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Danielle Losman (Traducteur)
ISBN : 2207261409
Éditeur : Denoël (30/11/-1)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Bienvenue dans la Belgique profonde, chez la plus grande famille de soiffards que la terre ait jamais portée. Dimitri vit avec son père et ses trois oncles chez sa grand-mère, une sainte femme qui fait leur lessive, les laisse boire sa maigre pension et nettoie le mobilier avant le passage de l'huissier. Les Verhulst ne travaillent pas, ou seulement en cas d'extrême nécessité. Le reste du temps, ils éclusent les bars de Reetveerdegem lors de beuveries épiques, défen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  11 août 2013
Belgique, années 80. Dimitri vit chez sa grand-mère qui héberge bon gré mal gré quatre de ses fils adultes sans le sou. Ceux-ci se remplissent l'estomac essentiellement de bière, dans leur taudis ou au bistrot, et sont coutumiers des cuites carabinées. Atrocement crados et fiers de l'être, ils ont grillé pas mal de leurs neurones avec ce régime. A treize ans, Dimitri baigne dans cette ambiance, pas le choix.
L'auteur s'est inspiré de sa jeunesse pour écrire ce roman. On ose espérer que la situation n'était pas si sordide. Il semble difficile de s'extirper d'un environnement aussi délétère, mais Dimitri Verhulst a visiblement réussi à prendre un autre chemin à l'âge adulte.
Malgré le tragique de la situation, le ton n'est ni misérabiliste ni revanchard. le récit est plein d'humour au contraire, le narrateur se posant en observateur placide et plutôt bienveillant. On peut déplorer quelques longueurs, notamment lors du grand concours de beuverie, dont la description peut flanquer la nausée aux plus aguerris.
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Mimeko
  07 mars 2016
Bienvenue à Reetveerdegem, village fictif de Flandres, dans la famille Verhulst où plutôt chez la grand-mère du narrateur qui héberge 4 de ses fils pour la plupart n'ayant jamais quitté le giron maternel, sans travail sauf le père du héros, vivant ou plutôt buvant les aides sociales diverses et variées et Dimitri le petits fils d'une dizaine d'années abandonné par sa mère qui a également plaqué le mari (le seul des fils à travailler) revenu dans le foyer familial.
A condition d'accepter le postulat de départ et de ne pas s'en offusquer (saouleries et beuveries impressionnantes, un peu de scatologie, de la violence, une misère économique mais toujours beaucoup d'amour et de solidarité) ce roman d'apprentissage, à l'aide de courts chapitre nous fait découvrir la famille rabelaisienne de Dimitri Verhulst et quelques uns des épisodes marquants de son enfance, des liens avec ses oncles, son père expérimentant à la fois la complicité, l'amour dans la famille et également le sordide et la misère économique.. La Merditude des Choses quoi.
Au fil du roman la narration se fait plus châtiée mais plus distante avec les membres de la famille symbolisant l'éloignement de Dimitri; amour et solidarité s'estompent au fur et à mesure de l'avancement de la lecture de son récit et le fossé se creuse entre Dimitri et le reste de la famille.
J'ai apprécié ce roman sans concession mais sûrement pas sans amour.
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ay_guadalquivir
  27 décembre 2012
Lorsque Dimitri Verhulst parle aujourd'hui de cette époque de sa vie, il n'y a pas d'amertume. Une leçon de vie peut-être. Cette année de sa jeunesse passée avec son père dans la crasse et l'alcool paraît tellement irréelle. On en rirait en pensant que les Belges sont capables de tout. On en pleurerait de désespoir si Dimitri n'était finalement sorti de ce cloaque. le titre français épaissit la fange, alors que le titre néerlandais "de helaasheid der dingen" tournait le livre du côté d'une certaine tendresse. Incompréhensible à la lecture du livre, où toutes les raisons de haïr son père et ses oncles sont plus que réunies. Mais pourtant elle est bien là cette tendresse de quelqu'un qui devine ce que dissimulent les vapeurs d'alcool. Les personnages du livre sont soûls du matin au soir, se lancent dans d'invraisemblables concours d'ivrognerie - mémorableTour de France de la picole, sombrent dans une déchéance que rien ni personne ne semble pouvoir sauver. Et comme par miracle, sorti de ce chaos auquel il était promis, Dimitri Verhulst est là, digne et intact, avec une écriture directe et pourtant sensible. Un étrange livre...
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MarianneL
  10 octobre 2014
Ce premier roman autobiographique de Dimitri Verhulst, paru en 2008 (traduit du néerlandais par Danielle Losman aux éditions Denoël), et ensuite adapté au cinéma par Félix van Groeningen, réussit à raconter crûment, avec truculence et un humour chevillé au corps, son enfance dans un milieu très pauvre où, pour assumer le manque d'argent, le confort et l'aisance sont présentés par les hommes comme les preuves patentes d'un manque de virilité.
La virilité est l'attribut essentiel ici, pour des hommes en général sans emploi, une virilité réaffirmée par l'absorption quotidienne de la plus grande quantité possible de tabac et d'alcool, par les ardoises laissées dans la multitude de bars de ce village de Flandres, par les coups et les bagarres et finalement par le cancer inéluctable qui vient couronner l'alcoolisation méthodique et emporter tôt les hommes - ne pas vieillir devenant un autre motif affiché d'appartenance à la communauté et de refus de la petite bourgeoisie.
«Mon père était un socialiste et mettait tout en oeuvre pour être reconnu comme tel. Posséder, pour lui, signifiait plus à épousseter. Posséder vous possédait, jamais l'inverse. Si, grâce à une épargne imprévue, nous menacions de terminer le mois avec un petit surplus d'argent, il vidait le compte bancaire et buvait tout ce qui restait pour nous protéger des tentations du capitalisme.»
