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Simone Vierne (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253012734
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/1976)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 123 notes)
Résumé :
"C'était un personnage bien mystérieux, un ingénieur nommé Robur, Robur-le-Conquérant, qui vint ce jour-là perturber la séance du Weldon Institut de Philadelphie. Venu défendre la "théorie des plus lourds que l'air" contre les ballonistes, fervents adeptes des "plus légers que l'air", et, après avoir déclenché un véritable tumulte dans la salle, il s'éclipsa aussi inexplicablement qu'il était apparu. Mais, ce fut une autre affaire lorsque le président du club, Uncle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  13 avril 2018
Robur le conquérant était l'un des derniers grands Jules Verne que je n'avais pas lu. Pourtant, ses célèbres gravures de bateaux volants m'avaient toujours fasciné. C'est chose faite maintenant ! Court, le récit se lit bien. Il s'y passe peu de choses hélas. Un enlèvement, un tour du monde, et pour conclure une pirouette très élégante – mais pirouette quand même. C'est assez pour éveiller l'imagination et la faire naviguer, c'est peu en comparaison du potentiel colossal qu'avaient l'ingénieur Robur, sa nef volante et sa mystérieuse île. Pourquoi en être resté là ? Pourquoi ne pas avoir poussé plus loin ce pendant aérien du capitaine Némo et du Nautilus ?

Peut-être, tout simplement, parce que Jules Verne avait conscience de la révolution que représentait le transport aérien et que, malgré son imagination, il ne parvenait pas, avec ses moyens d'homme du XIXème siècle, à se représenter le monde qui en résulterait. Peut-être également parce qu'il était conscient du potentiel destructeur de tels appareils – comme le montre une scène du livre – et qu'il lui faisait peur.

C'est avec amusement que l'on découvre l'un des grands débats qui agitait l'époque : pour le plus léger que l'air ou le plus lourd que l'air ? Qui l'emportera, l'aéronef ou l'aérostat ? Avec vigueur, Jules Verne prend sans ambages position pour le premier, et condamne le second à l'aide d'arguments scientifiques si limpides qu'ils sembleraient presque relever du bon sens.

En revanche, les stéréotypes racistes paraissent aujourd'hui ahurissants. A l'époque, ils ne choquaient pas. Il faut se rappeler que Jules Verne était même une tête de proue de l'anti-esclavagisme, en faveur duquel il prend vigoureusement position dans ‘Nord contre Sud'. Ici l'auteur voulait visiblement un personnage comique, et a bien chargé la barque. Je le soupçonne même de s'être inspiré du personnage de Jim Crow du ‘Minstrel Show' - contexte américain aidant. Les sacrifices humains du Dahomey sont par contre bien attestés.

Une oeuvre sympathique bien que secondaire et inaboutie, mais surtout une plongée dans les mentalités d'une époque bien différente, et pourtant pas si lointaine.
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LiliGalipette
  21 juin 2016
Partout dans le monde, on s'interroge : comment est-il possible de voir la même lueur et d'entendre la même musique dans le ciel en deux endroits différents, mais à intervalle si rapproché ? « Nul doute que la lueur eût été observée en divers postes – successivement – dans le laps de quelques heures. Donc, ou elle était produite par plusieurs foyers, courant à travers l'atmosphère terrestre, ou, si elle n'était due qu'à un foyer unique, c'est que ce foyer pouvait se mouvoir avec une vitesse qui devait atteindre bien près de deux cents kilomètres à l'heure. » (p. 6) Et voilà, alors que le Weldon-Institute, club de Philadelphie, oeuvre sur le plus gros aérostat jamais créé, qu'un dénommé Robur, ingénieur de son état, mais aux origines inconnues, vient provoquer les membres de cette honorable institution en affirmant que l'aérostat n'a pas d'avenir et que le progrès réside dans les aéronefs. Après ce terrible esclandre, Uncle Prudent et Phil Evans, respectivement président et secrétaire du Weldon-Institute, sont enlevés par Robur qui est bien déterminé à leur montrer la supériorité de sa théorie et de sa machine, L'Albatros. « le progrès n'est point aux aérostats, citoyens ballonistes, il est aux appareils volants. L'oiseau vole, et ce n'est point un ballon, c'est une mécanique. » (p. 33) Appliquant la théorie du « plus lourd que l'air », Robur a créé un aéronef propulsé par des hélices et alimenté par l'énergie électrique. Emportés vers l'Ouest de l'Amérique, au-dessus du Pacifique, à travers l'Asie et l'Europe, puis au-dessus de l'Afrique et l'Antarctique, Uncle Prudent et Phil Evans admirent les prouesses de la machine de Robur, mais sont bien décidés à échapper à leur geôlier. Mais l'ingénieur visionnaire n'est pas disposé à relâcher ses prisonniers.
