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Noël Arnaud (Préfacier, etc.)
ISBN : 225314133X
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1997)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 454 notes)
Résumé :
Ce livre est un hommage à l’auteur-illustrateur Martin Matje, de son vrai nom Thierry Martin, qui est décédé le 13 septembre 2004. Martin Matje avait pour projet d’illustrer le poème «Quand j’aurais du vent dans mon crâne» de Boris Vian.
Il avait entrepris les démarches dans ce sens et demandé l’autorisation à Ursula Vian, veuve de l’écrivain. La fulgurance de sa maladie l’a empêché de venir à bout de son dessein et les proches à qui il en avait parlé ont déc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Pavlik
  03 août 2017
Oui, moi aussi je voudrais pas crever...c'est peut-être pour ça que je lis de la poésie. Car enfin quoi de plus immortel que les mots traqués, puis extirpés de la conscience, de ses limites vagues...puis couchés sur le papier. Surtout s'ils ne racontent rien...mais qu'ils disent, qu'ils ne montrent pas... mais qu'ils révèlent.
Les images survivent à leurs créateurs...La petite musique à ceux qui l'ont entendu et qui, caisse de résonance, l'ont propagé...Et les poètes ne sont peut être que les caisses de résonance singulières du chant du monde...Du chant de l'âme. L'urgence est de le faire avant qu'"ils cassent le monde"...Qui c'est "ils" ? Regarde-toi dans un miroir...
Et si la tragédie, noir ressac, se rappelle sans cesse à nous...inlassablement la poésie lui répond ; que dit-elle ? Je voudrais pas crever...avant d'avoir vécu.
Tu te refuses à croire
Au porteur de lumière
Le feu de sa colère
Est une bougie qui vacille
Dans un océan de nuit
Et chacun de ses pas
Est un coeur qui bat
La lave de mer déploie l'ivresse
D'un bateau oublié du temps
Les petits dieux ne répondent pas
La vigne, le sel masquent leurs pas
Et les collines dans un soleil d'encre
Immobiles et fières ont jeté l'ancre
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colimasson
  18 juillet 2015
Enfin une poésie qu'elle est bien,
Qu'elle fait pas chier avec des mots compliqués,
Qu'elle intimide pas avec des émotions trop chiquées,
Qui fait rire et ça c'est pas rien.

Rire, oui chère Coli,
Rire pour rire parce que c'est bon,
Rire pour agacer les vieux croûtons,
Rire pour séduire les filles jolies.

Alors on a ri, ri, ri avec Boris.
Alors on a lu, lu, lu ses poèmes,
Et c'est le régal, vous comprenez.
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celine25
  15 août 2015
Ce recueil contient mon poème préféré de Boris Vian que j'ai découvert grâce à une interprétation de Jean Louis Aubert:" ils cassent le monde" . Et je trouve qu'il est bien représentatif des thèmes abordés ici: la mort et l'amour de la vie: une sorte de carpe diem un peu désespéré. D'ailleurs Vian définit la vie "comme une dent ": "on y a pas pensé" "et puis ça se gâte soudain/ ça vous fait mal et on y tient"
Mais ce recueil c'est aussi la verve surréaliste de l'auteur , ses inventions verbales (zoizeaux, orphies, libelles, trompinettes, ...), ses jeux de mots ("Donnez le si/ Il pousse un if / Faîtes le tri/ Il naît un arbre"),sa musicalité: un "pohéteu " "ne pense qu'en vers /Et n'écrit qu'en musique".
Et même si "Tout a été dit cent fois", ce que Vian écrit n'est pas une redite, mais une ré-invention touchante et/ou amusante.
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olivberne
  26 août 2012
Un recueil de poésie, publié à titre posthume, mais qui montre surtout la tristesse, le mal de vivre de Vian, qui rêvait continuellement mais était contraint par le réel et sa mort qu'il sentait prochaine. Il y a de belles poésies, la poésie éponyme est aujourd'hiui dans les manuels scolaires et c'est un livre vivifiant, qui célèbre la vie, malgré sa noirceur, sa tristesse et les regrets qu'il exprime. A découvrir.
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nico60
  29 mai 2018
bonsoir ce livre ne m'as pas marqué au même niveau que mes autres lectures . je n'ai pas retrouver le niveau de passion que j'avais eu en lisant l'écume des jours . oui je suis un peu déçu même si je trouve que Boris Vian a du talent . bonne lecture
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
CandilaCandila   20 août 2018
"Il y a de quoi. Pour nous tirer de là, il importe de donner à ce que nous écrivons un sens extrêmement précis ; car sur le terrain du vague, de l'insolite, du vaporeux, de l'abscons et du rêveur, le robot nous battra à tout coup. Lui, en effet, n'aura aucune des mauvaises raisons que nous impose notre passé de choisir tel ou tel vocable. Lui sera vraiment libre, alors que s'il vient sous notre plume automatique une structure vachement originale, c'est peut-être bien que nous aurons fréquenté Mallarmé ou Jarry, de façon trop intime. Lui épuisera les combinaisons en deux et trois mouvements et nous délivrera des textes sans syntaxe, dont il assumera seul la confection."

