'assassinat d'Hitler et de renversement du régime nazi, le 20 juillet 1944 - sera, on le sait, un désastre pour les conjurés. Commence alors les heures les plus noires, celles où l'on ne peut plus que regarder les amis tomber, sans savoir qui sera arrêté, impliqué ensuite, sans savoir ce que sont devenus ceux qu'on a déjà arrêté, sachant très bien en revanche que chaque question, chaque tentative pour leur venir en aide, peut attirer une attention déplacée sur votre propre tête. Et pendant ce temps, les bombes continuent de pleuvoir sur un Berlin déjà dévasté, affamé, où la simple survie devient de plus en plus difficile...
Complété d'abondantes notes historiques qui éclairent le contexte et les acteurs du drame, c'est là un témoignage extrêmement intéressant sur l'Allemagne en guerre, tant du côté de la vie quotidienne que de nombreuses implications politiques bien méconnues outre-Rhin. Souligne-t-on jamais assez, en effet, ce que fut l'implication des allemands non-nazis dans la guerre, tous les conflits moraux soulevés par l'opposition à Hitler dans l'armée... et même l'attitude très ambiguë des Alliés (des Anglais surtout semble-t-il), pour qui l'anéantissement de l'Allemagne l'emportait sur l'anéantissement du nazisme et les tentatives de négociation des "bons allemands".
Le genre de bouquin qui donne envie d'aller ouvrir des tas de livres d'histoire pour approfondir le sujet.
Lien : https://ys-melmoth.livejourn..
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Nikoz
  12 décembre 2017
Après des années de lecture sur l'époque, j'ignorais totalement ce témoignage et surtout son importance. Une jeune femme atypique au coeur du coeur du drame.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Blandine54Blandine54   10 avril 2017
Dimanche 24 octobre 1943
On m'a confié une nouvelle tâche urgente : la traduction des légendes d'un grand nombre de photographies des restes de quelques 4000 officiers polonais assassinés par les Soviétiques et retrouvés dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. La simple pensée de cet exercice me fait dresser les cheveux sur la tête.
Tout cela est très secret. J'ai vu le rapport confidentiel envoyé par von Papen, l'ambassadeur d'Allemagne à Ankara. Il avait autorisé un membre de son entourage à se lier d'amitié avec un diplomate polonais en poste en Turquie, lui-même ami de Steve Early, le représentant spécial du président Roosevelt. Ce dernier a souhaité recevoir le compte rendu complet et sans altération de l'affaire - ce qu'apparemment il est incapable d'obtenir chez lui aux Etats-Unis, parce que son entourage (Morgenthau ?) intercepte et fait disparaître tout rapport défavorable à l'Union soviétique.
La traduction doit être terminée dans deux jours. Cela me fait drôle de penser que ma prose va atterrir sur le bureau du président Roosevelt dans moins d'une semaine. Quelle responsabilité ! C'est aussi un travail difficile. Mais surtout la réalité détaillée, révélée au grand jour, est absolument déchirante.
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AelaAela   20 mai 2012
Vendredi 28 janvier 1944

Les Russes ont réussi à percer le blocus de Leningrad. Le siège aura duré presque trois ans.

Le siège avait duré 872 jours - depuis le 8 septembre 1941. Coupée de ses sources de ravitaillement par les Allemands et la division Azul des Espagnols au Sud, par les Finlandais au Nord, la ville gardait un seul lien avec le reste du pays, qui passait par le lac Ladoga.
Quoique plus de 500 000 personnes aient été évacuées par cette voie, près d'un million de ses habitants périrent, essentiellement de froid et de faim.
Avec Stalingrad, Leningrad est devenue une légende dans les annales de la "grande guerre patriotique" de l'URSS.
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AelaAela   20 mai 2012
Dîner plutôt hétéroclite avec des petits pains, un yaourt, du thé réchauffé et de la confiture. Les yaourts ne sont toujours pas rationnés; ils constituent notre plat principal, parfois complété par du porridge cuit à l'eau.
On nous octroie approximativement un pot de confiture par mois et par personne; comme le beurre est par ailleurs très rare, cela ne nous mène pas très loin.
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AelaAela   20 mai 2012
Mercredi 28 juillet 1943
Hambourg est bombardé tous les jours. Les victimes ne se comptent plus et les dégâts sont tels que pratiquement toute la ville a été évacuée.
On raconte que des petits enfants errent dans les rues en appelant leurs parents.
On suppose que les mères sont mortes et comme leurs pères sont au front, personne ne peut les identifier.
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TaraxacumTaraxacum   20 octobre 2017
Vendredi 7 janvier

Les mots manquent pour décrire l'aspect déprimant du quartier de Berlin où la plupart d'entre nous avons vécu. La nuit, on ne voit plus la moindre lumière, seulement une succession de rues aux maisons réduites à l'état de carcasses. Tatiana dit qu'à Madrid, après la guerre civile, les voyous se cachaient dans les ruines et attaquaient la nuit. Cela semble peu probable ici, mais ce vide silencieux donne des frissons.
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>Histoire de l'Europe>Europe Centrale>Région du Nord-Est (ex-RDA) (14)
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