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La maison à vapeur tome 1 sur 2

Léon Benett (Illustrateur)
EAN : 9782010054723
440 pages
Hachette (01/11/1980)
3.68/5   39 notes
Résumé :
La Maison à vapeur (1880)
L'histoire se passe en Inde, peu de temps après la révolte des Cipayes, dont le souvenir est à l'origine de l'intrigue.

Le colonel en retraite Edward Munro vit à Calcutta dans le souvenir du bonheur perdu, sa jeune épouse Laurence ayant disparu lors des massacres perpétrés à Cawnpore par les troupes d'un chef indigène, implacable ennemi des Britanniques, Nana Sahib. Depuis cet épisode, on a perdu la trace de Nana Sahib... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique

Le roman est sous-titré « Voyage à travers l'Inde septentrionale ». Voilà qui situe l'aventure dans son cadre géographique : nos héros partent de Calcutta, longent les contreforts de l'Himalaya et redescendent ensuite vers Bombay. L'auteur, après avoir situé son histoire dans l'espace, aurait pu tout aussi bien la situer dans le temps : ce roman s'inscrit en effet dans une perspective historique : les années qui suivent la révolte des Cipayes (1857), le grand soulèvement indien contre l'Empire britannique.

L'argument de départ est assez simple : il s'agit d'une double vengeance : Nana Sahib, un des chefs de la rébellion, veut se venger du Colonel Munro, qui a de sa main tué son épouse la rani de Bhopal ; de son côté le colonel Munro rend Nana Sahib responsable du carnage de Cawnpore, où son épouse Laurence a disparu.

Au début du roman, on apprend que Nana Sahib n'est pas mort comme on le pensait lors de la révolte des Cipayes, il a reparu et sa tête est mise à prix par les Anglais. On le soupçonne de vouloir fomenter une nouvelle révolte. le colonel Munro a fait l'acquisition d'une machine extraordinaire, un monstre de métal en forme de locomotive, tirant deux wagons en forme de pagode et fonctionnant à la vapeur, appelé « Steam-House » (littéralement « Maison à vapeur »). Avec cet engin et accompagné de quelques amis, l'ingénieur Banks, Maucler, un invité français, et le capitaine Hod, grand chasseur de tigres devant l'Eternel, auxquels il faut ajouter soldats et serviteurs, au total une dizaine de personnes. L'expédition vers les contreforts himalayens est décidée : ce voyage d'agrément sera aussi un voyage de pèlerinage sur les lieux de la guerre, et peut-être l'occasion de croiser la route de Nana Sahib. Celui-ci envoie son espion Kalagani pour tromper la confiance du colonel, ce qu'il n'a pas de mal à faire grâce à l'entremise involontaire de Mathias van Guitt, un négociant en fauves, qui joue ici le rôle du savant farfelu et bon enfant. Après bien des aventures… on arrive à la fin du roman (vous ne pensiez pas que j'allais donner le résultat du match, quand même !)

Un moyen de locomotion improbable (un des plus farfelus et des moins scientifiques des « Voyages extraordinaires »), une intrigue simple, pour ne pas dire simpliste, un cadre géographique et historique plutôt convenu, on aurait pu qualifier « La maison à vapeur » de roman « à la pièce » comme il en paraissait tant à l'époque. Que nenni, braves gens ! Cette apparente facilité masque en fait une réelle invention, une création parfaitement orchestrée, où Jules Verne reprend ses plus grands thèmes : le voyage, avec comme motif ici la vengeance, un mode de locomotion original (ce n'est rien de le dire), de la révolte dans l'air, du mystère (quelle est cette apparition qu'on appelle La Flamme ?), des scènes violentes et parfois cruelles (au point que l'éditeur Hetzel a demandé un contrepoint comique avec van Guitt), du fantastique, de l'humour, et de l'éducation aussi, puisque le cours d'Histoire-Géo est bien présent, aussi riche en enseignements qu'agréable à lire)… Jules Verne sait maintenir le suspense jusqu'au bout, il a le sens du rythme et sait tenir son lecteur en haleine.

On remarquera aussi avec quelle malice l'auteur se situe dans le conflit anglo-indien. Si les « héros » sont plutôt les habitants de la maison à vapeur, les indiens ne sont pas présentés tout à fait comme des rebelles assoiffés de sang. Regardez bien : la trajectoire du Capitaine Nemo (telle qu'elle est racontée dans « L'île mystérieuse ») n'est pas bien éloignée de celle de Nana-Sahib.

La preuve que Jules Verne n'est pas seulement un écrivain pour la jeunesse : c'est un véritable auteur : auteur de romans indépendants, mais également d'une oeuvre globale qui présente une réelle unité.

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Banks, ingénieur de talent, propose au colonel à la retraite Munro de parcourir l'Inde septentrionale dans une locomotive bien particulière, propulsée par un éléphant d'acier à vapeur. Commence alors un voyage riche en découvertes, animé par la chasse, la gastronomie et les visites. Mais le passé rattrape vite Munro : sa femme Laurence a été tuée à Cawnpore lors d'un massacre suite à la révolte des Cipayes (un drame qui opposait les rebelles indous menés par Nana Sahib aux Britanniques) et Nana Sahib, dont l'amante a été tuée par Munro, est en liberté, prêt à assouvir sa haine envers l'officier...

