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EAN : 9782221092651
310 pages
Éditeur : Robert Laffont (26/08/2002)
3.43/5   36 notes
Résumé :
Dans les environs d'Auxerre, en pleine campagne française, une jeune prof d'anglais, Louise Anarcange, est violée par six de ses élèves après une fête de fin d'année où elle était conviée... Le Journal de Louise B n'est pourtant pas, comme on pourrait s'y attendre, le portrait d'une génération désabusée et ultraviolente. Le thème du "viol en réunion commis par des mineurs", comme on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
saphoo
  13 mai 2016
Un roman remarquable non pas par l'histoire mais pour le portrait que nous offre l'auteur d'un être qui bascule dans la démence, il faut bien le dire. En effet sans être psychiatre, il me semble que le dédoublement de la personnalité relève de la schizophrénie. Une vrai réussite dans le scénario de cette folie qui s'installe au fil du temps, un incident bénin pour Louise A quand son père maltraite son premier amoureux. On comprendra ensuite les raisons qui ont fait agir le paternel ainsi, pensez donc, un homme touche à sa petite fifille tant aimée... Louise depuis cet incident se retire dans une bulle protectrice, le cocon familial, une vie bien rangée de prof de collège quand un soir tout dérape. le texte laisse entrevoir Louise B qui se dessine, on ne sait pas clairement, si le drame que va subir Louise A n'est pas aussi de son fait ou si c.est déjà Louise B (son double diablesse) qui prend naissance ou si c'est vraiment cette violence qu'elle subit qui est le fait déclencheur de cette folie. Puis il y a encore cette bulle familiale, qu'elle fait éclater, est ce une révélation ou ce trop plein de contenu depuis tant d'années mêlé à ce viol de ses propres élèves, qui la fait "péter les plombs". Louise B grandit, envahit Louise A, et c.est le début d'une folle vengeance.
Au fil du temps, on comprend cette vie étouffée par un trop plein d'amour couvé par son père limite incestueux, et une mère complètement prostrée dans cette infâme impuissance face à son mari envahissant la vie de sa fille.
Louise B est la parallèle de Louise A, et tout la beauté d'un texte en miroir est remarquable, avec des instants de lucidité, puis de faiblesse ce jeu du chat et de la souris. On espère que la souris finira par échapper au chat à cette démence. Un espoir naît quand Louise croise le chemin d'un être meurtri comme elle, violé. Un rapprochement, une lumière commence à jaillir, mais la fin se dessine sous d'autres auspices, il n'y a qu'une solution même si Louise B n'a pas dit son dernier mot, il semble pourtant au lecteur que le dénouement semble prendre la voie la plus sensée. Jusqu'au bout, on ressent cette souffrance que porte Louise, on aimerait l'aider, mais subir un tel acte y a t il une issue heureuse ? J'en doute. Je ne dévoilerais pas la fin qui ne m'a pas surprise outre mesure même si j'espérais qu'elle aurait su sauter dans le train de la seconde chance.
Très beau roman avec de très beaux passages , et cette interprétation magnifiquement bien peinte de la souffrance mentale. Un auteur que je ne connaissais pas ce fut une belle surprise. le seul point négatif à ce scénario, c'est le flic Roman et sa folie aussi de voir sa défunte épouse sur son chemin, je n'ai pas compris l'intérêt de ce personnage dans le détail de son histoire sans réel rapport avec Louise hormis professionnel.
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RAPHIKI
  28 juin 2017

Dès le début de l'ouvrage, VAUTRIN annonce la couleur en citant BAUDELAIRE, « Ah Seigneur ! Donnez-moi la force et le courage de contempler mon coeur et mon corps sans dégoût » et O'CONNOR, « Et ce sont les violents qui l'emportent »… une capitulation devant le Mal ? Nous sommes prévenus et entrevoyions déjà l'atmosphère peu rassurante et chaleureuse des sentiers à emprunter.
Chaque chapitre est introduit par une phrase d'accroche personnelle à l'auteur. L'ingéniosité du procédé réside dans le fait qu'une fois lue, vous ne pouvez vous refuser de dévorer les lignes qui se profilent. A l'aide d'une pointe d'acidité, VAUTRIN pique nos nerfs à vif, chatouille une curiosité voyeuse et malsaine.
Il joue des mots à la façon d'un virtuose, tantôt en adoptant un style puissant et cru, frappe sans relâche les notes, tantôt en se lovant dans la douceur d'une poésie bourgeonnante, du bout des doigts caresse son clavier. A travers cet habile langage, il s'efforce de révéler la lourdeur du chaos que renferment les coeurs et les esprits.

