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EAN : 9782364685833
320 pages
Editions du sous-sol (19/08/2021)
4.09/5   27 notes
Résumé :
Le père rêve d’une éponge qui lave le passé.
La mère est partie, il dit qu’elle n’existe plus.
Sorti du monde, le fils poste des vidéos sur Internet et il écrit des poèmes.
La fille ne supporte pas la réalité trop proche et toutes ces personnes qui avancent avec leurs millions de détails.
La grand-mère entend les clignements et les soupirs de chaque moustique.
Tout ce qui leur arrive est dans l’ordre du monde.

La Sem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Marlaux
  09 novembre 2021
Dans ce récit captivant de Laura Vazquez, Salim et Sara vivent avec leur père, sorte de Shiva armé de mille éponges : la saleté l'obsède !
Jonathan et son colocataire squattent un appartement irrigué par une fuite au plafond. Rien de bien spectaculaire, seulement des gouttes sporadiques qui tombent dans leur assiette, pour affadir leur repas.
Leur voisin du dessus séquestre sa ribambelle d'enfants, à qui il flanque des torgnoles dès qu'ils lèvent le petit doigt. Aucun plombier ne sera en mesure de colmater cette foutue fuite au plafond. Intarissables, les gouttes d'eau s'écrasent comme des larmes sur la tête de Jonathan et du colocataire.
Laura Vazquez possède un art consommé des raccourcis poétiques. Et son écriture sensible exprime une empathie dénuée de sentimentalisme. Pour les enfants, en premier lieu. Aucun de ceux qui peuplent La Semaine Perpétuelle n'est épargné par le mauvais sort. La plupart des mères se sont volatilisées dans la nature – au sens propre pour celle de Salim et Sara.
Le coloc de Jonathan, plus âgé, joue les grand-frères, mais en mode écorché vif. Il ne faut pas le chercher : il aime se battre et mettre le feu. En attendant l'étincelle qui pourrait le faire exploser, il ronge son frein en s'adonnant à la lecture minutieuse des fiches techniques des meubles vendus par Amazon. A l'envers, bien évidemment, c'est tellement plus fun. Il aime « ne pas comprendre ».
Le sort s'est également acharné sur le père de Salim et Sara, torturé durant sa propre enfance. Dans la même veine, quelques pages relatent l'enfer vécu par un collégien, martyrisé par ses « camarades » avec un sadisme de tous les instants. Tout le collège lui crache et lui marche dessus. Loin de se plaindre, le harcelé en redemande. C'est un martyr exemplaire, il tendrait une troisième joue s'il en avait une.
Chaque enfant est donc livré à lui-même, dans le meilleur des cas. Salim ne se rend plus au collège. Et il ne veut plus se rendre nulle part, du reste. Avec son pote Jonathan, il se pose d'innombrables questions – sur des sujets farfelus ou existentiels, les enfants se fichent pas mal des hiérarchies et des cases.
Faute d'espérer tirer une quelconque réponse de leurs proches, ou de leur environnement réel, ils fouillent les forums d'Internet, partagent et visionnent quantité de vidéos, interagissent avec mille inconnus dans l'espoir de se frayer un chemin dans ce maquis anarchique.
Est-ce parce qu'ils se méfient du réel et des êtres que Salim et Jonathan préfèrent se cramponner à leur écran, y compris lorsque Salim se décide enfin à remettre le nez dehors ? Leur immersion dans le monde virtuel est peut-être d'époque, mais leur quête est intemporelle.
Contrairement au coloc, ils aimeraient comprendre – au moins un peu. Malgré leur jeunesse, ils sont obsédés par la mort. Ils s'interrogent sur le nombre astronomique de morts accumulés depuis des siècles. La supériorité numéraire des morts sur les vivants serait-elle uniquement numéraire, ou l'illustration que l'instant du vivant et le présent pèsent bien peu face aux legs et palimpsestes du passé ?
Les TOCs carabinés du père, notamment cette névrose spongieuse autour de la propreté absolue, portent-ils la trace de sa lointaine enfance de souffre-douleur, du départ brutal de son épouse, et des déboires qui ont abrégé sa vie professionnelle ? Difficile de savoir quelle utopie se cache derrière cette quête d'immaculé. Quelle baleine blanche melvillienne ce Capitaine Achab poursuit-il ? le père possède-t-il une éponge à baleines, susceptible de neutraliser Moby Dick ?
Le père est largué. Par ses enfants, et le vaste réel, qui ose résister à ses éponges pourtant vaillantes. Cela ne l'empêche pas d'aimer ses enfants, et de tenter de les guider, à l'aide d'adages de son cru, qu'il leur envoie par mail.
