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Mélissa Verreault (Traducteur)
EAN : 9782764434161
446 pages
Éditeur : Québec Amérique (06/11/2017)
4.28/5   9 notes
Résumé :
Lorsque qu’une jeune Métisse est victime d’une violente agression, les contrecoups se font sentir dans toute la communauté du quartier North End de Winnipeg. Policiers chargés de l’enquête, famille, amis et connaissances voient leurs certitudes ébranlées à mesure que se précise le fil des évènements.
Entre les femmes qui se relaient au chevet de l’adolescente et celles qui errent dans l’ombre, au dehors, des liens puissants se dessinent, esquissant le portrai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Electra
  11 octobre 2018
J'ai croisé la couverture de ce livre dans la devanture d'une librairie à Québec, en mars dernier. Celle-ci mettait en avant les auteurs « autochtones » canadiens, anglophones et francophones. J'ai acheté plus tard deux des livres, The Break est le premier que j'ai lu. Il intègre mon challenge Nation Indienne, mais encore plus, il intègre ma bibliothèque idéale.
En tapant ces mots, je découvre les mots de Lee Maracle, auteur que j'ai découvert récemment, une grande dame de la littérature autochtone canadienne qui déclare, au sujet de ce livre : « Vermette crée des personnages inoubliables, avec honneur, respect, le tout d'un habilité extraordinaire – The Break est inoubliable « .
Je réalise, au fil de mes lectures, que les personnages prennent le pas sur l'intrigue. Il peut ne rien se passer, ou presque rien, mais si les personnages et l'atmosphère sont là, j'adhère totalement. Ici, il se passe quelque chose, quelque chose de terrible mais ce qui m'a le plus frappé, ce sont les personnages du roman. Je serais prête à parier qu'ils existent tous, qu'ils sont là-bas, in the Peg (surnom de Winnipeg, capitale du Manitoba). Au tout début du roman, l'auteure glisse l'arbre généalogique, j'y suis retournée plusieurs fois au début du roman, il est important pour établir les liens mais d'autres personnages n'y figurent pas.
Stella, une jeune mère de famille Métis, en plein baby boom, entend un soir d'hiver des cris à l'extérieur et lorsqu'elle regarde à sa fenêtre, elle voit une jeune femme agressée violemment par plusieurs ombres, toutes vêtues de noir, les fameux « black hoodies » (sweat à capuche noirs). Elle est paralysée par la violence et les cris de ses enfants à l'étage l'empêchent de sortir mais elle réussit néanmoins à appeler la police. A son arrivée, la victime a disparu, seule une énorme tâche de sang rouge sur la neige témoigne de la violence. Mais la police doute de cette jeune femme, épuisée et distante. Tommy, l'un des deux policiers, est lui-même Métis. Il ne l'avait dit jusqu'à son entrée dans la police, depuis son partenaire, un vieux de la vieille s'amuse à l'appeler « Mé-ti » – il dit qu'il l'aime bien, qu'il n'est pas comme les autres « Nats » (diminution de Natives), tous des alcooliques, violents. Ce racisme si courant que Tommy en vient à l'accepter. Stella vit dans ce quartier isolé de tout, surnommé The Break. Ici, la terre semble s'arrêter. Deux immenses silos se dressent seuls et derrière, une terre désolée. C'est là que vit une importante communauté autochtone, ils ont quitté la réserve ou n'y jamais eu droit car Métis ou non reconnus comme autochtones (le Canada, en mettant en place un statut officiel d »Indien » a limité l'accès à ce statut de manière draconienne).
Le roman choral se joue à plusieurs voix. Ainsi ce même soir, Lou, une assistante sociale, doit faire face au départ de son petit ami, Gabe, le père de ses enfants. La jeune femme est dévastée. Elle décide de cacher la vérité à ses proches. Il est reparti chez ses parents pour les aider, c'est tout. Cheryl, sa mère, continue de penser à soeur, Lorraine, surnommée Rain, partie bien trop tôt. C'était la mère de Stella. Cheryl se souvient de leur enfance, tout en continuant à s'occuper de Kookom (sa mère, « grand-mère ») qui vit dans le même immeuble. Celle-ci a besoin d'aide pour les gestes simples mais refuse d'aller en maison de retraite. Chacune exprime ses pensées, se confie – avant et après l'évènement. Tommy, le jeune policier métis, est l'unique voix masculine du roman, il exprime ici tous les doutes de ceux élevés très loin de leurs racines, et qui au contact, de leur communauté, voit soudainement se réveiller en eux une part inconnue.
Et puis il y a la génération des ados, plusieurs voix dont celle de Phoenix, qui quitte le centre de détention pour juvéniles et se retrouve à la rue, par ces nuits d'hiver glaciales. Son oncle qui l'accueille ne sait que faire de cette nièce encombrante, obèse et mal lunée. A tout juste treize ans, Emily, petite-fille de Cheryl, décide de sortir un soir, en compagnie de sa meilleure amie, Ziggy. Emily a accepté d'aller rejoindre un garçon dans une maison du Break, elle est amoureuse, elle le croit. La nuit est froide et l'impensable se produit.