Étonnamment le thème du viol en réunion ne semble pas intéresser le romancier, il se focalise exclusivement sur la psychologie de son personnage. Il veut dire le corps souillé, la peau brûlée à vif, l'esprit dévasté et revanchard. Dans cette noirceur, reste l'espoir d'un monde plus juste.
Un roman porté par une écriture d'une rare puissance, bouleversant de franchise. Inquiétant par la rudesse du langage employé ou encore par la position dans laquelle le lecteur se retrouve ; il assiste et se substitue aux souffrances et jouissances de l'héroïne, un travail de transposition fort déroutant.
On a mal pour elle, on s'essouffle avec elle, on La devient entièrement, on l'usurpe.
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Altervorace
  18 septembre 2012
En quelques trois-cent pages, Jean Vautrin nous assène de nombreuses claques littéraires, la richesse du texte est incroyable. Cette histoire d'une prof qui subit un viol collectif commis par ses élèves aurait pu tomber dans beaucoup de mauvais pièges : le mélo, le sensationnalisme, les facilités. Pas une seule ligne ne m'a semblé de trop dans ce roman, pas un mot qui ne soit à sa place.
Louise B./Louis A. fascine et nous emporte dans un tourbillon d'émotions. Les mots sont âpres, empreints d'une poésie brutale et haletante. Autour de Louise se dessinent des personnages complexes et sombres. le père d'abord, à la limite de l'inceste, et le silence entre eux qui semble avoir donné à Louise un destin de victime. Lorsqu'elle parle à son père, Lousie monologue avec une violence terrible. le viol libère sa colère et sa haine de soi, les réveillent alors que depuis toujours la figure paternelle l'avait condamnée à se désamour d'elle-même. Louise ne change pas, elle se révèle, dans une brutalité maladive. A côté du père, central, se tient la mère, effacée, silencieuse, une ombre qui n'a pas su ou pu empêcher sa fille de grandir dans cette atmosphère malsaine. On en vient presque à soutenir Louise dans sa folie, à la comprendre, à l'encourager.
De l'autre côté nous avons Roman, un flic en plein deuil de son épouse bien-aimée. Finalement ce roman est celui des deuils. Deuil de soi-même pour Louise, des apparences pour sa famille, de son mariage pour Roman.
Soyons franc ami lecteur, le Journal de Louise B. est difficile à lire et d'une violence poétique sans fard. Un coup de coeur pour moi. Les mots de Jean Vautrin m'ont embarquée dans ce voyage au creux de la rage, de la colère et de la haine. Il y a peut-être des défauts dans ce récit, mais je ne les ai pas vu une seconde. Et même après avoir refermé l'ouvrage Louise continue à fasciner, à interroger, à émouvoir. Merci monsieur Vautrin.
Lien : http://altervorace.canalblog..
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migo
  11 novembre 2011
Themes de l'amour filial qui frole par instant un inceste larvé, jamais abouti mais qui détruit à petit feu.
Cette enseignante d'une trentaine d'années est toujours au foyer familial.
Elle ne vit qu'au ralenti, entièrement tournée vers son ego d'intellectuelle, sans fantaisie, sans amour et sans relations autre que son entourage de profs.
Une tournante, idiote montée par des ados aboutit à cette prise de conscience, faite de dégout d'elle même et de ses agresseurs, et qui petit à petit, fait place à un désir de vengeance à l'encontre de n'importe quel homme.
Malheur à qui se trouve sur son chemin.
En elle, 2 personnages, Louise A. d'origine et la Louise B. née de ces circonstances. C'est elle qui souffle les désirs les plus inavoués, le changement de look et sa haine de ses parents.
Drame, sans issue et refletant la transformation d'un être après de multiples refoulements de sa conscience.
A la lisière du polar et de l'étude psychologique.
Difficile, néanmoins de se passionner pour ce livre.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
EffeLouEffeLou   20 octobre 2014
"Elle est restée là pendant deux journées entières. Là, c'est-à-dire dans sa chambre-bibliothèque. Elle est restée là où sa mère lui apporte ses repas. Elle ne touche guère à la nourriture. Elle donne l'impression de retenir sa respiration comme si elle s'apprêtait à entendre une voix d'en-haut.
Son père ne lui rend plus visite.
Le docteur lui a fait passer par Astrid le journal du vendredi. On y relate le crime de l'Hôtel de Louksor.
Les chroniqueurs de l'Yonne Républicaine s'interrogent: "crime rituel ou crime sexuel? l'assassinat du footballeur auxerrois jette la population sportive dans la consternation. La police oriente son enquête du côté des milieux homsexuels."
Elle ne réagit pas. Elle ne se sent pas concernée. Elle est inerte, prostrée, consumée, enroulée dans sa couverture. Elle attend on ne sait quoi au juste. Son abdomen lui fait toujours aussi mal. Les yeux sur le vague, elle passe de longues heures avec son coussin plaqué contre elle. "
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EffeLouEffeLou   20 octobre 2014
" Un quart d'heure plus tard, ils sont à nouveau dans les rues. Il l'a exigé. Il clopine sur ses pieds enflés. Elle fait la tête et le suit. Elle chancelle sur ses escarpins.
- Tôt ou tard, je la rencontrerai, marmonne-t-il. Il grave sur Scotchie ses yeux méchants.
La pute ronchonne.
- On était si bien au lit.
- Tu oublies que je n'ai plus que quinze jours avant de partir pour Bordeaux.
- Quès que je vais devenir sans toi, Gros Paquet?
Scotchie se love contre lui et glisse son bras sous le sien. Elle ronronne. Elle dit:
- Tu m'as ensorcelée!
Scotchie-la-colle, il commence à comprendre son surnom. Il la regarde avec une grande méfiance. Les bras éclaboussés de suint et de boue, elle est molle et lourde et emplie d'odeurs. Elle le suivrait au bout du monde."
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EffeLouEffeLou   20 octobre 2014
"Une folie intérieure dont la maîtrise lui échappe à mesure que s'enfièvre son esprit monte en elle. Brusquement, il lui arrive de lâcher un cri de terreur. Elle donne l'impression de revivre un cauchemar. Elle se tient la tête et donne libre cours à sa douleur. Elle ne supporte pas qu'on envisage de la secourir.
Elle refuse qu'on l'approche. Qu'on la touche. Qu'on lui parle. Qu'on lui vienne en aide. Surtout pas les psychiatres. "
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voiliervoilier   16 septembre 2015
- Ah sac et sang ! J’ai la gaule ! s’étrangle le Polack. Voilà la rosée !
Il ferme les yeux.

- Lait bouillu, lait foutu annonce Scotchie.
Il perd sa semence.
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voiliervoilier   14 septembre 2015
On n’enferme pas un cheval emballé dans un sac en papier.
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