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Régis Boyer (Autre)
ISBN : 2253016144
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1977)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Dans "Les Oiseaux", Tarjei Vesaas, un des plus grands écrivains norvégiens, raconte l'histoire de Mattis, simple d'esprit au coeur vierge et à l'âme candide que la dureté du monde réel a définitivement refoulé dans un univers de rêves.
Ce roman poignant invite le lecteur à mieux aimer la vie, à apprendre à dépasser, à transfigurer les contingences : la nature, la simplicité, l'évidente et immédiate beauté d'un lac, d'une forêt, d'une aile d'oiseau, d'un regar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  12 septembre 2016
Les oiseaux, roman de Tarjei Vesaas édité en 1957 et traduit par Régis Boyer nous emmène dans une région norvégienne verdoyante et lacustre, peut-être le Tellmark, au sein d'une modeste maisonnée pour partager la vie de Mattis et Hege, un frère et une soeur célibataires endurcis.
Mattis, un coeur pur et un esprit simple, surnommée « La houpette », un vieux garçon de trente sept ans à la charge de sa soeur aînée, besogneuse et, attentive aux humeurs de son frère.
Les oiseaux c'est le récit de la perception du monde extérieur par Mattis ( milieu qui peut s'avérer hostile ou généreux) et la découverte de son monde intérieur.
Le passage entre les deux mondes est assurée par des signes perçus, présages d'événements à venir, de changement irrémédiable.
Le symbole de cette liaison, la passée de bécasses.
Oui, la bécasse, l'oiseau le plus intelligent des volatiles devient l'amie de Mattis et il décrypte dans la boue le message qu 'elle lui a laissé:
« Tu es toi, voilà ce qui était écrit.
C'était vraiment une salutation.
Il chercha un petit bâton et marqua une réponse dans une tâche intacte de vase. Il n'employa pas de lettres ordinaires, c'était pour la bécasse, n'est-ce pas? aussi employa-t-il l'écriture d'oiseau lui aussi. »
La bécasse, est-elle l'oiseau de mauvais augure ou l'animal totem de Mattis?
Dans tous les cas elle représente l'intelligence des sens de Mattis.
Ce texte construit comme un tryptique nous conte le devenir d'un homme qui prend son envol et qui quittera peut-être son nid.
Il parle aussi d'un trio, de liens qui se tissent entre les protagonistes de cette histoire.
Dans tous les cas, il y a un avant et un après la passée de bécasses.
J'ai été très touchée par l 'écriture de ce texte, tout en finesse et en retenu, par l'authenticité et la pudeur, le respect manifesté par Tarjei Vesaas pour nous présenter son héros, cet homme pas comme les autres, différent.
J'ai aimé partager sa vie quotidienne, ponctuée de tentatives matérielles, pressé par sa soeur pour gagner sa vie et l' alléger: ouvrier agricole lorsqu'il démarie les raves, bûcheron lorsqu'il s'essaie à la coupe, passeur d'une rive à l'autre du lac proche de leur maisonnée...
J'ai aimé suivre ses interrogations métaphysiques et existentielles et assister à la naissance de sentiments nouveaux pour lui, l'amour, la haine et la complicité.
Un roman très émouvant dont le dénouement est surprenant
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LiliGalipette
  15 février 2015
Mattis vit depuis toujours à la charge de sa soeur, Hege. Il ne travaille pas et est très peu capable de mener à bien une tâche. Au village, tout le monde l'appelle La Houpette. Et Mattis déteste ce surnom : il sait qu'il est idiot et qu'il cause du souci à sa soeur. « Une voix monta en lui : C'est moi qui ai fait grisonner Hege. Ainsi, peu à peu, la vérité l'accabla. Il eut profondément honte de sa conduite. » (p. 29) Mais les résolutions de Mattis ne tiennent jamais longtemps. Il suffit qu'une bécasse passe au-dessus de la maison et il se prend à rêver que tout va changer. C'est là le grand défaut de Mattis : il rêve et il espère trop. « Je vais finir par me tuer à force de penser, répondit-il, et c'était la vérité. » (p. 260) Alors qu'il est devenu passeur sur le lac, il devient l'instrument de sa propre perte, du bouleversement de son existence et l'exécutant de sa plus grande peur : perdre Hege.
