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EAN : 9782259280709
Éditeur : Plon (02/01/2020)
3.93/5   23 notes
Résumé :
« Ce soir là, comme à son habitude, il fabrique ses couleurs devant le JT. Et puis, saisi d’une impulsion, il se lève sans un bruit. Je le regarde du coin de l’œil. Il disparaît comme un chat. Il réapparait quelques longues minutes plus tard. Il me tend un galet, en me souriant doucement. On adore les galets. On en fait collection… Il me demande de le retourner. Il l’a signé au feutre.
Il me dit : « Tu as vu ? Je les ai tous signés. On ne sait jamais, ça pour... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  04 mai 2020
C'est avec ce livre en forme de cri d'amour, que Chloé peut dire au-revoir à Tignous.
Un livre au titre curieux, en forme de boutade intime.
Chloé va continuer de vivre, et non survivre. Chloé continuera l'oeuvre de son mari assassiné ce funeste 7 janvier 2015. Chloé n'a pas fini de trier les vingt mille dessins d'une vie de Tignous.
Le chagrin habite ce livre, mais aussi la volonté de continuer à témoigner, à aimer, à se battre, à être heureuse.
Chloé nous fait partager ce qu fut cet amour fusionnel, avec Tignous, qui se poursuit dans le souvenir, les enfants qui grandissent, les objets et les amis.
Chloé nous rappelle, aussi et à propos, qu'il ne nous faut pas oublier et ne pas baisser la garde. Jamais.
Que les morts de Charlie Hebdo nous signifient pourquoi nous sommes vivants. Tout ce sang...
Le chagrin qui habite ce livre par endroit, me serre encore lorsque je me remémore l'horreur du 7 janvier 2015... et plus encore quand je me rappelle le Tignous d'il y a plus de quarante ans qui dessinait dans le mensuel Antirouille. Tignous qui avait déjà du mal à se rappeler les prénoms.
Alors, merci infiniment à vous, Chloé. Et j'espère que vous nous raconterez , dans un prochain livre, cette grand-mère de qui vous nous dites tenir tout votre courage et votre énergie.
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Nuageuse
  12 septembre 2020
Un livre que j'ai lu d'une traite. Il m'a profondément émue. Contrairement à Maryse Wolinski, Chloé Verlhac ne s'attarde pas sur la faute de l'État lors de cet attentat.
Elle a perdu Tignous, un dessinateur du journal Charlie Hebdo, mort le feutre à la main. Il a été froidement exécuté par Chérif Kouachi.
Si tu meurs, je te tue relate la journée du 7 janvier 2015 où personne ne dit à Chloé que son mari n'est plus. On lui interdit l'accès aux locaux de Charlie Hebdo comme à toutes les familles, probablement pour ne pas "souiller" la scène de l'attentat et pour les protéger de l'horreur. Il faut qu'elle apprenne la mort de son mari à ses proches et surtout à leurs deux enfants en bas âge.
En pleine horreur, la lumière extérieure vient de Christiane Taubira, garde des Sceaux. Elle permet à Chloé de retrouver l'Ipad de son mari qui est encore dans les locaux. Elle est un soutien pour l'auteur qui doit faire face à une administration de plus en plus déshumanisée. Beaucoup d'incompétences des services concernés sont pointées du doigt, ainsi que celles de
certains psychologues.
Chloé Verlhac fait revivre son mari avec tendresse. Elle le continue pour reprendre l'expression de Paul Éluard.
Un témoignage qui m'a bluffée par sa force de résilience, son envie de vivre et non de survivre.
N'oublions pas ces dessinateurs et ce qui s'est passé le 7 janvier 2015.
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Bazart
  28 mai 2020
Le dessinateur Tignous fut une des victimes du terrible attentat perpétré contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.
Depuis cette sinistre date, un certain nombre de ses meilleurs dessins ont été réddités, permettant ainsi au public de découvrir son immense oeuvre.
Ce travail de réédition, on le doit à la pugnacité de sa veuve Chloé Verlhac qui n'a jamais cessé de perpetuer l'oeuvre son époux tel qu'elle l'affirme dans ce livre publié en ce début 2020 intitulé non sans ironie " Si tu meurs je te tue"
Dans la lignée du Lambeau de de Philippe Lancon ou du récit de Riss , Chloe Verlhac livre un récit de survie et a voulu rendre compte de la tuerie du 7 janvier et de ses conséquences, pas du côté des survivants mais du coté des proches de victime.
Cri du coeur et récit à haute valeur cataristhique, le livre de Chloé Verhlac montre le combat de cette femme pour tenter de survivre à l'impossible.
