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EAN : 9782253026112
275 pages
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.93/5   21 notes
Résumé :
1941 : un jeune officier allemand, cultivé et francophile, est l'hôte imposé d'un homme et de sa nièce. A cette intrusion de l'"ennemi", ils répondront par un inaltérable mutisme : pas une phrase ne sera échangée pendant leurs longs mois de cohabitation, en dépit des tentatives du jeune homme qui aimerait partager avec eux ses convictions humanistes. Mais sous la calme surface des eaux, c'est toute "la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Ambages
  24 février 2018
« Et qu'il valait de vivre, puisqu'on pouvait espérer un jour extirper ce pire, faire refleurir ce meilleur. Peut-être. » - Désespoir est mort -
Mon premier Vercors et j'ai adoré cette écriture, ces déchirements de l'âme et du coeur. La douleur de la guerre, des choix et des rencontres ainsi que des désillusions.
Et c'est un recueil de nouvelles ! j'aime tant. Ma préférée... le silence de la mer, puis L'imprimerie de Verdun. Une écriture très belle, faite de lourds silences puissants qui fracassent l'esprit. Des jetés de pensées qui m'ont très fortement touchée. Cet auteur est étonnant également dans sa manière de rendre les descriptions si visuelles : « il ouvrit la bouche et je vis l'horrible langue tordue, racornie, noire et déchirée, qui s'enroulait comme un escargot cuit. » - le songe -
Très impressionnée par ce recueil.
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thisou08
  03 mai 2022
Au cours d'une conversation à bâtons rompus avec ma petit-fille, nous avons parlé, entre autres, du "silence de la mer".
C'était pour elle un bon souvenir scolaire. Je ne me rappelais pas si je l'avais lu ou pas et comme elle en parlait si bien, je l'ai emprunté.
J'ai trouvé cette nouvelle très puissante.
Le silence comme seule arme contre l'occupant, c'est très fort.
L'indifférence du silence qui peu à peu se lézarde.
Bien sûr, cette stratégie n'aurait pas pu fonctionner avec tout autre que Werner von Ebrennac.
Quant aux autres récits, ils m'ont tellement ennuyée que j'en ai abandonné la lecture.
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Rhapsodie
  04 avril 2020
Cet ouvrage est un recueil de courtes nouvelles de Vercors : on y trouve bien sûr le silence de la mer, mais aussi Désespoir est mort, Ce jour-là, le cheval et la mort, L'impuissance, L'imprimerie de Verdun et La marche à l'étoile.
Mes deux nouvelles préférées furent le silence de la mer, le meilleur de tous je dirais, et Ce jour-là.
L'auteur, de sa belle plume, arrive à nous immiscer dans l'ambiance de la guerre à un moment donné, dans un contexte précis. Une impression, un sentiment, raconté du point de vue d'un personnage.
Dans le silence de la mer, nous avons trois personnages : le narrateur et sa nièce, qui vivent sous le même toit et s'allient dans leur silence, et un Allemand venu vivre chez eux pendant la guerre contre la France.
Les deux Français s'unissent contre l'Allemand avec leur seule arme : le silence.
L'Allemand pourtant est un gentilhomme. Il parle, il est très poli, a toujours un mot gentil. Au fur et à mesure du récit, on se prend presque d'affection pour lui, il est honnête. Un humain reste un humain, peu importe sa patrie, et surtout peu importe la politique et les quelques gouvernants à la tête de son pays.
On sent le désespoir et l'horreur envahirent nos trois personnages. L'Allemand doit partir, horrifié, désolé, et après des longs jours de silence, il obtient un triste et déplorable : "Adieu".
Nous pouvons sentir toute la froideur de ce texte qui réfère à la guerre, cassée pourtant par la gentillesse et la chaleur de l'Allemand qui parle de la culture de la France avec beaucoup d'amitié. La guerre détruit, casse, rompt au silence.
Peut-être ce très lourd silence est-il la meilleure réaction et attitude à avoir dans ce contexte... face à l'absurdité, face à l'horreur, peut-être ont-il trouvé dans ce silence commun un acte de résistance.
Ce jour-là est très intéressant car il est vu à travers les yeux d'un petit garçon. Un jour, son père l'emmène en promenade. Mais ca ne se passe pas comme d'habitude : il lui sert très fort la main, ils ne s'arrêtent pas comme d'habitude à certains endroits rituels... Puis, maman a l'habitude de toujours déposer un pot de géraniums au bord de la fenêtre quand ils partent. Et ce jour là, une fois arrivés en haut de la colline, le petit garçon et son père s'aperçoivent que le pot de fleurs a disparu. Son père le dépose en vitesse chez une certaine dame. Puis il s'en va, il disparaît. On cache des choses qu'on ne veut pas dire au petit.
Tel que le silence, le petit ne dit rien et se met juste à verser des larmes. Pas besoin de comprendre les détails, nous comprenons de la même manière que ce petit le sens du danger, la peur, l'abandon, la tristesse.
Et pourtant, malgré la noirceur et la lourdeur du thème de la guerre abordé, ces nouvelles sont légères, courtes et agréables à lire.
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metraux73
  20 mai 2018
Jean Bruller, alias Vercors, parvient dans son recueil de nouvelles à plonger le lecteur dans une réflexion sur la fidélité à ses proches et à la Patrie. Les non-dits de l'auteur laissent planer un sentiment de malaise et force l'imagination au fil des pages. Une certaine colère peut se présenter au fur et à mesure de la lecture lorsque les personnages n'ont pas conscience de la situation vers laquelle ils se précipitent et l'abîme qui les attend... Des récits poignants surtout quand on connaît la fin de l'Histoire...
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Givry
  16 septembre 2021
Ce texte digne fait réfléchir, à l'aune de notre époque, au sens du devoir citoyen.
Un officier allemand réside dans une chambre d'une demeure habitée par une jeune femme et son oncle. L'allemand est exalté d'être en France, qu'il admire tant, heureux d'un rapprochement entre les deux pays.
Lui est opposé à ce discours un silence de la part de la jeune femme. Son oncle, médusé, adopte la même attitude. le soldat est fin, cultivé, il capitule. A-t-il d'autre choix ? Comment peut-il le supporter ? Doit-il leur en vouloir ?
Il n'y a pas de bons et de méchants, que des personnes uniques, qui n'ont rien demandé et qui subissent leur situation.
D'autres nouvelles suivent. Une en particulier est saisissante, celle d'un jeune autrichien, passionné par la France, qu'il ne connait qu'à travers ses lectures. Nous sommes à la fin du 19ème siècle. Il va jusqu'au bout de son rêve, franchit les frontières à pied, renonçant à une vie toute tracée et confortable. Il s'installe à Paris, fonde une famille. On comprend bien après que son fils est mort au combat pour sa patrie lors de la première guerre mondiale. Et il découvre ensuite que sa patrie adorée ne lui rend pas sa loyauté aveugle.
Très fort et cruel.
Lien : http://objectif-livre.over-b..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AmbagesAmbages   24 février 2018
Nous le voyons bien que l'homme est décidément une assez sale bête. Heureusement l'art, la pensée désintéressée le rachètent.

L'impuissance
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Video de Vercors (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Vercors
Sur la terrasse de l'hôtel du Palais à Biarritz, Olivier BARROT évoque la vie de Vercors. D'abord illustrateur sous le nom de Jean Bruller, il devient agent secret pendant la guerre, fonde une maison d'édition avant d'écrire "Le silence de la mer". Illustration par des dessins de Vercors.
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