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EAN : 9782070376773
216 pages
Éditeur : Gallimard (23/10/1985)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Julie-Berthe a sept ans et elle zozote. Son père, c'est l'inspecteur Clovis Chapeau, sa mère, la belle Juliette. Ils habitent la cité "achélème", tout comme Hippo le schizo, Eugène le veuf et son fils Ed, la vieille concierge Mlle Achère, la Karapian, une hystérique chanteuse d'opéra, et Betty Spring, à la plastique troublante. Dans cet univers de béton où les rapports humains sont aussi réduits que la végétation, Chapeau invente un héros pour meubler l'imagination ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  01 novembre 2019
Jean Vautrin nous a quitté en 2015.
De trente années avant, remonte mon inoubliable lecture de Billy-ze-Kick, qui m'a donné la passion d'une prose dynamique et drôle, tendre aussi, au service de personnages touchants, infects, truculents...et bien autres encore.
Ainsi fonctionnait cette magie-Vautrin, à laquelle tout babéliote devrait goûter au moins l'espace d'un roman ou d'un recueil de nouvelles.
Et Billy-ze-Kick de faire l'objet d'une adaptation cinématographique de Gérard Mordillat... pour continuer, en images, la magie-Vautrin.
Il me manque, ce Vautrin-là!
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KiriHara
  15 décembre 2019
Jean Vautrin est un artiste que l'on ne devrait pas avoir à présenter, du moins à toute personne ayant approchant ou dépassant le demi-siècle.
Car, Jean Vautrin, de son vrai nom Jean Herman (1933 – 2015), est un des piliers de l'art populaire en général de ces 60 dernières années, que ce soit à travers ses contributions pour le cinéma ou pour la littérature.
Effectivement, celui qui évoque pour beaucoup l'écrivain était également cinéaste, et c'est avant tout dans ce 7e art que l'homme a fait ses armes et pas de façon anodine.
Assistant-réalisateur sur des films tels « Les quatre cavaliers de l'Apocalypse », « Paris nous appartient » ou « le jour le plus long », rien que ça, il est également réalisateur de « Adieu l'ami », dirigeant Alain Delon et Charles Bronson et aussi de « Jeff », avec le même Alain Delon.
Et, dans des films moins réputés, il a également dirigé Claudia Cardinal, Jean Rochefort, Guy Bedos, Michel Galabru, Bernadette Lafont, Danielle Darrieux.
Cependant, c'est avant tout à travers son écriture qu'il marquera les esprits des gens, bien sûr à travers des romans, mais également et surtout à travers des scénarios.
Jean Vautrin a ainsi participé à l'écriture de tout un pan du cinéma populaire durant une décennie (1976-1986) à travers des films qui ont marqué plusieurs générations comme « Flic ou voyou », « le guignolo », « Garde à vue », « le marginal », « Rue barbare » et, dans une moindre mesure, « Canicule » et « Bleu comme l'enfer »…
Bien sûr, je dis toujours que, chez un auteur, sa vie ne m'intéresse pas, seule son oeuvre compte et force est de constater que l'oeuvre de Jean Vautrin a marqué toute une époque de son empreinte.
Mais, qu'en est-il de sa production purement littéraire ?
Si celle-ci semble moins marquante, il ne faut pas oublier que l'auteur a livré plusieurs dizaines de romans et si tous n'ont pas traversé les années dans l'esprit des lecteurs, deux, au moins, ont une certaine résonnance.
Le second est le roman « Canicule », adapté au cinéma par Yves Boisset. Si le film ne fut pas un franc succès, il a marqué les amateurs de cinéma Bis, notamment grâce à la présence de l'immense Lee Marvin dans un film français.
Le premier, tout le monde le connaît, de nom, que ce soit à travers le roman, le film adaptation ou, par les chansons du groupe Billy-Ze-Kick (« Mangez-moi », par exemple) dont le nom est tiré du roman de Jean Vautrin dont je vais vous parler aujourd'hui : « Billy-ze-Kick ».
Julie-Berthe, 7 ans, est la fille de l'inspecteur Chapeau qui, tous les soirs, lui raconte, pour l'endormir, les aventures du bandit Billy-ze-Kick, après lequel il ne cesse de courir, dans les histoires, sans jamais parvenir à l'arrêter… la suite au prochain épisode, le lendemain soir, pour une nouvelle aventure.
