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EAN : 9782253045724
502 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (15/10/2003)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 127 notes)
Résumé :
Jeorling attend avec impatience la goélette l'Halbrane dont on lui a vanté les qualités et surtout celles du capitaine, Len Guy.
Il a en effet décidé de rentrer chez lui, au Connecticut, après des mois passés aux îles de la Désolation.
L'Halbrane arrive enfin... mais le capitaine Len Guy commence par refuser tout net de le prendre comme passager, puis, brusquement, la veille du départ, il change d'avis !
A bord, Len Guy finit par dévoiler à Jeor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
dourvach
  24 août 2020
Qu'ajouter à vos critiques enthousiastes, les amis ?
Que "Le Sphynx des Glaces" (1897) est EFFECTIVEMENT un magnifique roman d'aventures en tous points digne d'être la très "logique" continuation des toujours étonnantes et très étranges "Aventures d'Arthur Gordon Pym de Nantucket" d'Edgar Allan POE - qui constituait en 1828, à son insu, une sorte de "Tome I" de ce "Diptyque Antarctidien" poesque-vernien...
La verve narrative du "Sphynx" évoque pour nous celle de "L'île au Trésor" ("Treasure's Island", 1881) ou du "Maître de Ballantrae" ("The Master of Ballantrae", 1889) de Robert-Louis STEVENSON... voire même - dans un registre sensiblement plus cruel - celle de "Au coeur des Ténèbres" ("Heart of Darkness", 1899), de "Typhon" ("Typhoon", 1903) ou de "La Ligne d'Ombre" ("The Shadow Line", 1917) de ce bon Joseph CONRAD, qui "avait vécu" avant que d'écrire - tel notre natif de Nantes - afin de ne point risquer d'écrire pour ne rien dire...
Tous les vrais "fans" du Grand Jules VERNE (1828-1905) aiment jusqu'aux grands défauts et petites faiblesses de l'Oeuvre vernienne (Tenez, rappelez-moi le chiffre de ses "Voyages Extraordinaires" : près de soixante-dix, n'est-ce pas ?) ; jusqu'à ses rituels incorrigibles et très naïves maladresses... Parce qu'il y a de la Matière. du total respect pour son lecteur. L'artisan est solide et consciencieux, son positivisme a forgé pour nous un Continent à Rêves à réaliser sans délais...
Bien sûr, une ou deux fois, on sait que l'honnête forgeron s'était un peu "oublié" : et nous avions bien ri de voir combien certains étaient ressortis - fatalement - épuisés voire traumatisés des "ressources" énumératives botaniques et zoologiques de Vingt-Mille Lieues sous les mers" (1865) - Ah, ces imparables techniques de "remplissage énumératif" - à base de cet inépuisable matériau tiré des encyclopédies de son temps : elles ne concernaient évidemment pas que les seuls ballasts du "Nautilus"... "Mais là, non !" (comme disait Coluche) et même "Pôs du tout !"... Ici l'artisan a un long savoir-faire derrière lui et ne renouvellerait jamais les petites facilités du passé...
Et il adore son "modèle", sa base fictive, son plancton nutritif (le roman de Poe), il le soigne, le cite sans cesse, en parle avec un infini respect - par la psyché et la "voix-off" de son narrateur-mécène Jeorling, "l'embarqué pour le Pôle"...
Et "ça" fonctionne et fictionne vraiment ! On se frictionne avec icebergs et icefields... On est prêt à y croire - et même TOUT croire !
Ce Pôle Sud franchi dans la brume.... le magnétisme du Sphynx qui a cloué "ce pauvre Pym" avec son fusil métallique en bandoulière - telle une figure christique ou une mouche agonisant interminablement, pitoyablement engluée dans ce papier tue-mouche jaunâtre de "La campagne" de nos souvenirs... Les frères Capitaines Len Guy (pour la goélette "Hallbrane") et William Guy (pour la goélette "Jane" disparue), Jem West le lieutenant fidèle, ou ce bavard de "boute-en train" de bosseman Hurliguerly, ou encore l'étrange Hunt, nain qui se re-transformera en Dirk Peters, malade de se souvenir qu'il a dû tuer et manger la chair d'un camarade dans le terrible roman de POE...
L'emploi des termes techniques maritimes, ici d'une richesse infinie, ne gêne aucunement la lecture : faisant partie de la technique picturale de toute "Marine"...
Ce Pôle austral du "Sphynx" (roman de l'extrême maturité) est, bien sûr, aux antipodes existentielles de la revigorante fraîcheur narrative du Pôle boréal des "Voyages et Aventures du Capitaine Hatteras"(1864) imaginé par l'alors jeune Verne - roman si justement vanté et célébré par Julien GRACQ... Bref, on ne s'y ennuiera là, non plus, pas une once, au cours de cette longue traversée des 32 chapitres du "Sphynx" (divisé en deux Parties de XVI chapitres dûment titrés à l'Ancienne - encore un plaisir devenu bien rare, de nos jours !).
Et les 68 illustrations de Georges ROUX sont splendides, inoubliables, d'une finesse indescriptibles...
Disons donc encore plus clairement la chose ! Messieurs Jules VERNE,Pierre-Jules HETZEL et Georges ROUX, nous vous disons chaleureusement (pas moins de cent vingt-trois années plus tard) : "Encore merci !" :-)
