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Eric Eydoux (Traducteur)Élisabeth Eydoux (Traducteur)
ISBN : 2080674684
Éditeur : Flammarion (21/02/1997)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Tander, quarante ans, marié et propriétaire d'une blanchisserie prospère, voit son univers basculer le jour où il tombe fou amoureux d'une de ses jeunes employées.
Taraudé par son image, en proie à un désir tournant à l'obsession, il supporte de plus en plus mal de ne pas voir sa passion partagée. A bout de nerfs, il décide de tuer l'homme qui partage la vie de celle qu'il aime douloureusement. Mais on ne décide pas impunément du sort d'autrui. Et l'implacabl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
LiliGalipette
  15 juin 2016
Johan Tander possède une blanchisserie florissante. Il forme un couple solide avec Élise, son épouse. Mais tout a changé depuis l'arrivée de Vera. « Vis-à-vis d'elle, il avait senti se développer en lui un absurde sentiment de propriété. » (p. 11) Éperdument amoureux de la jeune femme, Tander est follement jaloux de Jan Vang, son prétendant. Il s'est juré de le tuer pour que personne ne lui prenne Vera. « Immobile, il est tout entier sous l'effet de ce qui le ravage. » (p. 8) Élise a compris ce qui ronge son époux. Pour l'aider, elle inscrit quelques mots sur un mur, à la vue de tous. Commence alors une cruelle journée pour Tander, entre rage et honte : il mobilise toute sa volonté pour ne pas mettre à bien son terrible plan. le jour poursuit sa course et Tander ne trouve de soutien nulle part. Son épouse est inaccessible, ses employées ne le respectent pas. « L'aide que j'ai demandée m'a été refusée. Et quand je regarde le mur, je vois toujours un passant en train de déchiffre r honte. » (p. 115) de son côté, Jan sent que Tander est animé de mauvaises intentions à son encontre. Alors qu'il cherche sagement à éviter le chemin du blanchisseur, il le trouve sans cesse sur sa route. Plein de peur et de colère, Jan finit par s'élever contre celui qui le harcèle et l'irréparable a lieu. « Que vienne l'obscurité et qu'on en finisse, se met-il à souhaiter. Peu importe ce qui s'ensuivra. » (p. 47)
Ce roman m'a rappelé Les chevaux noirs : on trouve dans ces deux textes des hommes à qui la chance a souri, mais qui sacrifient tout au nom d'une passion irraisonnée. La blanchisserie devient un espace étouffant, un théâtre sinistre où l'atmosphère s'épaissit à mesure que les mauvaises paroles s'échangent. Et il y a Krister, ce vieil homme obsédé par le désir d'avoir une chemise propre avant de mourir et qui, telle une Cassandre moribonde, annonce le pire dans l'indifférence générale. Dans ce roman, Tarjei Vesaas installe une étrange ambiance : il en faudrait eu pour sombrer dans la paranoïa. de cet auteur, je vous recommande encore et encore Les oiseaux, le germe ou Palais de glace.
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djathi
  29 juin 2016


