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EAN : 9782264009319
187 pages
Éditeur : Flammarion (08/07/2006)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 162 notes)
Résumé :
Treize nouvelles écrites de 1945 à 1952, sur tous les registres où Boris Vian s'est plu à laisser son imagination battre la campagne, la ville et quelques mondes moins connus comme celui des loups-garous de Ville-d'Avray, ou celui des skieuses lesbiennes et sadiques de Vallyeuse.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  18 janvier 2020
Publié à titre posthume en 1970, ce recueil regroupe 13 nouvelles pas toutes fabuleuses mais en tout cas intéressantes. Ecrites entre 1945 et 1952, pendant la même période où Vian a écrit et publié ses romans principaux en son nom et sous le pseudo de Vernon Sullivan, on retrouve en elles les deux genres qu'il a exploité en particulier, l'un basé sur l'imaginaire et l'invention, et l'autre plus noir et cynique.
Dans ce recueil, j'ai largement préféré le premier genre, du Vian tout craché avec l'humour qu'on retrouve aussi dans ses chansons. Je suis fan de l'inventivité qu'il déploie dans ses mots, ses phrases et ses histoires, j'ai l'impression en le lisant de jouer comme une enfant, de retomber en enfance et j'essaie de l'imaginer lui-même écrivant -tapant à la machine? - riant de ses idées loufoques, débordant d'imagination tourbillonnant sans cesse autour de lui. Boris Vian est à mes yeux quelqu'un d'admirable quand on pense à tout ce qu'il a fait au cours de sa courte existence.
Les quatre premières nouvelles sont à mes yeux les plus abouties, contrairement aux autres qui se terminent parfois en queue de poisson mais qui ont en germe ses romans à venir.
Quant aux nouvelles de type Sullivan, elles sont clairement maîtrisées au niveau du style et possèdent une certaine violence qu'on retrouve bien sûr dans ses romans sous pseudo.
Boris Vian a longtemps été mon auteur préféré, et ce recueil me donne bien envie de le retrouver.
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domisylzen
  09 septembre 2015
Treize nouvelles, écrites de 1945 à 1952, sur tous les registres où Boris Vian s'est plus à laisser son imagination battre la campagne, la ville et quelques mondes moins connus comme celui des loups-garous de Ville-d'Avray, ou celui des skieuses lesbiennes et sadiques de Vallyeuse.
La première, qui porte le nom du recueil est un petit bijou : Denis, loup de sont état vit dans les bois de Fausses-Reposes et aime regarder passer les voitures et mater les amoureux. Malheureusement pour Denis, il croise à minuit pile, le mage de Siam qui le transforme en loup-Garou.
J'adore : c'est absurde et déglingué à souhait. Quelques fois, avec Boris Vian, il convient de relire certains passages plusieurs fois pour être sûr de bien comprendre ce dont il s'agit. L'histoire ne coule pas forcément de source avec lui. Rarement même.
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jamiK
  20 avril 2020
Ce livre rassemble 12 petits contes écrits de 1946 à 1952. Plusieurs genres y sont abordés, fantastique, polar, récits de soirées, horreur et même science fiction (“Le danger des classiques”, peut-être le plus drôle). Les plus fantastiques sont ceux qui m'ont le plus plu : “Le loup garou”, “L'amour est aveugle (un peu grivois, très drôle aussi), mais tous possèdent une part de fantaisie, une étrangeté un peu loufoque, où la logique est inversée dans un délire léger et poétique et souvent drôle, parfois noir (Les chiens, le désir et la mort, le voyeur). J'ai un peu moins aimé “Les remparts du sud”, où les référence à la vie d'après guerre ne me parlait pas vraiment, et “Martin m'a téléphoné” qui est le récit d'une soirée de musique, écrit dans un style différent, en écriture brute, sans paragraphe où je n'ai pas reconnu la même patte. J'aime cette manière qu'a Boris Vian de bouleverser les valeurs, rendant absurde ce qui devrait être le plus sérieux, et vice-versa, j'aime son ton joyeusement festif et déluré, ces petites nouvelles sont presque toutes totalement réjouissantes.
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greg320i
  26 septembre 2013
AHHH..Qu'il fait bon lire dans un Boris VIAN
Ecriture libre, phrases légères, sans censure ,mêlant l'élan poétique et traitant le tragique de façon unique.
Mais vous le connaissez déjà je le sais : ce monsieur là ne donne pas dans la dentelle, il démantèle plutôt le démentiel car sa verve est fantastique voir unique en nous livrant comme cela ses impressions, ses expressions à ciel ouvert.
