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ISBN : 2070213625
Éditeur : Gallimard (21/09/1982)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Battling le ténébreux raconte les joies, les amusements et les désespoirs d'un trio de lycéens qui rêvent et désirent, dans une petite ville de province, autour de la figure d'une jeune Allemande, sculpteur de profession, qui vient de s'installer non loin du collège.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Kickou
  02 août 2017
Le style est distingué et en même temps inventif. Ecrire de cette façon, faut l'avouer, c'est la grande classe, mais on est en 1928. Une espèce de mélancolie émane de ces longues phrases, comme les vagues lentes de la nostalgie ; C'est certainement le rythme du point-virgule. le sujet s'y prête : L'adolescence chez les petits bourgeois bien éduqués de province ; Reste l'adolescence, avec ces émois, ces amours, ces défaites, l'amitié, l'ennui et l'exaltation. de Vialatte, j'ai lu, il y a longtemps, des chroniques qui firent sa renommé (Pierre Desproges, notamment, les recommande). Ce roman est aussi bien torché que ses chroniques, la grande classe disais-je, mais moins loufoque, moins farfelu, même si l'humour n'y est pas absent. Et puis dans quel autre roman ai-je trouvé le mot : félibre ? Il faut prendre le dictionnaire de temps en temps, non ? Alors 5* forcement. Allez, salut.
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VACHARDTUAPIED
  15 avril 2013
Battling le ténébreux est l'un des trois seuls romans qu'Alexandre Vialatte a publié de son vivant, en 1928. le narrateur y évoque son amitié pour Fernand Larache, dit Battling en raison de son physique de "brute paisible", lycéen comme lui dans une sous-préfecture de province, durant l'entre-deux-guerres. Traitant des heurs et malheurs de l'adolescence, ce récit est à rapprocher de L'Attrape-coeurs de Salinger par son propos, même si le ton y est beaucoup plus introspectif et nostalgique. En effet, là où le roman de Salinger est à la première personne et, dans la grande tradition du roman américain, laisse la psychologie se deviner sous l'action, Vialatte recompose une vaste palette de souvenirs tendres, ironiques et mélancoliques de cette époque de la vie où l'on trouve que tout est encore merveilleux, mais où il ne faut surtout pas que les autres - en particulier les adultes -, le sachent.
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jfponge
  25 octobre 2015
Une histoire de potaches, écrite par un jeune auteur encore inconnu, dont le nom restera célèbre auprès du grand public par ses chroniques (on disait à l'époque des "brèves de comptoir") tenues dans le journal des auvergnats, "La Montagne", dans les vingt premières années de l'après-guerre. Cet humour si particulier, et ce regard aigu sur ce que peuvent révéler de façon inattendue les mille et une situations que nous vivons au quotidien, sont déjà présents dans ce roman qui nous conte les espoirs et les déceptions amoureuses du "grand" Battling, alias Fernand Larache, un lycéen boutonneux de première D. La cocasserie n'est pas la moindre qualité du récit, mais ce qui fait la grâce de toute l'oeuvre d'Alexandre Vialatte, c'est le style, inimitable dans sa simplicité. Un style qui a su braver les époques tant il est resté éloigné de toute mode littéraire. Un régal…
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allard95
  19 août 2017
Alexandre Vialatte était un brillant intellectuel, hélas trop peu connu ("Je suis notoirement inconnu", disait-il, ....).
Premier traducteur en français de Kafka (auquel il a semble-t'il ajouté un ton un peu trop personnel.....), il est aussi l'éditorialiste du journal La Montagne, plein de verve, de tournures inattendues, et d'esprit.
Le roman "Battling" reprend ce style: vif, surprenant, drôle. Les adjectifs et les adverbes se carambolent exactement comme on ne l'attend pas: un vrai plaisir. Pourtant , l'histoire n'est pas gaie. Ce n'est pas un grand roman, mais ce peut être une porte agréable pour découvrir cet auteur attachant, amoureux des formules, et tout simplement de la langue française.
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crochette
  27 février 2012
Au hasard de la lecture de l'excellent magazine XXI, j'ai eu envie de lire Vialatte. Son style est effectivement unique et difficile à décrire. Personnel, précis, très coloré et loin des poncifs sur les affres de l'enfance ou la rigolade des cours de récré. On sent une maîtrise de la langue impressionnante. ça m'a donné envie de lire ses autres livres!
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   30 décembre 2015
- Il faut aimer la vie, mon petit, mais avec patience. Moi, j'ai voulu me rattraper trop vite. Et maintenant je suis dégoûtée de tout. S'il n'y avait pas la peinture...
- Et moi ? dit Manuel. Je ne compte pas ?
- Oh toi, mon petit, je ne me fais pas d'illusions sur ton compte. Tu seras heureux comme tu le mérites. Mais je crains que ce ne soit pas brillant. Si tu m'écoutais, tu ferais quelque chose. Mais tu es paresseux, tu aimes les femmes et tu n'auras jamais le courage de choisir. Donne-moi encore une caporal et dis-moi l'heure.
- Cinq heures et quart.
- Déjà ? On n'a pourtant pas entendu le clairon de ton camarade ?