Ce kaléidoscope permet à l'auteur de dresser un portrait sans fard de ces « Indiens des villes » et du retour essentiel aux racines, dans ce « bush », à ces rituels (la tente de sudation). Un portrait magnifique, sublime, touchant, émouvant et si puissant. Après There There, je découvre une voix essentielle des autochtones indiens, de ce peuple des invisibles. Quelle force ! Un livre coup de poing, qu'il faut absolument lire. Il résonne encore en moi et j'espère qu'il fera aussi battre votre coeur.
Lien : http://www.lanuitjemens.com/..
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MarieClaudeBib
  30 juin 2020
Résumé : Emily, jeune adolescente autochtone qui habite le quartier North End à Winnipeg, se retrouve gravement blessée suite à une violente agression sexuelle. Autour de son histoire cogitent celles des membres féminins de sa famille. Différentes générations de femmes autochtones qui se livrent à nous par leurs pensées dans l'espoir de se délivrer de leur passé.
Mes impressions : Un récit très bouleversant. Même si je ne suis pas autochtone, je pouvais quand même trouver écho dans certaines de leurs histoires, simplement en tant que femme. Ça m'a pris plusieurs semaines terminer ce roman... le rythme est lent comme un long hiver qui s'éternise, comme une profonde blessure qui prend le temps de guérir. Une écriture poétique, jamais mélodramatique. Une histoire de résilience qui serre le coeur et mouille les yeux.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
PibookPibook   01 mai 2019
[...] je rêve à Charlie. Mes yeux s'assombrissent et sont entourés de bleus en permanence, comme c 'était le cas lorsqu'il était en vie. Dans mon rêve, il est comme la tornade qu'il était jadis - cette façon qu'il avait de secouer ma tristesse, comme s'il était le vent. D'un souffle, il soulevait mon esprit comme si je n'étais que de la terre friable et sèche. Après, je flottais là, pulvérisée, poussières dansant bas dans le ciel. Tout était flou, et je ne pouvais jamais lever les yeux pour voir le soleil. Chaque fois que je rêve à Charlie, je me réveille avec des sueurs froides. Mes poings se serrent. Puis je me rappelle où je suis. Je me rappelle que je suis à l'abri de Charlie, qu'il n'y a plus de Charlie, mort depuis longtemps.
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CielvariableCielvariable   02 mars 2019
L’agent Scott essaie d’avoir l’air gentil, encore, et lui demande une fois de plus :
— Êtes-vous en mesure de vous rappeler quelque chose d’autre ? N’importe quoi ?
Stella laisse s’échapper une larme en clignant des yeux et secoue la tête. À travers la fenêtre, elle observe la Brèche, ce terrain vague à côté de sa maison. Elle n’a pas besoin de regarder pour savoir qu’il neige doucement. Elle entend le faible bourdonnement, le ronronnement subtil des pylônes d’Hydro, situés en dehors de son champ de vision. Le ciel demeure rose vif dans la nuit, gonflé de la neige encore à venir. La Brèche est une ardoise blanche et vierge s’étirant vers les habitations au loin. La lumière de la lune et celle des lampadaires se réfléchissent sur la neige et sur le revêtement des maisons, dont les fenêtres sont noires, bien sûr. Toutes les fenêtres sont noires, sauf celles de Stella.
Les deux policiers sont allés là-bas ; en tapant la neige avec leurs pieds, ils ont tracé un cercle autour du sang. La flaque avait fait fondre la neige. Stella peut en distinguer un coin à travers la fenêtre. Elle s’étend sur le sol blanc comme une ombre sombre, probablement gelée à l’heure qu’il est. Les flocons tombent dessus, cherchent à la recouvrir. Ça n’a pas l’air lugubre. Ça n’a pas l’air de ce que c’est vraiment.
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CielvariableCielvariable   02 mars 2019
La manière la plus courante par laquelle les gens abandonnent leur pouvoir, c'est en pensant n'en avoir aucun. (Alice Walker)
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Video de Katherena Vermette (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Katherena Vermette
Extrait du recueil BALLADES D'AMOUR DU NORTH END de Katherena Vermette
Prix du Gouverneur général 2013 pour la version originale, BALLADES D'AMOUR DU NORTH END est le premier recueil de Katherena Vermette, poète autochtone du Manitoba. «Un magnifique voyage qui nous transporte du quartier North End de Winnipeg vers le monde.»
«Dans plusieurs cultures autochtones, nous nous révélons en racontant d'où nous venons, alors c'est ce que j'ai fait. J'ai voulu brosser un tableau du lieu où j'ai grandi, de la façon dont j'ai grandi dans ce lieu que j'aime et que parfois je déteste: toutes ces choses compliquées qui font d'un endroit un chez-soi.» Katherena Vermette
Métisse, Katherena Vermette est auteure de poésie, de fiction et de littérature jeunesse. «North End Love Songs» («Ballades d'amour du North End») a remporté le Prix du Gouverneur général en 2013. Elle vit à Winnipeg, au Manitoba.
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