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ISBN : 2804012492
Éditeur : Espace Nord (30/11/-1)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Verhaeren, broyeur de syntaxe, forgeur de formules qui marquent, cracheur de mots sonores qui disent l'écartèlement du monde, les massacres intérieurs, les paysages déchirés, les cervelles à la torture. Verhaeren aussi des vents marins, des plaines mornes et des villages où les hommes dans leur métier - meunier, cordier, fossoyeur, forgeron - grandissent aux dimensions du mythe...

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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  14 juin 2016
Pour le fond, Christian Berg a résumé les thèmes privilégiés de Verhaeren avec son oeil bien torve : « Mais ces images de ruts cosmiques, de ripailles gigantesques, de kermesses exubérantes font déjà preuve d'une « hypertrophie inquiétante » qui trahit une profonde angoisse pour les germes de mort et de pourriture que toute vie porte en elle ».

Pour le mouvement, Emile (un Emile !) lui-même a su exprimer la métamorphose qui nous étonne et qui réduit les échelles entre le micro et le macrocosme : « J'ai recherché […] à créer des symboles non pas avec des héros, mais avec des gens tout simples et ordinaires. Pour éviter le terre à terre et le quotidien, je m'appliquai à grandir leurs gestes et à mettre ceux-ci d'accord avec l'espace et les éléments. L'intervention de la nature me fournit le moyen d'illimiter sur le plan de l'imagination maîtresse ces humbles vies de passeurs d'eau, de sonneurs, de menuisiers, de meuniers et de forgerons ».

Pour la forme, il faut lire. Et apprendre par coeur, c'est important d'apprendre par coeur les beaux poèmes, pour les réciter le soir quand on ne dort pas, ou pour traverser les longues rues des villes et accompagner le clignotement des feux de circulation.

[Heures Mornes]
« Oh ces longues heures après ces longues heures,
Et sans trêve, toujours, et sans savoir pourquoi ;
Et sans savoir pourquoi ces angoisses majeures ;
Oh ces longues heures d'heures à travers moi ! »

[Inconscience]
« Quand je suis seul, le soir, soudainement, parfois,
Je sens pleurer sur moi l'oeil blanc de la folie. »

[Le roc]
« Aurai-je enfin l'atroce joie
De voir, nerfs après nerfs, comme une proie,
La démence attaquer mon cerveau ? »