Un coup de fusil claqua dans l'air sec des jardins.
- Il s'exerce au tir, dit Manuel. Tu entends ? ... Il veut absolument s'engager l'année prochaine.
- C'est un sentimental, dit Erna. Comme toi, n'est-ce pas ? Viens m'embrasser, mon petit ; mens-moi bien. Dis-moi que tu m'aimes. (...)

Il est mort : Voici la chambre qui sent les pommes parce qu'elle servit autrefois de resserre pour les fruits ; voici le "calendrier du facteur" où les spahis passent l'oued sur un couchant rouge, et une femme porte une amphore, tournée vers eux ; voici les objets qui t'appartinrent, plus émouvants, plus accusateurs, plus grands déjà, plus symboliques : la montre d'or de ta première communion, le paroissien vert, le stylographe où tant de fois s'imprima la trame merveilleuse de tes doigts moites, délicate, mystérieuse et compliquée comme une empreinte de fougère dans la houille ; voici tes yeux fermés, tes mains vides et cette pauvreté parfaite... Et cette vieille femme accrochée à tes draps, tordue comme le bois de la vigne, ces remous qui font houler ses épaules comme si quelque bête était entrée en elle qu'il lui fallût chasser avec de grands efforts. La flamme des cierges toute pâle dans la lumière de la fenêtre sans volets. Sous la chaleur, exaspérée, la terre craque et se dessèche, les vignes écartelées sur les treilles se rôtissent contre la chaux. Mais quel été réchauffera jamais ta tête vide, tes jambes mortes, tes mains transparentes, que toutes les eaux de l'argile vont laver ?
Il est mort : par les convois éternels, ce soir, il débarque aux stations surnaturelles pareilles à quelque halte nostalgique dans les champs, mais sans timbre, sans cailles, sans roses, sans tilleuls, sans étoiles ; il débarque d'un train sans bagages, avec sa poitrine trouée, ses jambes encore inhabiles, son âme excessive et si lourde dans ce corps qui voulait tant vivre comme ces chevaux qui chargent encore dans la bataille, emportant leur cavalier mort.
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aleatoirealeatoire   05 novembre 2015
Il me suffit de fermer les yeux pour entendre encore ronronner les becs de gaz de la petite étude, voir les murs verts et les grandes cartes géographiques, le Bassin parisien avec ses auréoles, le Tonkin violet, l'Annam rose, et trente têtes penchées patiemment sur des cahiers. C'est là que nous vivions nos seize ans. Nos yeux graves démentaient notre mauvais sourire ; nous avions des tabliers noirs, des doigts tachés d'encre et des signatures indécises ornées de paraphes copiés. Les vieux pupitres, invraisemblablement ravinés de formules, de dates et de devises, proposaient à la mémoire des patronymes fameux. C'est là que la génération précédente avait sculpté ses noms au couteau avant d'aller mourir à la guerre. Maintenant les pupitres avilis cachaient des photographies de femmes, découpées dans des magazines, des collections de timbres et des croûtons de pain, les déchets d'un âge inutile. Une République au profil grec regardait dans le vide avec des yeux de plâtre, horizontalement, plus loin que nous.
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aleatoirealeatoire   10 novembre 2015
Le docteur Meyer-Fehr était un homme méticuleux, joyeux et doux, dont le crâne rond, passé au papier de verre, reflétait indifféremment les roses grimpantes, les arbres, les toits, les oeufs posés sur les jets d'eaux, et plus généralement tous les objets de la nature qui s'élevaient à plus d'un mètre soixante au-dessus du sol. Il avait une petite barbe poivre et sel, un sourire gai et des yeux tristes, une femme insignifiante et féconde, des enfants qui foisonnaient dans son jardin, une griffe de panthère du Kâfiristan à sa chaîne de montre, et une connaissance des hommes si parfaite qu'il en était au désespoir.
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aleatoirealeatoire   10 décembre 2015
Il s'assit sous la tonnelle ; il alluma une cigarette, il prit son front dans sa main gauche et découvrit sur ses souliers blancs, qu'il avait nettoyés le matin, une grosse tache rose qu'avait dû y faire une fraise écrasée ; alors il songea au soin inutile qu'il avait pris inconsciemment de se faire beau pour l'étrangère, - maintenant il en comprenait la raison - ; cette tache de fraise gâchait sa chance, il lui sembla qu'elle gâtait toute sa vie ; il se sentit pris presque sans raison d'une grande pitié pour lui-même qui lui fit monter les larmes aux yeux.
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aleatoirealeatoire   16 décembre 2015
L'herbe brillait, toute fraîche de pluie, drue comme la force de nos jeunesses ; l'arc-en-ciel bâtissait un viaduc double, beau comme un démenti à l'expérience humaine ; ce miracle - un effet d'optique - nous autorisait à tout. [...]
Depuis ce temps, plusieurs d'entre nous sont entrés dans la tombe étroite, dans le garde-à-vous solennel de l'au-delà. [...] La gaîté emportée avec eux dans leur guérite horizontale.
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Videos de Alexandre Vialatte (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Vialatte
Interprétation d'un texte de Vialatte par Dufilho à l'ORTF.
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