Mais Julie-Berthe, en plus d'être une gamine espiègle et zozotante est surtout une grande bavarde.
Aussi, quand un tireur abat, de loin, une jeune mariée et se déclame être Billy-ze-Kick, l'inspecteur Chapeau se voit déjà sous les feux des projecteurs après son arrestation. Mais, pour cela, encore faut-il l'arrêter. Et pour l'arrêter, il faut l'identifier. Mais, Billy-ze-Kick ne peut-être qu'une personne à qui Julie-Berthe a parlé du personnage…
Jean Vautrin, on l'aura compris, est empreint d'esprit populaire.
Mais, en tant que fan de Raymond Queneau, dont il a déjà adapté un roman au cinéma, on peut être assuré de son goût pour les mots et pour l'humour.
C'est d'ailleurs en hommage à « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau, que Jean Vautrin écrit « Billy-ze-Kick » et l'on peut vraisemblablement voir dans ce roman de l'élève, une vision de l'oeuvre du maître, une transposition, tout du moins, dans un univers dans lequel Raymond Queneau voulait amener son ouvrage, le roman policier, sans le faire.
Jean Vautrin, lui, fait cette transposition. Et l'on retrouve dans « Billy-ze-Kick » les sujets de « Zazie dans le métro ». le zozotement de Julie-Berthe n'est pas sans rappeler le sosottement de Zazie. La sexualisation de Julie-Berthe, 7 ans, obsédée par les sexes des hommes et des femmes, fait écho à celle de Zazie, 11 ans.
Mais outre cette sexualisation, c'est également le contraste entre une maturité précoce, l'âge de la protagoniste et ses problèmes d'élocution qui sont à rapprocher.
Les problèmes d'identités sexuelles sont également présents dans les deux romans, Gabriel, chez Zazie, omniprésente chez Billy.
Car, dans le roman de Jean Vautrin, tout n'est que sexualité, directe, indirecte et recherche identitaire.
Julie-Berthe elle n'est que le témoin de ses soucis d'adultes ou d'adolescents, tandis que tous les personnages gravitant autour d'elles en sont, eux, les jouets. Je passerai sur le tueur qui ne trouve son plaisir que dans la mort de l'autre, pour ne pas déflorer l'intrigue, mais on pourrait s'attarder sur la mère de Julie-Berthe qui s'épanouit dans la prostitution, celui d'Édouard, celui d'Alcide, le vieux suicidaire…
Mais ce problème identitaire n'est pas que sexuel, il est également statutaire. Personne ne trouvant sa vraie place ou la place qu'il aimerait trouver et devient complexé.
Que dire de l'inspecteur Chapeau qui, se trouvant trop petit pour en imposer, met des talonnettes et voit le rapport aux autres et son image auprès des autres changer à son avantage dès qu'il les porte.
Identitaire encore avec ce jeune schizophrène, ami et presque petit-ami de Julie-Berthe.
Mais Jean Vautrin, avant tout, peint toute une galerie de personnages hauts en couleur.
La vieille voisine qui écrit sur les murs de l'ascenseur tout ce qu'elle surprend des gens autour d'elle.
Le chef de Chapeau qui, en vacances, est harcelé par un lézard.
Chapeau, sa femme, les voisins...
Et c'est un univers loufoque et décalé qui est proposé aux lecteurs avec le talent de plume que l'on peut reconnaître à Jean Vautrin.
La construction du récit, elle aussi, est à louer, avec la boucle scénaristique, les scènes du supérieur de Chapeau qui se veulent une pause dans l'histoire...
Cependant, car il y a un « Cependant », pour moi, le personnage de Julie-Berthe est à la fois un atout et un problème dans ce roman.
Atout indéniable, car espiègle, drôle, et, surtout, personnage duquel naît l'intrigue.
Défaut, car un personnage contradictoire et un peu dérangeant. Son obsession des sexes, à 7 ans. Son rapport aux adultes (le vieux, le schizophrène...). Son langage, qui alterne entre mots d'enfant et vocabulaire d'adulte. Son désir de tuer, jusqu'à sa mère...
Bref, un personnage qui est, certes, à remettre dans son contexte (1973, hommage à Zazie...) mais qui, de nos jours, peut freiner quelque peu le plaisir de lecture comme certains rapports aux femmes ou aux étrangers (noirs, asiatiques...) peuvent également un peu altérer la le plaisir de lecture de textes du début du XXe siècle pour peu que l'on n'en soit pas coutumier.