Elle nous raconte en détail sa folle journée du 7 janvier où elle n'a pas pu entrer dans le local de Charlie Hebdo, les luttes administratives et humaines- ses séances de psy, son très difficile travail de deuil, sa volonté de faire vivre le travail de son mari, mais aussi sa folle histoire d'amour avec cet artiste, rencontré un beau jour, à la Fête de l'Humanité en 1996 et avec qui elle aura deux beaux enfants, Sarah Lou et Solal .
Chloé Verlhac, la veuve de Tignous : "Je me suis demandé si je ...
L'épouse de Tignous ressent un certain nombre de griefs contre certains qui n'ont pas été à la hauteur (les survivants de Charlie Hebdo, notamment Riss ne sont pas épargnés, de même que l'avocat Richard Malka ou le Président Francois Hollande)
Mais elle sait aussi mettre en valeur les personnalités qui ont été formidables après ce terrible décès, comme Christiane Taubira, qui a livré un superbe discours d'hommage à l'enterrement de Tignous concluant sur ces mots de Paul Eluard " tu rêvais d' être libre et je te continue".
Récit d'une résilience particulièrement difficile, d'un parcours du combattant parfois plein d'absurdités, ce livre touchant et sensible nous permet de ne pas oublier ce grand artiste qu'était Tignous, certes moins connu que Cabu, Wolinski ou autre Charb mais qui avait tout d'un type bien !
Un beau et intime récit de reconstruction...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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abfabetcie
  17 février 2020
J'ai lu un certain nombre de livres ayant pour sujet les attentats de Charlie Hebdo ou du Bataclan, ceux d'Antoine Leiris notamment, ou récemment celui de Riss, mais aucun ne m'a touchée autant que Ce récit de Chloé Verlhac, au point d'en avoir les larmes. Ce témoignage est poignant, bouleversant. Au travers des mots simples et justes de C. Verlhac, on ressent toute la douleur et la profonde tristesse de la vie sans Tignous. La tristesse dans ces moments de fête, malgré tout, qu'elle évoque, lors des fêtes d'anniversaire des enfants notamment. « C'était une belle fête, mais c'était tellement triste. » Je crois que c'est ce sentiment que je ressens le plus, chaque fois que je repense à ce mercredi 7 janvier 2015 ou ce 13 novembre 2015.
Chloé Verhlac nous parle du si beau sourire de Tignous et de sa bienveillance. « Sa bienveillance s'entendait dans son sourire. C'est la seule personne que j'ai entendu sourire » On ressent tout l'amour que ces deux-là se portaient. Comment vivre sans cet amour ? Elle l'avait dans la peau, au point de s'être fait tatouer tout cet amour depuis lors. Sa force réside néanmoins dans cet amour, mais aussi dans l'humour et une certaine irrévérence qu'ils partageaient. « Ce n'est pas parce que papa est mort qu'on peut bouffer des M&MS au petit déjeuner. N'importe quoi ! »
La deuxième partie du livre est plus « revancharde » lorsqu'elle évoque l'esprit délétère qui règne à Charlie Hebdo après les événements. Cela fait d'ailleurs écho aux propos de Riss dans son propre livre. Deux points de vue différents, deux souffrances, deux vérités. Elle nous détaille également les méandres de l'administration, les rouages de l'indemnisation, et tout cela semble tellement ahurissant. Sa situation ne rentre dans aucune case et cela ne fait que rajouter de la peine à la peine, une double peine en quelque sorte. Tignous, malgré une reconnaissance au JORF, comme victime de terrorisme, est considéré par la CPAM comme un accidenté du travail. Il faut le lire pour le croire.
Ce livre est le récit bouleversant d'une vie qui vole en éclats, d'une longue reconstruction et d'une infinie tristesse.
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sandraboop
  23 mai 2020
Que j'ai pleuré.
Je fais partie de cette génération qui ne connait que peu de trauma de l histoire.
Certaines dates sont plus inscrites dans la mémoire que d'autres. Je me souviens de la chute du mur de Berlin, de la guerre en Irak, des attentats du métro saint michel ou encore des twin tower qui s effondre à New York en septembre 2001.
Je m'en souviens mais je n'avais pas pleuré. Ça me semblait loin, irréel.
Et puis il y a eu ce 7 janvier 2015. Charlie Hebdo.
Des dessinateurs satiriques morts d avoir dessiné et traduit une pensée.
Pour moi, qui étais au travail, j ai pensé "ils ont tué un papi" Cabu. le dessinateur de mon enfance devant le club Dorothée. Comment cet homme pouvait il être dangereux au point de mourir de dessiner. Puis le décompte à commencer et sans que je me rende compte, mes larmes coulaient.
Cabu, Charb, Honoré, Wolinski ... et les autres dont Tignous.
C'est son exécution, sa perte tragique racontée par son amoureuse qui nous ait proposé.
J'ai pleuré pendant ma lecture.
De lire l'histoire, de voir le combat d'une veuve et de ses enfants.