Quand il troque ses éponges pour une poêle, afin de préparer un « savoureux » repas en famille, il fait danser les saucisses au-dessus de la gazinière, sous le regard impavide de la grand-mère, qui agonise en douce auprès de ses petits-enfants. Nouvelle récurrence de la proximité entre les vivants et les morts.
Autre scène burlesque très maîtrisée : un collège se retrouve intégralement barbouillé de peinture blanche, tandis que les membres du personnel et les élèves revêtent un uniforme blanc, suite à de mystérieuses instructions de supérieurs hiérarchiques. Caricature de l'obéissance aveugle, écervelée. Critique des cadres (institutionnels ou conceptuels). Parodie des directives débiles parfois appliquées le petit doigt sur la couture, car « elles émanent du plus haut niveau » !
Souvent, dans l'imaginaire singulier de Laura Vazquez, un dérèglement bouscule la norme. Au début ça n'a l'air de rien, une personne en mord une autre… Mais l'épidémie se répand comme une traînée de poudre, et les mordeurs et mordus se multiplient. Ces événements insensés sont contés avec détachement, comme si tout cela était normal, d'une banalité confondante : « 32 morsures aujourd'hui, super ambiance au bureau. »
Laura Vazquez excelle dans la construction implacable de ces scènes surréalistes, teintées d'un humour flegmatique. Au fil de longs paragraphes, son art consommé de la reprise, de l'écho entêtant et de la variation fait merveille. Certains leitmotivs créent un comique de répétition. Robert ne parle pas, sauf pour dire le chiffre 18. Il aurait pu figurer dans le sketch Télémagouilles des Inconnus. Il aurait répondu 18 à chaque question, au lieu de « Stéphanie de Monaco ». Bien sûr, il est systématiquement à côté de la plaque, Robert, avec son perpétuel 18, jusqu'à ce que quelqu'un lui pose enfin la bonne question : Robert, combien font 9 et 9 ?
Les personnages parlent sans guillemets. Et leur parole sans camisole est cousue à même le tissu narratif. La langue est épurée, limpide, comme si le père l'avait récurée avec l'une de ses éponges abrasives. Dans La Semaine Perpétuelle, oralité et narration s'entremêlent subtilement. de page en page, la voix de Laura Vazquez se propage, portée par un indéniable sens du rythme et de la musicalité.
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denisheudre
  13 juillet 2021
Je n'aime plus les romans. Les intrigues qui s'entrecroisent pour perdre le lecteur dans les arcanes d'un suspense cuisiné selon des recettes maintes fois utilisées. Je n'aime plus les romans. Je leur préfère la poésie contemporaine. La poésie qui invente. La poésie qui émeut avec seulement quelques mots. La poésie qui va plus loin. Qui nous emporte bien plus loin.
Et Laura Vasquez est de ces poètes qui possèdent un vrai style, une vraie créatrice qui invente ses propres recettes. Ses propres jeux d'écriture qu'elle partage sur son site internet https://www.lauralisavazquez.com/ et dans sa revue Muscle.
Ce livre dit tellement de choses. Tellement plus qu'une simple histoire... Et dans le bandeau rouge, Chloé Delaume dit que ce roman est "follement inventif". C'est exactement pour cela que j'aime les romans écrits par des poètes.
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BenjaminMilazzo
  20 septembre 2021
La lecture de « La semaine perpétuelle », de Laura Vazquez, vous débarrasse des idées préconçues et des artifices dans lesquels la société nous baigne. L'autrice balaye les conventions. Elle déterre une part de notre innocence avec des questionnements que nous n'osons pas ou plus nous poser. Autour de ses différents personnages, Laura Vazquez compose un véritable vertige littéraire où l'insouciance vient percuter les formes de fatalité.
Ce roman choral résonne comme une symphonie où les partitions des personnages frappent le monde littéraire d'une réelle inventivité dissonante et captivante. À travers une écriture aussi frénétique que poétique, les personnages sont de multiples voix singulières qui surinvestissent le champ de leurs pensées et les interrogations sur la vie, pour tromper la mort.
Ce jeu de miroirs aux multiples facettes conduit le lecteur dans une oeuvre sensible qui n'est pas sans évoquer une forme de surréalisme ; l'humour décalé et la bizarrerie croisent la philosophie. L'oeuvre dépasse tous les cadres existants par son écriture subtile et envoutante. Les tournures parfois vous aspirent littéralement dans une spirale contemplative. Laura Vazquez nous conduit à interroger notre société et notre vie derrière le prisme des écrans, qui reflètent bien plus que les préoccupations des personnages.
