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EAN : 9782266320405
304 pages
Pocket (10/11/2021)
4.52/5   149 notes
Résumé :
Un document pour l'Histoire qui donne à lire la voix de Simone Veil.

À la fin des années 1990, David Teboul, consacre un documentaire à Simone Veil. C'est le point de départ d'une amitié qui va durer jusqu'à sa mort. Au fil des années, il enregistre plus de quarante heures d'entretiens. L'intimité entre Simone Veil et David Teboul est telle que c'est à lui que les enfants de Simone Veil confient la cérémonie du Panthéon. Ces enregistrements, donnent a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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migdal
  19 janvier 2020
Le chignon de Simone Weil faisait le bonheur des caricaturistes à la fin du siècle dernier, il aura permis à David Teboul de rencontrer ce symbole de la génération Shoah, d'enregistrer sa voix de déportée à Birkenau (dans une usine Siemens) puis de la faire dialoguer avec Denis Vernay, sa soeur emprisonnée comme résistante, de partager une mémorable fumerie avec Marceline Loridan-Ivens, éternelle insoumise, et enfin d'échanger avec Paul Shaffer, l'amoureux qui offrit à Simone une raison de survivre.
Illustrés de nombreuses photos de la famille Jacob, à Nice avant et pendant la guerre, ces témoignages sont bouleversants, et l'ouvrage d'une lecture facile, grave dans la mémoire du lecteur le message de résistance chère à l'ancienne ministre.
La formule « le poids des mots, le choc des images » nous met sous les yeux un ouvrage abordable dès l'adolescence, qui apporte sa contribution au « devoir de mémoire ».
Je craignais un discours académique, j'ai été conquis par ces échanges à bâtons rompus. J'ai cheminé page à page cette semaine dans ce récit que je conserverai à portée de mains pour donner envie à nos enfants et petits enfants de mieux connaitre ces héros et ces martyrs.
N'oublions jamais leurs sacrifices !
Merci à David Teboul et à l'éditeur pour la qualité de ce livre.
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palamede
  25 mars 2020
Dans Une vieSimone Veil se racontait, directe et entière, dans ses nombreux combats, dont le plus essentiel avait été de tenter de protéger la vie de sa mère de sa soeur et la sienne alors qu'elles étaient plongées dans l'enfer des camps. Dans L'aube à Birkenau, David Teboul a convaincu Simone Veil de revenir sur son enfance, sa déportation et les conséquences sur sa vie. Un témoignage, si c'est possible plus fort encore que celui d'Une vie, associé à des photographies du temps de l'enfance heureuse puis des premières inquiétudes et difficultés jusqu'à l'éclatement de la famille dû à la guerre et à ses terribles conséquences pour les juifs. Simone Veil, une femme hors norme par le regard qu'elle pose sur ce qu'elle a vécu, avant pendant et après les camps, qui par son témoignage bouleversant et essentiel nous exhorte à ne pas oublier ce qui a été fait aux juifs, pour que ça ne recommence jamais.
« ... il ne m'est pas possible de dissocier le souvenir sans cesse présent, obsédant même, de six millions de Juifs exterminés pour la seule raison qu'ils étaient juifs.
Six millions dont furent mes parents, mon frère et nombre de mes proches. Je ne peux me séparer d'eux.
Cela suffit pour que, jusqu'à ma mort, ma judéité soit imprescriptible.
Le Kaddish sera dit sur ma tombe. »
Simone Veil
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
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RAMBAUD
  31 décembre 2019
Le destin tragique d'une de ces dames que l'on regarde dans bas. Une histoire bouleversante que l'on souhaiterait effacer, mais que nous ne devons jamais oublier. Parfois la honte d'être humain, tant il peut être cruel, mais aussi la fierté de se sentir du côté des opprimés, de ceux qui comme Simone Veil on su garder malgré les pires humiliations leur dignité.
Un grand respect pour cette femme hors du commun.
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Ogrimoire
  13 février 2020
On ne peut qu'être touchés en lisant la vie de cette femme. Elle tente de nous expliquer comment elle a été déshumanisée par ses bourreaux mais également comment elle s'est relevée de ces terribles moments qui l'ont marquée à vie. Simone Veil nous livre ici un témoignage terriblement intime, elle se met à nue devant le lecteur mais également pour le lecteur. Dans quel but ? Dans le but de ne jamais oublier et d'en tirer des connaissances.
Simone Veil ne se pose pas en victime et nous remarquons même que dans ce quotidien si terrible elle et son amie Marceline nous font le récit d'une fois où elles arrivent à déjouer la vigilance des Kapos pour se retrouver au coin d'un Block et redevenir quelques instants des jeunes adolescentes. C'est tellement touchant et à la fois tellement perturbant de voir comment ces deux femmes évoquent ce souvenir quasiment le sourire aux lèvres.
