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Yves-Gérard Le Dantec (Éditeur scientifique)Jacques Borel (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070105792
Éditeur : Gallimard (01/07/1938)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 105 notes)
Résumé :
A-t-on vraiment lu Verlaine ? Tout Verlaine ? Trop souvent, on se contente d'admirer les premiers livres : mélancolie sombre des Poèmes saturniens, rêverie exquise des Fêtes galantes, impressionnisme musical des Romances sans paroles, haut lyrisme chrétien de Sagesse. Mais l'on néglige ce qui suit et deux tiers de l'oeuvre sont condamnés à l'oubli. Pourtant, Verlaine n'a cessé d'explorer des voies nouvelles. Ainsi découvrira-t-on l'esthétique de la sincérité et de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
charlottelit
  24 juillet 2012
Immense, époustouflant, musical, enthousiasmant, l'incomparable Verlaine sans oublier son frère d'écriture Charles Vildrac ! livres de chevet, de lampe, de lune, de soleil
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zohar
  14 avril 2011
Cette immense oeuvre poétique qui lui a valu sa gloire, Verlaine nous laisse, seul, avec ses vers qui reflètent, dans toute leur splendeur, la grande complexité de l'homme. Bien qu'il se soit plu souvent à brouiller les pistes en mêlant les poèmes de « jadis » à ceux de « naguère ».
Le premier recueil qu'il a publié, s'intitule les « Poèmes saturniens » (1866). Les tableaux poétiques qui y sont évoqués ont un fort goût parnassien. Son adhésion à l'esthétique (impersonnelle) du Parnasse, une adhésion qui tend d'ailleurs au pastiche, n'empêche pas le poète de faire l'aveu d'une expérience psychologique originale, en évoquant, avec toute sa sensualité, sa mélancolie (« Nevermore »), ses tourments moraux (« Soleil couchant ») ou encore la femme idéale (dans, « Mon rêve familier »).
Et le rêve devient prédominant dans les « Fêtes galantes » (1869) et « la Bonne Chanson » (1870). Si le premier livre apporte l'évasion dans un XVIIIe siècle un peu factice, avec une mélancolie insidieuse qui s'infiltre dans la joie revendiquée.
Le second livre est marqué par la fadeur qui s'instaure comme tonalité spécifiquement verlainienne. Ici, l'être est en proie à des tournoiements d'où s'effacent le temps et le moi.
Il se dégage, en outre, un fort lyrisme « impersonnel » qui masque, en réalité, une grande revendication de « l'individualité » de sa part. Et cette dualité là, est la source de l'originalité de ce recueil !
Chez Verlaine, l'influence de Rimbaud est indéniable et a été déterminante dans l'élaboration de « Romances sans paroles » (1874). Ce dernier a poussé Verlaine, ce rêveur sensuel et mélancolique, à chercher dans le rêve un nouveau mode d'expression qui permettant de traduire, immédiatement et musicalement, le ressenti des choses.
Pour ma part, je dirai que l'impressionnisme de Verlaine a atteint son point de perfection dans ce recueil ! Chaque sensation est signifiante et la conscience individuelle s'est trouvée d'elle-même (et non plus recherchée, comme nous l'avons dit plus haut).
L'harmonie et l'ordre chez Verlaine (alors que sa vie de jadis n'était que violences et ivresses, ivrognerie et brutalité), se trouve peut-être dans « Sagesse » (1881). L'intention apologétique y est manifeste. C'est le livre où reparaît le vie humble, où les faux beaux jours, la beauté des femmes, et même l'espoir (« qui luit comme un brin de paille dans l'étable ») sont des réalités rugueuses et parfois mal contrôlées (comme le vers) mais désormais susceptibles d'être interprétées par le poète.
C'est dans le même esprit de construction de soi au sein du monde que Verlaine compose « Jadis et naguère » (1884). Ce recueil voudrait intégrer le passé de l'homme et du poète dans une nouvelle perspective, qui sous-tend une option morale et religieuse.