Etc.
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Floyd2408
  14 juin 2016
Merci à Babelio et aux éditions Labor pour ce recueil de poème d'Émile Verhaeren reçu pour la dernière masse critique.
Ce poète Belge m'est connu grâce à Stefan Zweig dont je suis un lecteur assidu, il dit de lui dans sa biographie,
Et c'est pourquoi l'heure est venue de parler d'Émile Verhaeren, le plus grand de nos lyriques d'Europe et peut-être le seul des hommes de nos jours qui ait eu la conscience claire de ce que le présent enfermait de poésie, qui ait su en dégager la forme artistique, qui, avec une émotion et une habileté technique incomparables, ait pour ainsi dire sculpté le poème de notre temps. Toute notre époque se reflète dans l’œuvre de Verhaeren. Tous ses aspects nouveaux y sont envisagés : les sombres silhouettes des grandes villes, la tempête menaçante des foules populaires, les mines avec leurs puits, les cloîtres silencieux qui meurent dans l'ombre lourde. Il n'est pas aujourd'hui de force spirituelle qui chez lui ne soit devenu poème : l'idéologie, les conceptions sociales subversives, la lutte sans merci de l'industrie et de l'agriculture, la puissance démoniaque qui tire les hommes hors des saines campagnes pour les jeter aux agitations brûlantes des grandes cités, tout le tragique de l'émigration, les crises financières, les conquêtes éblouissantes de la science, les conclusions de la philosophie, les acquisitions des arts et des métiers, jusqu'à la théorie impressionniste de la couleur. Toutes les manifestations de l'activité moderne se reflètent dans l’œuvre de Verhaeren et s'y transmuent en poésie.
Ce préambule décris avec précision ce que Emile Verhaeren fût et sera, ces mots seront marqués au fer rouge de son sang Flamant, de ce pays berceau de son cœur, de cette métamorphose qui bouleverse les mœurs et les habitudes, Émile Verhaeren devient l'icône de toute une génération celle du changement et de la révolution industrielle où l'urbanisation assèche les campagnes de ses habitants,,
Petite biographie de ce poète belge Flamand d'expression française, car à l'époque, les familles bourgeoises flamandes parlait le français même si la langue officielle était le Flamand. Émile Verhaeren est né à Saint Amand, dans la province d'Anvers en 1855 et mort à Rouen en 1916. Il fait des études de droit à l'université catholique de Louvain, mais abandonne cette carrière juridique pour l'écriture. Ses premières œuvres sont plutôt parnassiennes de l'Art pour l'Art, puis elles s'orientent vers le symbolisme. En 1887, victime d'une crise de neurasthénie, il s'isole du monde et exhale la profondeur de son spleen dans un ensemble de trois recueils : La Trilogie noire. Puis, dans les années 1890, le poète se réalise dans la poésie de la modernité. Son enthousiasme poétique du monde moderne qui se cristallise devant lui, la désertion des campagnes et la naissance des grands complexes industriels dont il exaltera la beauté dans une trilogie : Les Campagnes hallucinées (1893), Les Villages illusoires (1895) et Les Villes tentaculaires (1895), est un chant Mystique, une prière suprême souligne Zweig dans sa biographie de 1910 sur Verhaeren. Ses poèmes le rendent célèbre, et son œuvre sera traduite et commentée dans le monde entier.
Ce livre regroupe des extraits de poème de la trilogie noir, des poèmes en proses et Les villages illusoires, œuvres incontournables de ce grand poète belge.
Lorsque mes yeux ont commencé la lecture soudain Charles Baudelaire, comme un écho lointain, est venu murmuré sa mélancolie dévorante, un souffle Baudelairien émane de ces vers sanguins. Lorsque la Belgique carrefour de l'Europe, à la croisé de la France, de l'Allemagne, verse sa grandeur moderne dans les poèmes d'Émile Verhaeren, la puissance des mots bouillonne mes veines comme la lave d'un volcan, la modernité de l'époque jaillit avec une hallucination présente presque palpable.
Ce condensé de poèmes narre la complexité sociale de l'Europe en mutation et relève une part autobiographe de notre poète Belge flamand, ses crises le coupant du monde pour accoucher de la trilogie noire où la mort rode ses crocs dans la plupart de ses poèmes, un pessimiste passager, étape vers un état d'âme plus aigu, qu'il affirmera dans les "confessions de poète" puis dans Impressions.
Les Villages illusoires cœur de la trilogie les Campagnes hallucinées et les Villes tentaculaires expriment la désertification des campagnes face à l'urbanisation frénétique, la mutation d'une société industrielle au détriment de l'agriculture, une vision moderne d'une Europe en effervescence.
Émile Verhaeren dans ce romantisme-futurisme m'a complétement suspendu à ses mots, ces poèmes ont réussi à caresser mes sentiments, j'ai acheté la biographie de Stefan Zweig pour connaitre ce poète et j 'aspire à ce lyrisme Victorien.
J'aime me perdre chaque soir dans plusieurs de ses poèmes pour songer ma nuit de cette mélancolie apaisante.
Voici pour finir un passage me renvoyant à mon enfance perdue
Le silence
(...)
Et les hameaux qui l'avoisinent,
Sous les chaumes de leurs cassines,
Ont la terreur de le sentir, là-bas,
Dominateur, quoique ne bougeant pas ;
Mornes d'ennui et d'impuissance,
Ils se tiennent, sous sa présence,
Comme aux aguets — et redoutent de voir,
À travers les brumes qui se desserrent,
Soudainement, s'ouvrir, dans la lune, le soir,
Les yeux d'argent de ses mystères
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bdelhausse
  09 mars 2016
Une sélection de poésie en vers et en prose qui rend un bel hommage à Verhaeren. Si les textes en prose ont un peu vieilli, les poésies en vers sont d'une fraîcheur incroyable. Quand je pense qu'adolescent, j'avais ce genre de textes en horreur. Les redécouvrir des années plus tard m'a permis d'y mettre les deux pieds dedans et de m'y complaire encore et encore.
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Sarah_DD
  03 juin 2008
J'aime ses vers tordus et ses thématiques "début XXe siècle".
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   18 août 2019
Et c’est la paix ardente et vive, avec ses urnes
De régulier bonheur sur ces pays de soir,
Où s’allument, ainsi que des charbons d’espoir,
Dans la cendre de l’air, les grands astres nocturnes.
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colimassoncolimasson   15 août 2019
Quand l’aube ouvrit ses yeux de lait,
Par le matin lucide et frais,
Le valet fou comprit que désormais
La morte état bien morte et l’attendait,
Avec son âme, ailleurs ;
Il laissa choir les pauvres fleurs
Toutes ensemble, autour du lit,
Et s’y coucha lui-même –et puis selon tel vœu,
Sauvagement y mit le feu.
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colimassoncolimasson   09 août 2019
Le fossoyeur, avec terreur,
La tête en proie au son des glas,
Jette sans cesse, à coups de bêche,
Sur son passé, la terre sèche.
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colimassoncolimasson   04 août 2019
Encor, si les couteaux d’orages
- Eclairs pâles, lueurs sauvages –
Fendent, de haut en bas, l’écorce
Des vieux tilleuls tuméfiés de force.
Enfin la vieille sait tout ce qu’on peut,
En ce monde, sans le secours de Dieu,
Et comme est fort le seul silence
Qui ne darde sa violence
Qu’en des yeux gris, fuyants et brusques
Où les regards, comme en des trous, s’embusquent.
[…]

Immensément, la vieille croit en elle,
Comme en une chose éternelle
D’accord avec les eaux, les bois, les plaines ;
Les flux de sa pitié ou de sa haine
Se définissent la seule cause
Du va-et-vient des sorts et des métamorphoses.
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Annette55Annette55   24 mars 2018
"L'entendez- vous, l'entendez- vous
Le menu flot sur les cailloux?
Il passe et court et glisse,
Et doucement dédie aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse ..

Là- bas,
Le petit bois de cornouillers,
Oú l'on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers
Dansa.

Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers,
Et les putois et les fouines,
Et les souris et les mulots,
Écoutent
Loin des sentes et loin des routes,
S'en aller l'eau ."


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Videos de Émile Verhaeren (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Émile Verhaeren
Et maintenant que sont tombés les hauts feuillages, Émile Verhaeren par Madeleine Ozeray
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