Mattis est une bouleversante figure d'idiot : avec sa conception tronquée du monde, il voit plus loin que les autres, mais il est incapable de faire comprendre ce qu'il a vu. Cassandre imbécile aux rêves exaltés, Mattis n'aurait sa place que dans un monde où il serait isolé avec sa soeur. Mais Hege, quasi mutique, exprime silencieusement et hargneusement son désir d'ailleurs et d'autre chose. le récit est sous-tendu par un potentiel de violence qui vibre à chaque page et qu'un souffle pourrait faire éclater. Et pourtant, il ne se passe presque rien dans cette histoire, à peine quelques évènements quotidiens qui font frissonner l'ordinaire. Mais c'est compter sans la fureur incontrôlée des rêves de Mattis et les profonds tourments de l'attente résignée dans lesquels plonge Hege.
Du même auteur, je vous conseille Palais de glace. Et au sujet des rapports fraternels, avec un traitement différent, lisez L'honnête tricheuse de Tove Jansson.
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lilicrapota
  05 janvier 2012
énième lecture...mais ça faisait bien 10 ans qu'il n'était pas sorti de ma bibliothèque!
N'est pas idiot celui qu'on croit
Pour Mathis, les mots SONT, la nature est signe, et son lien avec le "surnaturel" qui est une vision très ordinaire des choses pour les scandinaves a ceci de particulier qu'il DEVIENT ce qu'il voit. Les trembles morts qui sont Mathis et Hege, la passée de bécasse qui est comme son double, s'instaure un rapport au langage unique (dialogue avec l'oiseau au moyen de signes écrits par terre) et aux mots (quand il dit Hege est comme l'éclair, le mot éclair efface Hege, n'existe plus que l'éclair et la vision de Mathis dans l'orage)
Plus qu'empathie, le lecteur assiste à une sympathie avec la nature, l'environnement de Mathis tellement profonde qu'elle devient confusion (la voix qui parle au-dedans de Mathis, à qui appartient-elle?)
Qui est responsable des actes de Mathis? L'idiotie n'est pas ici une thématique déclinée par l'auteur, bien au contraire. C'est un conte parce qu'on est perpétuellement dans l'émerveillement (Mathis découvre chaque chose comme s'il ne les avait jamais vues)
C'est un roman qui mériterait des pages et des pages d'analyse... Mais le mieux, c'est de le lire avec son coeur et de se laisser porter nous aussi par notre voix intérieure, même -et surtout- si elle n'use pas de mots pour s'exprimer.
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dourvach
  19 novembre 2015
Pour "Les Oiseaux" ["Fuglane", 1957], Mattis et Hege sont bien un "couple" (frère/soeur) indissociable (*) mais c'est le seul point de vue (et mode de pensée) de Mattis le "simple d'esprit" -- dit "Mattis La Houppette "-- qui sera donné en partage par le discret Tarjei VESAAS (1897-1970), auteur discret dont on avait déjà révéré "Le Germe" ["Kimen", 1940] (âpre et violent roman symboliste laissant deviner l'entrée dans la nuit de la guerre pour la Norvège rurale), "Le Vent du Nord" ["Vindane", 1952] (un recueil d'une quinzaine de nouvelles déchirantes, fréquemment réédité) et bien sûr le justement célèbre diamant noir que demeurera son "Palais de Glace" ["Is-Slottet", 1963] pour l'éternité... Je sais cependant que je m'émerveillerai encore de découvrir l'également troublant -- et poétique -- "Les Ponts" ["Bruene", 1966], situé comme le fameux "Palais" en cette étrange lisière séparant le monde des morts et celui des vivants... mais que je ferai lâchement l'impasse sur "La barque le soir" ["Båten om Kvelden", 1968], un écrit tardif d'inspiration autobiographique (que je trouve, moi très humble plouc, à peu près illisible)...