Chose étrange dans un roman de Jules Verne, Robur est un personnage antipathique. Certes, l'Allemand des Cinq cent millions de la Bégum est un personnage détestable, mais il avait son double positif dans le Français qui bâtissait une ville de paix. Les deux hommes, au nom du progrès, s'opposaient admirablement. Ici, Robur est le chantre du progrès face à des hommes bons, mais dépassés puisqu'incapables de délaisser la montgolfière pour un appareil plus sophistiqué. L'ingénieur est un homme vindicatif et brusque, avec quelques sursauts de bonté, mais sont davantage dictés par la volonté de faire la preuve de la qualité de sa machine. « Ainsi Uncle Prudent et Phil Evans durent reconnaître de quelle puissance disposait un tel appareil, et quels services il pouvait rendre à l'humanité. » (p. 160) Comme Nemo (dans Vingt-mille lieues sous les mers, pas L'île mystérieuse), Robur est mystérieux et on ne sait rien de son passé. Or, le capitaine du Nautilus était un être froid, mais juste. Robur est plutôt un savant fou aux visions géniales, enragé que le monde ne progresse pas aussi vite qu'il le souhaiterait. Seule la fin sauve un peu le bonhomme et annule la vilaine impression selon laquelle Jules Verne avait mis le progrès entre de mauvaises mains.
L'aventure et le voyage restent extraordinaires et la description de la machine est passionnante. On voudrait être mécanicien pour encore mieux comprendre l'ampleur de cet appareil qui préfigure l'avion.
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Taraxacum
  30 octobre 2014
Robur est aux airs ce que Nemo est aux profondeurs marines: un précurseur en avance sur son époque et le maître d'un espace qu'il est le seul humain à avoir su conquérir pour l'instant, faisant passer les tentatives d'autrui à coup de ballons pour des jeux d'enfant, à bord du fier Albatros !
Je dois reconnaître cependant que si adolescente, j'avais dévoré Vingt mille lieux sous les mers, j'ai moins accroché à Robur-le-conquérant. J'ai aimé, oui, incontestablement, mais sans être transporté, et c'est une bonne chose que ce soit plus court. Pour être honnête, j'ai trouvé Robur un brin tête à claque, mais après tout, je suis plus dur qu'autrefois envers les personnages, je trouverai peut-être ce cher Nemo insupportable aujourd'hui! Cela reste un bon Jules Verne, pas le meilleur que j'ai lu, mais un bon cru qu'on peut je pense recommander. D'ailleurs, j'ai assez envie de lire la suite, juste pour voir si Robur tient sa promesse de ne pas emporter son secret à jamais !
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BrunoA
  20 mars 2013
Un de mes opus préférés où l'on fait la connaissance de Robur et de son vaisseau, l'Albatros, sorte d'hélicoptère censé prouver à deux savants enlevés à son bord la supériorité des plus lourds que l'air sur les aérostats, très en vogue à l'époque. On retrouvera le même Robur dans Maître du Monde, à bord de l'Épouvante, un autre engin fantastique, entre navire, sous-marin et hélicoptère.
Si on compare souvent ce roman à Vingt-mille lieues sous les mers, on n'en est pas moins absorbé par ce récit délicieusement désuet qui nous ouvre les portes d'un voyage extraordinaire.
Son adaptation en bande dessinée aurait pu être une réussite car si les dessins sont très beaux, les textes sont truffés de faute d'orthographe. Une telle négligence montre que l'éditeur fait bien peu de cas du lecteur qui se heurte à des fautes grossières à chaque page. C'est très dommage et cela ne donne pas envie de lire les autres adaptations des romans de Jules Verne réalisées par ces auteurs.
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kadeline
  22 octobre 2017
Robur est un homme qui prône la supériorité des objets volants plus lourds que l'air. A priori pour prouver ces dires, il kidnappe le président et le secrétaire de l'association des ballonistes et les emmène dans une sorte de tour du monde avant une fin en eau de boudin.
J'aime beaucoup Jules Verne mais alors celui-là je n'ai pas compris ni le but ni l'intérêt de l'histoire ou du comportement de Robur.
Le début est rude entre un premier chapitre ressemblant à une liste de courses : lieu X heure Y a vu Z et entendu… et le second plein d'emphase et de grandiloquences avec des superlatifs en pagaille et des phrases répétitives. Après on est en plein boom industriel avec des progrès à la pelle et des évolutions rapides ce qui colle avec le style utilisé mais n'est pas passé avec moi.