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Deleatur
  04 mai 2021
Je poserai en préambule une question essentielle : est-il possible de se dire déçu par Jules Verne sans qu'aussitôt les ombrageuses divinités babéliotes qui hantent ces lieux me vouent à lire du coaching feel-good jusqu'à la fin de mes jours (et mes descendants après moi pendant mille générations) ?
Parce que oui, voilà, pour le dire très simplement, ce Jules Verne-là m'a bien déçu.
On connaît le point de départ : fasciné par le roman d'Edgar Poe, Les Aventures d'Arthur Gordon Pym, Verne s'est mis benoîtement en tête d'en écrire la suite à soixante ans d'intervalle.
D'où un départ des Kerguelen à bord de la goélette l'Halbrane, et cap sur le grand océan austral à la recherche des éventuels survivants de la Jane (le navire qui, dans le livre de Poe, a recueilli Pym avant de faire naufrage). L'enjeu de cette nouvelle expédition est de démontrer que l'histoire rapportée par Edgar Poe n'a rien d'un roman mais est au contraire parfaitement authentique...
C'est tout de même un singulier défi littéraire que Jules Verne se lance là : mobiliser les ressources de son scientisme pour prouver la véracité d'un roman dont les hallucinations sont étrangères à tout esprit cartésien ! Je ne vois pour ma part aucun hommage dans cette entreprise, mais plutôt une tentative de déconstruction - pour ne pas dire destruction - de l'imaginaire fantasmagorique déployé par Poe (la fin du roman, qui crucifie littéralement Pym sur l'autel de la rationalité, m'a d'ailleurs paru aussi artificielle qu'inutilement cruelle).
Bref, l'Halbrane descend de plus en plus au sud et recueille en effet quelques indices du passage de la Jane. Mais des tableaux extraordinaires qui ont enthousiasmé les lecteurs d'Edgar Poe, il ne reste ici très exactement rien. Pas d'île mystérieuse, pas de peuplade farouche, pas de phénomènes étranges : tout semble avoir été balayé par un séisme bien commode. Ne subsiste plus qu'un océan austral bien morne, même pas foutu de fournir une bonne scène de tempête. Pas d'autre relief que des défilés d'icebergs immaculés et quelques îlots noirâtres, ça et là. Pendant toute la première moitié du roman, il se passe tellement peu de choses qu'on se croirait chez Costa Croisières. La première vraie péripétie du voyage ne survient qu'à la page 321 !
Entre-temps, Verne s'est contenté paresseusement d'égrener des longitudes et des latitudes comme il adore le faire ; il semble prendre un malin plaisir à toujours décevoir l'attente de son lecteur, et moi je me suis ennuyé ferme au milieu de personnages transparents et stéréotypés qui m'ont paru peu dignes de son talent.
Qu'elle était loin, l'inspiration présidant aux Voyages et aventures du capitaine Hatteras... Trente ans séparent ces deux romans, et leur comparaison m'amène à croire qu'en trente ans on vieillit beaucoup.
Hatteras et le Sphinx des glaces : une formidable réussite littéraire au Pôle Nord contre un cabotage poussif au Pôle Sud. Voilà en définitive ce qu'on pourrait appeler des romans des antipodes.
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Fifrildi
  15 octobre 2018
Je poursuis l'exploration de mon intégrale Jules Verne avec le Sphinx des glaces. LokiPg m'a judicieusement conseillé de lire d'abord les Aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar A. Poe. De toute évidence, Verne avait beaucoup d'estime pour l'auteur américain (il lui a d'ailleurs consacré un essai – Edgar Poe et ses oeuvres - dans lequel un chapitre entier est consacré aux aventures de Pym mais je ne l'ai pas encore lu).
Avec cette « suite » il a achevé l'histoire de Poe qui se terminait un peu sans se terminer… On peut donc voir le roman de Verne comme une réécriture de celui de Poe.
De nouveaux personnages (dont Jeorling le narrateur) mais aussi des personnages issus de l'histoire originale… Dans l'ensemble, les personnages étaient bien campés.
J'ai surtout aimé les descriptions des lieux et de l'environnement. Il est très facile de s'imaginer à bord de l'Halbrane ou par exemple. Pour l'intrigue je dois avouer que j'ai quand même préféré le livre de Poe et le personnage de Pym, ainsi que l'ambiance, un peu plus inquiétante et glauque. Verne a levé l'aura de mystère… ce n'est pas toujours une bonne chose.
J'ai envie de dire que c'est une fanfiction du 19ème siècle ^_^ j'ai de loin préféré 20.000 lieues sous les mers.
Pour la petite histoire, il existe une suite à ce livre, L'Aimant de Richard Gaitet publié en 2016 par les Éditions Intervalles :
« Roman contemporain d'aventures maritimes, récit d'initiation tragi-comique aux accents surnaturels, L'Aimant poursuit l'histoire d'un titre méconnu de Jules Verne, Le Sphinx des glaces, qui reprenait déjà l'intrigue irrésolue de l'unique roman d'Edgar Allan Poe, Aventures d'Arthur Gordon Pym. La conclusion rocambolesque d'un mystère littéraire au long cours. »