Un Robot-Poète ne nous fait pas peur.
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CandilaCandila   20 août 2018
"Je veux une vie en forme de toi"
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Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   21 août 2012
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
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marina53marina53   25 mars 2013
Ils cassent le monde
En petits morceaux
Ils cassent le monde
A coups de marteau
Mais ça m’est égal
Ca m’est bien égal
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j’aime
Une plume bleue
Un chemin de sable
Un oiseau peureux
Il suffit que j’aime
Un brin d’herbe mince
Une goutte de rosée
Un grillon de bois
Ils peuvent casser le monde
En petits morceaux
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
J’aurais toujours un peu d’air
Un petit filet de vie
Dans l’oeil un peu de lumière
Et le vent dans les orties
Et même, et même
S’ils me mettent en prison
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j’aime
Cette pierre corrodée
Ces crochets de fer
Où s’attarde un peu de sang
Je l’aime, je l’aime
La planche usée de mon lit
La paillasse et le châlit
La poussière de soleil
J’aime le judas qui s’ouvre
Les hommes qui sont entrés
Qui s’avancent, qui m’emmènent
Retrouver la vie du monde
Et retrouver la couleur
J’aime ces deux longs montants
Ce couteau triangulaire
Ces messieurs vêtus de noir
C’est ma fête et je suis fier
Je l’aime, je l’aime
Ce panier rempli de son
Où je vais poser ma tête
Oh, je l’aime pour de bon
Il suffit que j’aime
Un petit brin d’herbe bleue
Une goutte de rosée
Un amour d’oiseau peureux
Ils cassent le monde
Aves leurs marteaux pesants
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez, mon coeur.
+ Lire la suite
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Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   04 septembre 2012
Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale

Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale
Ça sera par un soir horrible
Clair, chaud, parfumé, sensuel
Je mourrai d’un pourrissement
De certaines cellules peu connues
Je mourrai d’une jambe arrachée
Par un rat géant jailli d’un trou géant
Je mourrai de cent coupures
Le ciel sera tombé sur moi
Ça se brise comme une vitre lourde
Je mourrai d’un éclat de voix
Crevant mes oreilles
Je mourrai de blessures sourdes
Infligées à deux heures du matin
Par des tueurs indécis et chauves
Je mourrai sans m’apercevoir
Que je meurs, je mourrai
Enseveli sous les ruines sèches
De mille mètres de coton écroulé
Je mourrai noyé dans l’huile de vidange
Foulé aux pieds par des bêtes indifférentes
Et, juste après, par des bêtes différentes
Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge
Ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir
Je mourrai peut-être sans m’en faire
Du vernis à ongles aux doigts de pied
Et des larmes plein les mains
Et des larmes plein les mains
Je mourrai quand on décollera
Mes paupières sous un soleil enragé
Quand on me dira lentement
Des méchancetés à l’oreille
Je mourrai de voir torturer des enfants
Et des hommes étonnés et blêmes
Je mourrai rongé vivant
Par des vers, je mourrai les
Mains attachées sous une cascade
Je mourrai brûlé dans un incendie triste
Je mourrai un peu, beaucoup,
Sans passion, mais avec intérêt
Et puis quand tout sera fini
Je mourrai.
+ Lire la suite
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Boris Vian - Je voudrais pas crever - Voix : Carolyne Cannella
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