La suite de l'histoire est une succession de destinations sans lien évident. Les descriptions des paysages sont vraiment réussies et ont un peu sauvé ma lecture. Niveau personnages pffffff. Entre le serviteur noir qui se lamente non stop, les deux bourgeois infectent qui mériteraient des baffes et Robur qui est incompréhensible (on sait rien de lui, on n'a pas d'infos sur son but..) on ne s'attache à personne.
Mais ce qui m'a le plus perdu c'est qu'on n'a aucune piste sur la raison du comportement de Robur du coup l'histoire sonne creux.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Virgule-MagazineVirgule-Magazine   02 janvier 2019
Les hélices opposant un plan oblique à la couche d’air, c’était le moyen de produire un travail d’ascension, et les petits appareils expérimentés prouvaient que le poids disponible, c’est-à-dire, celui dont on peut disposer en dehors de celui de l’appareil, augmente avec le carré de la vitesse.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   02 janvier 2019
Et, de même qu’il est devenu maître des mers, avec le bâtiment, par l’aviron, par la voile, par la roue ou par l’hélice, de même il deviendra maître de l’espace atmosphérique par les appareils plus lourds que l’air, car il faut être plus lourd que lui pour être plus fort que lui.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   02 janvier 2019
N’était-ce pas la lutte qui allait reprendre entre le « Plus léger » et le « Plus lourd que l’air » ?
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SZRAMOWOSZRAMOWO   27 janvier 2017
Quant à l’ingénieur Robur, par habitude ou avec intention, il ne se pressait pas de sortir de son roufle. Ce jour-là, lorsqu’il le quitta, il se contenta de saluer ses deux hôtes, au moment où il se croisait avec eux à l’arrière de l’aéronef.
Cependant, les yeux rougis pas l’insomnie, le regard hébété, les jambes flageolantes, Frycollin s’était hasardé hors de sa cabine. Il marchait comme un homme dont le pied sent que le terrain n’est pas solide. Son premier regard fut pour l’appareil suspenseur qui fonctionnait avec une régularité rassurante sans trop se hâter.
Cela fait, le Nègre, toujours titubant, se dirigea vers la rambarde et la saisit à deux mains, afin de mieux assurer son équilibre. Visiblement, il désirait prendre un aperçu du pays que l’Albatros dominait de deux cents mètres au plus.
Frycollin avait dû se monter beaucoup pour risquer une pareille tentative. Il lui fallait de l’audace, à coup sûr, puisqu’il soumettait sa personne à une telle épreuve.
D’abord, Frycollin se tint le corps renversé en arrière devant la rambarde ; puis il la secoua pour en reconnaître la solidité ; puis il se redressa ; puis il se courba en avant ; puis il porta la tête en dehors. Inutile de dire que, pendant qu’il exécutait ces mouvements divers, il avait les yeux fermés. Il les ouvrit enfin.
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GleskerGlesker   19 septembre 2013
Citoyens des Etats-Unis, dit-il, mon expérience est faite; mais mon avis est dès à présent qu’il ne faut rien prématurer, pas même le progrès. La science ne doit pas devancer les mœurs. Ce sont des évolutions, non des révolutions qu’il convient de faire. En un mot, il faut n’arriver qu’à son heure. J’arriverais trop tôt aujourd’hui pour avoir raison des intérêts contradictoires et divisés. Les nations ne sont pas encore mûres pour l’union.
Je pars donc, et j’emporte mon secret avec moi. Mais il ne sera pas perdu pour l’humanité. Il lui appartiendra le jour où elle sera assez instruite pour en tirer profit et assez sage pour n’en jamais abuser. Salut, citoyens des Etats-Unis, salut !
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Vidéo de Jules Verne
#mortvivante #glenat #bd
Joachim, un jeune scientifique menant des recherches prohibées, est enlevé par une puissante et mystérieuse femme recluse sur l?ancienne Terre : Martha. Pour se remettre du drame qui la hante depuis des mois, celle-ci lui ordonne l?impossible : ressusciter sa fille, Lise, ayant fait une chute mortelle lors de fouilles archéologiques. Joachim, qui voit là une opportunité de continuer ses travaux en toute liberté, accepte ce rôle de père créateur. Après avoir récupéré le matériel nécessaire grâce à la fortune de Martha, il se lance alors dans cette expérience qui pourrait bien s?avérer irréversible. Car on ne redonne pas impunément vie à la Mort?
Avec ce récit complet de 72 pages, Alberto Varanda signe pour son retour probablement son plus grand chef-d'?uvre graphique. Sur un scénario et un story-board d'Olivier Vatine, il livre un travail d'une ampleur aussi épique qu'extrêmement minutieuse, qui évoque autant les gravures de Gustave Doré que Jules Verne, Lovecraft et Schuiten réunis !
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