La belle plume de la bonne affaire à faire avec ce recueil précieux ! Car le chanteur-compositeur corsaire du français d'époque nous titille toujours le bon mot, nous baignant par là même dans sa fanfaronnade magique et féerique touchante et drôle , visant vos intérêts propres mais détourné et retourné sauf votre respect . Excuser donc que les situations ici ne seront jamais le quotidien journalier et routinier de chacun .
Ne vouloir en lire qu'un passage est déjà la barrière franchie, vous alors aussi deviendrez sans le vouloir alors victime de ce Loup-garou .
BORIS , créateur ,, créature, ta marque est rester gravé dans nos mémoires.
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Binaiade
  10 janvier 2019
De quoi ça parle ?
Recueil de nouvelles publiées entre 1945 et 1964 :
- le loup-garou : un loup végétarien se fait mordre par un humain et se transforme donc les nuits de pleine lune en homme.
- Un coeur d'or : un voyou vient de voler le coeur d'or du père Mimile et tente d'attirer l'attention des policiers.
- Les remparts du Sud : le Major décide de partir en vacances dans le sud mais ce n'est pas gagné avec ses combines de planche pourrie.
- L'amour est aveugle : un brouillard particulier tombe sur la ville. Les habitants n'y voient plus rien, de plus il est aphrodisiaque.
- Martin m'a téléphoné : la nuit pleine d'imprévus d'un musicien de jazz.
- Marseille commençait à s'éveiller : une femme agent secret se voit confier la mission de tirer des renseignements à un homme politique en le séduisant.
- le chien, le désir et la mort : un homme est condamné à mort. Il se souvient de sa rencontre et de son désir morbide pour une femme cruelle.
- Les pas vernis : l'histoire d'un père de famille sans le sou qui vole pour se faire de l'argent.
- Une pénible histoire : un homme sauve une jeune femme du suicide. Celle-ci lui raconte alors sa vie déprimante.
- le penseur : la vie d'un homme doué de logique qui va impressionner son entourage par ses bons mots.
- Surprise-partie chez Léobille : un jeune homme timide est invité à une fête et décide de surmonter sa timidité pour séduire une femme.
- le voyeur : un homme se rend dans un refuge de montagne où se trouvent déjà trois superbes jeunes femmes hautaines.
- le danger des classiques : un chercheur invente une machine intelligente capable de raisonner mais tout ne va pas se passer comme prévu...
Mon avis :
Je connaissais Boris Vian de nom pour sa musique et sa relation professionnelle et amicale avec Serge Gainsbourg, alors quand je suis tombée par hasard sur ce recueil de nouvelles, je me suis dit "pourquoi pas" ?
Voici donc treize nouvelles aux thèmes différents tels que l'amour, la violence, le progrès ou même l'érotisme. Rappelons qu'il les a écrites dans les années 40-50 donc ça reste tout de même pudique et "soft".
Bien sûr, fidèle à sa réputation, Boris Vian maîtrise l'écriture à la perfection : vocabulaire très riche, jeux de mots fins et intelligents, figures de style... Son statut d'écrivain talentueux n'est plus à prouver.
Alors oui il a une plume parfaite mais ses histoires ne m'ont pas convaincue... C'est très bien écrit mais je n'ai pas accroché du tout à son style : trop classique et calme. Pour dire vrai, je me suis même ennuyée et suis soulagée du petit nombre de pages, que j'ai toutefois mis du temps à lire. Je pense que c'est plus un recueil pour les amoureux de la littérature et de la langue françaises que pour ceux qui recherchent quelque chose de palpitant.
Les personnages aux noms saugrenus sont dans la même veine : construits avec style mais sans beaucoup de relief.
Ce n'est pas un livre qui m'a plu. Pour comparer j'ai mille fois préféré "Le K" de Buzzati, bien plus percutant. Il plaira cependant aux amoureux de poésie et de classique mais très peu pour moi. Boris Vian n'est pas ma tasse de thé dirons-nous. Allez vite, je passe à autre chose avec, je l'avoue, soulagement !
Lien : https://www.facebook.com/178..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNEVALENTYNE   23 mars 2014
Le signal jaunâtre du réverbère s’alluma dans le vide noir et verreux de la fenêtre ; il était six heures du soir. Ouen regarda et soupira. La construction de son piège à mots n’avançait guère.