C'est aussi un roman où la poésie des mots s'attache à la beauté. Poésie de la pensée, beauté de la contemplation, poésie de la banalité, beauté du vulgaire, poésie du tragique, beauté de la laideur, poésie de la peur et beauté de ce qui fait horreur. En exaltant la beauté dans son écriture, Laura Vazquez prouve que le roman peut se réinventer.
Sans concession son roman offre une nouvelle forme d'énonciation qui agit comme un tourbillon, une véritable révolution sur soi et pour la littérature elle-même.
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Charybde2
  25 septembre 2021
La folle danse langagière des soupapes de sûreté d'un monde qui écrase, réduit et in-signifie, transformant les vies en spectaculaires obsessions de l'instant.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/09/25/note-de-lecture-la-semaine-perpetuelle-laura-vazquez/
Microcosme, monde en petit, société réduite aux acquêts, soigneusement entretenue (même si la désinvolture semble y être une culture essentielle) par les obsessions de chacune et de chacun, sous des formes mutantes et inquiétantes, dès qu'on les observe de près. La mère décédée, le père ivre de nettoyage préventif et de conformité pour éviter d'attirer l'attention du pouvoir, quel qu'il soit, et les ennuis qui iraient fatalement avec. le fils Salim, poète instagrammatique du quotidien, pour qui tout est matière à coq-à-l'âne, à tentative de réenchantement, à télescopage spectaculaire (marchand d'une autre espèce), à mise en scène permanente du minuscule et du dérisoire qu'il s'agit de hausser chaque fois au niveau d'une préoccupation fondamentale et signifiante, au prix de contorsions intellectuelles inimaginables de prime abord (« Salim aima deux images dans son téléphone »), avec l'aide au rebond de son ami Jonathan, à la névrose encore plus visible, ou mieux dissimulée, selon le point de vue adopté. La fille Sara tente parfois désespérément de maintenir quelque sens dans la danse frénétique des instants sans lendemain véhiculée par les millions de voix solipsistes d'internet (« Parfois, Sara se demandait si c'était réel »). Quelques voisines ou voisins, fantomatiques ou ponctuellement incarnés, quelques (peut-être nombreux – qui sait vraiment ?) followers enthousiastes à l'attention si fugace malgré leur omniprésence, surtout lorsque l'un d'entre eux s'incarne en colocataire, des accidents de parcours à recycler séance tenante et incessamment, une logorrhée à tous niveaux essentielle qui doit faute de mieux faire tenir ces vies, si ce n'est debout en tout cas en vacillement non létal.
Avec cette « Semaine perpétuelle », publiée en août 2021 aux éditions du Sous-Sol, Laura Vazquez nous offre une impressionnante plongée, accompagnée de tourbillons et de vertiges, dans l'enfer d'un vide contemporain comblé à toute force par les obsessions envahissantes, érigées en systèmes de vie – ou de survie, systèmes diablement claudicants malgré leur vocation à marquer leurs micro-territoires sur les réseaux. Mobilisant sous forme de flashes lancinants, doucereux ou aveuglants, des dizaines d'instants magiques et sordides, absurdes et décalés, cette poésie de l'accumulation mixe avec une frénésie communicative des motifs pénétrants parfois aperçus dans des compagnies littéraires aussi diverses que Perrine le QuerrecLa ritournelle », 2017), Gary ShteyngartSuper triste histoire d'amour », 2010), William KotzwinkleFan man », 1974), Antoine BreaRoman dormant », 2014), Pierre BarraultL'aide à l'emploi », 2019), Alexander Dickowle premier souper », 2021), Arno CallejaLa mesure de la joie en centimètres », 2020), ou encore Frédéric ArnouxMerdeille », 2020). En forgeant ce langage-là, elle est capable de confronter les métaphores littéraires les plus imaginatives et sophistiquées à la boue des clichés les plus ordinaires, et d'examiner de près ce qui en résulte. Là où un Jean-Marc Agratile chien a des choses à dire », 2004) pratique avec un brio extrême, dans ses nouvelles, une terrifiante et hilarante ascèse de la perte de sens, Laura Vazquez organise au contraire la danse frénétique des soupapes de sûreté de cette insignifiance généralisée, largement portée à son degré de combustion spontanée par les miroirs grossissants enchevêtrés des réseaux dits sociaux, pour nous offrir une dantesque coulée volcanique de poésie de la profusion, de l'accumulation et de la tentative d'échappée explosive (ou d'une formidable poétique de l'idiotie comme l'évoque Lucien Raphmaj dans son superbe article de Diacritik, à lire ici).