Mattis décourage : il ne sait pas bosser correctement... plus de quinze minutes lui est difficile... pourtant il veut bien faire ! Il est à la charge de Hege, sa soeur qui le fait vivre de ses travaux acharnés d'aiguilles à tricoter... et il n'en peut plus de se sentir inutile et "à charge" de quelqu'un... Le coeur de Mattis est universel.
L'écriture y est sourdement poétique ; les "petits détails vrais" fourmillent (comme chez Simenon) ; bref, on est dans le Grand Art... mais depuis 2011 sylvie, lilicrapota, falachan, myriampele, Loutre_des_Rivieres, VanessaK, VanessaV, Liligalipette, GrandGousierGuerin (soit les neuf amis Babéliotes nous ayant précédé dans le champ électromagnétique de nos attractions tarjeivesaasiennes... ) vous l'expliqueront bien mieux que moi... et avec infiniment plus d'arguments ! Evidemment, c'est un livre impressionniste qui dépasse largement cette pensée née du spectacle d'une passée de bécasses au-dessus de la maison : "C'est beau, la Norvège, le soir"...
Mettez donc de côté un temps vos Lydie Vargas, vos Fred Salvayre, vos Yasmina Despentes, vos Virginie Khadra, vos Michel Foenkinos, vos David Houellebecq (etc. etc.) : tous ces machins à peu près écrits comme l'as de pique... Substituez-leur un moment la découverte des oeuvres --- et de la poétique unique -- de Tarjei VESAAS "l'oublié"...
(*) Au fil de notre lecture -- repensant beaucoup à l'exceptionnel film de Fredi M. Mürer (suisse de langue germanique) : "L'âme soeur"... Présence du "Fatum" dans tous les recoins brumeux d'une ferme d'alpage isolée ou d'une humble maisonnette sur le rivage d'un fjord..

Lien : http://www.regardsfeeriques...
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Floyd2408
  27 octobre 2017
Les oiseaux du Norvégien Tarjei Vesaas est une onde sensible coulant dans les méandres de notre coeur en suspend de la pureté des songes demeurant à l'intérieur de l'âme de notre héros Mattis, perdu dans ses réflexions.
Ce roman posé sur une étale d'un libraire chante une mélopée sourde lorsque mon regard caresse sa première de couverture, je le prends intrigué, mes doigts glissent sur ce livre, le quatrième de couverture lu, je le garde pour ensuite le payer et le ramener chez moi , mais l'histoire est plus belle lorsque quelque jour plus tard dans une autre librairie je touche du doigts un livre de poche qui m'attire, le titre le palais de glace, et quel fut ma surprise de découvrir l'auteur Tarjei Vesaas, deux livres du même auteur reste une troublante coïncidence.
Ce roman flâne les errances d'un jeune homme trentenaire, Mattis un personnage attachant, ressemblant à Lennie Des souris et des hommes, ces personnages idiots souvent présent dans la littérature. Cet adulte, surnommé « la Houpette » erre dans ce roman divisé en trois parties, faisant le récit des anecdotes futiles dans le regard de ce jeune personnage aux pensées vagabondes.