Mais que de pages encore de digressions et détails encyclopédiques dont nous n'avons cure ! Ce roman est extrêmement long et fondamentalement dormitif (je me suis même assoupie 1 page seulement avant la fin !!). Les personnages passent le plus clair de leur temps à ne rien faire de spécial, et finalement le récit est aussi lent que Steam House fait du 2 à l'heure. Les rares moments d'action sont noyés dans des descriptions de jungles verdoyantes, chasses au tigre et conversations démodées. C'est seulement 30 pages avant la fin qu'il se passe ce qui doit se passer depuis des tonnes de papier ! Il y a même de quoi se sentir abusé quand les personnages retraversent en un paragraphe et demi ce qu'ils ont arpenté pendant des centaines de pages ! Destabilisant et surtout frustrant...

A part ça, l'idée encore une fois était bonne. Verne était vraiment un visionnaire, un homme qui savait anticiper les choses !

Je remarque toutefois, après déjà trois romans lus de son cru, une utilisation à outrance du point d'exclamation (c'en devient vite lassant et fatigant), ainsi qu'une obsession pour les dates, comme si Verne construisait tous ses récits comme un journal de bord.

Au final, ce n'est clairement pas vers celui-ci qu'il faut se tourner en premier.


Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Vingt mille lieux sous les mers, le Tour du monde en 80 jours....Bien sûr je les connais, mais les ai-je lus?

L'acquisition de ma liseuse incite au retour aux classiques (gratuits). J'ai téléchargé La maison à vapeur, sous-titrée, Voyage à travers l'Inde septentrionale, à l'occasion de notre voyage au Rajasthan.

Le roman se déroule en 1867 en Inde, dix ans après la révolte des Cipayes et met en scène des figures historiques de ce conflit le colonel Munro et Nana Sahib, le chef de la révolte. La lecture de la Maison à vapeur est intéressante par cet aspect historique.

Jules Verne, précurseur du Camping Car?Sses héros, ennuyés des voyages en train, rapides mais peu touristiques, se déplacent dans ce curieux équipage mis au point pour un Rajah hindou: deux pavillons au style de pagodes sont tirés par une sorte de locomotive à vapeur cachée dans un éléphant géant capable de rouler sur les routes indiennes et même de traverser les cours d'eau, véhicule amphibie. Curieuse de l'histoire de l'automobile, j'ai comparé la date de sortie du feuilleton 1880 avec celle des premières automobiles! Encore, Jules Verne est en avance sur son temps, mais de peu cette foi-ci!

Cette traversée de l'Inde septentrionale, de Calcutta à Benarès, le long de la vallée du Gange dans l'Inde victorienne est pittoresque. Mon passage préféré est sans doute l'arrivée de la mousson dans une forêt, de l'orage et de l'incendie que la Steam House a dû fuir à toute vapeur....

La deuxième partie dans les contreforts himalayens m'a un peu rebutée : il est beaucoup question de chasse au tigre - plaisir partagé par les britanniques et les rajahs indiens - couleur locale et d'époque que je ne goûte pas du tout. La figure comique du naturaliste devenu pourvoyeur des zoos et des cirques ne m'a pas tant diverti. L'attaque du camp par les tigres est un grand moment de la littérature d'aventure.... peut être n'ai-je plus l'âge?

mais surtout ne pas s'arrêter là! les aventures continuent, les rencontres aventureuses, on verse presque dans le fantastique. Dernier rebondissement, que je ne dévoilerai pas....

Le parti pris d'éviter les villes où s'était déroulée la Révolte des Cipaye prive le lecteur de la visite de Delhi et d'Agra que j'attendais.


Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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La base historique du roman était très prometteuse : la révolte des Cipayes, un peuple d'Inde, contre les colons anglais ; le choc entre deux civilisations. Pourtant, l'auteur a clairement pris parti pour les colons – ce sont eux qui sortiront vainqueur de l'aventure, grâce à leur technologie supérieure. Mais au fond, ces révolutionnaires indiens, ennemis des envahisseurs anglais, étaient-ils tellement plus cruels que les colons eux-mêmes ? Pas sûr…

En outre, l'intrigue se révèle prévisible, avec en toile de fond la haine entre deux hommes, le colonel Munro et l'indien Nana Sahib. Même l'identité de la mystérieuse femme, la Flamme errante, est trop évidente.

D'accord, avec son Steam House, Jules Verne a inventé, avant l'heure, le camping-car ! Mais avec comme moteur une sorte de locomotive à vapeur en forme d'éléphant, on frôle le burlesque.

Enfin, la facilité avec laquelle le Capitaine Hod et ses comparses massacrent tigres et autres éléphants est choquante. Il faut malgré tout comprendre qu'à l'époque, fin XIXe, les notions d'équilibre écologique n'en étaient qu'à leur balbutiement. Les tigres étaient alors considérés comme une espèce nuisible…

Bref, bien qu'il se lise bien, la maison à vapeur n'est pas le meilleur roman de Jules Verne. Loin s'en faut.

