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ISBN : 2864324407
Éditeur : Verdier (10/03/2005)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Notre rapport à la médecine dépasse la réalité car cette science nous semble détenir une part de notre destin. De ce diagnostic découle l'évidence d'une " médecine imaginaire ". Si la pratique de cet art, la maladie et ses thérapeutiques cristallisent l'imaginaire de chacun, ces images sont étonnamment hétérogènes : la connaissance s'y mêle avec l'obscur, la raison à la folie.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Tandarica
  19 novembre 2016
Auteur découvert à partir d'une recherche comportant le mot "précis". Je tentais de trouver un "Précis de littérature roumaine", et voilà qu'accidentellement je me retrouve dans le cabinet du docteur Venet. le hasard fait résolument bien les choses. Qui aurait pu l'imaginer ?Je me suis régalée avec ces brèves : santé ! Quatre parties : « Vademecum de sémiologie médicale », « Premières esquisses d'un traité des ondes », « Névroses pianistiques (Quelques précisions) », « Imprécis de thérapeutique », pour un maître-mot : jubilation. Allez, sans « mépris », un dixit pour la fin : « Les drames se nouent si vite quand on baisse la garde, les coeurs s'arrêtent si facilement. » (p. 104)
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MarianneL
  19 octobre 2013
Dans ce récit de 2005, sous forme de lexique et de fragments qui semblent paver le chemin pour un projet littéraire beaucoup plus vaste, Emmanuel Venet, psychiatre lyonnais féru de musique et de littérature, montre avec poésie et humour, comment sa carrière de psychiatre trouve ses racines dans ses souvenirs d'enfance, son désir de dominer le piano – ce qu'il appelle sa névrose pianistique.
En quatre parties – Vadémécum de sémiologie médicale, Premières esquisses d'un traité des ondes, Névrose pianistique, quelques précisions, et enfin Imprécis de thérapeutique – ce livre forme un miroir poétique des fantasmes, des conversations entendues et des croyances d'enfants sur le corps et la maladie. L'auteur évoque ses après-midis d'enfance quand, cloué par une angine sous sa couverture, il échappait à l'école pour plonger dans les livres, des dimanches bien réglés et marqués par l'ennui dans les jardins familiaux, l'évocation d'un monde sur le point de disparaître, au tournant des années 1970.
Ce Précis de médecine imaginaire est aussi celui de l'apprentissage de l'humilité du psychiatre face à la maladie, qui reconnaît la lucidité du malade en dépression, un refuge contre la réalité impensable du monde, et comprend le paranoïaque, dont la maladie plonge « ses racines dans une monstrueuse soif de justice, de pureté et de victoire, ce fonds commun de l'enfance que déçoit, défaite après défaite, la vie. » Emmanuel Venet, avec modestie et humour, partage l'évolution de sa propre névrose pianistique, quand adulte il accepte enfin l'imperfection, la possibilité d'une erreur ou même d'une défaite dans une interprétation, longtemps perçue comme une lutte avec l'instrument, une tauromachie.
[Myopie] «J'apprécie d'être myope. Au moins, quand on me bassine trop, j'enlève mes lunettes, et renvoie les gêneurs aux brumes préhistoriques d'avant mes six ans. Qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit d'un petit meurtre, ni plus ni moins.»
[Saturnisme] « Sous ce nom splendide se cache une maladie médiocre, l'intoxication au plomb. La Faculté essayait de nous y intéresser en nous parlant de van Gogh et des pinceaux maculés tenus entre les dents, des ciels hurlants et de l'oreille offerte à une putain, sans oublier les derniers plombs tirés dans les blés d'Auvers. Elle nous signalait aussi les vieux marchands de journaux du temps de la linotypie qui, matin après matin, se léchaient un doigt, victimes finalement de la toxicité des habitudes. »
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Zonaires
  01 septembre 2017
Brefs récits d'une poignée de maladies que vous avez toujours rêvé de contracter et de quelques autres qui au décours d'une fièvre atypique vous ont été révélées. Tel pourrait être le sous-titre de ce Précis de médecine imaginaire qu'Emmanuel Venet, se propose de conter. Que reste-t-il de nos maladies d'enfance ? Quelles extravagances, quelles résistances, quelles transgressions mettions-nous alors à l'oeuvre pour traverser les épreuves de la vie ou pour simplement rester à la maison quand le monde du dehors ne raisonnait pas à notre goût ? de quelles meurtrissures passées tirons-nous aujourd'hui profit pour s'arranger de nos nouvelles indispositions ? L'auteur, devenu médecin psychiatre, égrène avec tendresse et bienveillance, délectation et ironie, ces obscures affections qui de temps à autre nous habitent et qui à l'occasion orientent notre destin.
