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EAN : 9782268073088
276 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (17/11/2011)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 8 notes)
Résumé :
De ce livre, on sort changé. Il est né des interrogations d'un historien témoin de son temps. Il répond dans un esprit neuf aux questions que se pose notre époque. Qu'est-ce qu'un Français ? Ques-ce qu'un Européen ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?
Pour Dominique Venner, l'Europe n'est pas née du traité de Maastricht. Elle est issue d'une communauté de culture qui remonte à la plus lointaine préhistoire. Elle se définit comme le souvenir d'une civilisation... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
NewHorizon
  03 février 2016
Dominique Venner, historien, directeur de la Nouvelle Revue d'Histoire, fut l'auteur de nombreux ouvrages. Connu du grand public après s'être donné la mort au coeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2013, il nous a livré ici un plaidoyer en faveur de l'identité des Européens. Pas question ici de glorifier l'Europe de l'Union Européenne, mais une Europe des peuples et des nations. Par les temps qui courent, il est en effet primordial de rappeler ce que sont les Européens, d'où ils viennent et ce qui doit les unir. C'est pour faire face au délitement des identités et des nations ainsi qu'à l'inversion des valeurs traditionnelles que Dominique Venner a écrit ce livre. Ce n'est pas un livre d'histoire à proprement parler, son intention « est de favoriser la libre réflexion du lecteur à travers un foisonnement créateur ». En opposition au nihilisme, l'auteur propose l'enracinement.
L'Europe a été marquée par les indo-européens dont l'organisation trifonctionnelle va se répandre largement (fonction sacrée, militaire et productive) : l'auteur fait le parallèle avec les dieux du panthéon Européen qui sont souvent organisés de la même manière, afin d'instaurer une harmonie nécessaire mais on la retrouve aussi dans l'organisation des institutions. Outre l'organisation tripartite, la langue indo-européenne est à l'origine des langues européennes. Elle sera reprise dans toutes les cultures européennes. Le regard tourné vers le nord, comme les Grecs, ils ont cherché une origine septentrionale : c'est le mythe de l'Hyperborée, « le pays des Dieux ». Venner reprend le terme « Boréens » tout au long de son ouvrage pour indiquer une différence avec l'indo-européeanité, afin de ne pas amalgamer ethnie et langue.
Pour l'historien, l'oeuvre fondatrice, à qui l'on doit tout n'est autre que l'Iliade et l'Odysée d'Homère, poème épique qui insufflera les valeurs européennes, ces textes « sont l'expression grecque de tout l'héritage constitutif du noyau européen ». Les exploits d'Ulysse ou d'Hector incarnaient un héroïsme tragique devant le Destin. L'oeuvre d'Homère a d'ailleurs été à l'origine de nombreux débats en philosophie, discipline profondément européenne elle aussi (reprise par Héraclite, les néo-platoniciens, etc…). L'apport de la culture grecque ne s'arrête pas là : L'Histoire est aussi une invention européenne avec Hérodote, « Père de l'histoire ».
Sans avoir de notion d'appartenance à un ensemble européen, l'identité s'est créée face à l'ennemi extérieur, c'est le cas des Hellènes contre les Perses notamment. Malgré les tensions qui peuvent subsister entre les cités voisines, les Grecs se réclament du « même sang ». La virtù et la dignitas, déjà présentes dans l'oeuvre d'Homère sont des éléments essentiels de l'héritage romain. La rigueur du stoïcisme d'Epictète dont Marc Aurèle est l'un des plus grands représentants le sera aussi.
Puis vient le Moyen Age, qui malgré la nouvelle religion, le christianisme, garde ses racines profondes. La langue, le latin, est empruntée aux Romains et les contes populaires celtiques ne cessent pas. Le christianisme, sans être d'origine européenne, s'inscrit dans la continuité. Les châteaux forts et les cathédrales marqueront tout l'Occident. Ainsi l'imaginaire arthurien, le Roman du Graal, Perceval, seront des éléments indissociables des mentalités européennes (symbolique de l'épée, quête de la sagesse, etc..). C'est aussi le temps de la noblesse d'âme de la chevalerie et de la fascination du combat dans les tournois.
