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EAN : 9782708010550
282 pages
Éditeur : Editions Ophrys (15/04/2004)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Les singes s'épouillent, les araignées tissent, les lionnes chassent, les oiseaux chantent et les castors bâtissent. Les activités des animaux ont toujours beaucoup intéressé les biologistes et les psychologues. Mais l'étude des interactions de l'animal avec son milieu ne peut pas s'arrêter là : il faut aussi prendre en compte la perception que cet animal se fait des situations rencontrées ainsi que les émotions qu'il éprouve à leur sujet. Force est de constater que... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 octobre 2013
Ce jour est à marquer d'une pierre blanche car aujourd'hui, et pour la première fois, je me permettrai de ne pas donner d'avis sur ce livre pour une raison fort simple et que beaucoup d'entre-vous peuvent deviner. Je me contenterai bien modestement d'une simple présentation.
Il s'agit d'un livre paru il y a une dizaine d'années, qui vaut ce qu'il vaut, je vous laisse le loisir d'en juger, mais qui se proposait à l'époque de faire le tour des connaissances sur l'éthologie cognitive, comme son titre l'indique.
L'ouvrage était édité sous la direction de Jacques Vauclair et Michel Kreutzer, que je salue et remercie au passage.
Chaque chapitre est rédigé par un ou plusieurs auteurs ayant spécifiquement travaillé sur la question soulevée par le chapitre et en propose une synthèse.
Je ne vous cache pas que les connaissances ont probablement dû beaucoup évoluer depuis lors, notamment en raison de l'émergence des réseaux sociaux sur internet ou ailleurs.
Je me permets juste d'offrir aux lecteurs de Babelio la quasi intégralité d'un chapitre pour lequel je ne pense malgré tout pas avoir maille à partir avec les auteurs car ils savent parfois être conciliants. J'ai expurgé ce chapitre, à chaque fois que c'était possible, des nombreuses citations d'auteur qui l'émaillaient et en rendaient parfois la lecture indigeste sur un site non spécifiquement dédié à la science.
J'en profite au passage pour saluer mon amie Ana-Maria Ducoing, qui n'a pas écrit une ligne de cet article mais qui m'a suffisamment fait profiter de sa succulente table, de sa bonne humeur, qui m'a fait perfectionner mon anglais et qui m'a refilé beaucoup de très bons livres dont je parle encore ici ou là, qui à l'époque soutenait sa thèse et croulait sous le travail, bref toutes choses infiniment plus importantes qu'une quelconque ligne à ce chapitre et justifiant que son nom apparaisse parmi les auteurs, comme cela se fait régulièrement.
Je donne un second coup de chapeau à mon vénéré maître et ami Bernard Thierry, qui est lui l'auteur de l'introduction et de la conclusion du chapitre et que je n'ai pas reproduites ici sans sa permission. Son contact pendant quatre années a aiguisé mon esprit critique dans des proportions bien plus vastes que toutes celles que vous pourriez imaginer et je ne l'en remercierai jamais assez. du fond du coeur, Bernard, merci, ce sont eux qui en profitent aujourd'hui, dans chacune de mes critiques, de tout ce que tu m'as appris...
Enfin, j'en terminerai avec un troisième et ultime salut chaleureux, à mon très très grand ami Cédric Marengo. Lui n'est pas inscrit en tant qu'auteur mais son nom figure au bas du chapitre, lui qui avait eu le mauvais goût de nous quitter peu de temps auparavant, sans prévenir, à 27 ans d'une méchante et injuste rupture d'anévrisme.
Sa disparition a changé le cours de mon existence et, lui présent, je ne passerais certainement pas mes dimanches à noircir des pages de babelio mais plutôt à courir les monts Nilgiri à ses côtés à la poursuite d'un groupe de ouandérous...
Enfin, une toute dernière précision. Ne cherchez aucun effet de style dans cet écrit, car c'est précisément ce qui caractérise un écrit scientifique que d'être totalement et de fond en comble désincarné et dénué d'une quelconque originalité de formule.
J'en termine avec ce qui n'est, plus que jamais, pas grand-chose car ce n'est pas même un avis...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   06 octobre 2013
COMPRENDRE LES ACTES OU LES INTENTIONS DES CONGÉNÈRES :
En raison de la diversité de comportement des congénères qui les rend difficiles à prévoir, les problèmes cognitifs posés par la vie en groupe sont souvent plus complexes que ceux posés par l’environnement physique. Ceci a conduit les animaux à développer en réponse des facultés cognitives sophistiquées. Beaucoup d’animaux reconnaissent leurs partenaires (cf. Chapitre Perception Sociale) et semblent capables de mémoriser leurs relations passées ou de prévoir les réactions des congénères. Les individus doués de telles facultés peuvent en tirer avantage en termes de survie et de reproduction au sein d’un groupe social.