A travers ce roman court mais intense , fidèle à son style , Tarjei Vesaas nous entraine dans une blanchisserie (lieu déjà symbolique !)qui sera le décor d'une tragédie :
C'est l'histoire banale d'un homme mûr, marié et sans histoire , propriétaire d'une blanchisserie ,qui sombrera au fil des pages dans un état obsessionnel grandissant face à l'arrivée d'une jeune employée ...... Vouant une haine farouche à l'égard du fiancée de celle-ci , ce sentiment le hante jour et nuit , l'accapare , le dénature , l'éloigne de la réalité : très rapidement son entourage perçoit le danger qui émane de Tander et les réactions des uns et des autres sont surprenantes ! Telles les schémas de tragédie classique , on assistera à une montée en puissance des sentiments dans une atmosphère de plus en plus oppressante jusqu'au dénouement final où la mort ne semble être que la seule issue libératrice et rédemptrice !
Tarjei a su habilement créer un climat ambivalent et malsain très bien traduit dans ce passage :
" "Elles travaillent certes silencieusement ces jeunes filles , mais de temps à autre , elles dirigent leurs regards vers la fenêtre ou la porte . Car dehors le soleil brille ,les nuages défilent et le linge claque au vent . Comme si passait un cortège invisible . Quelque chose d'étrange porté par le vent . Loin , très loin d'une blanchisserie installée dans une cave . Des chants . Des chants d'hommes . Perçus par le coeur . tel le chant de marins partis vers de nouveaux horizons ou quelque autre absurdité venue de la terre ferme .Tout simplement quelque chose qui est dans l'air et que chacun porte en soi .Comme issu de quelque chose pour quoi l'on a été créé mais ne peut obtenir puisque le vent souffle sur les vastes espaces et que l'on est jeune et neuf .C'est tout cela le chant ."
Certains ont vu dans la folie qui menace Tander , une simple obsession issue d'un amour non partagé : pour ma part je n'ai pas ressenti les choses ainsi et j'ai plutôt perçu cet "attachement" à cette jeune fille comme une réaction inconsciente due à un traumatisme antérieur ( la perte d'un enfant ) .Plusieurs passages ont orienté mon regard vers cette analyse :
"Et voici Vera .......C'est là que se trouve Vera . Et c'est là qu'elle restera ""Depuis que Véra est venue travailler chez lui . A peine était-elle arrivée qu'il avait senti un nouvel espace s'ouvrir en lui . Avec la soudaine puissance d'une révélation......Vera aubeau milieux de piles de linges immaculées, toujours ! Et dans cela personne ne peut entrer . C'est ainsi . Il faut se contenter de regarder et de rester à proximité".
Quelques lignes plus loin :"Vis à vis d'elle il avait senti se développer en lui un absurde sentiment de propriété. Il fallait que Véra demeure telle qu'elle avait été en arrivant , avait-il décrété ".
Plus loin encore alors qu'il est confronté à une explication avec le fiancé de Véra il parle de "celle que personne ne devait toucher " !

A travers ces passages , Tander semble plutôt victime de perturbations psychiques importantes que soumis à une passion dévorante : Véra n'est que l'objet de son obsession dans ce qu'elle représente de virginité , pureté lui apportant un sentiment de sécurité !
J'ai apprécié cette lecture pour la qualité d'écriture toute en finesse , poétique et rythmée .....
envoûtée par cette histoire qui témoigne de la fragilité du sens de la vie , de l'interdépendance des êtres , de la frontière ténue entre la raison et la folie ......
Mais la présentation de ce livre dans laquelle on parle d'amour me heurte : Aussi je serais ravie de susciter l'envie de quelques lecteurs pour confronter nos lectures !!!!
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   25 février 2016
Et une fois dans le tourbillon, il est trop tard. On n’a même pas le temps de s’en rendre compte. On a beau agiter les bras et résister de toutes ses forces, on est irrésistiblement happé.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2016
S’il n’y a personne pour t’en donner une, prends-la donc toi-même. Pour cette seule et unique fois. Cette chemise propre, il faut que tu l’aies. Va donc toi-même la décrocher du fil.
Il résiste un peu. Mais seulement un peu. Pour lui, c’est comme s’il s’était lancé dans une folle aventure. Pourtant, c’est quelque chose de juste, et il est pressé ! Il sait qu’il n’en a plus pour longtemps avant de s’écrouler. Et sa chemise, il y a droit, comme n’importe qui d’autre, tant il est vrai qu’au moment de sa mort, chacun est en droit d’avoir et d’exiger une chemise propre.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2016
...il s’est adressé à plusieurs personnes. Mais pas une d’entre elles n’a accepté d’emblée, dès la première demande. Toutes ont dit qu’elles allaient réfléchir : Je vais voir quand... rien de plus. Après quoi, elles l’ont tout simplement quitté. Les gens qu’il a sollicités faisaient plein de mines. Mais aucun n’était à l’aise.
Il devient de plus en plus évident que personne ne peut lui procurer ce qu’il recherche, le signe qu’il existe dans la pensée des gens. Et il se dit que jamais il n’y a eu sa place.
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crapahutevidacrapahutevida   16 juin 2017

Comme animé d’une force propre, presque luminescente, le linge blanc accroché aux fils ressort dans la pénombre estivale. Exposé à la rosée de la nuit et aux premiers rayons du soleil.
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rkhettaouirkhettaoui   25 février 2016
Je me moque de ce que les gens peuvent raconter. Tu as bien dit que je me mettais dans tous mes états ? Mais toi, regarde-toi, tu restes dans la saleté sans penser un seul instant à ce qui peut se passer ailleurs. À tout ce qu’il y a d’important, ailleurs. Comme s’il n’y avait pas ici même des choses qui comptaient infiniment plus !
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Videos de Tarjei Vesaas (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tarjei Vesaas
Pour ceux qui entende le tchéque ;)
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