Challenge pavés 2018
Challenge défis de l'imaginaire (SFFF) (85)
Club Jules Verne
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lokipg
  06 juin 2018
En 1838, parait aux États-Unis et en Angleterre les Aventures d'Arthur Gordon Pym, d'Edgar Allan Poe, qui raconte comment le susnommé Pym parvient, après de nombreuses épreuves, jusqu'en Antarctique.
50 ans plus tard, Jules Verne, impressionné par ce roman mais également frustré par sa fin énigmatique, écrit une suite intitulée le Sphinx des glaces.
L'histoire débute en 1939, soit quelques mois seulement après la publication des Aventures d'Arthur Gordon Pym. L'américain Jeorling découvre que ce récit, qu'il croyait fictif, est en réalité authentique. Il prendra part à l'expédition du capitaine Len Guy, parti sauver les survivants présumés du Jane, le navire qui amena Pym en Antarctique.
Cela faisait des années que j'avais envie de lire ce roman, mais je tenais absolument à avoir lu celui d'Edgar Poe avant. Ce fut chose faite il y a quelques jours et, comme Jules Verne, j'ai été terriblement désappointé par sa conclusion. J'attendais donc beaucoup de cette suite, écrite par mon auteur préféré.
Au début, l'ambiance rappelle pas mal Voyages et aventures du capitaine Hatteras. C'est assez logique, l'un est un voyage vers le pôle nord, l'autre le pôle sud, le décor et les obstacles rencontrés sont assez semblables. Pourtant, le roman acquiert rapidement une tonalité propre.
Au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, l'aventure se mêle de science-fiction. Sous la plume du poète américain, Arthur Pym a vécu des évènements surnaturels qui trouvent des explications rationnelles chez le romancier français. Mais cette rationalité n'empêche pas l'émerveillement, et certaines images marquantes restent en tête une fois le livre refermé.
La fin ouverte du roman d'Edgar Allan Poe laissait le champ libre à de nombreuses interprétations. Jules Verne propose la sienne, et je trouve l'exercice brillamment réussi. J'ai, enfin, une conclusion pleinement satisfaisante aux aventures d'Arthur Pym.
Le style de Verne est toujours aussi plaisant, et les gravures de Georges Roux sont magnifiques.
Encore un grand roman d'aventure du maître de la science-fiction française.
Lien : http://lenainloki2.canalblog..
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Corboland78
  22 juin 2012
Jules Verne (1828-1905) l'un des écrivains français parmi les plus connus, celui dont chacun d'entre nous pourrait citer de mémoire, deux ou trois romans qu'il a lus (Vingt mille lieues sous les mers, Michel Strogoff, le Tour du monde en 80 jours ...) Pénétrer, enfant, dans l'univers du grand romancier, c'est s'ouvrir les portes de magnifiques aventures où le rêve et l'approche scientifique se confondent pour nous offrir des moments de lecture inoubliables et qu'on chérira tout au long de sa vie. Si je me suis plongé dans la lecture de Jules Verne aujourd'hui, c'est parce que la Pléiade – fameuse collection de prestige – vient d'ouvrir ses portes au grand Jules avec deux volumes contenant quatre romans de l'écrivain dont le Sphinx des glaces.
Le Sphinx des glaces est particulièrement remarquable pour plusieurs raisons, non seulement c'est un roman d'aventures et d'exploration comme Verne nous en a donné d'autres, mais surtout parce que l'écrivain s'appuie sur un roman d'Edgar Poe (Les Aventures d'Arthur Gordon Pym) pour en écrire la suite ! Voilà qui n'est pas banal.