Simone Veil nous livre également ses débuts en politique et sa peur de ne pas être légitime. Mais ce qui ressort de ces entretiens concernant son activité politique, c'est son côté tenace et son envie de faire bouger les lignes. Elle est active et engagée même si elle subit des moqueries ou même des propos antisémites, elle reste là ancrée dans le sol, fidèle à sa ligne de conduite.
Ce livre est incroyablement touchant, par sa construction mais également par sa simplicité. Côté construction, j'ai trouvé que les dialogues apportent un plus, cela nous permet de nous sentir encore plus proche de cette grande dame – cela confirme ce qu'a dit Jean d'Ormesson lors de son discours à l'Académie Française, que Simone Veil est la femme, la mère, l'amie rêvée par beaucoup d'entre nous ! Enfin, j'ai aimé ce côté un peu « brouillon » du livre où Simone Veil dérive parfois dans ses paroles, on sent que ces entretiens sont pleins de sincérité, d'humilité et de spontanéité.
Un grand livre pour une grande dame.
Lien : https://ogrimoire.com/2020/0..
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Levant
  18 décembre 2021
Dans les camps, des barbelés les enfermaient à l'écart du reste du monde. Rescapés, une barrière est restée. Une séparation persiste entre ceux qui ont connu cette funeste expérience des camps de la mort et les autres. Il y avait ceux qui étaient dedans et les autres nous dit George Semprun dans le grand voyage. Les premiers savent que nul ne peut envisager, imaginer et même croire à cette vie hors du temps, hors de l'humanité. Mais au-delà de ce souvenir de l'enfer, l'amertume qui assombrit la renaissance à la vie des rescapés est de constater, de déplorer que leur expérience ne rend pas le monde meilleur.
Voilà un ouvrage auquel nul ne peut rester insensible. Emotion pure que les paroles retranscrites par David Teboul dans ce recueil d'entretiens en forme de témoignage de la part de cette grande dame dont la gravité nous troublait lorsqu'il nous arrivait de la voir à l'écran : Simone Veil.
Outre le texte, cet ouvrage comporte nombre de photos : les visages fermés de ceux qui ont échappés au sinistre destin auxquels ils étaient promis, les visages juvéniles de ceux qui le resteront parce que figés pour l'éternité. Des photos qui fendent le coeur quand on sait qu'elles nous disent l'innocence, l'espoir d'avenir qu'il y avait dans les yeux des enfants. Que leur sourire a été effacé par une volonté humaine, laquelle avait conçu et mis en oeuvre une industrie de mort.
Simone Veil nous raconte les camps. Et la vie après. Quand il a fallu vivre avec ce souvenir qui lui a volé son adolescence. David Teboul lui a suggéré des entretiens avec d'anciens déportés : sa soeur Denise, Marceline Loridan-Ivens, Paul Schaffer pour qu'ils échangent leurs souvenirs. Sachant qu'entre eux il n'y aurait pas cette barrière de l'incrédulité. Car même ceux qui ont visité Auschwitz-Birkenau ou autre sinistre lieu de mémoire ne peuvent se faire la moindre idée de ce que c'est d'avoir été déchu de son statut de personne humaine, et promis au sort des choses : l'incinération ou l'enfouissement sans autre forme de considération.
Les chapitres sont séparés de pages entièrement noires. Les mots sont lourds de souvenirs glaçants. Les visages sont beaux et graves. Les sourires appartiennent au passé, avant les camps. Après, c'est la maturité sévère. le regard tourné vers l'intérieur, vers la mémoire. Voile noir tendu au travers d'un chemin de vie.
Ils resteront des personnages solitaires de ne pas être compris à hauteur du traumatisme subi par un monde oublieux et futile. Leur peur est désormais de voir à nouveau le voile noir fermer l'horizon. Tant que l'enfant n'est pas tombé, on peut lui dire que le sol est glissant. Il ne le croit pas.
Grande, grande restera cette dame qui a mis toute ses forces dans le combat pour que l'humaine nature n'oublie pas qu'elle porte aussi en elle le gène du mal, et que celui-là il ne faut le laisser prospérer. Pour que cela ne recommence pas. Jamais.
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critiques presse (1)
Telerama   16 décembre 2019
Un an et demi après l’entrée au Panthéon de cette femme désormais iconique, le livre “Simone Veil, l’aube à Birkenau”, signé du documentariste David Teboul, nous la révèle, plus bouleversante que jamais. On y découvre son enfance, et surtout la façon dont son expérience terrible de la déportation marqua le reste de sa vie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   26 juin 2022
Il me semble que, depuis plusieurs générations, ce sont les mères qui incitent les filles à se battre pour leur indépendance.