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Mnemosynnaf
  21 septembre 2021
La dernière page de la Semaine perpétuelle est tournée. Quelque chose ne veut pourtant pas finir. J'aimerais me lover dans la poésie de Laura Vazquez, qui va inévitablement m'échapper. Se brouiller. Je fais déjà un effort pour appréhender totalement cette prose, les souvenirs que j'en ai, mais une sensation de flou me panique.
Le roman et les personnages de Laura Vazquez ont une beauté évanescente : ils sont leurs pensées. Ils sont les flux de pensées qui les traversent, et ces flux de pensées forment le tissu de la Semaine perpétuelle.
Certains parleront de roman choral. Je leur laisse le soin de la définition. D'autres diront qu'au coeur de ce roman, la pensée ne s'arrête jamais, qu'elle se déploie, qu'elle ricoche, qu'elle pulse et coule. Oui, Laura Vazquez a l'amour de la pensée, de l'idée menant à une idée, perpétuellement. Elle a l'amour des êtres traversés continuellement par les idées qui se forment dans leur esprit à leur contact du monde. Personne n'illustre mieux que Laura Vazquez l'image de la pensée comme d'une chaîne nous reliant aux autres et à la vie dans une logique infinie.
Contrairement à ce que j'ai pu entendre dans une émission de radio, La Semaine perpétuelle ne se moque pas du rapport de Salim, Sara et Jonathan à leur portable. Internet et les réseaux ont la forme tentaculaire de la pensée. Par ces intermédiaires, les personnages expriment leur amour de la beauté, leur amour du monde et du mystère. Toutes choses que Laura Vazquez nous donne à voir par un renversement du regard au moyen d'une sorte de focalisation sur l'invisible, sur les phénomènes ténus du vivant, ceux qui nous entourent mais que nous finissons par ne plus voir. Ceux que nous n'avons même jamais connus, la vie se déployant dans un mille feuilles vertigineux.
Dans le retrait de la vie sociale, Salim, Sara et Jonathan accèdent paradoxalement aux plis de l'existence, aux interstices où se cache une autre réalité, celle des requins vieux de 400 ans, celle "de tous les êtres dans le monde, les tigres, les mouches sur les carreaux", celle où "rien n'est dégueulasse en ce bas monde, car de la putréfaction naît le pur".
La Semaine perpétuelle est une expérience de lecture déconcertante et bouleversante.
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critiques presse (2)
LeMonde   09 janvier 2022
L’écrivaine et poète Laura Vazquez rappelle parfois Virginia Woolf à Camille Laurens, qui a été emballée par ce premier roman au ton décalé, sur l’idiotie existentielle d’un peuple ultra-connecté.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   20 octobre 2021
Un premier roman inclassable et hallucinant sur notre société numérique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   25 septembre 2021
Le colocataire manipulait un briquet en forme de pieuvre, il le faisait tourner entre ses doigts. Il dit : C’est un briquet rechargeable, je le branche sur mon ordinateur. Le colocataire pencha le front vers l’avant et il leva les yeux comme un démon, il remuait ses pâtes méchamment, il les salait beaucoup. Ses ongles étaient rongés au maximum, il s’arrachait les peaux jusqu’aux phalanges, et ses doigts étaient ronds. Jonathan dit : Il marche comment ce briquet ? Tu le branches et il fait du feu ?
Toute la pièce sentait le moisi. De gros champignons noirs stagnaient le long des murs. Au plafond, il y avait une fuite énorme qui se déplaçait. La fuite était devenue le centre de cet endroit. Une goutte tomba dans les cheveux du colocataire, il la fit glisser avec son pouce. Il s’était habitué à faire glisser les gouttes, c’était devenu un tic. Il l’étala sur son front, il ne leva pas les yeux, il mit une pâte dans sa bouche, il l’avala sans mâcher. Une goutte tomba dans l’assiette, il dit : Si on devait comprendre tout ce qu’on utilise, on n’utiliserait rien. Est-ce que tu comprends ta bouche par exemple ? Tu comprends la prononciation de chaque lettre dans ta bouche ? On n’a pas besoin de tout comprendre, on ne pourrait rien faire en comprenant les choses. On ne pourrait plus faire nos lacets, on ne pourrait plus mâcher. Heureusement, on ne comprend pas, on ne peut pas l’expliquer, non ne comprend pas le feu, mais le feu est bien, le feu est beau. On le voit, le feu est beau. J’ai brûlé des maisons avec ce briquet, je t’ai déjà raconté ? Mais je préfère brûler des appareils électriques. J’achète souvent de petits appareils électriques, j’achète des calculatrices et je les brûle. Les petites calculatrices pas chères dans les supermarchés, je les achète et je les brûle. Je brûle des piles, je brûle des machines. J’ai mis le feu dans un frigo un jour, devine ce qui s’est passé.
