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EAN : 9782228894388
432 pages
Payot et Rivages (16/05/2001)
3.8/5   5 notes
Résumé :
Fille d’un peintre de l’école de Pont-Aven et ami de Gauguin, descendante d’armateurs et de marins, Odette du Puigaudeau (1894-1991) fut styliste chez Lanvin et participa, en pionnière, à des campagnes de pêche sur des thoniers bretons avant de devenir journaliste et ethnologue. En janvier 1934, elle effectua avec sa compagne Marion Sénones un long reportage en Mauritanie, parcourant ce pays sur des milliers de kilomètres. Ce voyage fut une révélation : Odette consa... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique

Odette du Puigaudeau est née en Bretagne en 1894. Fille unique d'un couple d'artistes - son père est le peintre Ferdinand du Puigaudeau et sa mère pratique le dessin - elle est élevée comme un garçon au contact de la nature et de la mer. Sa famille est originaire de la petite noblesse terrienne ruinée et elle va rester toute sa vie attachée à cette mythologie féodale.

Pour échapper à l'emprise paternelle elle part à Paris où elle exerce différents métiers autour du dessin, d'abord scientifique, puis elle dessine les papillons d'une collectionneuse privée, Mme Fournier, qui lui offrira une péniche, habitation qui lui convient. Elle travaille ensuite pour la mode, milieu qui ne lui convient guère. Régulièrement elle repart se ressourcer en Bretagne, n'appréciant guère la vie parisienne. Devenue journaliste, elle écrit des reportages sur la vie des marins qu'elle partage et sur les habitants et habitantes des îles bretonnes.

En 1932, elle rencontre la compagne de sa vie, Marion Senones, avec laquelle elle entreprend ses trois grands voyages au Sahara. Elles découvrent ensemble la culture maure, fascinées toutes deux par les peuples nomades du désert, et poursuivent par ailleurs des recherches archéologiques, l'une écrivant, l'autre dessinant. Leurs deux premiers périples, en 1934 et 1936 sont une révélation malgré des conditions de vie parfois très difficiles. Elles vont affronter le désert à dos de chameau et nouer des amitiés avec les populations locales. Odette, cette Bretonne aux origines nobles, qui s'est toujours sentie mieux du coté des hommes, se sent chez elle parmi ces peuples fiers, habillée comme eux, face à ces étendues désertiques aussi vastes et hostiles que l'océan…

Après la guerre les choses ont changé, les richesses du Sahara attirent les convoitises, la décolonisation est en cours, et inquiète pour l'avenir de la Mauritanie, Odette souhaite son rattachement au Maroc...pays où elle s'installe dans les années 60 avec sa fidèle Marion et où elles termineront leurs longues vies bien remplies. Elles décèdent à Rabat à 15 ans d'intervalle, Marion en 1977 à 91 ans et Odette en 1991 la veille de ses 97 ans.

Récit passionnant sur la vie de cette femme hors norme que Monique Vérité a rencontré quelques années avant sa mort. Une femme qui avait compris que notre société mortifère allait dans le mur et que nous avions beaucoup à apprendre de ces peuples aux exigences et aux coutumes si humbles et simples, en harmonie avec la nature, que la modernité a condamnés.

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Voilà le portrait d'une femme exceptionnelle, au caractère bien trempé qui finira par lui nuire à la fin de sa vie. Au delà de la ténacité avec laquelle elle a poursuivit son rêve, ce livre nous plonge dans l'enchantement du désert. la Magie du dépaysement opère dès les premières descriptions. On se sent emporté dans ce lieu mystique fait de silences, de soupirs, de croyances et de dépouillement. Paradoxalement c'est à travers ce lieu désertique que l'humanité nous apparaît dans toute sa force, dans toute sa beauté! Loin de nos contingences matérialistes, de nos certitudes on se délecte de ce que pourrait être l'homme, sans la convoitise, la course au progrès et au profit...Un moment de paix à savourer sans modération.

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation

L'attachement d'Odette du Puigaudeau à la nature, dont il convient de ménager les ressources, et sa défense des populations menacées par le progrès industriel ryhtment ses engagements. Plus d'une fois, elle s'est élevée et s'élèvera contre l'imposture de la science, du progrès, mots prétextes qui accompagnent le plus souvent, selon elle, un cortège de destruction et de mort. "a vouloir ravir le feu du ciel, les hommes d'aujourd'hui perdront le monde", confie-elle avec angoisse. Quan les hommes comprendront-ils que c'est la terre qui les nourrit, qu'ils font partie d'un vaste univers vivant qu'ils doivent protéger et non pas soumettre à leur appétit de puissance et de domination...

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L'exploration du Sahara la conduit à une exploration d'elle-même. Toute entrée dans un nouveau lieu, si on ne veut pas se contenter de le parcourir en touriste, à la surface des choses, mais y naviguer, oblige à une transformation. On ne peut plus penser comme jadis. Il faut se libérer de ses acquis pour se mettre en situation de capter tout apport novateur. Cela ne va pas sans risque, mais Odette relève le défi. Elle se laisse mettre à l'épreuve de cet espace désertique où "la vie est simplifiée, limitée au strict minimum."

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telle quelle, en son humilité, Arouane compte parmi les lieux émouvants du Sahara. sa beauté ne réside pas dans la pauvre architecture de ses maisons, mais dans le contraste entre l'exiguïté de ce groupement humain et l'immensité qui l'entoure de toutes parts sans même trouver de fin à ces horizons embués d'une vapeur de sable. née du sable, accroupie dans le sable, elle fait mieux que s'harmoniser au décor, elle s'y mêle, elle s'y perd, sans troubler les grandes lignes souples du paysage le plus vaste, le plus fluide, le plus noblement dénudé que l'on puisse voir.

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C'est cela la magie du désert. cette puissance que possèdent ces étendues vertigineuses de faire oublier au nomade ses propres souffrances. Elles s'évanouissent dans la brûlure du soleil, l'ivresse d'une solitude inhumaine, les remous du vent de sable. magie qui accorde aux épreuves une grandeur si cruelle, qui dresse devant le voyageur des adversaires d'une taille si magnifique, que, même vaincu, il peut encore s'enorgueillir de leur avoir offert sa jeunesse.

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Toute la vie se concentrait là, dans cette ardeur impérieuse à regarder, cette énergie farouche à percer à jour et à conquérir. une flamme que l'âge n'avait pu abattre veillait encore, intacte.

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