Et le rôle de la femme dans tout ça ? Venner insiste sur les différences fondamentales qui existent entre les hommes et les femmes (fonction émettrice / réceptrice). Ces différences sont à la fois physiques, biologiques, mentales. Aucune misogynie ici : les hommes et les femmes sont complémentaires. Contrairement à la nouvelle vague féministe qui souhaite faire des femmes des hommes, l'auteur revient sur le rôle spécifique de la femme en Europe et l'imaginaire de l'amour courtois au XIIe siècle.
Enfin Dominique Venner revient sur des notions historiographiques. Il réfute la vision linéaire de l'histoire et y voit une histoire cyclique (à l'image du Ragnarök). La notion de décadence est analysée : l'Europe d'aujourd'hui est souvent comparée avec la chute de Rome. Pour l'auteur son manque d'homogénéité ethnique en est l'un des facteurs.
Quelques points sont discutables, notamment sa datation. L'auteur nous donne une date, une borne : « 30 000 ans d'identité ». Il remonte ainsi à la préhistoire où les Hommes nous ont fourni nos premières oeuvres d'art : les gravures et peintures rupestres « spécifiques à l'Europe et à elle seule ». Sur ce point, je reste sceptique, il existe des oeuvres rupestres partout à travers le monde, par exemple en Indonésie (vieilles de 40 000 ans et les représentations animales sont déjà présentes), il est donc difficile d'y voir une préfiguration de l'identité européenne. De même, il défend l'idée du recours à l'uchronie (même s'il n'en fait pas usage dans ce livre) afin d'élargir le champ des possibles, mais quel en est l'impact sur le réel ? Les différents sujets sont parfois expédiés rapidement, mais l'auteur donne des clefs de compréhension et les références à d'autres ouvrages sont nombreuses.
Malgré ces quelques points, il n'en demeure pas moins que c'est un livre d'utilité publique. Les sujets sont tellement nombreux qu'il serait trop long de tous les évoquer (un chapitre est consacré au nihilisme et au saccage de la nature). Forcément, les tenants de la pensée occidentale actuelle, incarnant la négation des identités (sauf celles des autres !), seront choqués d'un tel ouvrage. Il est pourtant inutile de s'insurger, pour Dominique Venner : « Chaque peuple porte une tradition, un royaume intérieur, un murmure des temps anciens et du futur ». Ce livre est toutefois indispensable à quiconque souhaite sortir des sentiers battus et percer le voile de la propagande insufflée quotidiennement. Car si les Européens sont riches dans leur diversité, ils sont les dépositaires d'une « même histoire et d'un même héritage spirituel ». Un ouvrage qui permet de retrouver ses racines, non pas pour s'y terrer, mais pour permettre à l'Homme européen de s'élever en ayant conscience de sa nature profonde et de son identité millénaire.
Ps : étant nouveau sur Babelio et ne connaissant pas la politique du site, j'espère que ma critique ne sera pas censurée. J'imagine qu'un livre sur les traditions des peuples africains ne poserait pas de problème.
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FRANCOISELEBLOG
  02 décembre 2017
selon Venner, les caractéristiques de l'esprit européen sont avant tout une certaine idée de l'amour, la volonté et une quête de la sagesse, un sens tragique de la destinée et un héroïsme du désespoir, une exultation du héros intrépide, brusquement terrassé par le destin ( c'est une constante : Napoléon, Roland, Vercingétorix adopté tardivement comme « premier héros national français ») et enfin une recherche d'harmonie entre le clan, la cité et la libre individualité.
Le lecteur doit être prévenu : l'auteur est connu pour ses réflexions critiques envers le christianisme, et ce livre ne fait pas exception. Dominique Venner y développe une critique acerbe de cette religion, jugée extérieure à l'esprit européen et créatrice d'une certaine schizophrénie chez l'européen. Cependant, il fait en parallèle l'éloge de la spiritualité chrétienne face au nihilisme contemporain (page 200) par rapport à la question du rapport à la sexualité.