Il détestait ces vitres sans rideaux ; mais il haïssait encore plus les rideaux et maudit la routinière architecture des immeubles à usage d’habitation, percés de trous depuis des millénaires. Le coeur gros,il se remit à son travail ; il s’agissait de terminer rondement l’ajustage des alluchons du décompositeur, grâce auquel les phrases se trouvaient scindées en mots préalablement à la capture de ces derniers. Il s’était compliqué la tâche presque à plaisir en refusant de considérer les conjonctions comme des mots véritables ; il déniait à leur sècheresse le droit au qualificatif noble et les éliminait pour les rassembler dans les boîtiers palpitants où s’entassaient déjà les points, les virgules et les autres signes de ponctuation avant leur élimination par filtrage. Procédé banal, mécanisme sans originalité, mais difficile à régler. Ouen s’y usait les phalangettes.
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VALENTYNEVALENTYNE   23 mars 2014
- Où vais-je , bourgeois? demanda le chauffeur, un Russe ukrainien à en juger par son accent.
- Fais le tour du pâté de maison…dit Aulne.
- Combien de fois ?
- Autant de fois qu’il faut pour te faire biglouser par les flics.
- Ah ! Ah ! … réfléchit le chauffeur de façon audible. Bon…eh bien….voyons…comme je ne peux pas possiblement faire d’excès de vitesse, je roule à gauche? hein?
- D’ac, dit Aulne.
Il baissa la capote et s’assit le plus haut possible pour qu’on voit le sang de ses vêtements ; ceci, combiné au chapeau d’honnête homme, prouverait qu’il avait quelque chose à dissimuler.
Ils firent douze tours et il passa un de ces poneys de chasse immatriculés au numéro de police. Le poney était peint en gris fer et la légère charrette d’osier qu’il tirait portait l’écusson de la ville. Le poney renifla la Bernazizi et hennit.
- ça va dit Aulne, il nous prennent en chasse ; roule à droite, car il ne faut pas risquer d’écraser un gosse.
Afin que le poney, pût suivre sans se fatiguer, le chauffeur régla son allure au minimum. Impassible, Aulne le dirigeait ; ils se rapprochèrent du quartier des maisons hautes.
Un second poney peint en gris lui aussi, rejoignit bientôt le premier. Comme l’autre charrette, celle-ci contenait un flique en tenue de gala. Les deux fliques, d’une voiture à l’autre, se concertèrent en chuchotant et en montrant Aulne du doigt, tandis que les poneys trottaient côte à côte, au même pas, en relevant les pattes et en agitant la tête comme des petits pigeons.
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AdrasteAdraste   23 avril 2016
Monsieur le curé, sobre par hasard, durant la retraite qui précède la communion, interrogea Urodonal :
- A quoi est due la chute d'Adam et Eve ?
Nul ne sut répondre, car, à la campagne, faire l'amour n'est plus un péché. Mais Urodonal leva le doigt.
- Tu le sais ? Demanda le curé.
- Oui, m'sieur le curé, dit Urodonal. C'était une erreur de Genèse.
Le curé sentit passer l'aile du Saint-Esprit et referma son col, de peur du courant d'aire.Il congédia les gamins et s'assit pour méditer. Trois mois plus tard, méditant toujours, il quittait le village et se fit ermite.
- Ca va loin, ce qu'il a dit là, répétait-il.
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AdrasteAdraste   23 avril 2016
- Je descends chez ma logeuse et je laisse ma braguette ouverte, dit-il. On va bien voir s'il y a du brouillard ou si c'est mes yeux.
Car l'esprit cartésien du Français le porte à douter de l'existence d'un brouillard opaque, même s'il l'est assez pour lui boucher la vue ; et ce n'est pas ce que l'on peut dire à la radio qui risque d'orienter sa décision pour lui faire conclure à l'étrange. La radio, c'est tous des abrutis.
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domisylzendomisylzen   10 septembre 2015
Quatre bieilles d'alliage léger soutenaient un couvercle de malle utilisée en guise de table ; le lit se composait des sièges de cuir d'une vieille Amilcar éprise passagèrement d'un gros platane costaud, et deux pneus constituaient des cadres luxueux pour le portrait des parents longtemps chéris ; le tout se mariait avec goût aux pièces plus banales rassemblées jadis par le prospecteur.
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Découvrez le deuxième épisode du tout nouveau podcast des éditions du Masque : Conversation dans le noir. Chaque jeudi, nous vous proposons une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans cet épisode, Nathalie Sauvagnac se livre dans une conversation très touchante autour de la norme, des marges, mais aussi de son roman Les Yeux fumés et de la littérature en temps de confinement. Nous vous souhaitons une bonne écoute !
Extrait lu : https://www.editions-jclattes.fr/sites/default/files/webmaster/lyf.pdf Oeuvres citées : Colette Philippe Djian Virginie Despentes Claire Castillon Charles Bukowski Salinger Boris Vian Kate Tempest
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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