Mattis habite avec sa soeur ainée Hege dans une petite maison au bord d'un lac, isolé du village, elle tricote toute la journée pour subvenir à leur besoin, Mattis flâne dans la nature avec ses pensées incertaines, ses errances le rend différent des autres, tout est propice à des symboles concernant sa destinée, une passée de Bécasse, la foudre, tout le bouleverse, tout semble dessiner une nouvelle route pour lui, son destin semble lié avec l'invisibilité du paysage le caressant, son âme pure, en proie au doute respire la simplicité environnante, l'être humain le complexe, l'homme en lui se sépare, s'étire, explose dans une demande. Sa confusion l'empêche de pouvoir s'exprimer avec les hommes, tout se bouscule en lui, trop de questions, trop de mots se bousculent, Mattis perd le fil de la conversation, sa concentration s'évapore, Mattis devient fragile puis se referme en lui pour devenir un enfant effrayé comme avec les orages, se cachant dans la maisonnette servant de toilettes.
Chaque moment que traverse Mattis l'invite à réfléchir, tout le monde a du mal à le comprendre, et chacun rompt la conversation avec lui, même sa soeur, l'aimant en se sacrifiant pour le protéger. Chaque travail trouvé pour monter à sa soeur qu'il est un homme s'effrite, Mattis se perds dans ses pensées puis sa concentration s'échappe, comme avec le démariage des raves, travail d'une journée chez un paysan qu'il n'arrive à faire, contrarié par ses pensées, Mattis se consume en lui pour disparaitre, la mort de la Bécasse le contrarie, le changement de comportement de sa soeur en la présence d'un homme, tout bouleverse notre Mattis, cet être si hypersensible.
Tout lui en mute, désirant devenir un adulte, plus responsable, devant passeur sur le lac, métier que sa soeur lui propose, c'est le seul endroit où ses pensées le laissent en paix lorsqu'il rame droit, coupant l'eau en ligne droite, il est passeur.
Ce roman est une triple voix, celui indirect avec ce « il », et le « je » de Mattis, ses pensées et sa propre voix, dans les dialogues avec les autres personnages, ce style perturbe car s'entremêle les raisonnements et les pensées de notre Mattis, le lecteur est au coeur de l'âme pure de notre jeune homme encore un enfant, celui qui aime manger des bonbons au camphre.
L'idiot de Dostoïevski les deux héros se ressemble dans leur naïveté mais dans ce roman tout est perçu à travers notre jeune homme, tous les autres personnages sont le miroir du regard de notre Mattis, Hege est figé du ressentiment de Mattis, les jeunes filles rencontrées Anna et Inger aussi lors de la baignade et du tour de barque, le bucheron aussi Jörgen.
Tout ce roman respire la pureté simple de ce jeune homme, aimant cette nature, écoutant les oiseaux, pouvant leur parler, répondre à l'invisible, Mattis est un enfant voulant se défendre de devenir un homme, il reste là dans sa béatitude de petites choses l'animant. Il perçoit l'insondable, veut suivre son instinct qui semble être le bon, chaque destinée est liée à des anecdotes, une passée de Bécasse, la foudre, un mal de ventre, sa destinée est être passeur pour sa soeur lui apportant l'amour et la paix.
Certain parle de symbolisme, je dirais juste que ce roman est une poésie par la simplicité de la nature qui embrase les sens de notre Mattis, un homme attachant et troublé des hommes qui le rend fragile et craintif, l'homme se perd, Mattis est la simplicité même, une douceur de vie.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   09 septembre 2015
C'est alors qu'arriva le grand événement.
Tandis qu'il réfléchissait, voyant Hege s'en aller, il s'assit à sa place habituelle sur l'escalier de la maisonnette et regarda par-dessus le lac, vers les crêtes à l'ouest. L'eau était noire maintenant, et les crêtes s'assombrissaient. Un doux crépuscule d'été, dans le ciel et sur la terre. Mattis n'était pas insensible à de telles choses.
Leur maisonnette se trouvait dans un petit repli de terrain marécageux qui remontait du rivage. La forêtrde conifères était mêlée de bouleaux et de trembles. Un petit ruisseau dévalait la pente. Parfois, il semblait que cet endroit était d'une beauté comme il n'en avait vu nulle part ailleurs -- si peu qu'il se fût promené.