Les vies vides et sordides, les maisons insalubres, le chômage, l'alcoolisme, la violence, les corps défaits par la pauvreté, la maladie et le manque de soins, Dimitri Verhulst met tout à nu avec un humour décapant. Au final lui s'en sortira, avec l'intervention d'une assistante sociale, tout en gardant l'attachement à son milieu d'origine et à sa famille constituée en clan. Ce roman qui a rencontré un grand succès est l'un des prédécesseurs, sans la rage et l'engagement politique évident, du roman d'Édouard Louis, "En finir avec Eddy Bellegueule", dépeignant la violence du milieu et surtout les codes et défenses mises en oeuvre pour rester debout et revendiquer son appartenance à un milieu d'une grande pauvreté dont il est quasiment impossible de s'extraire.
«Et lors de ses visites encore plus rares, nous implorions son mari de ne pas garer devant notre porte sa voiture qui avait coûté la peau des fesses. S'il vous plaît. Nous étions pauvres, nous l'avions toujours été, et nous portions avec fierté notre misère. Que quelqu'un gare sa luxueuse auto devant notre porte était ressenti chez nous comme une humiliation et nous avions honte à l'idée qu'un habitant du village pût penser qu'un Verhulst vivait dans l'aisance.»
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Apikrus
  15 août 2013
Dimitri Verhulst raconte quelques souvenirs d'enfance.
Son père est alcoolique, comme la plupart des hommes de la famille. La bière est omniprésente, du café (où l'homme l'avale), jusqu'au cimetière (où c'est l'inverse). Chez les Verhulst, l'alcoolisme côtoie la pauvreté, la vulgarité, la saleté, la maladie… L'auteur met aussi en évidence quelques valeurs que l'alcool n'a pas supprimées chez des gens qu'il parvient à aimer et qui l'aiment aussi : la solidarité familiale, l'amitié, l'indifférence à l'égard de ceux qui les méprisent (à qui ils le rendent bien) …
Le ton et le style sont sans fioritures. L'autodérision et l'humour noir sont souvent au rendez vous, pour le plus grand plaisir du lecteur.
Par ces aspects, ce livre m'a beaucoup fait penser à certains ouvrages de Jean Teulé (notamment à 'Darling'), même si le style de ce dernier me semble plus percutant (plus outré aussi).
Je vous recommande donc vivement cet ouvrage et renouvellerai l'expérience avec cet auteur, bien que le caractère autobiographique de ce récit ne me laisse pas attendre de surprise.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   18 février 2013
Une fable souvent très drôle qui est aussi un regard sans concession sur notre société.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   10 août 2013
Mon père était un socialiste et mettait tout en oeuvre pour être reconnu comme tel. Posséder, pour lui, signifiait "plus à épousseter". Posséder vous possédait, jamais l'inverse. Si, grâce à une épargne imprévue, nous menacions de terminer le mois avec un petit surplus d'argent, il vidait le compte bancaire et buvait tout ce qui restait pour nous protéger des tentations du capitalisme. (p. 13-14)
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JEREMADAJEREMADA   05 juillet 2015
Je n'avais encore jamais rencontré plus grand pédophobe que moi, mon dégoût pour les bébés était si grand que j'étais fui par les amies qui s'étaient entre-temps déjà reproduites dans un petit être à propos duquel aucune critique ne pouvait être prononcée, qui était intelligent pour son âge, qui savait déjà bien parler, bref, un nouveau Einstein. Personne n'avait crié comme moi sur les toits qu'il ne voulait pas d'enfant, et voyez, à un jet de pierre quelqu'un subissait les douleurs usuelles pour forcer un enfant, mon enfant, à venir au monde. Un comble de ridicule. Comment avais-je pu, toutes ces années, croire avec tant de certitude que ma fertilité allait se plier à mes convictions, que le refus de mon cerveau allait essaimer dans mes testicules ? Le personnage que j'étais devenu ne pouvait qu'être inventé par des auteurs de tragédies grecques ou des scénaristes de sitcoms où la logique des comportements est soumise à la stupidité. Il y avait encore une petite chance que le bébé arrive mort-né, ou vienne au monde handicapé à tel point, un monstre chimérique, un légume au besoin, qu'il soit jugé non viable. En ce cas, j'aurais des difficultés à dissimuler ma joie. Mais même si j'avais cru en Dieu, il était peu probable qu'il eût tendu l'oreille à une prière demandant: s'il te plaît, s'il te paît, un enfant mort-né. Le meilleur qui pût m'arriver, c'était que là tout de suite un petit mulâtre fût déposé dans mes bras par des infirmières pleines de compassion. Je n'aurais à expliquer à personne, alors, pourquoi je prenais mes cliques et mes claques, tout le monde aurait pitié de moi, me soutiendrait, quand bien même les antécédents seraient exactement les mêmes. Quelqu'un a-t-il jamais espéré autant que moi avoir été trompé ?
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   31 octobre 2012
"On est toujours un peu salaud quand on abandonne une femme avec un enfant, mais ça vient de que l'on a été beaucoup trop peu salaud pour quitter cette femme avant de l'avoir mise en cloque."
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MimekoMimeko   02 mars 2016
Les malheureux ont une image plus réaliste du monde; l'amour pour mes oncles est grand et incompréhensible, mais personne n'a jamais osé exiger de l'amour qu'il soit compréhensible.
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MimekoMimeko   02 mars 2016
Mais lorsqu'un policier adopte les mauvaises habitudes d'un représentant d'aspirateurs et tire jusqu'à cinq fois la sonnette ou ne retire pas son doigt de la sonnette avant qu'on lui ait ouvert, on peut s'attendre à quelque chose de sérieux.
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