J ai été en colère contre les terroristes mais aussi contre certains membres du journal. Quel choc !
Pas surprise du President Hollande (j'avais déjà mon opinion après d'autres ouvrages qui confirment ce comportement récurrent).
Étonnée par C. Taubira.
Scotchée de l'indécence avec lesquelles les familles ont été traitées.
Bref, j ai appris des choses sur l'attentat et sa gestion jusqu'à l'indemnisation des victimes. J ai découvert que ce qui apparaissait comme une famille n'en était pas une.
J'ai découvert un homme derrière un dessinateur.
Que j'ai pleuré.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   28 mai 2020
Tu vois, tout ce qu'on a raconté sur le fait qu'ils étaient morts en héros, le crayon à la main et tout ça? Eh bien, c'est beau, parce que Tignous, lui, avait vraiment son feutre à la main! Il ne l'a pas lâché! C'est écrit noir sur blanc dans le rapport. Et ça, tu pourras le raconter. Tignous, lui, est vraiment mort son feutre à la main. Je crois que j'ai voulu écrire ce livre en grande partie pour vous raconter cette histoire. J'étouffais d'être la seule à savoir comment Tignous est mort.Maintenant que je vous l'ai dit, cette histoire ne m'appartient plus, nous la partageons. Et qui sait, maintenant, je pourrai oublier un peu...
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ba33ba33   01 mars 2021
Extrait p 102/103
Peu à peu, je me découvre autre.
De nouveaux sentiments me submergent, je lutte contre tant que je peux et comme je peux.
A la fin de cette première année sans Tignous, j’en ai dressé la liste. A sa relecture j’ai le vertige.

Une fatigue permanente. Je ne dors plus. Ou mal. Mon sommeil n’est pas réparateur. Je me réveille tous les matins, soulagée de sortir de l’horreur de mes cauchemars.
Le chagrin. Abyssal.
L’impossibilité de me déplacer en transports en commun et de voyager seule.
La solitude.
Le désarroi.
La peur. De tout.
L’angoisse d’une intrusion dans la maison.
Les crises de panique lorsque j’entends des sirènes hurler et des bruits secs qui claquent.
La colère.
Le manque de compassion.
Un désintérêt pour ce qui se passe en dehors d’ici, dans le monde et au bout de ma rue.
Les disputes avec mes proches nées de l’incompréhension de ce que je vis. Dégâts collatéraux…
Les crises d’angoisse.
L’effroi devant les dates d’anniversaire et symboliques.
La médiatisation abrutissante et, aussi, mes rapports épuisants avec l’administration.
Enfin, le fait d’être la « veuve de « et la peur de ne pas être à la hauteur.

Durant mes premières nuits d’insomnie, je suis terrorisées à l’idée que quelqu’un vienne casser les vitres de ton bureau et y mette le feu, que tous tes dessins brûlent. Alors je fais installer un rideau métallique. Tu aurais détesté, ce n’est pas « esthétique », je sais… Et puis une alarme contre les incendies. Puis une autre contre les intrusions. Et, finalement, j’en ai fait installer dans toute la maison.

Je dors avec une machette à coté de mon lit.
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FabienneGFabienneG   15 décembre 2020
Tatouée.
Fin janvier 2015. Un T. entouré d'un cadre.
C'est ainsi que Tignous signait quand il ne signait pas de son nom entier.
Je lui disais souvent :"Je t'ai dans la peau."
Cette fois, ce n'est plus une image.
Je me le suis fait tatouer à l'intérieur de l'avant-bras gauche.
Au même endroit que les tatouages de mes grands-parents.
Parce que, quand l'Histoire fait mal, elle s'inscrit à cet endroit.
Le tatouage comme symbole extérieur de la souffrance, de cette souffrance qui, même si elle ne s'exprime pas, se voit.
Afficher cette douleur sans avoir besoin de mots.
Sans sentimentalisme, sans aucune volonté ornementale, le dessin qui fait mal, gravé, martelé dans la peau et qui la blesse.
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HORUSFONCKHORUSFONCK   05 mai 2020
" Je suis la femme du dessinateur Tignous, je suis avec sa fille aînée, j'ai deux enfants en bas âge, je veux savoir s'il est vivant ou blessé."
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FabienneGFabienneG   18 décembre 2020
Parce que je me suis vraiment posé la question de savoir si j'avais envie de continuer à vivre.
Je pensais que je ne le pourrais pas.
E t puis j'ai décidé de vivre.
Ils avaient tué mon amoureux mais je pouvais encore faire vivre le dessinateur. Tant que Tignous serait publié, tant que l'on verrait ses dessins, l'artiste serait vivant et eux, les barbares, auraient perdu.
Ne pas leur laisser le terrain.
Rester debout.
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