Il y est bien sûr question des petits arrangements avec le symptôme quand le mal fait irruption du côté d'un manque à être, quand l'émoi vient dire ce qu'il en est du moi, quand la douleur impose silence et obscurité, quand les doux leurres s'effondrent, quand un mot reste en travers de la gorge, quand les nerfs se mettent en pelote et fleurissent sur la peau, quand sifflent les oreilles et que la langue fourche, quand l'oeil se met à tourner ou que le sang se fait encre, quand enfin la pesanteur fantasmatique des maux devient un véritable casse-tête.
Ce précis n'est pas un livre chevillé au savoir médical, il explore savamment les effets d'une médecine qui échappe à la raison et qui, au delà de la simple clinique, nous transporte au seuil de l'inconscient.
De quoi en être tout retourné !
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luocine
  06 janvier 2017
Ce sont de courts textes à dégus­ter pour se guérir de la moro­sité. J'avais d'bord mis 4 coquilla­ges, car certains textes (surtout la partie sur les ondes) me plai­saient moins que d'autres. Mais j'ai suivi le conseil de Keisha : relire ces petits textes au hasard et non pas à la suite. Tous sont alors de petits bijoux . elle en a reco­pié sur son blog qui m'a pous­sée à ache­ter ce livre , à mon tour je vous en offre un et si je réus­sis à vous séduire tout le livre d'Emmanuel venet se retrou­vera sur nos blogs !
Lien : http://luocine.fr/?p=7259
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Charybde2
  09 octobre 2016
Santé et maladie, corps et âme, folie et raison : un extraordinaire baume poétique interstitiel.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/10/09/note-de-lecture-bis-precis-de-medecine-imaginaire-emmanuel-venet/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   15 juillet 2019
Un matin de mi-juillet 1976, Gérard G. réformé des chemins de fer et législateur à temps plein, eut subitement l’idée d’une loi réprimant les abus de langage. Au prix d’un immense effort intellectuel, il réussit à la concevoir intégralement dans la journée, et s’accorda au crépuscule une promenade en ville. Curieusement, une foule assez dense se dirigeait vers le centre-ville, désireuse sans doute de manifester son adhésion au réformisme radical. Tout en se laissant porter par le flot bon peuple, Gérard G. se répétait, pour le plaisir, l’article premier de son texte : « Tout abus de langage sera sanctionné, au minimum, par la claque. »
Suivaient des subtilités juridiques étourdissantes.
À la nuit tombée, la municipalité lui fit la surprise d’un feu d’artifice et tout s’éclaira. Gérard G. salua à sa valeur l’initiative et, bien que peu en fonds, s’octroya un bock dans un bar à Populaces. Il percevait clairement la gêne de la clientèle : un couple d’ivrognes se livraient à des tendresses factices, une tablée d’étudiants chahutait sans entrain, et les éternels piliers de bistrot lui jetaient des regards torves. De toute évidence, chacun surveillait son langage. Il jugea utile de délivrer à la cantonade une opinion très positive sur le feu d’artifice, à quoi seule la patronne répondit en grognant : « oui, avec nos sous ! ». Tout le monde semblait avoir compris que Gérard G. appartenait aux Élites, ce qui est bien entendu le rendait infréquentable aux Populaces, mais il y trouvait matière à se rengorger.
Peu avant minuit, comme il est rentrait chez lui à pied, il croisa deux péronnelles qui parlaient fort en pouffant. Lorsqu’il arriva à leur hauteur, il entendit très distinctement la voix de l’une d’elles dire à son adresse « Testicule », alors que les donzelles faisaient toujours mine de jacasser entre elles.