Peut-être était-ce là ce qu'il ressentit alors -- il s'évadait, en tout cas, les yeux écarquillés, laissant le crépuscule s'appesantir, à supposer que l'on pût appeler cela un crépuscule et non quelque chose d'ineffablement doux.
C'est à ce moment-là quarriva l'inattendu.
"De ce côté-ci du vent tout est tranquille", venait-il de penser tout en regardant au loin les deux cîmes des trembles et le ciel nocturne. C'était quelque chose qui passait parmi les cîmes, il s'imagina qu'il pouvait le voir, tant il faisait clair. Pas de vent, seulement quelque chose qui passait -- et le temps était si tranquille par ici que pas une feuille ne bougeait sur les trembles verts.
Et puis il y eut un petit bruit. Un cri soudain, étrange. Et en même temps, il perçut quelques brefs coups d'ailes rapides, là-haut, en l'air. Puis quelques appels étouffés dans un langage d'oiseau désemparé.
Cela passa au-dessus de la maison.
Mais cela passa aussi juste à travers Mattis.

[Tarjei VESAAS, "Fuglane" ("Les Oiseaux"), Gyldendal Norsk Forlag, Oslo, 1957, traduit du néo-norvégien (nynorsk) par Régis Boyer pour les éditions Pierre-Jean Oswald, 1975 -- réédité aux éditions Plein Chant, 1986, chapitre V, pages 31-32]
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dourvachdourvach   13 septembre 2015
-- Tu es jolie.
Alors elle se rapprocha, tout contre lui.
-- Maintenant, je comprends mieux pourquoi j'ai attendu si longtemps, ajouta-t-il.
Elle se tut tout le temps -- car elle avait un secret à lui confier. Elle s'approcha encore plus. Elle avait bougé le bras et ç'avait été un chant d'oiseau -- maintenant, elle tournait tout le corps, par sorcellerie.
Tournait tout le corps et il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. C'était indicible. Elle s'approcha encore plus. Elle était tout près de lui, née d'une passée de bécasses. Elle était à lui.

[Tarjei VESAAS, "Fuglane" ("Les Oiseaux"), Gyldendal Norsk Forlag, Oslo, 1957, traduit du néo-norvégien (nynorsk) par Régis Boyer pour les éditions Pierre-Jean Oswald, 1975 -- réédité aux éditions Plein Chant, 1986, chapitre VII, pages 42-43]
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sylviesylvie   06 janvier 2011
Il ne se décidait pas à reprendre son travail de passeur. Il y avait quelque chose de changé Il vadrouillait, sans rien faire. A un moment donné, il vit quelque chose de rouge luisant près de l'enclos et tressaillit. Il y avait là une fausse oronge mûre avec toute sa méchante, secrète séduction. Elle se trouvait tout contre l'enclos, comme si elle voulait regarder dans le chemin et pénétrer jusqu'à Mattis.

Non! Non, pensa-t-il craintivement, déjà sur la défensive. Je vais l'écraser avant qu'elle me tue.

Il alla donner un coup de pied au champignon. ce fut comme une explosion de rouge et de blanc quand il émietta le champignon sous son pied.

Aussitôt après, il en découvrit une autre, à l'intérieur de l'enclos, dans le pré. Au moins aussi belle. Celle-là, il ne lui donna pas de coup de pied, il prit peur et battit en retraite. A présent, il savait qu'il y en avait plein partout dans les collines, près de l'enclos et entre les touffes et sur le sol de la foret.

La maison était cernée de poison...

...- Est-ce qu'il n'y a pas plus de fausses oronges que d'habitude, ici, cette année ? demanda-t-il sans donner d'explications.

- Pas que je sache, dit Hege. Tout est normal, dit-elle, l'aveugle, et elle s'en alla en frétillant.
