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Critique de Bibalice


Bibalice
  06 janvier 2018
Et une nouvelle pépite à l'actif de Brian K. Vaughan, auteur des déja exceptionnels Y, le dernier homme, Saga et d'une (petite) partie de LOST. Un récit de SF passionant sur une thème comtemporain : la vie privée.
L'histoire se passe dans un futur proche alors qu'Internet n'existe plus. En effet tous les messages et surtout les recherches publiques de toute la population mondiale se sont retrouvés sur la place publique, acessibles à tout un chacun. Evidemment, les réputations et les vies de la plupart de gens se sont effondrées provoquant d'une part, donc, la disparition d'Internet et d'autre part la résurgence de l'idée de vie privée. Tout le monde, désormais se cache en public sous des masques, camouflages et autres protections destinées à ne rien révéler de soi. Il est d'ailleurs possible de changer d'identité. A sa majorité, on peut si on le souhaite et si on remplit certaines conditions, remettre ses compteurs à zéro. Dans ce futur proche, la plus grande autorité n'est pas la police ou la justice mais le bien nommé "Quatrième pouvoir" : les journalistes ont quasiment tous les droits et peuvent appréhender des suspects...
Voilà pour le cadre de l'histoire qui fait évidemment écho aux débats publiques qui ont cours aujourd'hui sur de multiples sujets tels que Wikileaks, la part de soi que l'on donne volontairement à des sites comme Facebook ou Instagram, la disparition de la notion de vie privée, la place du journalisme, etc.
Un excellent cadre n'est pas suffisant pour raconter une histoire. Au delà de ce cadre absoulement fantastique, on suit une passionnante histoire, celle d'un Private Eye, c'est à dire d'un détective ( jeune mais à l'ancienne) embauché pour de sordides histoires de filature, prises de photos compromettantes et autres choses qui n'ont pas trop changé depuis l'invention de ce métier. Notre détective se retrouve bien malgré-lui mêlé à une histoire de meurtre. Rien que de très classique dans le point de départ de l'enquête mais on est imédiatement embarqué dans le récit et il est impossible de décrocher avant d'avoir le fin mot de l'histoire.
Comme dans tout bon récit de SF on est naturellement invité à chaque page à réfléchir sur ce qu'il s'y passe sur les cases et entre les bulles. Il y a des tonnes de questions qui sont posées à chaque instant, des petites idées qui sont balancées l'air de rien mais qui toutes incitent à la réfléxion. Evidememnt, si on en a rien à faire, on peut aussi s'intéresser seulement à l'enquête et maudire (ou saluer ?) le "méchant".

Autre chose, le format de la BD est à l'italienne et les dessins de Marcos Martin sont absoulement fabuleux. Les cases sont très colorées mais ne font jamais "années 80". On se trouve immédiatement dans ce futur rétro-futuriste déconnecté mais rempli de masques plus loufoques les uns que les autres. Ce futur est très crédible et rempli de références jamais stupides à notre vieux monde actuel. Les deux gunmen qui partent à la recherche du héros sont à ce titre absolument mortels, tous deux vêtus de masques à gaz de la première guerre mondiale.

Bref, une réussite à tous les niveaux. Un récit passionant, des questions pertinentes sur notre monde actuel, des dessins magnifiques. A voir comment Enki Bilal a traité le sujet dans sa BD Bug qui parle également de la disparition d'Internet mais ce Private Eye devrait faire référence pour les années à venir.
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