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Flaubauski
  08 mai 2019
J'ai pris le temps de me plonger dans la poésie de Verlaine en lisant un recueil, par-ci par-là, pendant plusieurs mois, de cette intégrale qui traînait dans ma bibliothèque depuis des années. J'ai pris plaisir à en relire certains, comme Poèmes saturniens et Romances sans paroles, pour moi des chefs d'oeuvre de modernité, autant par leurs paradoxales harmonies musicales discordantes et détonantes dans le climat littéraire de l'époque – « Et pour cela préfère l'Impair » – que par leur description d'univers tout aussi modernes et paradoxaux, de Paris à Londres, en passant par la Belgique. J'ai pris plaisir également à en découvrir d'autres plus tardifs, comme Jadis et Naguère, dont je ne connaissais que l' »Art Poétique », et qui m'a permis de prendre conscience de l'importance qu'a pu avoir le poète pour les décadents à la fin du siècle, ou encore de Parallèlement.
Mais ces recueils, plus tardifs dans leur publication, reprennent à majorité des poèmes écrits bien antérieurement, laissant penser qu'après Romances sans paroles, la poésie de Verlaine s'est comme assagie, voire affadie, ne laissant que peu de place à la fantaisie première, surtout de forme, mais aussi de fond. A partir de l'incident londonien, coupant court à sa relation avec Rimbaud, et l'emprisonnement qui en a suivi, en effet, celui qui avait fait le choix de la bohème avec son jeune amant, prend le chemin de l'expiation dans la religion, Sagesse en étant la parfaite illustration. La modernité poétique qui précédait laisse place à une poésie classique, dans la tradition d'une poésie religieuse avec laquelle j'ai beaucoup de mal, assez déconcertante lorsque l'on ne connaît que les premiers recueils. Puis, jusqu'à la fin de sa vie, Verlaine retombera dans ce qu'il considère comme ses travers, pour mieux les expier ensuite, chaque nouveau recueil renvoyant à l'une des deux facettes désormais présentes en alternance dans son oeuvre. Malgré tout, j'ai trouvé le parcours de cet homme, encore plus que de ce poète, touchant, dans toutes ses difficultés à se trouver, tout au long de sa vie, au point de finir par mourir misérablement ; parcours qui se ressent, justement, assez magistralement, dans son oeuvre même.
Cette intégrale a donc été une lecture en demi-teinte mais nécessaire : ou comment une oeuvre peut prendre une bien autre résonance quand on prend le temps de la parcourir dans son ensemble.
Lien : https://lartetletreblog.word..
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frandj
  11 février 2017
Dans ma hiérarchie personnelle, Verlaine s'est toujours trouvé loin derrière Baudelaire. De par sa personnalité, celui-ci était très supérieur à celui-là. Mais la différence se retrouve aussi dans la qualité de la poétique. Je ne compte plus les poèmes de Baudelaire qui m'émeuvent et qui m'éblouissent. Verlaine, on le connait surtout pour quelques poésies, toujours les mêmes, comme "Mon rêve familier" ou "Les sanglots longs / Des violons / de l'automne…" etc, par exemple.
Mais j'ai voulu redécouvrir cet auteur, à travers ses oeuvres complètes. A côté de divers textes que je considère comme assez maladroits sur la forme (les rimes sont parfois simplistes, à mon avis), j'ai eu le plaisir de goûter à quelques poésies que je ne connaissais pas encore ou que j'avais oubliées. Je les ai mises en citation.
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Hindy
  03 janvier 2011
Un peu de poésie dans notre monde... Un luxe à savourer sans modération
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   26 juin 2015
Que ton âme soit blanche ou noire (Chansons pour elle)

Que ton âme soit blanche ou noire,
Que fait ? Ta peau de jeune ivoire
Est rose et blanche et jaune un peu.
Elle sent bon, ta chair, perverse
Ou non, que fait ? puisqu'elle berce
La mienne de chair, nom de Dieu !

Elle la berce, ma chair folle,
Ta folle de chair, ma parole
La plus sacrée ! - et que donc bien !
Et la mienne, grâce à la tienne,
Quelque réserve qui la tienne,
Elle s'en donne, nom d'un chien !

Quant à nos âmes, dis, Madame,
Tu sais, mon âme et puis ton âme,
Nous en moquons-nous ? Que non pas !
Seulement nous sommes au monde.
Ici-bas, sur la terre ronde,
Et non au ciel, mais ici-bas.