Il a explosé ?
Comment tu sais ? Tu lis mes mails ?
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gavarneurgavarneur   14 octobre 2021
Dans une ville comme Paris, les rats dévorent 800 tonnes d'ordures par jour. Malheureusement, ceux qui nettoient sont perçus comme des êtres sales, c'est désolant. C'est ça l'humanité, c'est l'ignorance. Accuser les rats de saleté, c'est comme accuser les fleuristes de pousser dans la terre, [...]
page 153
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VitruvienVitruvien   31 août 2021
Maintenant, je vais vous dire une chose et vous allez la noter sur votre bras. Écrivez-la sur votre bras : si un sentiment décide de votre vie, vous êtes comme une chaussure. La chaussure a besoin d'un pied. La chaussure ne peut pas avancer sans pied. Mais Le pied n'a pas besoin de chaussures pour avancer, le pied n'a pas besoin de chaussure pour sortir, il n'a pas besoin de chaussures pour marcher. Le pied existe et c'est un pied. S'il n'y avait pas de pieds, il n'y aurait pas de chaussures, mais si il n'y avait pas de chaussures, mes pieds existeraient. Si un sentiment décide de votre vie, les choses passent dans votre corps, vous avez besoin qu'elles passent comme les chaussures ont besoin de pied.
p.27
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Charybde2Charybde2   25 septembre 2021
Une tête ne tombe pas, elle ne peut pas tomber. Elle est reliée par un fil qui descend jusqu’en bas de la personne, et si la tête tombe, le reste tombe. Il ne faut pas casser notre tête, mais on peut casser nos membres. Quand on se casse un membre, on se souvient du membre. Quand une dent s’infecte, elle vibre à l’intérieur, on dirait qu’elle nous parle. Quand on pince une main, elle apparaît. On crève un œil, et cet œil devient le centre de la personne. En vérité, le corps est mou. Les personnes sont molles. Leurs mains sont molles, elles sont plus tendres que le bois, plus molles que le plastique ou que les carapaces, elles sont plus molles que les fruits, elles sont plus tendres que la plupart des choses dans le monde. On pourrait les percer, ce serait simple, avec une aiguille, avec un clou, ce ne serait pas la peine de forcer. Traverser les mains, avec une pique, un bout de bois, rien de plus simple. Perdre les mains et qu’elles pourrissent, des mains qui tombent, il resterait les bras. Mais pas la tête. La tête ne tombe pas.
Certains robots portent une tête comme un ornement. On change leur tête, on la dévisse, on change leur apparence, ils gardent le même esprit. Salim imaginait des robots, plusieurs villes de robots dirigés par des robots. Une famille de robots dans une maison normale, le bruit de leurs pas dans les escaliers, ils discutent, ils mangent. C’est une famille ordinaire. Il arrêta d’imaginer. Il se regardait dans l’écran de son téléphone, son visage changeait. Le miroir est en train de parler, le miroir est orgueilleux et triste. Salim dit : Tu veux quoi ? Le miroir est en train de se taire.
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denisheudredenisheudre   10 juillet 2021
Sarah écrivit le mot OMBRE dans son téléphone. Elle regarda des vidéos d'ombres. Elle dit : L'ombre est souvent dans notre dos, mais l'ombre devrait nous doubler, elle devrait passer d'abord. Chaque fois qu'elle s'arrêterait, on n'aurait qu'à s'arrêter. Chaque fois que l'ombre disparaîtrait, on s'effacerait, on n'aurait pas besoin de penser. Quand les bébés découvrent l'ombre, ils croient que c'est un animal. Elle montra la vidéo d'une petite fille qui voyait son ombre pour la première fois et qui courait en pleurant. Salim leur demanda s'ils pensaient qu'on pouvait déchirer une ombre. Sara pensait que non. Jonathan ne répondit pas, et Salim dit : C'est sûrement dans un laboratoire avec de gros moyens et de grosses machines. Il écrivit la phrase :

j'attache mon ombre dans le jardin
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Videos de Laura Vazquez (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laura Vazquez
A l'occasion des Correspondances de Manosque 2021, Laura Vazquez vous présente son ouvrage "La semaine perpétuelle" aux éditions du sous-sol. Rentrée littéraire automne 2021.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2546333/laura-vazquez-la-semaine-perpetuelle
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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