J'ai rencontré beaucoup de femmes, dans différents pays, occupant des fonctions importantes, aussi bien en politique que dans le monde économique. Lorsque je leur demandais D'où vient votre envie de vous battre? », elles me répondaient le plus souvent; « De ma mère, »

La plupart étaient issues des classes moyennes où les mères ne travaillaient pas. A la génération de nos mères, le discours adressé aux filles a effectivement changé.

Nos mères nous ont incitées à faire des études, elles nous ont dit: « Ne faites pas comme nous. »
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BaudelaireVioletteBaudelaireViolette   26 juin 2022
Quelques jours plus tard, j'ai insisté pour l'enregistrer lisant son texte. Sa voix disant « le Kaddish sera dit sur ma tombe » a inauguré la cérémonie de son entrée au Panthéon. Il est naturel qu'il termine L'Aube à Birkenau.
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migdalmigdal   21 janvier 2020
J'aurais eu honte que l'on diffuse « Le Chagrin et la Pitié » à la télévision. A l’époque, peu de gens ont eu le courage de dire que ce film donnait une image tendancieuse et fausse du comportement des Français.

Dans les années 1990, un retournement d'opinion s'est produit. On s'aperçoit, quand on veut bien regarder les chiffres, que c'est en France que la proportion d'enfants sauvés a été la plus importante. Et si ces enfants ont été sauvés, c'est parce qu'il y a eu des familles de tous les milieux sociaux, des plus modestes aux plus aisés, qui ont pris des risques.

Sur l'ensemble des Juifs vivant en France avant la guerre, vingt-cinq à trente pour cent ont été déportés alors que, dans plusieurs pays voisins, on atteint parfois une proportion de soixante-quinze à quatre-vingts pour cent.

Les Juifs néerlandais ont été éliminés à plus de quatre-vingts pour cent. En Grèce, il ne reste rien de la communauté juive de Salonique.
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migdalmigdal   20 janvier 2020
Aller où ? Comment vivre loin de chez nous si nombreux ? Il fallait aussi affronter le danger du transport. Nous avons été très soulagés d'apprendre que mon oncle et ma tante avaient réussi à passer en Suisse. Ils y avaient de la famille et avaient pu s’y rendre. Mais si ma famille avait tenté d'entrer en Suisse sans papiers, sans relations ni caution financière, nous aurions sans doute été refoulés.

Le manque d'argent n’était pas le seul handicap.

Il est arrivé que l'argent ne serve à rien.

Des familles très connues, très fortunées, ont été arrêtées et déportées.

Ce fut le cas, par exemple, de la famille Camondo. J'avais une camarade de classe issue d'une famille très proche des Camondo. Elle s'était cachée à Caen, ce qui ne s’est pas révélé beaucoup mieux que Nice, mais elle en est sortie saine et sauve. Ses parents, eux, ont été déportés en tant que personnalités juives. Ils sont partis à Bergen-Belsen, et bien qu'assez âgés ils en sont revenus.

Leurs cousins Camondo, eux, ont tous été déportés.
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migdalmigdal   19 janvier 2020
Sur la question des mariages mixtes, mon père n’avait pas de préjugés. Un jour, je lui ai posé la question : «Est-ce que ça t’ennuierait si je me mariais avec quelqu'un qui ne soit pas juif ?»J’avais peut-être alors un garçon en tête, je ne sais plus, je voulais savoir ce qu'il en pensait. Ce devait être en 1943, en pleine Occupation. Et mon père m'a répondu : « Oh, non ! Le mariage est une décision individuelle, personnelle, et jamais je n’essaierais de t'influencer, mais moi je n'aurais pas épousé quelqu’un qui ne soit pas une Juive ou une aristocrate. » Comme cette réponse m'étonnait, il a continué : « Pour moi, la culture, c’est quelque chose de fondamental, et dans les familles juives ou aristocratiques, le livre existe depuis des siècles. » II estimait qu'il y avait un acquis, un héritage, une transmission de culture liés au livre, et que tout cela comptait. Ce n’était pas une question d'argent ni de snobisme, mais une question de culture.
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