Or, ici-bas, faut qu'on profite
Du plaisir qui passe si vite
Et du bonheur de se pâmer.
Aimons, ma petite méchante,
Telle l'eau va, tel l'oiseau chante,
Et tels, nous ne devons qu'aimer.
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coco4649coco4649   05 juin 2016
KALÉDOSCOPE

À Germain Nouveau


Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve,
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un instant à la fois très vague et très aigu...
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !

Ô ce cri sur la mer, cette voix dans les bois !
Ce sera comme quand on ignore des causes :
Un lent réveil après bien des métempsycoses :
Les choses seront plus les mêmes qu’autrefois

Dans cette rue, au cœur de la ville magique
Où des orgues moudront des gigues dans les soirs,
Où les cafés auront des chats sur les dressoirs,
Et que traverseront des bandes de musique.

Ce sera si fatal qu’on en croira mourir :
Des larmes ruisselant douces le long des joues,
Des rires sanglotés dans le fracas des roues,
Des invocations à la mort de venir,

Des mots anciens comme un bouquet de fleurs fanées !
Les bruits aigres des bals publics arriveront,
Et des veuves avec du cuivre après leur front,
Paysannes, fendront la foule des traînées

Qui flânent là, causant avec d’affreux moutards
Et des vieux sans sourcils que la dartre enfarine,
Cependant qu’à deux pas, dans des senteurs d’urine,
Quelque fête publique enverra des pétards.

Ce sera comme quand on rêve et qu’on s’éveille !
Et que l’on se rendort et que l’on rêve encor
De la même féerie et du même décor,
L’été, dans l’herbe, au bruit moiré d’un vol d’abeille.

p.146-147
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uzunuzun   01 août 2014
SUR LA MANIE
QU'ONT LES FEMMES ACTUELLES
( de relever leurs robes )

Car l'ampleur de la robe et son envol et tout le
Reste grâce au vent
Font penser l'homme, non intime, mais en foule
A ce qu'il a devant...

Tandis que cette sorte absolument hideuse
De montrer des mollets
Insuffisants parfois serait la source affreuse
De combien de voeux laids !

Vous accentuez trop, Mesdames, vos " tournures ",
Et j'en reste effrayé,
Car elles sont, hélas ! d'amples caricatures
De ce dont on s'assié...

Ou plutôt continuez, mais plus d'un infâme
Retroussement moqueur :
Retroussez, retroussez, retroussez jusqu'à l'âme,
Retroussez jusqu'au coeur !
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   29 avril 2016
TU CROIS AU MARC DE CAFÉ

Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.

Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu'en tes mensonges.

Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.

Je ne crois qu'aux heures bleues
Et roses que tu m'épanches
Dans la volupté des nuits blanches !

Et si profonde est ma foi
Envers tout ce que je crois
Que je ne vis plus que pour toi.
+ Lire la suite
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palamedepalamede   16 août 2017
Vendanges

Les choses qui chantent dans la tête
Alors que la mémoire est absente,
Écoutez ! c’est notre sang qui chante…
Ô musique lointaine et discrète !

Écoutez ! c’est notre sang qui pleure
Alors que notre âme s’est enfuie
D’une voix jusqu’alors inouïe
Et qui va se taire tout à l’heure.

Frère du sang de la vigne rose,
Frère du vin de la veine noire,
Ô vin, ô sang, c’est l’apothéose !

Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire
Et chassez l’âme, et jusqu’aux ténèbres
Magnétisez nos pauvres vertèbres.
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Vidéo de Paul Verlaine
Dalie Farah signe un premier roman, Impasse Verlaine (Grasset), à propos d?une relation mère-fille dysfonctionnelle mais pleine de vie et d?humour. Rencontre lumineuse avec une écrivaine en tension, toujours à la recherche des mots exacts. ? Abonnez-vous à Mediapart : https://www.mediapart.fr/abonnement ? Toutes les vidéos de Mediapart : https://www.mediapart.fr/studio/videos ? Abonnez-vous à la chaîne YouTube de Mediapart : https://www.youtube.com/user/mediapart
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