Au final, un roman délirant, plaisant, parfois gênant, mais qui ne laisse pas indifférent avec des personnages hauts en couleur menés d'une plume alerte.
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zazimuth
  18 mai 2020
C'est vraiment un livre à part. J'ai été attirée par le titre et la couverture qui s'avèrent aussi déjantés que le style, les personnages et l'intrigue.
Je m'attendais à ce que le récit s'attache au personnage d'Hippo mais c'est bien plus complexe que ça et c'est finalement un peu l'histoire d'un immeuble.
Julie-Berthe, une sorte de Zazie plongée dans l'univers du Poulpe est aussi attachante que flippante^^.
L'écriture poétique et foutraque façon Boris Vian est carrément jouissive et l'ensemble m'a finalement rappelé la série des Malaussène de Pennac.
Un OVNI littéraire très intéressant.
Commenter  J’apprécie          82
gill
  01 juillet 2012
Ce livre fait partie de ceux qu'ils ne faut pas résumer, il est original, atypique et attachant.
Il faut faire confiance à Jean Vautrin et s'embarquer avec lui dans cette histoire de tueur de jeunes mariées.
Si la magie opère et que le récit vous emporte alors vous découvrirez une galerie de portraits qui font de ce récit un ouvrage original et superbe.
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myriampele
  10 novembre 2013
J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre au début. je trouvais le déroulé un peu confus et j'étais agacée par le zézaiement de Julie-Berthe. petit à petit j'ai fait connaissance avec tous les personnages et les ai trouvé profondément attachants. Les rebondissements aussi nombreux qu'inattendus font de ce "polar" un véritable scénario de film!
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth   18 mai 2020
L'entonnoir du monde moderne se rétrécit en passant par le Limousin. Quand la civilisation ressort dans les cailloux du Lot, c'est un goutte-à-goutte. L'eau elle-même se perd sous terre. On l'entend, on la devine au fond des grottes préhistoriques ou au bord des igues où quelquefois la charrue se plante.
La seule chose parisienne qui arrive jusqu'au Causse, c'est la télévision. On ne peut rien contre les ondes. Elles se promènent. C'est dans l'air, comme une maladie. Comme une foutaise. Comme une fatalité. On les capte au fond des maisons de pierre sèche : une voix qui parlerait d'en haut. Une espèce d'évangile en français. (p.101)
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zazimuthzazimuth   18 mai 2020
Il se retrouvait à la tête d'une ville-dortoir. Une espèce d'univers cosmopolite. Une cité comme on n'en construirait plus. ça, le Gouvernement l'avait annoncé. Because c'était un échec, les achélèmes. ces messieurs avaient reconnu tardivement leur erreur. la vie y était trop grise. Paraît que c'était chacun pour soi, que les gens ne communiquaient pas assez. Un ghetto de cages à lapins, de plantes grasses, de bagnoles à crédit et de télés en location. (p.37)
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zazimuthzazimuth   18 mai 2020
Elle se tenait recroquevillée juste sous la plaque du constructeur de l'ascenseur. C'était marqué : Otis Pifre. C'est plein de couples célèbres et anonymes dans le bâtiment. Voilà ce que se disait Hippo.
Roux et Combaluzier, Jacob et Delafon, par exemple. Il essaya d'imaginer le drame que représenterait une rupture entre ces gens-là. Il composa mentalement un télégramme affolé. C'était du style :
OTIS, REVIENS ! JE PARDONNE TOUT.
SIGNE PIFRE. (p.31-32)
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zazimuthzazimuth   18 mai 2020
Les hommes de l'Art psychiatrique peignaient ses syndromes avec un talent fou. Le fait qu'il marche chaque jour deux heures consécutives en n'inspirant que tous les vingt pas leur parut du plus grand chic. (p.13)
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zazimuthzazimuth   18 mai 2020
- Dites-moi Cordier ? Vous lisez toujours cette revue repoussante ? Ce torchon ? Ce truc qui vous fait rire et vous colle le hoquet pendant des heures ?
- Charly-Bebdo, Sir ? Oui - Hips ! - et c'est de plus en plus prophétique... Hips !
- Et en quoi, je vous prie ?
- Ils disent - Hips ! - que ça va être la merde, Sir. Hips ! Sauf votre respect, Sir. (p.43)
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Videos de Jean Vautrin (16) Voir plusAjouter une vidéo
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