L’abus de langage était flagrant, avec la circonstance aggravante qu’il était commis avec dissimulation par les Populaces à l’encontre d’une Élite. Magnanime, Gérard G. appliqua la peine minimale prévue par la loi, à savoir la double claque. Les condamnées jouèrent d’abord les interloquées, puis se mirent à insulter avec véhémence. Récidive légale qui leur valut la quadruple claque à laquelle elles tentèrent de se soustraire en hurlant. Délit de fuite, on s’acheminait vers un verdict terrible quand deux quidams s’interposèrent. Des teigneux. Il y eu échauffourée, mais par chance quatre Divinités arrivèrent prestement en voiture à gyrophare à la rescousse du législateur, et les autres protagonistes se dispersèrent. Tuméfié, saignant du nez, Gérard G. fut enchanté de pouvoir expliquer son cas au poste où sa qualité d’Elite fut aussitôt reconnue. Bien que récente, sa loi semblait déjà très appréciée, et il fut traité selon son rang. Hélas, suite à une erreur de procédure, on l’orienta vers un établissement psychiatrique peu adapté à son cas. Il n’eut aucune peine à s’en évader le surlendemain.
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charlottelitcharlottelit   17 novembre 2011
nul doute que la bêtise peut prospérer chez certains psychiatres
jusqu'à les rendre sourds. que certaines relations
thérapeuthiques peuvent tourner à l'assassinat de l'âme.
Et que les hurlements de détresse d'une femme désespérée
pêuvent être traités par le bâillon.
Quand au contexte de famine hospitalière, personne ne songe
aujourd'hui à en contester la réalité.
Parmi les logiques dont la Mère de Charles Juliet et 50.000 autres hospi
talisés ont été victimes, il faut compter : l'impéritie administrative,
l'incompétence médicale et la loi du plus fort dans les cuisines ....
Attentivement lettres d'ami(es) Charles Juliet la cause des causeuses
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charlottelitcharlottelit   17 novembre 2011
Notre époque a oublié cet ABERRANT SACRIFICE de
générations d'élèves doués et désireux d'aller au lycée
mais barrés à douze ans par leur extraction modeste.
votre mère, Charles Juliet, en a fait les frais.
lettres d'ami(e)s à Charles Juliet, attentivement.
(MERCI Monsieur Emmanuel Venet d'avoir mis au jour
cette abomination que vous nommez, avec justesse,
SACRIFICE : combien en furent victimes !! dixit charlottelit).
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Charybde2Charybde2   09 octobre 2016
Si notre mère cultivait une passion pour les maladies mortelles, elle n’attribuait pas à toutes la même puissance symbolique. La cirrhose alcoolique, le cancer des fumeurs ou l’infarctus des goinfres ne représentaient jamais que la légitime sanction de vies déréglées. En revanche, les maladies qui abattent jeunes des êtres sans vices lui procuraient un délicieux vertige métaphysique. A la maison, on ne se lassait pas des récits de leucémies et de cancers, et plus le mort était jeune et vertueux, plus fascinant était son mal. Comme si on mourait davantage de mourir tôt et sans y être pour rien, ce qui se défend : les pages nécrologiques regorgent de vieillards entrés dans l’éternité par paliers, dont le décès apparaît comme la ratification tardive d’un état de fait. Le saut de l’ange a plus d’allure, surtout si l’on ignore les raisons du plongeon. (Maladie bleue)
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Charybde2Charybde2   09 octobre 2016
Ma mère aimait beaucoup bavarder avec celle de mon ami Bonnardier, malgré leurs quinze ans d’écart. Toutes deux partageaient une même passion pour les maladies, surtout les maladies mortelles. Ma mère souffrait d’arthrite, celle de Bonnardier d’arthrose. Quand elles se rencontraient au marché de Monplaisir, elles n’en finissaient pas de se raconter leurs martyres respectifs et se livraient à un âpre concours de symptômes. Du côté de ma mère, les fulgurances dans les doigts, du côté Bonnardier les hanches broyées le soir. L’échange se terminait toujours sur un hypocrite constat d’égalité, chacune emportant au fond d’elle la certitude d’avoir gagné la manche.
Entre gens atteints de maladies aux noms si proches, on s’attend à une connivence instinctive. Il n’en est rien : les arthrosiques comprennent très mal l’arthrite, et vice-versa. Aux uns la douleur de simplement peser, aux autres un mal aggravé par l’ankylose. Aux premiers la douleur du soir, aux seconds celle du matin ; mal de vieux contre mal de jeune, évolution chronique contre poussées aiguës. Convenons que l’arthrite, médicalement parlant, sonne plus grave, mais la mère Bonnardier avait plus d’ancienneté dans la maladie et plus de pathos dans ses formulations : son statut d’invalide ne souffrait aucune discussion. (Rhumatismes)
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