Les regards et les gestes ostensibles :
La faculté d’utiliser des indices sociaux peut permettre de localiser des ressources alimentaires ou tout autre élément important de l’environnement (cf. Chapitre Transmission d’information). Récemment, Hare et Tomasello (1999) ont montré que des chiens domestiques (Canis familiaris) sont capables d’utiliser des indices comme la présence d’un partenaire à un endroit donné ou la direction de son regard pour détecter la présence d’un aliment. Que le partenaire soit un être humain ou un autre chien, les sujets de l’étude obtenaient des résultats comparables. Les chiens peuvent interpréter, vraisemblablement dès les tout premiers mois de vie, la présence ou le regard d’un autre comme un guidage visuel vers une entité précise de l’environnement. Chez les cétacés, des études du même type ont montré que le grand dauphin (Tursiops truncatus) s’avère capable d’attribuer un caractère référentiel au pointage du doigt réalisé par un humain lors d’une épreuve de choix entre plusieurs directions. Cette espèce serait même capable de pointer un objet particulier à l’adresse d’un congénère. Chez les primates, les travaux menés sur plusieurs espèces de singes confirment qu’ils sont aptes à suivre le regard d’un congénère. Les chimpanzés (Pan troglodytes) sont capables de suivre le regard des autres, mais à la différence des chiens et des dauphins, ils ne semblent guère s’appuyer sur cet indice pour effectuer leurs choix dans les tâches expérimentales.

La question de l’attribution d’intention :
Dans la communication intentionnelle, le comportement de l’émetteur est dirigé vers un but. Par exemple, les chimpanzés manifestent des gestes de sollicitation pour la nourriture, le jeu, le toilettage, etc., qu’ils utilisent de façon variée en fonction de son succès sur l’audience. En dehors des grands anthropoïdes, peu de choses sont connues à propos des gestes intentionnels. En entendant des cris de détresse, des macaques (Macaca sp.) sont capables de reconnaître si l’individu agressé leur est apparenté et quelle est l’intensité de l’agression. Le statut de l’agresseur est également codé dans la vocalisation émise pour recruter des alliés.
Peu d’études indiquent que des animaux peuvent attribuer une intention à autrui et elles ne concernent que les chimpanzés. Dans une série d’expériences, Premack et Woodruff (1978) ont présenté à un chimpanzé des séquences vidéo où un être humain rencontre des difficultés dans l’accomplissement d’une tâche, par exemple il essaie d’ouvrir une porte fermée à clef. Ensuite, les auteurs présentent plusieurs photographies d’objets dont l’un seulement offre une solution à l’être humain dans la situation précédente. Le chimpanzé s’est montré apte à choisir l’objet apportant la solution, et les auteurs en conclurent qu’il lui fallait prendre le point de vue de l’humain pour faire un tel choix, et donc qu’un chimpanzé a une « théorie de l’esprit ». Dans d’autres expériences, le sujet est placé devant deux boîtes et un expérimentateur vient placer une récompense dans l’une d’elles. Arrive ensuite un assistant : celui-ci peut être coopératif, auquel cas il donne la récompense au chimpanzé s’il lui indique avec la main quelle est la bonne boîte ; mais un autre type d’assistant, compétitif, peut également venir : ce dernier mange la récompense si le chimpanzé lui indique où elle se situe. Les sujets se montrent capables de pointer vers la bonne boîte lorsque l’assistant est coopératif et vers la boîte vide quand l’assistant est compétitif. Ces résultats suggèrent que les chimpanzés savent reconnaître l’ignorance d’un être humain. Cette expérience a été reproduite avec succès chez les singes capucins (Cebus apella) et les singes écureuils (Saimiri sciureus). Cependant, cette performance nécessite au préalable un long entraînement et peut donc résulter d’un conditionnement associatif, sans qu’il soit besoin de faire appel à l’attribution d’attention. Le même argument pourrait se voir appliqué au chimpanzé.
Pour confronter des chimpanzés à des situations de compétition plus proches de leur contexte social habituel, Hare et ses collaborateurs (2001) ont réalisé des expériences où l’on ne demande pas à l’animal de coopérer avec un être humain. Un sujet subordonné voit que l’on place de la nourriture à un site. Lorsque le partenaire dominant a assisté à la scène, le premier sujet n’approche pas l’aliment. Au contraire, si un obstacle empêche le dominant de connaître l’emplacement de la nourriture, le sujet dominé comprend immédiatement qu’il peut s’en emparer alors même que son partenaire l’observe, mais ignore ce que le dominé va chercher. Les auteurs en concluent que le chimpanzé est capable d’attribuer un savoir ou une ignorance à un congénère.