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VanessaVVanessaV   18 septembre 2014
Au moment où Mattis allait partir, il arriva quelque chose de déplaisant. Comme il n'avait pas acheté l'habituel sachet de bonbons, le commerçant crut qu'il n'avait pas assez d'argent - aussi puisa-t-il rapidement un peu de bonbons au camphre et entortilla un petit cornet. Il plaça celui-ci avec les autres victuailles et cilla un peu.
Mattis rougit. C'est ainsi que le commerçant faisait avec les enfants, il l'avait vu. Rapidement, Mattis rassembla les deux ou trois sacs qu'il avait achetés, et laissa le cornet sur le comptoir.
- Prends ça aussi, dit le marchand. Tu paieras une autre fois.
Mattis se trouva embarrassé par ces propos. On lui donnait des bonbons comme à un enfant - bien qu'il sût de grandes choses, comme des arbres fendus et des éclairs et des présages de la mort. Il prit le cadeau, bredouilla un remerciement et se fourra un bonbon dans la bouche. S'était fait petit. Le pire, c'est que le commerçant se tenait là, gentiment. Il fallait que Mattis essaie de se tirer de là.
[...]
Quand il fut dehors, il ne put s'empêcher de prendre le bonbon numéro deux; en mit un à chaque coin de la bouche et aspira le jus sucré et fort - le goût vous en restait longtemps ensuite dans la bouche.
+ Lire la suite
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   19 octobre 2016
Le lendemain matin, il pensa, le cœur plein à déborder :Aujourd’hui, c’est moi et la bécasse. Comment, il ne pouvait l’expliquer. Il n’avait pas besoin d’une explication non plus. Il y avait bien des raies au-dessus de la maison – des traces de la bécasse qui était passée par ici pendant qu’il dormait cette nuit, et toutes les nuits maintenant. C’était presque un péché que de dormir. Plus Mattis pensait à la bécasse, plus il était certain qu’il arriverait de bonnes choses. Quelque chose qui serait autrement. C’était pour cela que la bécasse passait au-dessus d’ici matin et soir, mais toujours pendant que les gens étaient cachés dans leurs maisons.Cela signifiait quelque chose de bon, lui semblait-il. Evidemment, il pouvait sortir et veiller, suivre le passage de l’oiseau dans l’air aussi souvent qu’il voudrait. C’était la bécasse et lui. Aujourd’hui, c’était un jour nouveau avec elle.La bécasse comblait les pensées de Mattis. Il ne pouvait s’empêcher d’y faire allusion sans cesse devant Hege. Celle-ci était fatiguée mais il pouvait bien se comporter de telle sorte que Hege ne sût pas de quoi il s’agissait, croyait-il, et de sorte qu’il pût pourtant soulager son cœur.
De bonne heure, ce matin-là, tandis qu’elle lui donnait à manger, il dit à Hege :
– Ça va et ça vient pour moi maintenant.
– Qu’y a-t-il donc ? demanda-t-elle patiemment.
– Comme ça. Il fit un trait en l’air avec ses doigts, comme une passée de bécasses. Hege voulut poursuivre son travail. Elle était toujours pressée. Mattis était heureux de l’associer à ce qu’il portait en son cœur juste alors, mais, dans son aveuglement, Hege ne le comprenait pas.
– Attends un peu, Hege, c’est important ça.
– Vite alors, dit-elle.
– Tu en sais si peu sur certaines choses.Il dit cela amicalement, d’un ton un rien effrayé. Il parlait à quelqu’un de futé, non ?
– Oui, tu l’as déjà dit, répondit Hege.
– C’est passé et repassé, dit-il.
– Et pendant que tu dormais, dit-il.
– Tous les jours, dit-il pour arrondir.
Alors, elle le regarda comme elle eût regardé un adulte, puis elle dit :
– Tant mieux pour toi que tu le prennes ainsi. Ce n’est pas mon cas, je dois dire.
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Pour ceux qui entende le tchéque ;)
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