Le bouquin de l'écrivain américain parut en 1838 et sera traduit dans notre langue par Charles Baudelaire en 1858. Il s'agit du récit d'un soi-disant authentique voyage de découverte aux confins inexplorés de l'océan Antarctique au bout duquel périt mystérieusement, le héros, Gordon Pym. Jules Verne, admirateur de Poe, partira de ce trouble épilogue, pour construire son propre roman qui paraîtra en 1897.
Aux îles Kerguelen, Jeorling (minéralogiste américain et narrateur du roman) attend l'arrivée de la goélette l'Halbrane pour le ramener chez lui dans le Connecticut. le capitaine Len Guy commence par refuser de prendre un passager sur son navire avant de changer d'avis brusquement, la veille de son départ, pour une raison apparemment saugrenue, parce qu'il est américain ! La goélette en mer, Jeorling comprend que Len Guy s'imagine que son passager étant américain, il a peut-être connu la famille d'Arthur Gordon Pym et qu'il pourrait l'aider dans la recherche de sa trace. Jeorling qui sait que Pym n'est qu'un personnage de roman, craint que le capitaine ne soit fou, jusqu'à ce que des éléments probants en viennent à le faire changer d'opinion. Dès lors, Jeorling sera le premier à pousser de plus en plus loin dans l'Antarctique la mission de sauvetage de ces hommes qui n'ont que le roman d'Edgar Poe comme pièce de référence pour étayer leurs hypothèses.
Le lecteur se laisse embarquer avec délice dans cette nouvelle aventure concoctée par le maître du genre car on y retrouve tout ce qui fait le charme de ses romans. Une aventure épique, faite de dangers dans des zones inconnues de l'homme ; du mystère, la recherche d'un homme qu'on pensait héros de roman mais qui s'avère laisser des traces tangibles de son exitance ; des sentiments humanistes, car on découvrira au fil de la lecture, que le capitaine de la goélette recherche en fait son frère qui lui commandait le navire qui embarqua Pym, et qu'un des marins de l'Halbrane veut retrouver Pym car il le considère comme son fils… Je passe sur les rebondissements nombreux qui émaillent le récit.
Mais Jules Verne n'est pas qu'un romancier, le lecteur le sait bien, il est aussi un infatigable « passeur » des connaissances scientifiques de son époque. le texte est truffé des références aux expéditions faites dans ces terres australes par les explorateurs passés. Ce sont aussi des pages de termes de marine, un vocabulaire pointu pour citer toutes les sortes d'icebergs, nommer les espèces animales ou la flore rencontrées en ces parages. Une véritable encyclopédie dissimulée au coeur du roman, révélant parfois des mots rares ou moins usités aujourd'hui.
Bien sûr, l'écrivain n'est pas exempt de tout reproche, on repérera des répétitions ou des redites et le lecteur devra fermer les yeux sur des hasards ou des concours de circonstances favorables à nos héros, Jules Verne avouant même « Cela dépassait les limites du vraisemblable ! » Heureusement, le lecteur est un sage, il sait que « quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende » pour reprendre une formule tirée du film de John Ford L'Homme qui tua Liberty Valance. Et tout le monde s'en régale. Alors n'hésitez pas, ruez-vous sur ce bouquin, ou sur tout autre roman de Jules Verne d'ailleurs, vous ne le regretterez pas.
PS : il faut préciser que le texte est accompagné des reproductions des célèbres illustrations de l'édition originale Hetzel.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   12 avril 2020
La vie à bord était très régulière, très simple et – ce qui est acceptable en mer – d'une monotonie non dépourvue de charme. La navigation, c'est le repos dans le mouvement, le bercement dans le rêve, et je ne me plaignais pas de mon isolement.

