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Critique de Takalirsa


Takalirsa
  30 avril 2022
A force d'entendre parler de ce livre, j'ai eu envie de le découvrir à mon tour. La narratrice y décrit la réalité du couple derrière les apparences et tous les non-dits qui peuvent exister entre une épouse et son mari.
Après quinze ans de mariage, elle est toujours follement amoureuse de son mari, c'est même une obsession. Chaque moment de sa vie est organisé autour de lui afin de toujours mieux lui plaire, mais sans le lui signifier ouvertement. Elle le soupçonne en effet de ne plus l'aimer autant, déplorant que « la passion s'est éteinte pour laisser place au quotidien » (ce qui est, somme toute, normal). Tout le monde lui dit qu'elle « a trouvé la perle rare et épousé le prince charmant » mais elle a l'impression que son mari est « brutalement devenu un inconnu pour moi ». Elle a notamment le sentiment que « il ne met pas de mots sur les choses, c'est à moi de comprendre ». Elle se sent réduite à son apparence physique (c'est une très belle femme) et en même temps elle semble obsédée par le paraître. C'est quelqu'un de très complexé par ses études et ses métiers (professeure de français en lycée et traductrice d'anglais) bien qu'elle adore ce qu'elle fasse : « Je ne viens pas du même milieu social et culturel que lui mais j'ai tellement fait d'efforts pour le cacher que je crois qu'il l'oublie souvent ».

Plus les jours passent, plus cette femme semble étrange, voire dérangée. Elle a une vie très codifiée, avec une couleur et des habitudes précises pour chaque jour. le plus troublant, c'est le « carnet de punitions » où elle consigne quotidiennement les « manquements », selon elle, de son mari : parole et geste trahissant son indifférence à son égard, ou pire, son mépris (« La liste de mes peurs est longue ») et comment elle a décidé d'y réagir à sa façon. le plus souvent c'est puéril (déplacer ses affaires), parfois c'est choquant mais dans tous les cas inutile car le principal concerné ne paraît pas en avoir conscience.
En fait la narratrice occupe son temps en ruminations et en projections, imaginant sans certitude ce que son mari peut bien penser d'elle. On a l'impression qu'elle vit une relation fantasmée (« J'aime tellement fort que je me consume dans mon propre amour, en analyses, en jalousie, en doutes »). C'est une incorrigible romantique qui a une vision très romanesque de la vie (« dans mon monde à moi », tout devrait être surprenant voire excessif, comme dans un livre ou un film). En fait c'est « une amoureuse de l'amour » qui aime la mise en scène, peut-être davantage que son mari lui-même.

Du lundi au dimanche, on sent les ressentiments s'accumuler et l'on s'attend à ce que cela se termine mal dans ce rapport de force vaguement égocentrique pour garder son emprise sur l'autre. Il n'en sera rien, et même si l'épilogue offre une jolie pirouette, on se serait attendu à une chute plus dramatique.
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