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Assez descriptif comme à son habitude et parfois un peu indigeste sur les détails historiques et chronologiques des batailles et des massacres lors de la révolte de Cipayes, Jules Verne arrive néanmoins à générer enthousiasme et amitié pour cet éléphant de fer, sorte d'anticipation historique du 4x4 et de la caravane.

Mention spéciale pour l'humour, présent tout au long du roman à travers le tableau de chasse au tigre qui obsède aussi dangereusement quelques-uns des personnages principaux.

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
[...] Les Indous de Souari n'en doutèrent pas.
"C'est mon oncle, ce ne peut être que lui, qui a fait le coup !" nous dit un des montagnards.
Mon oncle ! C'est ainsi que les Indous désignent généralement le tigre dans la plupart des territoires de la péninsule. Cela tient à ce qu'ils croient que chacun de leurs ancêtres est logé pour l'éternité dans le corps d l'un de ces membres de la famille des félins.
Cette fois, ils auraient pu plus justement dire : C'est ma tante !
La décision fut aussitôt prise de se mettre en quête de l'animal, sans attendre la nuit, puisque la nuit lui permettrait de se mieux dérober aux recherches. [...]
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"Une maison roulante ! s'écriait-il, une maison qui est à la fois une voiture et un bateau à vapeur ! Il ne lui manque plus que des ailes pour se transformer en appareil volant et franchir l'espace !
- Cela se fera un jour ou l'autre, ami Hod, répondit sérieusement l'ingénieur.
- Je le sais bien, ami Banks, répondit non moins sérieusement le capitaine. Tout se fera ! Mais ce qui ne se fera pas, ce sera que l'existence nous soit rendue dans deux cents ans pour voir ces merveilles ! La vie n'est pas gaie tous les jours, et, cependant, je consentirais volontiers à vivre dix siècles - par pure curiosité !"
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- Mais, monsieur, répondit Mathias Van Guitt, vous semblez oublier que ces animaux sont omophages ?
- Omophages ? dit le capitaine Hod.
- Oui, mangeurs de chair crue, et même les Indous prétendent que, lorsqu'ils ont goûté une fois de la chair humaine, ils n'en veulent plus d'autre !
- Eh bien, monsieur ?... dit Banks.
- Eh bien, monsieur, répondit en souriant Mathias Van Guitt, ils obéissent à leur nature !... Il faut bien qu'ils mangent !
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Le fils d'un rajah qui se déplace ne se déplace pas seul, il s'en faut ! S'il est des gens que je n'envie pas, ce sont bien ceux qui ne peuvent remuer une jambe ni faire un pas, sans mettre aussitôt en mouvement quelques centaines d'hommes ! Mieux vaut être simple piéton, sac au dos, bâton à la main, fusil à l'épaule, que prince voyageant dans les Indes, avec tout le cérémonial que son rang lui impose.
- Ce n'est pas un homme qui va d'une ville à l'autre, me dit Banks, c'est une bourgade tout entière qui modifie ses coordonnées géographiques !
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Les musiciens, c'étaient des joueurs de tambourin, de cymbales, de tam-tam, appartenant à cette école qui remplace les sons par les bruits ; puis des râcleurs de guitares et de violons à quatre cordes, dont les instruments n'avaient jamais passé par la main de l'accordeur.
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Par ses activités, l'homme perturbe la biosphère et les écosystèmes. Directement ou indirectement, il provoque des dysfonctionnements écologiques créant un effet domino qu'on peut aussi décrire comme un effet boomerang : l'agression de l'environnement par l'homme finit par se retourner contre sa propre santé… Boomerangs revient avec une grande clarté sur ces différentes conséquences sanitaires qui ponctuent notre quotidien : omniprésence des plastiques et des perturbateurs endocriniens, exposition aux pesticides, pollutions chimiques et biologiques, maladies infectieuses émergentes, etc. Sont ainsi successivement détaillés les risques «naturels », les conséquences sanitaires de l'introduction de substances d'origine synthétique dans les chaînes alimentaires, de la perturbation des grands cycles des éléments – en particulier de celui du carbone, responsable des changements climatiques actuels –, et des atteintes portées à la biodiversité. Un livre qui sonne comme un avertissement, mais qui est également un plaidoyer pour une véritable écologie de la santé. Il montre pourquoi une vision globale des interactions entre l'homme, l'environnement et la santé est indispensable pour s'attaquer à la crise écologique avant qu'elle ne dégénère en catastrophe sanitaire.
Professeur en pharmacie à l'université de Picardie Jules-Verne et praticien hospitalier au Centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, Guillaume Decocq dirige l'unité mixte de recherche CNRS « Écologie et Dynamique des Systèmes anthropisés ». Il est également membre de la section « Sciences appliquées à la santé environnementale » de l'Académie nationale de Pharmacie.
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