[Jules VERNE, "Le Sphinx des glaces", 1897, chapitre IV : "Des îles Kerguelen à l'île du Prince-Edouard" – édition illustrée Le Livre de Poche, page 52]
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hablasthablast   24 septembre 2020
Et vous avez envie, s’écria l’aubergiste, de retourner dans votre pays, qui est le mien, monsieur Jeorling, de regagner le Connecticut, de revoir Hartford, notre capitale…

— Sans doute, maître Atkins, car depuis trois ans bientôt je cours
le monde… Il faudra bien s’arrêter un jour ou l’autre… prendre racine…

— Eh ! eh ! quand on a pris racine, répliqua l’Américain en clignant de l’œil, on finit par pousser des branches !

— Très juste ! maître Atkins. Toutefois comme je n’ai plus de famille, il est très probable que je clôturerai la lignée de mes ancêtres ! Ce n’est pas à quarante ans que la fantaisie me viendra de pousser des branches, ainsi que vous l’avez fait, mon cher hôtelier, car vous êtes un arbre, vous, et un bel arbre…

— Un chêne, — et même un chêne vert, si vous le voulez bien, monsieur Jeorling.

— Et vous avez eu raison d’obéir aux lois de la nature ! Or, si la nature nous a donné des jambes pour marcher…

— Elle nous a donné aussi de quoi nous asseoir ! répartit en riant d’un gros rire Fenimore Atkins. C’est pourquoi je suis confortablement assis à Christmas-Harbour. Ma commère Betsey m’a gratifié d’une dizaine d’enfants, qui me gratifieront de petits-enfants à leur tour, lesquels me grimperont aux mollets comme de jeunes chats.

— Vous ne retournerez jamais au pays natal ?…

— Qu’y ferais-je, monsieur Jeorling, et qu’y aurais-je fait ?… De la misère !… Au contraire, ici, dans ces îles de la Désolation, où je n’ai jamais eu l’occasion de me désoler, l’aisance est venue pour moi et les miens.

— Sans doute, maître Atkins, et je vous en félicite, puisque vous êtes heureux… Toutefois il n’est pas impossible que le désir vous attrape un jour…

— De me déplanter, monsieur Jeorling !… Allons donc !… Un chêne, vous ai-je dit, et essayez donc de déplanter un chêne, lorsqu’il s’est enraciné jusqu’à mi-tronc dans la silice des Kerguelen ! »
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lokipglokipg   06 juin 2018
Et c'est alors que je me trouvais sous l'emprise d'une sorte d'hallucination, – une de ces hallucinations qui avaient dû troubler l'esprit d'Arthur Pym... Il me semblait que je me fondais dans son extraordinaire personnalité !... Je croyais voir enfin ce qu'il avait vu !... Cette indéchiffrable brume, c'était ce rideau de vapeur tendu sur l'horizon devant ses yeux de fou !... J'y cherchais çes panaches de raies lumineuses qui bariolaient le ciel du levant au couchant !... [...] J'y cherchais le géant blanc, le géant du pôle !...
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Corboland78Corboland78   22 juin 2012
Aurait-on pu imaginer plus terrible dénouement à l’aventureuse campagne de l’Halbrane !... Au milieu de ces extrêmes parages, notre unique moyen de transport venait d’être arraché de son élément naturel, emporté par le basculage d’un iceberg à une hauteur qui dépassait cent pieds !... Oui ! Je le répète, quel dénouement ! De s’engloutir au plus fort d’une tempête, d’être détruit dans une attaque de sauvages, d’être écrasé entre les glaces, ce sont les dangers auxquels s’expose tout navire engagé dans les mers polaires !... Mais que l’Halbrane eût été soulevée par une montagne flottante à l’instant où cette montagne se retournait, et qu’elle fût, à cette heure, échouée presque à sa cime, non !
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FifrildiFifrildi   11 octobre 2018
- Si je les ai connus, monsieur Jeorling!… Oh! c'était un personnage singulier, cet Arthur Pym, toujours avide de se lancer dans les aventures, - un audacieux Américain… capable de partir pour la Lune!… Il n'y serait point allé, par hasard?...
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