Livres à lire pour aller plus loin : l'art du roman de Milan Kundera, Politique d'Aristote, Ethique à Nicomaque d'Aristote, les oeuvres de Chrestien de Troyes, le roman de la Rose de Guillaume de Lorris, l'Héptaméron de Marguerite de Navarre, Mémoires de Mme de la Guette, le communisme de marché de Flora Montcorbier, Bernard de Clairvaux, Saint François d'Assise, Dit de Franc Gontier de Philippe de Vitry, Ovide, Virgile, l'âge d'or de la forêt de Sophie Cassagne-Brouquet et Vincent Chamberlhac, le temps des cathédrales de Georges Duby
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
EwigkeitEwigkeit   22 août 2019
En dépit des croisades, la méfiance réciproque ne connut qu'une trêve relative. La querelle des guelfes et des gibelins prit naissance dès cette époque. La fracture s'accentua au temps de la Renaissance. Dans les villes d'Italie d'abord, puis de Germanie, de France et d'ailleurs, surgirent d'arrogantes statues équestres jusque sur le parvis des églises. Elles proclamaient le retour du héros et son éternité. Ce que firent aussi les toiles du Greco, de Vélasquez, du Titien ou la très subversive estampe de Dürer, où l'on voit le Chevalier marcher vers son destin, indifférent à la fois à la Mort et au Diable. En Allemagne d'abord et dans bien d'autres pays, le succès foudroyant de la Réforme tint pour une large part au soutien de la noblesse hostile à Rome et fidèle aux valeurs de la féodalité. À partir du XVIIIe siècle, siècle du divorce de l'épée et de la foi, les ruptures que provoquèrent les grandes crises européennes étaient également contenues dans les héritages contradictoires de l'Europe.
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EwigkeitEwigkeit   22 août 2019
La chevalerie n'est pas la noblesse, même si elle en permet l'accès par la voie des armes. La noblesse a une fonction politique liée en partie à la naissance et à un enracinement territorial. À la différence de la noblesse, la chevalerie n'est pas héréditaire. C'est un ordre auquel on accède par cooptation. Dès l'origine, au XIe siècle, surtout dans le Nord, on y trouve des fils de la plus haute aristocratie d'origine carolingienne, mais également des hommes d'armes issus parfois de la paysannerie. Au XIIe siècle, la chevalerie est devenue une communauté éthique qui est bien autre chose qu'un groupe professionnel. Son prestige se mesure au fait qu'à partir du futur Louis VI, armé en 1097, à l'insu de son père, tous les rois de France tiendront à se faire armer chevalier, ce que fera encore François Ier, au soir de Marignan, par la main de Bayard.
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NewHorizonNewHorizon   04 février 2016
La logique purement matérialiste de la parité a triomphé le jour où l'armée américaine a expérimenté pour son personnel féminin un bizarre instrument permettant aux soldates d'uriner debout à la façon des hommes. Greffer un pénis masculin sur une anatomie féminine, cela résume l'ambition et l'impasse du féminisme. Son horizon n'est pas le féminin, mais le masculin. Son but ultime est de faire de la femme une copie du mâle, en adoptant le style et les valeurs masculines, donc en niant les valeurs de la féminité.
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DanieljeanDanieljean   27 juin 2018
Notre monde ne sera pas sauvé par des savants aveugles ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants, par ceux qui auront forgé l' épée magique dont parlait Ernst Jünger, l'épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. Notre monde sera sauvé par les veilleurs postés aux frontières du royaume et du temps.
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NewHorizonNewHorizon   04 février 2016
Chacun veut se montrer digne de ses ancêtres et parvenir si possible à un rang plus élevé que le leur. " Ma vie a enrichi les vertus de ma race, fait inscrire Scipion l'Africain sur son tombeau. J'ai engendré des enfants, j'ai cherché à égaler les exploits de mon père. J'ai mérité la louange de mes ancêtres, qui se sont réjouis de me voir né pour leur gloire. Ma dignitas a rendu fameuse ma race."
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