COOPÉRER POUR ATTEINDRE UN OBJECTIF COMMUN :
La chasse et la défense d’un territoire prennent la forme d’actions collectives chez certains grands mammifères comme les carnivores sociaux. La question qui se pose est de savoir si ces cas de coopération résultent de comportements individuels spontanés ou d’actes exécutés par des individus qui partagent un but commun et comprennent les différents rôles des partenaires engagés.

Les techniques de chasse et de défense collectives :
La chasse collective chez les lions (Panthera leo) ou les hyènes tachetées (Crocuta crocuta) permet d’accroître la taille des proies chassées de même que le succès des épisodes de chasse. Néanmoins, Schaller (1972) a mis en lumière que tous les lions présents dans un groupe ne participent pas aux chasses collectives, et l’intérêt même d’une coopération pendant la chasse s’en trouve remis en question. Certains mâles ne chassent qu’en solitaire et obtiennent une quantité moyenne de nourriture souvent supérieure à celle des chasseurs coopérants. Il n’est donc pas aisé de comprendre comment les lions choisissent entre stratégie coopérative ou solitaire. Ce dernier aspect n’a souvent été traité que d’un point de vue évolutif et fonctionnel, alors que le processus cognitif responsable du choix de la stratégie de chasse reste méconnu.
Les lycaons (Lycaon pictus) chassent à l’endurance contrairement à certains grands félins, c’est-à-dire qu’ils partent d’un point de rassemblement avant même qu’une proie ne soit en vue, et trottent de front sur des kilomètres. Chez eux, la coordination est visible pendant tout l’épisode de prédation depuis l’entrée en chasse, marquée par un rituel de salutations, à l’encerclement des proies et aux multiples attaques simultanées, jusqu’au transport collectif de la victime et sa défense contre les autres prédateurs. Chez les lions, lorsqu’une proie est repérée et que la chasse coopérative est lancée, une distinction des rôles s’opère. Les lionnes généralement massives et expérimentées occupent une position centrale et embusquée alors que des lionnes souvent plus jeunes et plus légères se déploient sur les ailes et rabattent les proies vers les lionnes centrales. Il est cependant difficile d’attribuer cette différenciation à une compréhension directe du savoir et de la force des lionnes âgées car une simple relation de dominance pourrait aboutir à un même type de schéma. Lorsqu’elles chassent à deux, les lionnes maintiennent la proie approximativement au centre de la ligne qu’elles forment, l’une embusquée, l’autre lançant l’attaque.
La défense coopérative du territoire de chasse chez les lionnes suggère elle aussi un mécanisme décisionnel complexe. À l’aide d’un haut-parleur dissimulé et de vocalisations enregistrées, Heinsohn et Packer (1995) ont reproduit artificiellement la violation d’un territoire par un intrus et ont analysé les réactions de sous groupes constitués de deux femelles. Les lionnes peuvent adopter deux attitudes différentes : soit mener en direction de l’intrus, soit rester à la traîne derrière la meneuse. Cependant le comportement des meneuses est grandement influencé par le comportement de la compagne. La vitesse d’approche d’une meneuse accompagnée d’une autre meneuse est très supérieure à celle d’une meneuse accompagnée d’une femelle située à l’arrière. Ceci suggère une reconnaissance et une compréhension de la stratégie adoptée par la compagne, pourtant les meneuses ne punissent pas les femelles à la traîne comme le prévoit la théorie des jeux. Un mécanisme plus simple comme la distance entre les deux femelles ou la vitesse relative de déplacement peuvent également rendre compte d’une telle modulation du comportement. Notre connaissance des mécanismes cognitifs impliqués dans ces actions conjointes chez les grands carnivores reste limitée.
Les chimpanzés coopèrent également lorsqu’ils chassent des singes comme les colobes (Colobus sp.). Dans les cas rapportés par Boesch et Boesch (1989), la chasse est menée par des mâles associés en groupes de deux à six partenaires. D’après les auteurs, les chimpanzés coordonnent leurs actions dans le temps et dans l’espace, agissant ensemble pour atteindre un but commun. Dans près de deux tiers des cas, les partenaires tiennent des rôles complémentaires. Pendant qu’un mâle monte dans l’arbre où se tient un colobe, d’autres escaladent les arbres environnants où la proie est susceptible de fuir, ou bien même se postent aux pieds des arbres pour couper la retraite au sol. Comme chez les lionnes,
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